samedi 2 mai 2020

Les Relations Financières Internationales du Maroc avec le FMI au temps du Corona


Nul ne doute que la pandémie du Covid-19, d'une ampleur sans précédent, augure d’une crise économique mondiale bien plus profonde que celle de 2008/2009, l'économie nationale extravertie, a été impactée en conséquence, notamment au niveau des secteurs orientés vers l'extérieur, à l’instar des Métiers Mondiaux du Maroc 3M (les secteurs exportateurs ayant dimunié de 80%), les recettes au titre des voyages, les transferts des Marocains du Monde MDM ( -10%) et les investissements directs étrangers IDE.

Dans cette optique et pour éviter le pire, l’Exécutif Marocain, à travers l’argentier du Royaume a pris une décision prudente en procédant , Mardi 7 Avril 2020 à un tirage sur la Ligne de Précaution et de liquidité (LPL) pour un montant équivalent à près de 3 Milliards de dollars, remboursable sur 5 ans avec une période de grâce de 3 ans.

Faut-il rappeler que l’accord conclu avec le FMI au titre de la LPL accompagne la mise en œuvre des politiques économiques des autorités Marocaines et visent à atténuer les vulnérabilités budgétaires et extérieures tout en consolidant les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive, ainsi qu’une assurance utile contre les risques exogènes. Et pertinemment pour se prémunir contr les risques des chocs externes dûs à la pandémie, le Maroc a procédé sagement à cette nouvelle décision qui vient s'additionne aux mesures prises par le Comité de Veille Économique (CVE) et aux efforts déployés en matière de mobilisation des financements extérieurs.

Rétrospectivement, ce tirage, s’inscrit dans le cadre de l’accord relatif à la LPL, conclu avec le Fonds Monétaire International en 2012 approuvé le 3 Août 2012 pour un montant d’environ 4,1 Milliards de dollars de DTS, le deuxième, d’un montant de 3,2 Milliards ayant été approuvé le 28 juillet 2014, et et le troisième, d’un montant de 2,5 Milliards, le 22 juillet 2016, renouvelé en décembre 2018, dans le but de l’exploiter comme assurance contre les chocs extrêmes, comme celui que connait actuellement l’économie mondiale.

En dépit des divergences du recours ou non à l’endettement, nous pensons, d'emblée, que cette levée va permettre d’estomper les contrecoups de cette crise mondiale sur l’économie nationale, et ce en préservant les réserves de change à des niveaux commodes ce qui se traduirait pas la consolidation de la confiance des investisseurs étrangers et des partenaires économiques du Maroc au regard du tissu économique Marocain.

Aussi, ces réserves en devises permettront de maintenir la capacité de notre économie à satisfaire ses besoins en termes de produits fondamentaux, alimentaires et énergétiques qui sont libellé en devises clés , et ce suite à la paralysie du secteur du tourisme et les préjudice causés aux secteurs exportateurs ( ayant dimunié de 80%) en plus de la baisse des transferts des MRE (-10%) et des investissements directs étrangers (seules sources des réserves de changes).

Ce tirage permttraient de renflouer et d’alimenter la balance de paiements en réserves de changes et n'impactera pas la dette publique selon les dires du Ministre de l’Economie et des Finances Mohamed Benchaâboun.

Avec la pandémie du Covid 19, nous perdrons des milliers d’emplois, décréter une politique de rigorisme et d’austérité est suicidaire pour la stabilité de notre patrie et inefficace même à terme. C’est pourquoi, aujourd’dui ,nous pensons qu’il n’ y pa de temps à la critique, aux querelle idéologiques et théoriques antilibérales, ce n’est pas aussi le moment de faire preuve de sectarisme qui va à l’encontre des institutions de Bretton Woods.

Cette circonstance exceptionnelle exige que chacun de nous se consacre pour le bien commun du Maroc. C’est l’urgence et le pragmatisme qui sont de mise et c’est d’ailleurs dans ce cadre qu’intervient la mesure sage et intelligente à travers laquelle le Parlement Marocain a donné son aval à l’éxecutif Marocain du surpassement de la barre de la dette extérieure décrétée dans le cadre de la loi de Finances de 2020.

Rappelons qu’en économie, il n’y a pas de cadeaux, le FMI a accordé cette ligne qui est loin d’être un gratis, mais parceque le Maroc mérite cette confiance basée sur plusieurs critères, entre autres la bonne tenue des fondamentaux économiques du Maroc et la mise en œuvre saine des politiques économiques ayant contribué aux solides résultats macroéconomiques. Il a fallu être intelligent pour éviter le pire en saisissant cette opportunité.


La décision est prise et ne pourra qu’être saluée, il s’agit maintenant de voir loin devant en mettant en place des mesures nécessaires pour assurer sa résilience face à cette crise avec la rapidité et l’efficacité nécessaires en termes de prise des décisions et des mécanismes appropriés permettant de mettre l’économie nationale sur les rails d’un sentier de croissance forte et durable, dans le monde d’après la crise.

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