jeudi 13 février 2020

Le Roi Mohammed VI et la TPE : L’opus Royal au service de la Jeunesse Marocaine


Après plus de trois Mois de l’appel royal, le secteur bancaire Marocain a été, in fine, au rendez-vous, les différentes institutions bancaires ont répondu présent à l’appel Royal avec un nouveau projet en faveur des TPE/PME. Le menu est affriandant à travers la fondation d’un numéraire de 6 Milliards de dirhams au prorata entre l’État et les banques échelonnée sur trois années pour adosser l’entrepreneuriat et lubrifier les mécanismes des relations entre l’institution bancaire et les demandeurs de crédit à travers un déblocage d’un portefeuille financier d’aide de 2 Milliards de dirhams de la part du Fonds Hassan II octroyé sous forme de crédits gratuits, relèvement du taux de la garantie de la Caisse Centrale de Garantie CCG à 80% et l’instauration d’un mécanisme de refinancement illimité de la part de Bank Al-Maghrib au taux préférentiel de 1,25%. 

Dans le dessein d’accompagner le financement des entreprises, l’effort consenti par le GPBM est époustouflant : Pour la première fois et dans l’histoire du système bancaire et financier au Royaume, le coût du crédit est ainsi plafonné à 2% et atteint même le summum de 1,75% pour la demande dans le monde rural. 

L’audience Royale accordée pour la présentation du programme de financement des TPE, n’est pas exclusivement une occurrence financière, en arrière-fond se dessine une véritable clairvoyance Royale du Sultan Mohammed VI, qui s’inscrit dans la trame du projet du développement économique et social du Maroc du 21éme siècle. Dans cette maquette Royale, toutes les institutions y collaborent, le Ministère des Finances, l'institution d'émission, et le système bancaire. Sur ces crédits, les banques auront accès à un refinancement au taux de 1,25%. 

En contrepartie, elles ne pourront plus, dorénavant exiger des garanties personnelles, ce qui constituait, naguère, la principale obstruction au crédit pour les jeunes porteurs de projet et constituera au rebours un terme pour ceux qui décrient depuis toujours les épineuses conditions d’accès au financement bancaire. 

Ce qui est aussi le plus saillant, c’est l’agencement d’une structure d’accompagnement, de commissions régionales et surtout de la participation de deux banques dans le milieu rural. 

Ce projet résulte d’une vision d’ensemble caractérisée par plusieurs aspects où la fluidité de l’accès au financement en est le principal. Aussi, les détenteurs de projet auront l’accompagnement nécessaire à même à optimiser les meilleures chances de réussite. 

Ces structures régionales répondent à un choix stratégique, d’ailleurs deux banques, déjà implantées, en milieu rural, s’engagent à consolider la bancarisation et à promouvoir les financements des projets.

A terme, la jeunesse marocaine sera la première bénéficiaire de ce programme qui aura des corollaires certains en termes d’emploi en générant 27.000 emplois directs par an et à l’accompagnement de 13.500 entreprises supplémentaires, selon les dires de l’argentier du Royaume, une retombée qui est loin d’être négligeable, surtout que cela concerne l’ensemble du territoire Marocain, y compris le monde rural.
Cette missive Royale met en exergue un vecteur crucial et vital pour le processus de croissance et de développement économique considérée, à notre sens, comme une courroie de transmission et de captation de l'investissement, source du développement économique et credo de toute politique économique du Maroc, quels que soit le sigle et la couleur du gouvernement. 

La vision Royale de cet ambitieux projet véhicule un message politique qui est tout aussi important que l’impact économique et social : L’épître Royale adressée à la jeunesse Marocaine nous oblique et nous vire des discours souvent alarmistes et défaitistes. 

Ainsi le jeune Marocain pourra concrétiser son rêve en devenant propriétaire de son propre projet, soutenu en amont par des structures dédiées à cette initiative Royale. Une telle initiative renforcera un climat de confiance porteur d’espoir pour les jeunes Marocains. De ce fait, ce programme TPE est une véritable aubaine pour la jeunesse Marocaine qui croit en ses rêves, ses potentialités et ses convictions en mettant un terme à l’Eldorado d’autres cieux et le brain-drain dont pâtit le tissu économique et social Marocain.


Pour réussir ce projet, les entités régionales doivent infailliblement avoir une vision d’ensemble découlant des projections intrinsèques à chaque région. Sous cet angle, cette décision prise par le Monarque ne sera-t-il pas un autre levier au service de la régionalisation avancée tant attendue et débattue ?


L’histoire ne nous éclaire-t-elle pas le présent et le futur ? Le passé n’est-il pas une leçon du présent en nous balisant les voies du futur ? De ce fait et pour faire florès cette détermination Royale, le Team Saadine Elothmani doit impérativement prendre en considération au moins Trois points essentiels : 

- Les enseignements de l’échec du crédit jeunes promoteurs qui nous démontrent que faute de rigueur, de belles créativités échouent, 

- La mise en œuvre, le suivi, l’évaluation constante et le calibrage pérenne, doivent être au centre des préoccupations de l’Exécutif. 

- Le Suivi en aval à travers les stratégies de distribution et de l’accès aux marchés. Elles sont les maillons qui permettent de vendre et reproduire le système des TPE. 

La concrétisation de cette initiative Royale passe inéluctablement par l'investissement dans le jeune Marocain et pour le jeun Marocain afin qu'il secrète les «exponentiels» de l'investissement, de la productivité et de l'emploi. Si l'économiste Jean Bodin dans, les «Six livres de la république française», dissertait son célèbre aphorisme économique «Il n'est de richesse que d'hommes», j'épilogue mon propos «Il n'est de richesse que de jeunes Marocains épanouis» car, in fine, toi, oui toi jeune Marocain : «Rien de ce qui existe en ce monde n'est en dehors de toi. Cherche bien en toi-même ce que tu veux être puisque tu es tout. L'histoire entière du monde sommeille en chacun de nous disait Djalâl-ud Din Rûmi 



lundi 10 février 2020

Pression fiscale, équilibres politiques et sociaux : Quels liens ? Quelles accolades ?


L’existence de l’impôt a toujours posé la problématique de son acceptation. Maurice Hauriou l'un des pères du droit administratif français n’a-t-il pas disserté que les contestations du pouvoir fiscal et par suite de l’impôt, sont anciennes qui peuvent prendre la forme de révoltes collectives ponctuelles ? Cette question est plus que jamais présente aujourd’hui avec l’augmentation constante d’année en année de la pression fiscale qui est à l’origine de remous sociaux. 

L’actualité économique, politique et sociale ne cesse de nous montrer les relations intimes et tumultueuses entre l’augmentation de la pression fiscale et les révoltes sociales ; elle est jalonnée d’épisodes de révoltes populaires suite à l’aggravation de la pression fiscale pour faire face aux crises des finances publiques. 

Il y’a quelques Mois, la France vit au tempo des grondements de la contestation des gilets jaunes qui ne cessèrent de protester nonobstant de toute une batterie de mesures prises par l’Exécutif Macron et de son rétrogression sur quelques récriminations des manifestants et de sa décision d’ouvrir un débat national. Or, faut-il le rappeler, ce sont justement des décisions fiscales qui ont mis le feu aux poudres. 

La première protestation a été enclenchée suite à une décision directe avec l’accroissement de la taxe sur les carburants. La seconde décision, plus ancienne, a été remise à l’ordre du jour par le mouvement des gilets et porta sur l’absolution de l’impôt sur la fortune et sa substitution par une imposition plus "Soft » du point de vue financier. 

En dépit du refus de Macron de revoir sa révision de l’impôt sur la fortune, l’annulation de la taxe sur les carburants n’a pas pour autant convaincu les manifestants des gilets jaunes. 

Cette osmose entre les politiques fiscales et les révoltes a été systématisée par deux sociologues, Issac Martin et Nadav Gabay dans des investigations et travaux empiriques dans leur article baptisé « Tax policy and tax protest in 20 rich democraties, 1980-2010 » et édité dans le British Journal of Sociology n°3 de l’année 2018. 

Cet article palpitant revint sur des parenthèses importantes de l’histoire récente des grandes démocraties, en particulier sur les liens qui se tissent entre les révoltes et les rébellions politiques et sociales. 

De telles épisodes devraient interpeller les économistes à " dulcifier" une antique conviction conceptuelle, devenue une pratique de politique économique, surtout de politique fiscale. 

Rappelons que Keynes et ses héritiers de l’économie politique, ont été convaincus que les impôts directs sont les plus anguleux et que toute pression additionnelle de l’impôt sur les revenus déchaînerait des remous politiques et contestations sociales. 

En revanche, nous savons sciemment, depuis de longues années qu’un accroissement des impôts indirects est moins périlleuse du point de vue politique dans la mesure où ne ciblant pas de couches sociales particulières, elle est moins perceptible et plus ésotérique que discrétionnaire.

Or, cette investigation a remis en cause ce dogme en attestant qu’au contraire, ce sont les augmentations des impôts indirects qui ont été à l’origine des plus importantes dissidences au cours des dernières années. 

Plusieurs argumentations ont été avancées par les deux sociologues, Issac Martin et Nadav Gabay pour corroborer cette hypothèse, en singulier lorsqu’il s’agit des taxes sur des biens et services particuliers ou lorsque le fardeau fiscal affecte un groupe social bien ciblé ou un produit particulier ou une industrie bien déterminée. Ces augmentations favoriseraient et attiseraient la structuration d’une rébellion sociale.

Les enseignements de l’histoire et les avancées théoriques montrent que la politique fiscale et les choix des priorités en termes d’imposition, pour accoler les dépenses et renflouer le budget de l’Etat, ne sont pas que des questions techniques/techniciens et qu’au contraire, il s’agit de choix foncièrement politiques qui ont des corollaires importants sur les équilibres sociaux et politiques. 

Historiquement, Jacques-Bénigne Bossuet alias "Aigle de Meaux" n’a-t-il pas demandé au prince de modérer les impôts et de ne point accabler le peuple car "qui presse trop les hommes excite à des révoltes et des séditions " ?  

De ce fait, la politique fiscale doit prendre particulièrement en considération quatre grandes prévalences : 

- La première concerne l’efficience et l’efficacité où le levier fiscal doit chercher à cantonner la pression fiscale dont l’augmentation est de nature à dérober les acteurs de leur devoir fiscal et les activités formelles vers la contrebande et le secteur informel : "Trop d’impôt tue l’impôt" est manifestement réel comme disait le chef de file et le vétéran de l'école de l'offre Arthur Betz Laffer dans ce célèbre aphorisme économique. 

- La seconde est d’ordre économique puisque l’usage de la fiscalité peut exhorter ou dissuader le milieu des affaires à investir dans activités économiques productives. 

- La troisième est d’ordre social : La fiscalité peut favoriser la solidarité sociale en encourageant la redistribution du produit social. 

- Enfin, la fiscalité doit contribuer à la réécriture du contrat social en mettant l’accent sur la question de l’équité et la justice entre les couches sociales. 
Au-delà du débat entre les différentes écoles, notamment entre l’école de la conception d’individualiste de l’impôt et l’école de la conception du devoir social du pouvoir fiscal ou de l’impôt et en en dehors des manipulations techniques, nous pensons que la politique fiscale contribue à l’édifice et au "building" du lien social en cimentant la solidarité et en favorisant l’équité et l’égalité au sein des sociétés modernes.


De ce fait, la fiscalité ne constitue-t-elle pas, n’en déplaise à certains gourous à sa dimension technique et comptable, un moyen incontournable au rétablissement des grands équilibres politiques et sociaux ? 




lundi 3 février 2020

Feu Driss BenAli : Un économiste d’exception


C’est comme ce jour du 3 février de l’année 2013, que le célèbre économiste Marocain, Driss Benali, rendit l’âme l’âge de 69 ans, dans une clinique de Marrakech suite à une longue maladie. 

Cet économiste exceptionnel et au parcours exceptionnel, a marqué de son empreinte toute une société, toute une génération d’étudiants, d’économistes de par ses réflexions, de par sa plume, de pas ses écrits, de par ses chroniques, mais aussi de par son franc-parler légendaire. Natif de rabat entre les quartiers de Diour Jamaâ et Akkari, fief du mouvement national à l’époque du protectorat, il s'abreuva de cette ardeur nationaliste et le restera toute sa vie. 

L’amour de sa patrie est tellement fort dans ses veines et son ADN qu’après des études universitaires en économie à Grenoble en France, il décide manu militari de rentrer au bercail afin d’apporter sa pierre à l’édifice du changement que connaitra le Maroc depuis. 

Professeur très connu à la Faculté de Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Rabat-Agdal où il m’a enseigné en 1990 la passionnante matière des Problèmes Structurels de Développement connue chez les initiés par l’acronyme PSD où il nous noyait dans des débats très animés sur les tares du sous développement avec toute une pléiade d’économistes (Samir Amine, Gunnar Myrdal, Raul Prebisch, Ragnar Nurkse, Arghiri Emmanuel… etc.) 

Aussi, il est réputé d’être le directeur de l’UFR : Economie Internationale où il m’a enseigné les relations économiques internationales en 1998. Dans ce passionnant module il nous submergea dans les rouages de l’économie internationale, le commerce International et les dédales négociations commerciales internationales avec comme assise conceptuelle la théorie des jeux. 

D’ailleurs, je me rappelle, dans le passionnant cours de l’économie internationale, l’une de ses célèbres expressions «S’ouvrir n’est pas s’offrir». Pour le défunt, cet aphorisme résume la pensée d’un économiste qui n’impose pas de réflexion, mais la suggère ; elle signifie que l’accès d’une économie en voie de développement au marché mondial n’est ni une faveur ni un privilège qu’on lui accorde, mais une conquête qui suppose la mobilisation de tout le monde. Oublier cette donnée, c’est se condamner à s’offrir plutôt qu’à s’ouvrir. 

C’est dans cette UFR et avec le background qu’il nous a imprégné que j’ai préparé et soutenu mon Doctorat avec ses précieux conseils portant sur la problématique de l’attractivité et les déterminants des Investissements Extérieurs au Maroc. En sus, Feu Driss Benali est spécialiste du Maghreb, acteur associatif, et également connu pour ses analyses pertinentes des différentes questions économiques et sociales. 

Selon Feu Driss Benali, l’épineuse problématique du développement du Maroc réside, entre autres, dans l’enseignement. En effet, à l’en croire, l’ascenseur social est tout en panne puisque que l’un de ses maillons essentiels a été détruit, à savoir l’enseignement. Un système éducatif qui a pour conséquence de produire de jeunes barbus, de jeunes "Harragas" et de jeunes "star académiciens" et qui perpétue les castes et les classes sociales. 

Feu Driss Benali avait une vision claire sur les ajustements nécessaires à l’essor économique du Maroc : Il estimait nécessaire pour le Maroc de revoir la construction de ses bases économiques, de s’industrialiser davantage et de ne plus dépendre de secteurs sensibles comme le tourisme et l’offshoring qui sont intimement liés à la conjoncture mondiale. 


Je me rappelle fort bien que le défunt était d’une modestie inouïe qui la tenait de son éducation. «Je veux être utile au Maroc » Comme disait Kennedy" il ne faut pas se demander ce que le pays peut nous donner, mais ce que nous pouvons lui apporter", disait-il.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des économistes disparus. Certes, il nous a quittés, mais ses proses économiques l’ont rendu immortel.

mercredi 29 janvier 2020

Accord de libre Echange Rabat/Ankara : Les dessous économiques de la pomme de discorde


Adam Smith est souvent considéré comme l'auteur emblématique et le pape du libéralisme qui incarnerait la foi dans les vertus du marché et de l’ouverture commerciale, qui à l'en croire, le libre jeu des mécanismes du marché et de la levée des barrières commerciales conduit à une situation d'optimum économique et que la liberté économique améliore la situation des pays libre-échangistes conceptualisé à travers sa fameuse théorie des avantages absolus. Qu’en est-il dans la réalité ? 

Il n’en est rien. Pour preuve, le Maroc compte amender et replâtrer l'ensemble des dispositions de son accord de libre-échange avec la Turquie scellé en 2006. 

Faut-il souligner, dans cette chronique, que l’ensemble des réactions relatives à l’accord de libre échange Maroc/Turquie ont été l’œuvre des seuls acteurs économiques et aucune position officielle de l’Exécutif Marocain n’a été observée comme c’est le cas avec la dernière sortie médiatique du Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique qui a fait le buzz durant plus de 2 semaines. 

En effet, selon le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, l’ALE avec Ankara est asymétrique et bénéficie plus à l’économie Turque qu’à celle du Maroc qui enregistre des pertes annuelles estimées à plus 2 Milliards de dollars. 

Le textile demeure le secteur le plus affecté par ledit Accord qui se matérialise par une chronicité du déficit de la balance commerciale où les importations des produits textiles en provenance de ce pays immolent l’industrie et les postes d’emploi au Maroc. 

Ces ripostes contre l’asymétrie de cet ALE ne datent pas d’aujourd’hui : Rétrospectivement, en 2013, lors d’une visite officielle de Tayyip Erdogan et d’une importante délégation économique Turque, la Confédération Générale des Entreprises au Maroc (CGEM) avec à sa tête Miriem Bensalah-Chaqroun n’a-t-elle pas boycotté cette visite en signe de désapprobation contre les pratiques commerciales de la Turquie lors du Gouvernement Benkirane ? 

Ne fut-il pas également le cas en 2018 avec la pression exercée par l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’habillement (AMITH) sur le gouvernement actuel ? 

Comment peut-on expliquer une telle position de l’exécutif Marocain au regard de cet ALE Maroc/Turquie ? 

- Primo, il y a lieu de mettre l’accent sur l’argument économique: Certaines marques turques portent préjudice à d’autres franchises et marques Marocaines en dépit de l’augmentation de la taxation sur les produits turcs puisque le Maroc ne peut manipuler le levier douanier en vertu de l’Accord bilatéral de libre échange. 

Ces enseignes Turques éludent cette hausse de la TVA en délocalisant leurs usines dans d’autres pays. Ainsi, les intérêts des industriels Marocains se trouvent en fulmination. Ceci d’autant plus que l’essentiel des échanges avec la Turquie se cantonne sur deux secteurs traditionnels qui sont l’alimentaire et le textile. 

De ce fait, le commerce international entre le Maroc et la Turquie est assurément asymétrique ; un tel déséquilibre se concrétise par la détérioration de la balance commerciale. En effet, selon les données de l’Office de Changes, les Exportations Turcs ont totalisé 21,5 Milliards de DH en 2018, soit quatre fois leur valeur de 2006. De lors côté, les exportations Marocaines vers la Turquie n’ont pas cessé de dégringoler de 20% par rapport à 2017 et de 25,7% par rapport à 2016 pour atteindre seulement 5,5 MMDH à fin 2018. 

Aussi, depuis l’entrée en vigueur de l’accord en 2006, le déficit commercial est passé de 4,4 milliards à 16 Milliards de dirhams en 2018. 

- Secundo, l’autre argument est géostratégique du Maroc avec l’UE et les pays du Golfe : Notre pays entretient de bonnes relations diplomatiques avec ces pays qui ne voient pas d’un bon œil le rôle joué par la Turquie au Moyen-Orient et en Méditerranée. Ce contexte pourrait donc bien impacter les relations économiques Maroco-turques. 

Le Maroc, devant l’ALE procéda jusqu’à présent à l’augmentation des taxes et à la levée des exonérations sur les importations de textile, et ne peut agir sur les droits de douane puisqu’il est lié par l’accord bilatéral avec la Turquie et que celle-ci peut déposer plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, ce qui serait préjudiciable au Royaume et à son image de marque vu que l’OMC y est née en 1995 à la cité ocre Marrakech 

Les marges de manœuvre du Maroc sont très limitées. C’est pour cela que le Ministre Marocain de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique avait menacé de rompre l’ALE entre Rabat et Ankara. 

Face à une telle situation, le Maroc et la Turquie ont convenu de réviser l’actuel accord de libre-échange pour un commerce équitable lors d’une déclaration conjointe publiée à l’issue d’une réunion d’affaires tenue en marge de la 5éme session de suivi de l’Accord de libre-échange Maroc-Turquie ce 15 Janvier 2020. 

Les investissements turcs doivent être encouragés au lieu des importations turques vers le Maroc qui sapent l’économie Marocaine à travers la perte d’emploi. 

















dimanche 19 janvier 2020

La Galanterie au 21éme siècle : Un comportement sexy ou une attitude sexiste?

Où est cette attitude à prononcer " Lady is first" à la femme sur le seuil d'une porte ?

Où est cette gentillesse masculine à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l'aider à porter ses bagages à les placer dans le compartiment d’un train sans se sentir avilies ?

Où sont ces attitudes des hommes qui épaulent les femmes à porter leurs valises dans les Aéroports ?

Où sont ces mecs qui invitent leurs femmes au restaurant en tirant légèrement le siège pour les inviter à s’asseoir, à leur ouvrir la portière de la voiture avant de monter lui-même ?

Où est cette délicatesse à tirer la chaise pour que la femme puisse s’assoir, prendre délicatement son manteau à son arrivée, la précéder dans les escaliers afin de ne pas être tenté de regarder sous son jupon ? 

Où est cette contenance à être prévenant et attentionné à l'égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération.

Hormis le jour du Saint-Valentin avec son cortège de roses, de lettres parfumées, des proses en eau de rose sur un ton doucereux et douceâtre, la galanterie, hélas, devient de plus en plus rare.

Comme disait Honoré de Balzac dans la comédie humaine, le caractère de notre temps, a gangrené la galanterie ; le mot " galant " s'esquive ; la courtoisie à la femme fait de plus en plus lugubrement défaut ; la galanterie est reléguée au rang des accessoires, avec le sexisme qui prédomine.

Pour preuve, selon des sondages, toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France !

Etymologiquement, la galanterie se présente comme un ensemble de manières développées par un homme en vue de faciliter les déplacements, les mouvements ou l'habillement d'une femme.

Elle consiste, à titre illustratif, à laisser la priorité à la femme sur le seuil d'une porte, à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l'aider à porter ses bagages.

Plus généralement, il s'agit d'être prévenant et attentionné à l'égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération". La galanterie serait donc une séduction " Soft" des hommes envers les femmes consistant à témoigner à ces dernières un respect, des attentions et des égards particuliers.

Que penser de la galanterie qui fut pendant des lustres comme un élément sublime de la civilisation occidentale, un symbole de l’élégance ?

Est-elle autre chose qu’un comportement phallocentrique et macho destiné à bisser aux femmes qu’elles sont congénitalement faibles qui les empêche aussi bien d’ouvrir aisément les portes que de porter seules leurs valises ? Quelles sont les frontières entre la galanterie, la séduction et le harcèlement ?

Je pense que la galanterie, expression d’affabilité, est une révérence à la femme, une escorte à sa faillibilité, une forme d’hommage à une mère, une manière de bienséance à une sœur, une manière de préséance à sa femme.

La galanterie, c’est la class, la galanterie est romanesque et chevaleresque, c’est une touche auguste et noble. C’est l’ex-voto de la féminité, c’est l’expression même de la virilité et le symbole de la masculinité : C’est en cela que la galanterie est plus sexy que sexiste. Les hommes galants sont toujours ces hommes qui estiment les Femmes.

A notre sens, la galanterie, c’est l’exact contraire de la rusticité, de l’impolitesse, de l’impudence, des gestes inconvenants dont se plaignent nombre de femmes à l’heure actuelle, quand, dans la rue, elles sont confrontées aux sifflements et chuintements. Dans les bus et les tramways, elles sont accolées aux attouchements et au frotteurisme et à autres comportements aborigène et primitifs.

Contrairement, à la galanterie qui apparue en France qu’au XIIe siècle connue à l’époque sous le nom "d’amour courtois" ou aujourd’hui dans les sociétés modernes, comme un objet archéologique, l’islam, depuis plus de 14 siècle, accorda une grande considération à la femme, expression une déférence de l'homme envers la femme.
Pour pièce à conviction, le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, nous ne recommande-t-il pas dans ce récit, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles ?

Pour preuve, le Prophète, paix et bénédiction sur LUI ne les fait-il pas ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités ?

Nous ne croyons pas que l'égalité et la parité que cherche la femme, soit au Maroc ou sur d’autres cieux, doit se conquérir au préjudice de l'élégance, de la politesse et des règles de bienséance qui rendent la vie en société plus agréable.

La galanterie doit être vécue comme une forme de respect et de profonde politesse en réinventant le savoir-vivre et de douceur des relations entre hommes et femmes tout en évitant tout amalgame entre galanterie, séduction, drague et harcèlement.  

Au lieu de garder au frigo son feeling et ses sentiments jusqu’au jour du 14 Février de chaque année, les hommes ne doivent-ils pas rendre Saint-Valentin day everday envers leurs femmes?

Guillaume Apollinaire , n’a-t-il pas dit, dans les Trois Don Juan, qu’un homme bien né se reconnaît à deux qualités : la galanterie et la bravoure ?







mercredi 1 janvier 2020

Humour et Humeur: Perte de temps ou sources de motivation au travail ?

Le rire n’est-il pas le propre de l'homme disait l’écrivain français humaniste de la Renaissance,Rabelais, alias Alcofribas Nasier ?  Et pourtant, durant mes années dans le secteur public, plus de 23 chandelles, et encore aujourd'hui, je constate que le rire est souvent galvaudé et tiré par les cheveux. En effet, un grand nombre d’agents et de cadres administratifs pensent qu’être un bon fonctionnaire, un bon chef de service, un excellent chef de division ou un directeur signifie froncer les sourcils du matin au soir. Et pourtant, je me rappellerai toujours ce que m’a dit l’un de mes premiers collègues dans le Ministère de l’Education Nationale dans laquelle j’ai atterri un bon Lundi providentiel du 4 Mars 1996 : Pour être un bon fonctionnaire, il faut savoir être sérieux sans se prendre au sérieux.

De fait, pour la majorité, si non quasi-la totalité d’entre nous, nous ne sauvons pas de vie au quotidien et je me suis toujours demandé ce qui pouvait justifier que quelqu’un s’énerve ou se mine le moral pour une question de montonie de travail.

Je me rappellerai toujours ce que m’a dit l’un de mes collègues lorsque j’étais jeune fonctionnaire quand je n’arrivai pas à trouver un fichier d’un grand fonctionnaire en état de promotion du travail; j’étais stressé, très stressé, et mon collègue de bureau m’a dit froidement et calemement la chose suivante : Mustapha, je vois dans tes yeux que cette affaire te stressait. Dis-toi une bonne chose, détend toi, il n’y a rien d’important ou de vital dans cette affaire.

Et, il se mettait à me raconter une blague qui faisait la toile à cette époque toute en cherchant la fiche et Eureka, il l’a trouvée. Autant vous dire que mon état d’esprit n’était pas tout à fait le même après.

De ce fait et après ce jour j’ai commencé à relativiser, à dédramatiser mais aussi à gérer le stress avec l’humour et la bonne humeur. Pourquoi ?

Primo, l’Humour aide à dédramatiser :

Comme disait Marguerite Yourcenar "Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin", ouvrir le bal et ébaucher une réunion potentiellement sérieuse par l’humour, une anecdote, une historiette permet d’aérer l’atmosphère sérieuse qui règne sur la réunion, une telle plaisanterie permet de trimer, certes, mais entre personnes positives qui vont résoudre des problèmes et chercher des solutions plutôt que des coupables !!

L’humour et la bonne humeur d’un responsable dans la fonction publique ou un manager dans le secteur privé permet à tout le Team de travailler dans l’équanimité, l’accalmie et légalité d'âme. Je pense que la plus grande erreur qu’un administrateur ou un manager puisse avoir est d’oppresser son équipe quand on sait que dans le secteur privé plus de 50% des démissions sont imputables et motivées par la décision de s'écarter des vibrations négatives de son manager.

Secundo, l’humour relaxe et relâche la parole :
Je crois profondément que le management public d’aujourd’hui pâtit, semble-t-il , des non-dits, des refoulements par manque de climat de confiance. La bonne humeur et l’humour permettent à toute l’équipe de dire ce qu’il pense, de vivre les 8/24 en convivialité. En clair, un responsable capable d’humour est moins anxiogène qu’un responsable qui ne va sourire que quand on le pince !

Avec humour, j’entends qu’il ne s’agit pas d’apprendre par cœur les meilleures blagues de Gad Elmaleh ou de Fellag. Un responsable qui a de l’humour, qu’il soit dans la sphère publique ou privée, c’est avant tout un manager qui sait "procréer" de la bonne humeur au travail pour fluidifier la parole de ses collaborateurs. Sa position hiérarchique ne doit aucunement lui être une entrave pour arriver à ce stade.
Bien des gens pensent que le fait de s’amuser et de rire au travail constitue une perte de temps suceptible de nuire à la productivité. Je pense plutôt le contraire. Pour moi une équipe qui rit, c’est une équipe unie.

Je crois viscéralement aux effets induits de l’Humour en termes de motivation et de productivité. Nous nous ne sommes pas tous beaucoup plus à l’aise en face de quelqu’un qui sourit plutôt qu’au regard de quelqu’un de méga-sérieux, qui ne doute de rien et qui prétend connaitre les quatre vérités du monde ?

L’humour est une arme invincible du management de la motivation, j’en mets la main au feu : Savoir rigoler, reconnaître ses faiblesses par un Manager, n’augmenterait-elles pas sa crédibilité lorsqu’il s’agit de faire progresser les autres?

De là, dérive deux types de managers :

1- Celui qui sait tout : majestueux, outrecuidant, inaccessible, ce manager pense détenir son pouvoir par son savoir et son expérience. Ce manager gère un business et non un être humain.

2- Celui qui doute, et en premier de lui-même : humain, empathique, ce manager détient son pouvoir de sa relation à son équipe et de sa capacité à faire progresser celle-ci. Ce manager gère l’humain.
Ma prédilection et mon inclination va sans détour vers le second type de management. Le côté absolument essentiel du doute et de la relativité et du droit à l’erreur et de la délégation sont des piliers importants dans le management ; avec ce doute lié à une certaine dose d’erreur, l’équipe sera motivée comme jamais.

Un manager doit avant tout être humain aux yeux de son équipe. Or, nul être humain n’est parfait. L’humour est un excellent moyen pour faire passer ce message à son équipe.

Quand dans la direction des investissements extérieurs dans laquelle j’ai bossé avant qu’elle ne se mue en Agence, j’avais quelqu’un de très stressé surtout le stagiaire par les enjeux d’un stage impayé, par le travail qui lui a été confié, je ne manquais jamais de lui raconter l’anecdote que ça m’est arrivé le même stress de l’époque. Expliquer à quelqu’un que l’expérience qu’il est en train de vivre, vous l’avez déjà connue, maitrisée et que désormais, c’est à votre tour d’être zen et de rassurer les gens est important.

Dans toutes les études scientifiques , c’est un secret de polichinelle que le sourire est bon pour la santé, il abaisse le rythme cardiaque et réduit temporairement la pression sanguine. Le smile réduit également le stress en libérant des endorphines, lesquelles diminuent naturellement les hormones du stress, nous mettant ainsi de meilleure humeur. Les endorphines, de leur côté, réduisent les sensations de douleur. Le sourire et le rire sont ainsi bénéfiques à la santé. Ils renforcent le système immunitaire en lui permettant de réagir plus rapidement et de manière plus efficace contre les envahisseurs.

C’est pour cela qu’une tendance devient de plus en plus présente dans le secteur privé ; le milieu des entreprirses qui est le management par le sourire surtout pour les managers empressés de réduire leur turn-over et, d’optimiser en productivité et punch.

Tenir son smile, avoir l’aptitude à être épicurien en toute situation, pouvoir garder sa bonne humeur quelle que soit l’ampleur et le sérieux de la situation a des avantages en tant que manager.

Pardoxalement, le management paternaliste est un concept obsolète et vétuste. De nos jours, le relationnel est le sésame du succès du management ; le temps où les managers faisaient amalgame entre autoritarisme et autorité est anachronique.

La bonne humeur et la bonne humour, en toute circonstance, permet d’obtenir au mieux le meilleur de ses équipes car ces dernières se sentent revalorisées, traitées comme des adultes et non pas "infantilisées". Divertir et égayer avec son Team, c’est se garantir une totale implication, un dévouement et un loyalisme plus fort.

A titre illustratif, avoir un manager qui vous donne envie de travailler pour lui,n’est-ce-pas comme en amitié, on préfère toujours le copain qui se marre, optimiste à celui qui se lamente sans cesse ? Et de cette comparaison, en management, il est toujours plus facétieux d’avoir des équipes souriantes que des équipes qui font grise mine durant le temps du travail voire même après, ce qui aura un impact négatif en termes d’effcience et de productivité.


Notre Islam est plus qu’une religion; c’est un mode de vie à part entière. Il nous enseigne à nous comporter convenablement du matin au soir et nous apprend même les meilleurs moyens pour vivre heureux. le sourire n’est-il pas une Sunnah comme l’a enseigné le Prophète SALLA ALLAH ALLAYHO WA SALAM : « Ne néglige aucune œuvre de bien, pas même le fait de rencontrer ton frère avec un visage radieux. » [Rapporté par Muslim Et Timirhi]
Aussi, Abdoullah Ibn Al Harith a dit du Prophète SALLA ALLAH ALLAYHO WA SALAM : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus souriant autant que le prophète MOHAMMED.. » [Tirmidhi].
le Prophète SALLA ALLAH ALLAYHO WA SALAM n’hésitait d’ailleurs pas à convier ses frères musulmans à sourire. Il considérait d’ailleurs le fait de sourire à un frère en islam comme un acte de charité en atteste ses nobles paroles : « ET Sourire à ton frère est une aumône » [Tirmidhi].



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