jeudi 21 novembre 2019

L’avocat du diable



L’avocat du diable, le titre semble dévier l'imaginaire des cinéphiles vers le film "L’avocat du diable" de Sidney Lumet Juin 1993, incarné par Rebecca De Mornay, Don Johnson, Stephen Lang ou celui de Taylor Hackford 1998 "L'Associé du diable" joué magistralement par Al Pacino, Keanu Reeves, Charlize Theron. Il n’en est rien, il s’agit d’une chronique que nous accordons au métier noble de l’Avocat, un métier dont l’entrée est loin de faire l’objet d’un fair-play pour tous les juristes du Maroc.

En effet, quand un lauréat Marocain des Facultés de Droit espère revêtir la toge d’avocat et intégrer le parquet, il doit, en amont de la chaine de valeur de cette filière juridique et judiciaire, dépocher le cachet de 100.000 DH pour y avoir accès, une somme qui n’est pas à la portée de tous les Marocains surtout au début des études juridiques afin de s’insérer dans la vie active et intégrer le métier du barreau.

A notre sens, c’est une procédure "darwinienne" qui implique, dans son essence, que le "Cric" social ne se manœuvre pas de façon équitable sur le marché de l’offre et la demande du travail, encore plus clair, cette somme de 10.000 dhs ne donne pas l’aubaine aux couches sociales les plus démunies de pénétrer la carrière du barreau.

Plusieurs interrogations nous interpellent :

Faut-il y voir une forme de discrimination ? Faut-il y voir une sorte de faveur et de favoritisme ? Nous ne pensons pas sûrement que c’est ainsi. Ou est-ce pour des mobiles purement pécuniaires de la part des entités compétentes? 

Certainement, l’Ordre des avocats du Maroc a ses raisons que la raison ignore. Quelles qu’elles soient les raisons, nous pensons que la dimension sociale, les valeurs de l’équité et de l’égalité des chances doivent l’emporter et triompher.
  
Rétrospectivement et dans l’histoire du parquet et du barreau, combien nous avons vu des magistrats, combien nous avons vu des procureurs, combien nous avons vu des hommes et femmes issus du parquet avalisant d’éminentes fonctions de l’État : Primature, ministrables, ambassadeurs, et autres postes de commis de l’État et j’en passe.......
La plupart de ces émérites et chevronnés ne sont-ils pas venus et originaires de couches sociales populaires qui, d’antan, n’auraient pu acquiescer à cette auguste responsabilité s’il y avait eu une telle barricade à l’entrée moyennant des enveloppes fiduciaires.

La majorité des commis de l’Etat ne se sont-ils pas apprentis dans les parquets, tribunaux et magistrature du Maroc ?

De ce fait, pourquoi, à notre ère, assujettir, astreindre et acculer ce cachet de 10.000 dhs qui ne fait qu’évaporer le rêve de moult Marocains de porter la toge noire ? Et combien de souhaits et d’ambitions se sont foudroyés et démolis de par ce portefeuille ?


En guise de conclusion, nous invoquons un réexamen à reconsidérer cette somme combien généreux s’il fera l’objet d’une rémission à même à ressusciter le rêve d’une grande majorité des plus pauvres qui aspirent porter la robe noire. La séance est levée !!!!

samedi 16 novembre 2019

La chute du mur de Berlin, 30 chandelles après

Je me rappelle quand j’ai été en 1ére à la Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales Rabat-Agdal que notre Imminent Professeur Monsieur Omar Kettani nous annonça la nouvelle, dans le fameux amphithéâtre 1 à l’annexe Maghreb ALKABIR, au cours de notre cours d’Economie Politique, que le Mur de Berlin a été ébranlé comme un château de cartes, oui, Oui dans le jour du 9 au 10 novembre 1989, le "Mur de la honte" bâtit en 1961, succomba sous les yeux des Berlinois, saillant le naufrage du bloc soviétique. Il scinda la ville de Berlin en deux et symbolisait avec force la Guerre froide. L’ouverture de l'Union des républiques socialistes soviétiques URSS avec la Perestroïka de Gorbatchev et la volonté des allemands de l’Est ont enterré définitivement cette période.
Avec la réunification, on assista à une libération des peuples d’Europe, surtout en Allemagne de l’Est qui amorçait une réunification progressive et globale du vieux continent, via en singulier l’Union européenne.

Après 30 bougies de séparation, la réunification aurait coûté 2.000 Milliards d’euros à l’économie Allemande, mais aussi appesanti sur l’ensemble des pays de l’UE. Une addition colossale qui, trente années plus tard, n’a pourtant pas permis à l’Allemagne de l’Est de rattraper sa circonvoisine après 45 années de communisme.

En effet, Dans le rapport annuel sur "le statut de l’unité Allemande", publié en 2018, les autorités du pays pointaient du doignt le très lent rattrapage des Etats fédéraux (Länder) de l’ex-Allemagne de l’Est.

Trente ans après l’effondrement du mur de Berlin, le taux de chômage et de la productivité connaissent encore des hiatus considérables : Alors que le PIB par habitant de la La République Démocratique Allemande RDA représentait 43 % de celui de l’Ouest en 1990, le niveau des cinq Länder de l’Est atteignait 75 % de leurs voisins occidentaux en 2018.



Aussi, le chômage resta difficile à contenir qui était l’un des principaux objectifs de la réunification. Pourtant, en trente ans, l’Est n’a pas réussi à regagner l’Ouest en matière, notamment, d’emploi. Ainsi, le taux de chômage recule certes mais atteint encore les 6,9 % dans les cinq Länder de l’Est en 2019, soit deux fois plus que les 3,1 % de la moyenne nationale.

En outre, le standard de vie des Allemands de l’Est a certes assidûment augmenté depuis 1989, mais n’a pas ratrapper celui de l’Ouest. L’écart de revenu médian entre les deux Allemagnes était à son maximum (à 4 432 euros par an en moyenne) au lendemain de la réunification, en 1991, puis s’est épongé jusqu’à 2 092 euros en 1997. Toutefois depuis le début des années 2000, il est piane-piane remonté pour frôler les 3 623 euros en 2016. Pour toute la période couverte , l’écart des revenus a fluctué mais resta voisin de 20 %.

Certes et vu le contexte économique et politique de l’époque, l’extension des deux Allemands a été un succès géopolitique pour les pays de l’Union même si les relations entre l’Est et l’Ouest enfantent encore frustrations, rivalités et malentendus. Alors que l’économique devait prendre le dessus sur le politique, c’est l’inverse qui se produit.

Aujourd’hui, l'aspiration à la liberté, qui fut si puissante en brisant le rideau de fer en 1989 n’a-t’-il pas débouché en Europe centrale sur le national-populisme et le repli identitaire ? La démocratie, pour laquelle les peuples se soulevèrent, ne recule-t-elle pas devant l'autoritarisme. De Berlin-Est à Bucarest, l'histoire des trois décennies écoulées est celle d'un amour déçu, d'un enthousiasme pour les valeurs occidentales s'est transformé en ressentiment devant les déconvenues et les humiliations. 

La semaine dernière, l’Allemagne et l’Europe sanctifièrent les 30 bougies de la chute du Mur de Berlin dans une homosphère indigeste, loin des espoirs nés de la fin du Rideau de fer après Trois décennies du glacis communiste. D’autant plus que le climat politique en Allemagne est polarisé comme jamais suite à la poussée électorale de l’extrême droite anti-migrants, notamment dans l’ancienne Allemagne de l’Est communiste qui élucide un fossé politique persistant 30 ans après entre les deux parties du pays.

Certes, le mur de la honte s’est effondré, cependant , le mur de la honte des inégalités entre les deux Allemands persiste. Certes, l’heure des remparts et clôtures appartenait à l’histoire. Toutefois les remparts des inégalités sont toujours actualité : Le rattrapage de l’Est avec celui de l’Ouest demeure un processus très lent ; sur certains aspects économiques, la frontière entre les deux Allemagnes reste nettement marquée.

Avec le recul, lorsqu’on voit le poids de l’Allemagne aujourd’hui et le déséquilibre que sa puissance économique crée en Europe, Mitterrand n’avait-il pas raison de redouter la réunification?





jeudi 7 novembre 2019

Notre Thé au Sahara Marocain


Hier 6 Novembre 2019, le Maroc solennisa le 44éme chandelle de la légendaire Marche Verte, cette héroïque épopée de tous les Marocains qui se sont rameutés, au prêche de feu Hassan II, pour la bordure de l’intégrité territoriale de la Nation par la reconquête et le recouvrement des provinces sahariennes du Sud expropriées et désappropriées par l’expansionnisme et l’impérialisme espagnol.

Le 6 novembre 1975, 350 000 Marocaines et Marocains, cuirassés et blindés par leur seul Saint CORAN et du drapeau patriotique Marocain, déboisèrent du pied la frontière fictive de Tah, comblant et exhaussant ainsi le vœu de l’unicité Marocaine cristallisé par le credo de la Marche Verte qui est la symbiose qui unit indissolublement le Trône et le peuple. 

Depuis cette  date et au fil du temps et à ce jour, nonobstant toutes les manigances, les diableries, les entourloupettes, les démonerie et l’ingérence des pays attenants et limitrophes, personne, aucun pays et aucune institution n’ont pu remettre en cause l’évidence immatriculée sur le sable d’Or Marocain, celle de l’omniprésence légitimaire et légale de l’État Marocain, par toutes ses institutions, militaires et civiles, d’un millimètre du sable du Sahara Marocain 

Mais encore, chaque fraction de seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque semaine, chaque mois et chaque année passée depuis le 6 Novembre 1975 ont conforté cette essence que garantissent les droits incommutables du Royaume à l’indivisibilité nationale et l’intégrité territoriale, en concordance avec l’Histoire, le Droit international, mais plus encore avec les us de notre ethnie et peuplade Marocaine. 

Affermir et bétonner la Marocanité de nos provinces du Sud, expliquer la pertinence, la justesse, le bon droit de l’indivisibilité de notre Sahara avec le Royaume, n’ont guère été un fleuve tranquille au fil de ces quatre décades, mais l’opiniâtreté, l’inébranlable conviction dans la justesse de sa Cause et la légitimité de ses droits, l’acharnement, la bonne foi dans l’infaillibilité de notre bataille de longue haleine pour l’unanimité et l’unicité territoriale ont eu comme dividendes l’immatriculation de nos provinces du Sud sur chaque millimètre de territoire Marocain. 

Mieux encore, la récente en date, et non la moindre, est objectivée par la dernière résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, prorogeant le 30 octobre écoulée, le mandat de la MINURSO pour une période d’une année. 

Excepté deux abstentions, Russie et Afrique du Sud, cette impulsion Onusienne a été votée par l’écrasante majorité est une pièce à conviction de l’avancée de la diplomatie marocaine, sous les directives et les orientations Royales du Souverain Marocain. 

Mieux encore, la durée du mandat de la MINURSO a été ramenée à six mois seulement. Ce rétrécissement est de bon augure, car il ne fera que pression et serra l’étau sur la boutade Polisario et l’entité fictive de la RASD pour accélérer le processus de règlement de ce conflit artificiel, et qui est entretenu par l’Algérie et ses stipendiés du Polisario depuis 1975. 

Mieux encore, le Sultan Mohammed VI, dans ce discours d’hier 6 Novembre 2019 inscrit le Sahara non seulement dans sa dimension Nationale, mais combien généreux pour étendre le sable du Sahara à une portée plus ambitieuse maghrébine, africaine et arabe pour s’associer à l’édification d’un nouvel ordre arabe. 

En guise de conclusion, le conflit artificiel des mercenaires Polisario est gagné et le Sahara pour reprendre quelques strophes : 

Nous la gagnerons 

Et nous la bâtirons d'amour 

Car l'amour ne peut être vaincu 

Pour ceux qui n’y ont jamais cru 

Nous l’aurons mon amour 

Nous l'aurons pour toujours. 
Et j’irai concrétiser mon rêve de trinquer un bon thé au Sahara Marocain de l’autre bout de mes racines, mes sources, mes veines et mon ADN Aït Atta à M'Hamid El Ghizlane , 

Tchin-tchin!, à votre santé ………Mon Sahara




lundi 4 novembre 2019

Doing Business 2020 Versus Climat de l’investissement au Maroc

Le Climat des affaires a le vent en poupe depuis l’annonce Jeudi 24 octobre 2019 par la première institution de Brettons-Woods, une prouesse émérite en se hissant à la 53éme place sur un panel de 190 pays devenant le leader incontestable en Afrique du Nord et le 3éme sur la ceinture Moyen Orient et Afrique du Nord MENA. Ce classement est sans équivoque puisqu’il émane d’une entité internationale officielle et crédible, la Banque mondiale en l’occurrence. 

Cependant voilà une couronne et une consécration d’obédience libérale scellée et paraphée par la Société Financière Internationale SFI qui dissemble in extenso avec l’émotion et le véritable "feeling" du milieu du business quant à l’environnement global des affaires économiques au Maroc. 

A l’appui de notre allégation, moult études et enquêtes publiées récemment par des organismes financiers nationaux à l’instar de Bank Al-Maghreb ou de quelques Think-Thank comme le Centre Marocain du Conjoncture évoquant un climat de l’investissement ayant du plomb dans les ailes, puisque plus de 4.140 entreprises ont fait faillite lors du 1er semestre de l’année 2019, ce qui représente 9,1 % de hausse par rapport à l’année 2018. 

Sur le marbre de la réalité de l’investissement au Maroc, le climat des affaires ne se cantonne pas aux embellies énumérées par Doing Business 2020 comme la mise en place du système de paiement électronique des redevances portuaires, la suppression des démarches de transit sur support papier, la réduction du taux de l’impôt sur les entreprises, car au regard de ces améliorations, l’acte d’investir se trouve, paradoxalement, face à un cloison de partialité d’aubaines dans l’acquisition des marchés avec cerise sur le gâteau la "sinusoïdale" du recouvrement et son coffret de favoritisme, de clientélisme et de "stellionat" . 
A notre sens, le véritable calibrage du climat des affaires doit porter sur les non-dits de Doing Business à l’instar de la mécanique judiciaire : Recourir à la justice avec la gage et la sûreté de son impartialité, sa souveraineté et sa droiture, et de se faire rétribuer et indemniser quand la sentence judiciaire est en faveur de l’investisseur. 

Selon des recensements, la lenteur et la faible efficacité de la justice contribuent à l’exacerbation des déficiences des PME/PMI qui forgent l’essentiel du tissu économique Marocain à l’instar du secteur du Commerce (2022 défaillances), l’Immobilier (1200 défaillances) et le BTP (895 défaillances). Ces trois secteurs s’approprient à eux seuls 72% des défaillances des entreprises, ce qui met en lumière l’hiatus abyssal entre les résultats de Doing Business de la banque mondiale et le vécu quotidien des investisseurs et des entreprises nationales et étrangères et exhibe les augustes défaillances et défis à relever. 

En corollaire, seul et seul l’investisseur qui côtoie au jour le jour les dédales épineux de l’administration qui dispose de l’habilité d’attester et de juger la notation du "Hit-Parade de la banque mondiale, seul l’entrepreneur qui courtise au quotidien les tribunaux judicaires, administratifs et de commerce qui est capable de témoigner de la note attribuée par la SFI, seul le promoteur économique qui fréquente les engrenages du Business qui dispose du monopole de certifier le rating de l’environnement des affaires au Maroc. 

L’obsession du Gouvernement et du CNEA de l’objectif d’une entrée dans le top 50 à la fin du mandat du Gouvernement Pjd est, in fine, à portée de main, mais reflétera-t-il l’authenticité et la réalité du climat de l’investissement au Maroc et permettra-t-il d’apporter répliques à la quadrature du cercle du chômage, de l’éducation, de la croissance et la récurrente problématique du nouveau modèle de développement que le Souverain Marocain n’a cessé d’y acculer le Team et l’exécutif ELOTHMANI à une "coda" célère!! 



Newer Posts Older Posts