mercredi 28 août 2019

Le Cri d’Orfraie de la Famine dans le monde


Qui de nous, n’a pas pensé que la famine a été inhumée dans le cercueil de l’histoire économique ? On était tous convaincu que la dénutrition et la sous-alimentation étaient amollies de notre planète et que l’humanité pouvait manger à sa faim et subvenir à ses besoins fondamentaux.
Inopportunément, le dernier document des Nations Unies de Juillet 2019 baptisé "l'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019"nous interpelle sur la triste réalité que la famine nous guette et que la sous-alimentation est en train de dévaster les personnes les plus vulnérables et les plus fragiles dans le monde. 

Ce rapport sur la malnutrition dans le monde constitue un cri d’alarme sur l’évolution de la famine dans le monde et ce nonobstant les engagements pris par les pays à travers les politiques publiques mises en place pour atteindre les objectifs du développement durable ODD à l’orée 2030. 

Faut-il rappeler que la lutte contre la malnutrition et la famine faisaient partie intégrante de ce nouveau consensus quant aux objectifs du développement adopté par la communauté internationale.
Le récent rapport publié par l’ONU exhibe de façon saisissable que la faim et la malnutrition dans le monde ont accusé une envolée comminatoire au cours de l’année 2018. Ce trend haussier apparaît après plusieurs années de rétrogression, à partir de 2015 où la famine et la malnutrition étaient d’actualité.

Selon ce rapport, le nombre de personnes pâtissant de la faim dans le monde est évalué à 821,6 millions en 2018, soit une augmentation de plus de 10 millions de personnes par rapport à 2017. Ce chiffre s’envole pour frôler les deux Milliards de personnes si on inclut les personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Au niveau de la ventilation géographique de la famine dans le monde et sans aucune surprise, c’est notre continent noir qui vient en tête de peloton de ce classage avec plus de 20% du total de la population qui sont des "souffre-douleurs" de ce stigmate. Les autres continents ont, à leur part, ont été affectés par un recrudescence de la famine, notamment en Asie avec 12%, l’Amérique latine et les Caraïbes avec 8%.
Les pays qui endurent le plus de la malnutrition sont le Yémen, le Congo démocratique, l’Afghanistan, l’Ethiopie, le Sud Soudan et le Nord du Nigéria.
Cependant, ce phénomène ne se cantonne pas aux pays pauvres et des pays en développement : Les pays développés ont également connu le regain de la famine au cours des dernières années avec notamment les crises économiques et sociales qui corrodent l’économie mondiale, notamment auprès des couches pauvres et marginalisées.
Mais, le côté le plus dantesque est que la famine ronge de plus en en plus les mômes. En effet, le rapport des Nations-Unies atteste que le nombre d’enfants qui sont ravagés par la faim et la malnutrition dans le monde est de 149 millions d’enfants ; un chiffre qui nous apostrophe sur le grand chaos du bilan de l’alimentation dans le monde. 

Un tableau très sombre et ébène de l’évolution de la famine qui montre incontestablement que les objectifs fixés dans le consensus sur le développement et les objectifs l'Objectif de la faim zéro et du développement durable ODD en 2030 d’enrayer la famine sont reportés aux calendes grecs.
Parmi les raisons de la détérioration des conditions de l’alimentation dans le monde, on énumère le rôle des guerres, des conflits et de l’instabilité politique en général et les catastrophes naturelles qui ont joué un rôle important dans le retour des crises alimentaires.
Mais, en dépit de son importance, ce rapport ne s’est intéressé que de manière subsidiaire à la question des politiques agricoles et des choix de développement mis en place dans ce domaine qui expliquent, à notre sens, largement cette dégénérescence des conditions de l’alimentation.
Malheureusement, depuis la seconde guerre mondiale, les politiques agricoles et les choix de développement agricoles ont été jalonnés par l’omnipotence des politiques industrielles et les intérêts urbains par rapport à ceux du milieu rural et de l’agriculture. 

Plusieurs mobiles sont derrière la marginalisation de l’agriculture : 

- La première raison est d’ordre idéologique qui considère que le monde rural est le lieu de survivance des idées conservatrices et qu’il se rattache aux valeurs antiques et rejette , en corollaire, le progrès de par une volonté timorée de se lancer dans l’ère de la modernité.
- Le second argument est d’ordre économique et s’explique par la vieille conception que l’itinéraire du développement est à l’origine du retrait du secteur primaire en faveur du secteur industrielle. Ce dogme a longtemps influencé les choix de développement économique dans les pays développés et dans les pays en développement et explique pour une large part la relégation du secteur primaire et du monde rural depuis plusieurs décades. Ce retrait est à l’origine de ce retour en force des famines et de la malnutrition. 

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’une cassure avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme. 

Ces stratégies passent par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l'accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l'économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu'un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d'un programme de lutte contre la faim.

Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n'est pas une fatalité,
les thèses malthusiennes et néomalthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit "Renierez-vous [l'existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l'univers, c'est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d'elle, l'a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d'égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t'interrogent." 

Le droit à l'alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d'entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l'alimentation est un droit de naissance pour tout être humain. 

Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que "La pauvreté n'est pas un accident comme l'esclavage et l'Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité" ?? 



mardi 6 août 2019

Le Roi Mohammed VI et la Majesté d’un Modèle de développement Majestueux


A l’occasion du 20 éme anniversaire du règne, le Roi Mohammed VI, dans le Discours du Trône du 30 Juillet 2019, vient instiller une nouvelle âme visant à la refondation d’un Modèle de développement plus inclusif et plus innovant. 

Cette commémorative est une occasion pour mettre des points d’orgue en faisant la déchronologie d’un Maroc moderne, souvent cité comme illustration en Afrique en termes d’attraction et d’émergence économique. Ces 20 chandelles de Majesté permettent, en sus, d’entreprendre une introspection constructive et d’inciser un interrogatoire éclairé, réaliste et judicieux, ceci est d’autant plus opportun que les incommodités sont décelées et les tares sont devenues un secret de polichinelle. 

A cet égard, le Souverain Marocain appelle dans son panégyrique à une commutation substantiel, étayé sur les multiples acquis du Royaume en s'inscrivant dans la pérennité. 

Nous devons souligner que cet évolutionnisme de notre Modèle de développement doit impérativement être polyvalent et multidimensionnel : Figer le modèle de développement sur le seul volet économique, comme le suggèrent certains économistes, serait une saugrenuité et une réplique plus que tronquée à la nécessité de reconstituer la foi et le crédit en l’avenir, mais surtout d’échafauder un Maroc plus équitable, plus incluant et inclusif, pour passer à une nouveau palier dont les paradigmes seront, selon le Souverain "Responsabilité" et "Essor ". 

En outre, le Modèle de développement doit être architecturé sur le pilier de quatre challenges : 

1- Le défi de la consolidation de la confiance, 

2- Le défi de l’ouverture et le refus du repli sur soi, 

3- Le défi de l’accélération économique et de l’efficacité institutionnelle et 

4- Le défi de la justice sociale et spatiale. 

Ce nouveau modèle de confiance, qui emprunte le crédo Keynésien porteur d’espoir, permettra au tissu social Marocain d’avoir les moyens de concourir et de participer au développement d’un Maroc nouveau reposant sur la redistribution, l’inclusivité, la solidarité et l’égalité des chances. De ce fait, la mise en œuvre de l’édifice de ce modèle de développement est " OPEN" à toutes les qualifications et toutes les compétences. 

Sous cet angle, le Souverain Marocain a ordonné le Chef de l’exécutif à formuler des suggestions à même à émailler les postes de responsabilité en les pourvoyant de profils de haute habileté et de professionnalisme choisie selon les critériums de compétence et de mérite. 

L’apostrophe et l’alarme du Souverain vise à couper court avec la médiocratie qui plombe la compétitivité de l’économie marocaine pour la substituer à la " méritocratie" greffée sur le professionnalisme, l’efficacité, le sérieux et le punch. 

Et dans le dessein de donner au modèle de développement sa dimension mondiale, régionale et maghrébine et pour répondre aux contraintes des blocs commerciaux régionaux, le Souverain Marocain encore une fois réaffirme son engagement sincère à garder la main tendue en direction de nos frères en Algérie, fidèles en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères. 

La Commission en charge du Modèle de développement, qui sera désignée ultérieurement, aura du pain sur la planche pour éplucher et épucer l’appareil productif et administratif Marocain en faisant preuve de bravoure, de front et d’effronterie afin de soumettre des aboutissements arrimés à l’économie cognitive du 21éme siècle . 

vendredi 2 août 2019

Victoire de l’Algérie au CAN 2019 : Gage et preuve que l’Union Maghrébine est toujours possible


Qui de nous Musulman, Arabe et surtout Maghrébin n’a pas suivi avec euphorie la bataille de l’Algérie en plein tumulte politique arrachant de façon chevaleresque le trophée de l’Afrique des Nations CAN 2019, dans une finale alliciante Algérie-Sénégal ? Transcendons la dimension sportive et intéressons nous à la dimension politique pour alléguer une évidence et un secret de polichinelle que le football est devenu un vecteur emblématique ayant une portée politique éloquente. 

Marocains, Tunisiens, Mauritaniens et Libyens en pleine guerre civile ne se sont-ils pas associés au peuple Algérien pour solenniser cette prouesse sportive ? Cette union autour de la victoire Algérienne n’est-elle pas révélatrice combien existe l’amour et la passion de l’Unicité Maghrébine ? Ne faut-il pas joindre l’utilité à l’agréable pour que cette hilarité sportive commune devienne une réalité politique ? 

Partout dans le monde, le football est un rétroviseur et réflecteur de ce que nous sommes et de ce que nous pourrions devenir. Il est tout aussi un jeu comme la politique d’ailleurs. 

Parlons, à cet égard, de jeu et surtout d’enjeu politique, le peuple Algérien qui, depuis le fameux Vendredi 22 Février 2019, soit 6 Mois, n’a pas cessé d’exhiber au village planète terre son opiniâtreté de prémunir l’Algérie, qui a "objectivé" et protesté dans la sérénité, la dignité et la responsabilité. Une Algérie qui a su exprimer sur les " apophtegmes", les slogans irréprochable, ainsi que les positions les plus légitimes pour dire à une camarilla de généraux militaires affairistes qu’il était temps d’étancher la corruption et la rente et d’écouter la fulmination et le cœur battant de la république populaire. 

Après cette victoire au Coupe d’Afrique des Nations CAN 2019, le peuple Algérien est majestueux de son équipe. Il est tout aussi content de montrer au monde que l’Algérie est capable de se ressaisir et de recourir aux urnes transparentes en empruntant l’itinéraire de la démocratie. 

Certes, les richesses naturelles peuvent être un écueil puisque l’économie Algérienne est basée pour l’essentiel sur les revenus du pétrole et du gaz. Cependant quand on écoute le boulevard des protestataires sages d’Alger, quand on appréhende comment le cercle vicieux navigue vers un cercle vertueux de la démocratie, l’Algérie a tout l’espoir de voir que ces opulences naturelles serviront un peuple disposant d’une jeunesse sage et responsable ayant une prédisposition à la modernité, à la dignité, à une quête d’Union avec les autres pays du grand Maghreb. 

Après cette bravoure sportive, les responsables politiques des cinq pays ne devront-ils pas remettre sur le marbre de l’actualité le dossier de l’édification d’une union cimentée, et pérenne répondant aux aspirations des 5 peuples ? Une union viable, avec des ambitions pragmatiques qui ne doit rien à voir avec l’UMA, créée le 17 février 1989, élaborée à la hâte sans réelle préparation, ni prise en considération des facteurs intrinsèques et endogènes de chaque peuple. 

Au regard des blocs commerciaux régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE..) qui se sont construits pour répliquer à la mondialisation, le Maghreb a besoin de cette Union. Il a besoin de se constituer en entité solide face à l’Europe, aux différents challenges de la globalisation et aux menaces climatiques. Toutes les raisons (économiques, politiques, sociales, géostratégiques……etc.) implorent cette Union. Nos différences et nos différents sont anodins et peuvent être agonisés dans une Union souveraine et raisonnée. 

Durant ces vingt années de règne, le Souverain Marocain a développé à l’égard des Algériens la politique de la main tendue et de la réconciliation. Le Roi Mohamed VI, dans son dernier discours du Trône du 30 Juillet 2019, n’a-t-il pas réaffirmé son engagement sincère à garder la main tendue en direction de nos frères en Algérie, fidèles en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères ? 

S’il lui arrivait de fustiger ouvertement l’obsessionnelle politique d’agressivité menée par leur régime à l’encontre du Maroc et de son unité territoriale, il parle régulièrement du manque à gagner pour les populations du Maghreb de cette discorde Marocco-Algérienne sur le Sahara marocain. 

Dans l’évocation régulière de l’énorme coût du Non-Maghreb, il y a une invitation aux Algériens à réfléchir sur les choix stratégiques de leur institution militaire qui paralyse et épaissit l’impasse. Le Sultan Mohammed VI sait que la question du Polisario ne bénéficie d’aucune popularité au sein du peuple Algérien. Elle est juste une affaire des services de sécurité qui l’instrumentalisent dans leur éternelle compétition avec le leadership Marocain. 

La position du Souverain Marocain à l’égard de l’Algérie a été résumée dans un discours prononcé à l’occasion du soixantième anniversaire de la conférence de Tanger et du quarante troisième anniversaire de la marche verte : « Mus par l’affection et l’estime que nous portons à l’Algérie, à sa direction et à son peuple, nous ne ménagerons aucun effort, au Maroc, pour asseoir nos relations bilatérales sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage, inspirés en cela par la parole de Notre Aïeul, paix et salut sur lui : ‘’Jibril m’a tellement recommandé d’être bienveillant envers mes voisins que j’ai failli croire qu’il allait en faire mes propres héritiers’’ ». 

Mais quel qu’en soit l’issue, les Marocains formulent l’espoir que cela puisse ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux peuples, Algériens et Marocains : La dernière illustration en date de cette proximité remonte à la Coupe d’Afrique des Nations 2019, organisée récemment dans le pays des Pharaons, au cours de laquelle le Souverain et le peuple du Maroc, dans un élan spontané et sincère, ont témoigné leur sympathie et leur soutien enthousiastes à la sélection Algérienne. Ils se sont joints au peuple Algérien pour partager sa fierté, à la suite du sacre mérité lors de cette compétition, car, cette victoire, ils l’ont ressentie comme étant aussi la leur. 

Cette foi profonde dans la communauté de destin, sous-tendue par une histoire et une civilisation communes, nous incite à œuvrer, avec espoir et optimisme, à la réalisation des aspirations à l’unité, à la complémentarité et à l’intégration, portée par nos peuples Maghrébins frères. 

Somme toute, la joyeuseté et la festivité exprimée avec effusion et flamme par des milliers de Maghrébins après l’apothéose de l’équipe Algérienne est une gage et pièce à conviction que cette Union Maghrébine est toujours possible. 







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