mercredi 30 janvier 2019

Le Maroc et l’Hydre de la Corruption : Une éternelle bataille

Hier 29 Décembre 2019, L’ONG de Peter Eigen, Transparency International en l'occurrence vient de publier son Indice de Perception de la Corruption IPC dans le monde. 

Sur un panel de 180 pays, le Maroc se positionne dans le rang 73. Est-ce pour autant un bon augure ? Notre réplique est affirmative au vu de la lecture du trend des années précédentes : Notre note était de 37/100 en 2016, puis à 40/100 en 2017 et 43/100 en 2018, soit une décrue qui est passée du 84éme au 73éme rang sur la même période. D’ores et déjà, le Maroc est ex-æquo avec notre rival la Tunisie, qui nous devançait de loin. Il est tangible que cette cote est imputable aux efforts arborés pour lutter contre la corruption. Cela n'est qu'un abc, car catcher ce "vipérin" requiert du sang-froid, de la fermeté, une stratégie sur s’inscrit dans la durée et une ferme volonté politique de démolir ce "luciférien". 

Toutefois, au vu de qui passe dans les différents réseaux sociaux et le sondage de type micro- trottoir, à l'unanimité, les Marocains interrogés blasphémèrent que rien n'est fait pour lutter contre ce monstre. A notre sens, Il ne faut pas leur en vouloir : Si des efforts déployés sont en cours, leur ton ne dépasse guère périmètre des bureaux des responsables. La lutte contre la corruption est l'affaire de nous tous, nous ne cessons de le chanter à cor et à cri ; c'est pourquoi la sensibilisation doit s’incliner devant tout un programme continu qui doit transcender les "tartes à la crème" des propagandes. 

Nous sommes optimistes du fait que le Maroc est fortement engagé dans le processus de lutte contre la corruption, à travers le développement des mécanismes de bonne gouvernance et de transparence, ainsi que l’adoption des réformes majeures d’ordre constitutionnel et institutionnel. A l’appui de notre assertion : 

Pièce à conviction N° 1, Le Maroc est impliqué dans plusieurs projets visant la lutte contre ce fléau avec des acteurs nationaux et internationaux à l’instar de l’OCDE. 

Pièce à conviction N°2, le Mois dernier ( Jeudi 13 décembre 2018), le Roi Mohammed VI, avait reçu au Palais Royal à Rabat, Mohamed Bachir Rachdi connu par sa droiture et son sérieux, que le Souverain a nommé président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption. 

Pièce à conviction N°3, le Souverain n’avait-il pas donné ses Hautes Orientations au nouveau Président afin d’œuvrer à la mise en œuvre optimale des missions confiées par la Constitution à cette instance nationale, notamment en ce qui concerne la prise d’initiative, la coordination, la supervision de l'exécution et le suivi des politiques de lutte contre la corruption, la contribution à la moralisation de la vie publique à même de pallier aux répercussions négatives de ce fléau sur les différents secteurs de l’économie nationale et sur la réalisation d’un développement durable et équilibré ? 

Avec cette nomination royale, nous escomptons entamer une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption, une ère de changements réels et irréversibles à travers des stratégies effectives pour un développement soutenu, inclusif à même à resserrer l’étau autour des auteurs et acteurs de la corruption. 

Avec la nomination fraîche du Président de l'Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la lutte contre la Corruption, le Souverain Marocain véhicule encore une fois de plus moult clignotants et messages de la bataille contre l'hydre de la corruption. A nous de combattre cette piste. La corruption et les corrupteurs ne sont sont-ils pas les pestes du genre humain pour reprendre la célèbre maxime de Fénelon ?

mercredi 23 janvier 2019

Inégalités Sociales : Sosie et reproduction des Fractures du Capitalisme


David Ricardo et Adam Smith sont souvent considérés comme les auteurs emblématiques du libéralisme économique qui mirent en piédestal les vertus du libre échange à travers leurs fameuses théories des avantages comparatifs et absolus et s'ensuit tout un afflux de disciples et de courant ultralibéral, qui selon eux, le libre jeu des acteurs économiques reconduit à une situation d'optimum économique et que le libéralisme économique permet d'améliorer la situation de tous, y compris des plus démunis. 

Qu'en est-il sur le marbre de la réalité économique de cette répartition "égalitariste" de la richesse au niveau mondial que prédisaient les libéraux ? 

D'emblée, on peut alléguer que sur le plan factuel, l'arène des relations économiques internationales montre ostensiblement que les dividendes de la croissance économique mondiale sont arbitrairement redistribuées et qu'une inégalité configure la répartition de la richesse mondiale. À l'appui de notre assertion, ce 21 Janvier dernier, Oxfam International qui est, faut-il le rappeler, une confédération composée de 17 organisations indépendantes agissant contre les injustices et la pauvreté publia un rapport coléreux et accablant sur la répartition biaisée des richesses dans le monde. 

En effet, sur la base des données fournies par le Crédit suisse, l'ONG de Winnie Byanyima tira quelques conclusions qui font froid dans le dos : les 1 % des nantis s’approprient une part toujours plus ample des richesses comparativement aux années écoulées : La part de la richesse de la planète voltigée par les 1 % les plus riches est gravie de 44 % en 2009 à 48 % en 2014 et débordera les 50 % en 2018. Pour rappel, en 2010, la fortune nette des 80 personnes les plus riches au monde s'élevait à 1 300 milliards de dollars. En 2014, le montant atteignait les 1 900 milliards, en 2018. Pire encore, 26 milliardaires possèdent désormais autant d'argent que la moitié la plus pauvre de l'humanité ; ces 26 riches disposent désormais d'autant d'argent que les 3,8 milliards les plus pauvres de la planète. 

D'une manière générale, la richesse des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 Milliards l'an dernier, soit à une cadence de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11% selon le rapport. 

Ainsi, l’investigation d’OXFAM met en lumière que dans la période où le patrimoine des plus nantis fuse de manière démesurée, celui des moins riches a fortement étrécie, jusqu'à un jonction de courbes. Ce qui nous laisse inhumer la fameuse théorie économique d'inspiration libérale "théorie du ruissellement". 

En sus, la répartition inégale du patrimoine mondial converge vers la remise en cause de la fameuse relation de Kuznets établie dans les années 1950 qui laissait croire que le développement économique s'accompagnait de façon mécanique d'une décrue des inégalités de revenu. Les inégalités observées en ce début de XXIe siècle ne sont-elles pas comparables au niveau d'inégalités du XIXe siècle et du début du XXe siècle ? 

En cela, l'économiste français et l'auteur du best-seller "Le capital au XXIe siècle", Thomas Piketty, rejoint le prophète du communisme Karl Marx et allègue que le capitalisme, s'il n'est pas régulé, génère des inégalités grandissantes. 

Selon le même document, le nombre des riches comme Crésus a doublé depuis la grande dépression financière de 2008, constatant que les riches bénéficient non seulement d'une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d'imposition les moins élevés depuis des décennies. 

Aussi, Oxfam indique que les plus riches dérobent au fisc 7.600 milliards de dollars, dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni et paradoxalement les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches. 

A cet égard, l’épineuse apostrophe de l'imposition et de la taxation des plus hauts revenus soulevée par le rapport de l'ONG est cruellement d'actualité dans de nombreuses nations. A titre illustratif, en France, le mouvement des ''Gilets Jaunes'' n’a-t-il pas relancé le débat sur la suppression de l'Impôt sir la Fortune ISF par Emmanuel Macron ? Au pays d’Uncle Sam, Alexandria Ocasio-Cortez députée démocrate, fraîchement élue, n’a-t-elle pas proposé de taxer à 70% les plus riches, obtenant le soutien du Prix Nobel d’Économie Paul Krugman ? Et se pose, en guise de conclusion les grandes interpellations des moyens, des mesures et les mécanismes d’un modèle social et économiquement redistributif sur le toit de l’économie mondiale à même de limiter le divorce croissant entre l'exigence démocratique d'égalité et la multiplication des inégalités économiques pour reprendre l’auteur "Les fractures du capitalisme"l’écomiste, Lester Thurow. 



dimanche 20 janvier 2019

Une approche critique du rapport Forbes 2018 relatif au climat du Business international au Maroc


Il y a plus d’une dizaine de jours, le magazine Américain Forbes publia son dernier hit-parade du Business international à travers le monde “The Best Countries for Business”. Faut-il signaler, en guise de prélude, que le calibrage de Forbes porte sur 15 indicateurs qui sont entre autres : les droits de propriété, l'innovation, les taxes, la technologie, la corruption, la liberté (personnelle, commerciale et monétaire), la bureaucratie, la protection des investisseurs et la performance du marché boursier. 

Sur un échantillon de 161 pays, le Maroc enregistra une décrue chutant à la 62éme position, soit 7 places de moins par rapport à l'édition 2017 où il se situa à la 62e position. 

En Afrique du Nord, le Maroc arrive en tête, suivi par la Tunisie (96ème), l’Egypte (101ème), l’Algérie (124ème) et la Libye (149ème). 

La répartition géographique montre que dans le continent Africain, le Maroc se positionne dans la troisième place. La première place dans le continent est revenue à l’Ile Maurice qui occupe le 39e rang à l’échelle mondiale devant l’Afrique du Sud (59e). Les Seychelles, la Tunisie, le Botswana, le Rwanda, le Kenya, le Ghana et l’Égypte ferment le Top 10 africain 

L'amélioration du climat du Business au Maroc selon les rapporteurs de Forbes est attribuable à la proximité avec le vieux continent l'Europe en l’occurrence et son faible coût salarial pour construire une économie diversifiée, ouverte et orientée vers une économie de marché. 

À notre sens, l'attractivité du climat de l’investissement ne peut être accotée sur les deux critériums cités ci-haut par Forbes pour au moins deux mobiles : 

- Primo, l'attractivité du business international ne peut se scléroser au seul coût salaria, car eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s'éroder au point que le travailleur marocain est devenu plus coûteux comparativement à d'autres économies comme la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie. 

En sus, Etayer l'essentiel de l’attractivité sur les coûts salariaux pour transpercer les débouchés extérieurs et féconder le climat de l'investissement laisse croire qu'il existe une rivalité industrielle et une attractivité greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé, sont compétitifs sur les marchés internationaux et attirent plus d'IDE que les pays moins développés à l'instar de l'économie Allemande, Irlandaise ou Suisse ? Si cette bataille commerciale et industrielle existe, cela revient à nous interpeller qu'elle est viable uniquement pour des biens bas de gamme et cantonner sa compétitivité à celle des bas salaires verrouille notre tissu économique dans des niches à faible valeur ajoutée et à faible contenu technologique, 

- Secundo, l'attractivité ne peut se baser sur la proximité avec le vieux continent. En effet, selon une investigation de la Banque Mondiale portant sur la logistique, cette proximité n'est pas réelle si l'on appréhende par le coût du transport puisqu'un conteneur entre le Havre et Hong Kong est moins onéreux qu'entre Casablanca et Marseille. Aussi, selon la même étude, il faudrait 4 semaines minimum pour convoyer une marchandise du Maroc vers Rotterdam, alors qu'un conteneur de la Chine vers Rotterdam a besoin seulement de 3 semaines. De plus, plus de 20 % de la valeur ajoutée des produits manufacturiers est alourdie dans des frais de logistique. À cet égard, la Chine ne parait-elle pas plus proche de l'Europe que du Maroc ? 

Le véritable calibrage du climat des affaires ne se confine pas au seul palmarès du journal Américain, la vraie évaluation de l'environnement de l'investissement ne se borne pas au seul hit-parade concocté par Forbes, l'attractivité du Business international se loge dans l'enterrement de la rente et l'érection des lois de marché, dans les funérailles de l'ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l'investissement, dans l'élimination du favoritisme et l'inhumation de la corruption pour laisser voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence. 

Le Souverain Marocain n'a-t-il appelé à en finir avec les restrictions et les contraintes qui se dressent devant les investisseurs et de s'en tenir à l'esprit des réformes au service de l'investissement générateur d'emplois et de richesses et de combattre les réflexes et comportements contre-productifs ? Car, dans la conception royale, l'efficacité administrative est un critère à l'aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s'il remplit les critères de l'efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l'investissement. 

L'attractivité des affaires internationales réside, somme toute, dans le développement endogène, les politiques de soutien à la demande locale, le développement du savoir-faire et dans l'échafaudage d'un tissu industriel dense et robuste.

jeudi 17 janvier 2019

Le Warning du modèle de développement économique du Maroc : Un serpent de mer en mode "stand by"

L’essoufflement du modèle développement économique du Maroc tel est la tarte à la crème qui abonde dans les médias. L’exténuation du modèle économique du Maroc, telle est la ritournelle du paysage écrit et audiovisuel Marocain: Toute une profusion d’articles foisonne dans les journaux. La prostration du modèle de développement économique du Maroc le leitmotiv des dissertations économiques : Tout un pullulement d’écrits lui y est consacré et dédié après le discours Royal du Vendredi 13 octobre lors de la nouvelle session parlementaire où le Souverain Marocain sonna le glas de notre modèle économique. 

"Si le Maroc a réalisé des progrès manifestes, mondialement reconnus, le modèle de développement national, en revanche, s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale" 

En dépit de ce warning Royal, au Maroc, les jours se suivent et se ressemblent et rien de substantiel, ni de concret n’a été entrepris. Pour preuve, les Thinks-thanks, les laboratoires de recherche, les universitaires, se cantonnent et se contentent de débats, de colloques et journées économiques qui demeurent platoniques et platoniciennes. On est bel et bien dans le début du nouvel An 2019 : Les institutions constitutionnelles, les partis politiques, les centrales syndicales, ainsi que la société civile devront trimer de concert en faisant preuve de maestria afin d’accoucher les amorces et les préambules d'un modèle palliatif. Or, indépendamment de quelques tables qui n’ont à rien de rondes ici et là, aucune initiative tangible ne pointe à l’horizon. 

Sur le marbre de la réalité, nous nous sommes figés sur la littérature Académicienne conjuguée à un effarement des priorités du pays. Seulement avouons-le, tous les Marocains ici et sur d’autres cieux savent fermement que ces priorités sont un secret de polichinelle. 

A maintes reprises, nous avons fait les points d’orgue de la situation, nous sommes conscients des dysfonctionnements, lesquels sont connus de tous les Marocains, pour reprendre les dires du Souverain Marocain. 

Tous les Marocains savent sciemment que les maillons de ce modèle sont le capital humain et l'éducation, tous les marocains savent pertinemment que les piliers de ce serpent de mer sont la santé, l'emploi, une redistribution des fruits de la croissance et l’aspiration à une vie décente. 
Les soubassements de la maquette du modèle économique Marocain ne sont-ils pas énoncés dans la Constitution ? Démocratie, Etat de droit, pluralisme, bonne gouvernance, société solidaire soudée autour de la sécurité, la liberté, l’égalité des chances, la dignité, la libre concurrence,? 

De ce fait, je pense qu’il ne s’agit, dans cette chronique, de proposer un quelconque succédané à ce modèle en panne d’inspiration, je pense qu’il Il ne s'agit aucunement de prescrire ici une quelconque recette abracadabrante pour le nouveau modèle de développement. 

Si des recommandations concrètes il y en a, elles devraient provenir des imminences évoquées ci-haut, qui débordent de matière grise, de compétences et de talents. Ceux-ci doivent s'imprégner de la culture économique et sociale marocaine ; elles doivent être intrinsèques à la réalité économique marocaine et inhérentes aux problèmes sociales du quotidien des Marocains à même à reconsidérer notre modèle économique pour le mettre en phase avec les transfigurations que connaît et notre patrie et le monde. Ceux-ci doivent incorporer irréversiblement les volets incontournables de la liberté d’entreprendre, de la bonne gouvernance et de la justice sociale qui, faute de quoi, aucun prototype économique ne saurait pérenniser. 

Coïncidant avec les 20 ans de règne du Souverain Marocain, l’année 2019 doit être celle de la Majesté de ce chantier, et ses jalons doivent être jetés dès le premier semestre de cette nouvelle année 2019. Certes, Les blocs politiques et les différentes franges de la société civile pourront discorder sur quelques morphèmes du modèle de développement économique à emprunter, mais ne doivent aucunement diverger sur la trame fondamentale pour quelconqu’obédience idéologique ou de surenchère politique et politicienne. 

Comme cité ci-haut, les distorsions sont connues et les priorités sont limpides et translucides; nous n’avons nul besoin de recourir à d’autres check-up vu qu’il y a, déjà, foisonnement et pléthore en la matière. 

Au regard des métamorphoses économiques qui chamboule l’arène économique mondiale, 

l’intérêt est de procéder à calibrage méthodologique et à un découpage de l’appareil productif à même de détecter les lieux de jonction du tissu productif marocain au regard du système économique mondial. Le contexte et le climat de la donne économique mondiale, souvent interceptée, doivent gagner leurs lettres noblesse ce qui nous incite à exhumer une des citations de Feu SM Hassan II dans son Discours du 20 août 1993 "Nous constatons parfois un manque d’analyse concernant la carte régionale et mondiale, pourtant nécessaires pour l’étude de la carte nationale". 

Par ailleurs, faut-il, à notre sens, se suicider sur toute une armada de réformes économiques pour générer la croissance économique ? Ce qui nous exhorte à avancer que le nec plus ultra est de détecter le "SMIG" d’obstacles les plus contraignants de notre économie et de s’atteler à les lever.
Car, nous semble-t-il, beaucoup de réformes conduites dans plusieurs secteurs peuvent créer des distorsions imprévues dans d’autres secteurs ; en se concentrant sur le domaine qui bride le plus la croissance, le Maroc aura plus d’aubaines de récolter les fruits de son effort, car pour paraphraser l’Économiste Dani Rodrik, pléiade et spécialiste des problèmes de la croissance économique : "beaucoup de réformes peuvent créer peu de résultats et peu de réformes peuvent créer beaucoup de résultats".
Si l’économiste du pays de l’oncle Sam et chef de file de l’économie de l’Offre (supply side) Arthur Betz Laffer disait, à l’occasion, de sa fameuse courbe Laffer "Trop d’impôt tue l’impôt", je dirais, dans ce propos, que "trop de réformes tuent les réformes".
Tout est dans la simplicité, Léonardo de Vinci, l’artiste de la Joconde Mona Lisa n’a-t-il pas proverbialisé " La simplicité est la sophistication suprême" ?

mercredi 16 janvier 2019

Paris, l’Elysée et la Vie en Jaune

Depuis plus de deux Mois, la France chante à cor et à cri au tempo du conflit social déclenché par les gilets jaunes. Une effusion sociale qui en a médusé plus d’un par son immensité, sa pérennité et parfois par la part du révolte et de la rébellion qu’elle a engendrée. 

Ce remous social vient rompre un cycle post-politique que les démocraties Européennes avaient cru avoir débrider pour se contenter d’un millénaire apaisée et de démocratie rasséréné et réchappant aux antinomies et aux augures des grands soirs. 

Le mouvement des gilets jaunes vient ressusciter les luttes de classes que l’on imaginait définitivement inhumées du temps de Marx et Lénine. 

Faut-il rappeler que le berceau de ce mouvement des gilets jaunes est la taxe imposée par le L’Exécutif Macron sur les carburants pour renflouer la transition énergétique et qui a engendré une flambée des prix. Ce renchérissement a été à l’origine de la fulmination de l’indignation et de la révolte d’une large frange des Français en devenant en l’espace de quelques semaines une épée de Damoclès sur le pouvoir en France.
Ce mouvement ne s’est pas cantonné à la seule nouvelle taxe sur le carburant ; il a fait tâche d’huile et boule de neige en réclamant d’autres revendications sociales plus aiguës à l’instar de l’augmentation du SMIC et la revalorisation des pensions de retraite. 

Le Gouvernement Macron a pris une telle mesure de désindexation des pensions de retraite et d’autres prestations sociales dont l’allocation logement et certaines allocations familiales, pour faire des économies budgétaires évalués à plus de 3,5 milliards d’euros en 2019 et 7 milliards en 2020. 

Cependant, le coût politique d’une telle décision a été catastrophique et a secrété une forte subversion sociale et une mobilisation importante des retraités contre Macron et son Exécutif.
Toutefois la décision qui a été au cœur du tumulte social et qui a été l’expression du sentiment de l’arbitraire, de la partialité et d’inégalité concerne la décision du président Français Macron d’abolir l’impôt sur la fortune ISF. Cette décision a été désavouée et reniée par la grande frange du peuple français et a fait l’objet de dénégations, qualifiant Macron de l’épithète "Président des riches". 

Historiquement, cet impôt a été accouché en 1989 par Michel Rocard, à l’époque Premier Ministre sous les commandes du parti socialiste de François Mitterrand en l’inscrivant dans la dynamique du renforcement de la solidarité sociale, singulièrement en faveur des couches les plus démunies. 
L’ISF, parallèlement aux revenus qu’il a générés au Budget de l’Etat, qui se sont élevés en 2017 à 4,2 milliards d’euros, a acquis une forte connotation emblématique sociale ; Il était appréhendé comme un gage de consolidation du contrat social pour reprendre Jean-Jacques Rousseau. 

Toutefois, l’ISF a été abrogé par la nouvelle majorité suite à une promesse électorale du futur président Macron en incarnant "l’avocat du diable" que cet ISF allait devenir une mesure fiscale dissuasive exhortant les entreprises Françaises et les grandes fortunes à un exode de leurs capitaux en les expatriant sur d’autres cieux afin de contourner une fiscalité lourde. 

Et depuis son abrogation le 20 octobre 2017, cette œuvre a fait entrer le loup dans la bergerie et constitua le boulet que le président Macron et sa nouvelle majorité vont traîner jusqu’à aujourd’hui et le credo social "d’une gratification pour les riches" n’a fait que se renforcer dans le milieu social parisien et français en général. 

Certes, l’Elysée a créé un " Impôt sur la Fortune Immobilière" pour assujettir les propriétaires de valeurs immobilières. Cependant, non seulement le gain de cet nouvel impôt a été nettement modique et n’a rapporté en 2018 que 1,2 milliard d’euros, soit une moins-value fiscale de 3 milliards d’euros, mais surtout, il a eu un fardeau fiscal sans égal en renforçant l’idée d’une injustice fiscale et d’une inégalité devant l’impôt auprès d’une large majorité des français
Cette suppression a été qualifiée par la plupart d’un "péché originel" qui a enseveli le chef de l’Elysée et sa politique dans une répulsion d’envergure du pays de lumières par l’écrasante majorité des Français 
Depuis, ce sentiment n’a fait qu’à’intensifier l’idée d’un " Gouvernement de riches" faisant litière de la dimension sociale tout en creusant l’hiatus social.
A notre sens, cette quête de justice n’est pas propre à la France, elle est générale dans le monde et constitue depuis quelques années le revers de la médaille de la globalisation qui a attisé les inégalités au sein des démocraties contemporaines. 

Certes, les inégalités entre Etats se sont allégées grâce aux efforts consentis par un grand nombre de pays en développement PED pour lutter contre la précarité et l’exclusion. Toutefois , ces formes anciennes d’inégalités se sont substituées à de nouvelles expressions d’inégalités en créant un clivage entre, d’une part des pays qui ont réussi à s’atteler à la nouvelle dynamique économique mondiale du know-how, et d’autre part ceux issus du taylorisme, du fordisme et des industries lourdes qui ont progressivement périclité.

C’est somme toute, la nouvelle fragmentation, résultante de la mondialisation et de la nouvelle économie de la High tech qui est au cœur d’une nouvelle division internationale sociale et du "Némésis" des laissés pour compte.

Toutefois, au lieu de colmater ce fossé qui ne cesse de s’excaver et de se creuser, la nouvelle crème d’élite n’a fait que "sprinter" la volte-face avec une présomption et une témérité qui n’ont fait qu’à aviver le ressentiment de ceux d’en bas. Cette outrecuidance est à l’origine d’une forte mobilisation en faveur de la dignité qui s’apparente, me semble-t-il, aux premières rébellions du printemps arabe.
Le mouvement des gilets jaunes en France est révélateur d’un mouvement plus global, il est évocateur d’un ressentiment plus général : Il s’agit d’une riposte à une globalisation ayant distillé des inégalités sociales sans précédent. 
Elles sont le résultat, somme toute, d’un cataclysme et d’une grande crise de l’emblème politique dans les sociétés démocratiques contemporaines et l’expression du discrédit des formes classiques d’action qui sont les partis politiques et les centrales syndicales et de facto la rue et les mobilisations insurrectionnelles sont devenues les nouvelles formes de contestation et de subversion partout dans le monde.
En guise de conclusion, le mouvement des gilets jaunes n’est qu’un microcosme des nouvelles formes d’action politique et social du citoyen mondial faisant de l’égalité, de la dignité son credo en dehors de mouvement syndical et des partis politiques en panne d’inspiration ; le mouvement des gilets est une réplique à une mondialisation entraînant l’appauvrissement généralisé des basses classes de la société, le recul des droits sociaux dans l’unique but est de maintenir les coûts salariaux bas pour maximiser le profit et la rentabilité des cours réels et des actifs financiers sur l’arène internationale de la nouvelle économie ayant enfanté un fossé abyssal qui se creuse de plus en plus entre des riches comme Crésus et des pauvres comme Job. 
Dans ce cyclone du mouvement des gilets jaunes, Edith Piaff n’aurait-elle pas chantée la Vie en Jaune au lieu de la vie en rose ? 



mercredi 9 janvier 2019

Corruption : La grande tare du Climat des Affaires au Maroc


Aujourd’hui Mercredi 9 Décembre 2019 est la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption. 

Faut-il rappeler, en guise d’introduction, que la corruption est un phénomène social, politique et économique très complexe, qui afflige toutes les Nations. Elle nécrose les institutions démocratiques, altère le développement économique et contribue à l'instabilité gouvernementale. 

La corruption endommage les pivots des institutions démocratiques en biaisant les élections, en corrompant l'État de droit et en distillant des appareils bureaucratiques dont l'unique fonction réside dans la sollicitation des dessous-de-table. 

Elle bouche considérablement le développement économique en dissuadant le milieu des affaires et en plaçant les PME/PMI dans l'impossibilité de surmonter les "coûts initiaux" liés à la corruption. Quelle est le rang du Maroc sur l’échiquier mondial en matière de lutte contre la corruption ? Et quelle trame se tisse entre le climat de l'investissement au Maroc et le phénomène de la corruption ? Diptyque intime assurément. Tel est le dessein de cette chronique économique. 

D'emblée, la corruption demeure la grande tare pour les promoteurs des affaires au Maroc, en atteste l’Indice de perception de la Corruption (IPC). En effet, dans le rapport de de Transparency International 2018, notre pays a obtenu une place qui le statufie dans la 81éme sur un panel de 180 pays. Certes, le Maroc a amélioré sa position où il a gagné 9 points par rapport à 2016 alors qu’il stagnait entre 36 et 37 points durant les années précédentes. 

l’Indice de perception de la Corruption s’étaie sur 13 sources de données émanant de 12 institutions indépendantes spécialisées dans l’analyse de la gouvernance et du climat des affaires dans les 180 pays, le Maroc se verrouille dans une position déplaisante, puisqu’elle obtient un score de 40/100. En dépit des efforts louables du Maroc, le pays fait moins bien que certains de ses voisins ; elle est devancée de loin par le Cap-Vert 48ème (55/100), le Sénégal 66ème (45/100), le Burkina Faso 74ème (42/100). 
Avec un tel score, avec un tel benchmarking, il est épineux d’être candidat au capital étranger et rendre le climat de l’investissement prospère et le cadre des affaires juteux pour les promoteurs étrangers. 

La corruption fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue un véritable achoppement à la fécondité de l’investissement et autant la justice d’un pays est gangrenée par la corruption et autant le climat des affaires est dissuadant. 

De ce fait, la corruption demeure une entorse structurelle à la croissance en discréditant au fair-play, à la concurrence et à la méritocratie économique en faisant refondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté, car elle accouche les mêmes effets qu’une taxe cachée ou des frais généraux illégaux 

Aussi, la corruption dissuade les investisseurs en chavirant leur confiance ce qui génère des pertes d’emplois et finit par claustrer le pays dans la pauvreté et fait également entrave à la création de PME capables de "manufacturer" la richesse pour les pays. 

Ce qui explique l’intérêt impérieux que porte le Souverain Marocain à ce scabreux dossier. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines lumières sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 

Soyons optimiste : Le Roi Mohammed VI, a reçu, jeudi 13 décembre 2018 au palais royal à Rabat, Mohamed Bachir Rachdi connu par sa droiture et son sérieux, que le Souverain a nommé président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption. 
Ceci montre l'importance que le Roi accorde à la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, tant au niveau du fonctionnement des administrations et établissements publics et son impact sur les services rendus aux citoyens, qu’au niveau des répercussions négatives de ce fléau sur les différents secteurs de l’économie nationale et sur la réalisation d’un développement durable et équilibré. 
Dans ce cadre, le souverain a donné ses Hautes Orientations au nouveau Président afin d’œuvrer à la mise en oeuvre optimale des missions confiées par la Constitution à cette instance nationale, notamment en ce qui concerne la prise d’initiative, la coordination, la supervision de l'exécution et le suivi des politiques de lutte contre la corruption, la contribution à la moralisation de la vie publique à même de pallier aux répercussions négatives de ce fléau sur les différents secteurs de l’économie nationale et sur la réalisation d’un développement durable et équilibré. 

Avec cette nomination royale, nous espérons entamer une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption, une ère de changements réels et irréversibles à travers des stratégies effectives et applicables où l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption jouera un rôle d’impulsion, de suivi, et d’évaluation des politiques publiques en la matière. 



mercredi 2 janvier 2019

2019, l’année de l’optimisme béat

Avant-hier, l’année 2018 vient d’être écoulée. Ne fut-Elle pas une année acariâtre et endurcie à bien des égards ? Pour preuve, tout le milieu des affaires le témoigne. Une année 2018 que la plupart taxe d’année terne et sombre, où la parésie, la paralysie, ainsi que le manque de visibilité, conjugué à une conjoncture économique tumultueuse ont bouché le business et ont entraîné moult entreprises droit vers la banqueroute et le dépôt du bilan. 

Sur ce plan et pour illustrer notre allégation, il faudrait oublier le calibrage et le rating de circonstance et les indicateurs officiels, pour s’atteler sur le seul business au quotidien, pratiqué au jour le jour par les promoteurs économiques pour palper une ténébreuse réalité économique. 

L'État, premier trésorier des bons de commande n’a-t-elle pas délaissé le fleuron du tissu économique Marocain, PME/PMI en l’occurrence ? Ne s'est-il pas abstenu à payer ses arriérés entraînant la déconfiture d’une centaine d’entreprises ? 

Idem, sur le volet politique, l’attentisme, le manque d’audace et le sentiment timoré dans les prises de décision a été largement éprouvé. Ne serait-ce pas donc une année 2018 à éponger ? 

A l’antipode, 2018 a été unanimement une année d’introspection économique et politique : 2018 fut une année de grandes apostrophes relatives à la redéfinition des grandes prééminences où la dynamique économique et sociale (chômage, emploi et formation des jeunes) l’approche genre, équité sociale, ont été au cœur des symposiums et congrès économiques et politiques balisant le terrain pour les années à venir. 

Ce fut aussi une année où le haut sommet de la pyramide du Royaume, le Souverain Marocain en l’occurrence interpella le peuple Marocain sur l’essoufflement du modèle de développement économique acculant l’exécutif à résoudre la quadrature du cercle d’un modèle économique en panne d’inspiration. 

Seulement voilà, dans le naufrage économique d’une année morose, une bouée de sauvetage a été jetée dans l’océan du climat de l’investissement pour donner espoir dans année qui vient de voir le jour. En effet, le portefeuille financier de 40 MMDH de crédit TVA sera, à notre ses, un lubrifiant économique qui permettra de faire graisser et huiler le business et déverrouillera les crédits fournisseurs caillebottés pendant plusieurs Mois. Cette enveloppe financière impulsera la dynamique de l'investissement, stimulera la production permettant la création d’une séquence vertueuse porteuse d'emploi. 

En outre, en réplique aux auspices de l’argentier du Royaume, l’acquittement des arriérés des entreprises publiques, entraînera une détente des délais moyens de paiement. D’ailleurs, un comité ad hoc a été mis en place par l’exécutif dans l’ambition de surveiller le règlement des affaires économiques délicates. 

En outre, 2019 sera l'année du 20éme chandelle du Règne du Souverain Marocain, le Roi Mohammed VI, une 20éme bougie qui sera couronnée par le lancement de plusieurs grands projets structurants, la célérité des chantiers de règne en cours et le déploiement des pôles de croissance et de développement régionaux par les Conseils régionaux. Enterrerons les déconvenues, les insuccès et les échecs de 2018. 
En guise de conclusion et pour reprendre la maxime d’Antoine de Saint-Exupery " L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre". Il est temps que la bande Saâdeddine ElOthamni mette en ordre le présent des réformes économiques et politiques pour une année 2019 juteuse et fertile. Je vous invite à accueillir 2019 avec un optimisme béat. 



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