vendredi 13 septembre 2019

Une économie Marocaine en biais de Statu Quo: Une approche par les Politiques économiques


Nul ne doute que le tissu économique et social Marocain vit une crise profonde. Pour preuve, les discours du Souverain Marocain, ces dernières années, coulent tous dans le même moule sur la lassitude du modèle de développement Marocain. 

Ces discours sont significatifs de l’aggravation de la crise que nous traversons depuis quelques années et de l’échec manifeste de nos politiques économiques pour y faire face, qu’il s’agisse du niveau de la dynamique économique à travers la croissance globale, de celle des finances publiques, de l’activité économique ou des performances de notre commerce extérieur. 

Mis à part des plaidoiries du sérail, le discours officiel de l’exécutif ELOTHMANI continue à privilégier la fuite en avant et la scotomisation de cette crise, en mettant l’accent sur quelques indicateurs économiques rabiotés ici et là tout en indiquant que ces difficultés sont indépendantes de sa volonté et qu’elle a pour cause les achoppements de l’économie mondiale. 

Si nous insistons sur les facteurs intrinsèques, c’est pour mettre l’accent sur l’absence d’une vision du Gouvernement et l’échec des politiques économiques mises en place afin d’améliorer la situation économique et pour mettre en place les réformes nécessaires à même à relancer la croissance économique. 

Très loin de l’idée de minorer les facteurs exogènes, qui se matérialisent à travers la décélération de la croissance chez nos partenaires économiques, particulièrement les pays de l’Union Européenne, ainsi que la grande incertitude et instabilité qui caractérisent l’économie internationale, il est important de mettre l’accent sur la responsabilité de nos choix de nos politiques économiques et leur "agénésie" à sortir notre pays de cette léthargie.

Mais, revenons d’abord sur les faiblesses de notre économie à travers toute une série de statistiques publiées par plusieurs organismes nationaux et internationaux (Office de changes, HCP, Bank AlMaghrib, FMI, banque mondiale……) qui montrent que les réalisations économiques et sociales s’écartent amplement des objectifs déclarés par le Gouvernement lors de son investiture. 

En effet, la croissance économique n’a été que de 4,1% en 2017, 3% en 2018, 2,7% estimé pour 2019 et 3,4% selon le Haut Commissariat au Plan HCP. Cette chute de la croissance économique est imputable à la baisse de la croissance du secteur agricole de l’économie en ces deux dernières années, en dehors de celui des services. 

Il s’agit des performances économiques les plus fragiles des deux dernières années qui font de l’objectif de croissance de 5,5% fixé à l’orée 2021 par le gouvernement dans la loi de Finances 2011 un lointain souvenir.

Parallèlement et en dépit d’un taux d’investissement des plus généreux au monde, 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000, les corollaires en termes de croissance économique, création d’emplois et productivité, ont été décevants. Pour preuve, la croissance non agricole stagne autour de 3% et le taux de croissance annuel moyen des 4 années ne serait que de 3,3%. 

En termes de benchmarking, certains pays tels que la Turquie, les Philippines et la Colombie ont atteint des taux de croissance économique analogues ou supérieurs, avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs. Les pays qui ont réussi leur Take-off économique sont parvenus à maintenir des taux annuels de croissance du PIB par habitant bien au-delà de 4 % pendant des décennies (contre des taux annuels moyens au Maroc de 2,9 % entre 2000 et 2017 et de seulement 1,6 % entre 1990 et 2000). 

Cette tendance saturnienne n’a pas suscité l’intérêt de la part des pouvoirs publics et des experts en dépit de son ampleur stratégique. Cette rétrogression est l’alerte du crépuscule d’un modèle et du projet économique de l’Etat postcolonial qui a échafaudé sa philosophie sur la nécessité de diversifier notre économie et de sortir de l’insertion rentière héritée de la période coloniale. Le nouveau projet économique de l’Etat indépendant avait alors donné un rôle stratégique à l’industrie qui devait porter ce programme d’autonomie économique, dans lequel les entreprises publiques et le secteur privé ont joué un rôle vital. La précellence du développement industriel a été donnée dans les premières années de l’indépendance aux activités d’import-substitution pour substituer les biens de consommation finale, importés de la métropole coloniale dans les années 1960 et les activités de promotion des exportations à partir du début des années 1970 à la forte intensité en main-d’œuvre non qualifiée.
Mais, ce modèle de développement industriel a atteint ses limites dès la fin du siècle dernier et nous n’avons pas été en mesure de le renouveler malgré les alertes de la banque mondiale et du FMI. 

Une autre série de résultats est moins négative et concerne le faible recul du chômage dont le taux a dépassé les 14% en milieu urbain et près de 15% chez les jeunes de 25 à 34 ans. 

Du côté des finances publiques, le déficit budgétaire dépasse le taux annoncé de 3% pour atteindre les 3,7% en 2018. Après privatisation, il est estimé à 3,6% du PIB en 2019 et prévu à 3,5% en 2020. Le taux d’endettement global culmine pour atteindre la barre de 81% du PIB et celui du trésor à 66%. 

La quatrième série de résultats concerne le commerce extérieur et la dérive de nos échanges commerciaux : le déficit commercial a atteint à la fin de Juillet 2019 la valeur de 122,8 milliards de dirhams (MMDH) en vertu des statistiques de l'Office des changes. Les importations ont augmenté de 10,4 milliards de DH par rapport à juillet 2018, pour atteindre 291,1 milliards. En face, les exportations n’ont évolué que de 5,3 milliards de DH, à 168,3 milliards. Par conséquent, le taux de couverture des importations par les exportations s’est donc dégradé de 58,1% à 57,8%. Ce déficit n’a pas cessé de se dégringoler aussi bien dans la phase I que la phase II du mandat de l’Exécutif PJD. 

Ceci nous interpelle sur les possibilités de financement de ce déficit : Notre pays a réussi par le passé à financer notre déficit commercial par l’excédent de la balance des services et le transfert de nos Marocains du Monde MDM. Or, l’ampleur de ce déficit rend ce scénario difficile à atteindre et se traduira par un recours plus important à l’endettement externe qui pourrait à terme peser lourdement sur notre capacité à respecter nos engagements externes.
Les discours du Palais n’ont pas cessé de mettre l’accent sur l’essoufflement du modèle de notre économie ;
Les facteurs évoqués par le Souverain Marocain dans ses derniers discours sont importants et il faut impérativement les prendre en considération dans une lecture objective de la situation économique de notre chère patrie. 

Cependant, le cabinet ElOthamni prend la tangente pour limiter les facteurs de crise aux causes externes. Nous pensons qu’il est important de prendre en compte les facteurs internes, ou ce que les économistes appellent les facteurs endogènes, particulièrement les politiques économiques poursuivies au cours des dernières années.

Nous pouvons souligner quatre éléments essentiels qui ont pesé sur les politiques économiques et expliquent leur limites pour construire de nouvelles dynamiques de croissance et sortir de la crise actuelle. 

- Le premier élément important concerne l’absence de vision globale en matière économique et la prédominance de la vision immédiate de court terme. Les choix de politiques économiques aujourd’hui obéissent à la volonté de gérer les chocs économiques, en particulier ceux liés aux grands équilibres macroéconomiques comme les déficits jumeaux des finances publiques et du commerce extérieur. Les résultats que nous connaissons aujourd’hui sont la preuve de la faillite de cette conception de la politique économique, car la réponse aux chocs économiques, aussi importants soient-ils, ne peut pas se limiter aux réponses conjoncturelles et exigent des réponses structurelles. Ainsi, par exemple, aujourd’hui, la riposte au déficit externe ne peut pas se figer à la contraction des importations, mais exige une relance des politiques industrielles afin de développer les exportations pour percer les marchés extérieurs.

- La seconde explication des difficultés des politiques économiques concerne les conséquences sur le secteur réel et le rôle majeur de la politique monétaire au cours des dernières années. De par le passé, notre pays a suivi une politique monétaire expansionniste pour sortir de la crise économique et nous épargner une forte dépression économique. Mais, la Banque centrale revernît sur ces choix en opérant un changement majeur dans nos politiques monétaires, en favorisant un tournant beaucoup plus restrictif en coordination avec le FMI dont l’objectif était de faire face aux pressions inflationnistes. Cette politique a été à l’origine d’une augmentation rapide des taux directeurs et une réduction des possibilités de financement de la Banque centrale pour les banques. Il semble aujourd’hui que ce tournant restrictif de la politique monétaire commence à avoir des effets sur la sphère réelle et à peser de tout son fardeau sur les investissements privés.

- Le troisième élément qui explique les limites de nos politiques économiques concerne la réduction des effets de la politique budgétaire expansionniste. Les différents gouvernements ont poursuivi une politique budgétaire expansionniste dont l’objectif était de relancer la croissance économique et de sortir le secteur privé de son attentisme. Cet expansionnisme budgétaire a été à l’origine d’un renforcement du budget d’investissement. Or, cette politique budgétaire semble atteindre ses limites. 

De surcroît, ses effets sont de plus en plus remis en cause par le tournant restrictif de la politique monétaire. Ceci pose la question de la cohérence des différentes composantes des politiques économiques et plus particulièrement la coordination des politiques monétaires et budgétaires.

- Le quatrième élément essentiel dans les échecs des politiques économiques concerne le recul du rôle de l’Etat et de sa capacité à exécuter ses décisions économiques et à les mettre en place. Impuissants, les pouvoirs publics se cantonnent à légiférer sans être en mesure de mettre en pratique leurs décisions. A titre illustratif, la charte de l’investissement tant attendu par le milieu des affaires est toujours en mode stand by. 

Cette situation exige des pouvoirs publics de sortir des calculs politiciens et de faire du respect de la loi et de l’application des décisions et particulièrement des réformes économiques, sa principale priorité en dépit de leurs conséquences politiques pour anticiper les élections prochaines

Nous connaissons aujourd’hui une crise économique de notre modèle de développement qui ne cesse de s’aggraver et une forte détérioration de la situation économique. 

Toutefois avec un vent d’optimisme et comme disait Winston, " là où se trouve une volonté, il existe un chemin", nous continuons à croire que nous avons des chemins pour définir les politiques publiques nécessaires à une sortie de crise. D’ailleurs, le Souverain, dans son dernier discours du 20 Août 2019 a bien précisé que « nous ne devons pas avoir honte ni de reconnaître nos faiblesses, ni d’avouer nos erreurs. » Le Souverain a même exhorté le Gouvernement à corriger les dysfonctionnements et à relever les défis de la nouvelle étape. 

Pour cela, nous devons réunir au moins trois conditions nécessaires : 

- La première condition est la nécessité de sortir de la scotomisation et de l’abjuration qui régente dans les milieux officiels, 

- La seconde condition concerne l’importance de mettre l’économie au centre de nos priorités et nos objectifs économiques. 

- La troisième condition a trait à la nécessité de sortir des visions " Keynésiennes" de court terme. Les échecs actuels montrent incontestablement que la politique de la quête de la liquidité a "immolé" la politique économique. La conjugaison de ces trois conditions constituera le point de départ pour la définition d’un programme de sauvetage de notre économie Marocaine. 

Il est temps et d’urgence d’inscrire la Loi de Finances 2020 dans l’esprit des ruptures permettant d’impulser une relance économique perceptible par le milieu des affaires. C’est ainsi que le Team ELOthamani pourrait regagner la confiance des investisseurs et redonner plus d’espoir aux citoyen Marocain et à l’entreprise pour stimuler la création et le développement d’un tissu économique productif porteur d’investissement, de croissance te d’emploi.

lundi 2 septembre 2019

Le bonheur c’est les autres : le rôle des l’amitié et des relations sociales


Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres incantatoires s’éclipsent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre. Il est le Graal irrévocable et définitif de l'humanité depuis deux mille ans: diversiforme, hétéromorphe, c'est le bonheur qu'Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence. 

Les chercheurs rappellent que le bonheur est si essentiel à l'existence humaine que l'Organisation Mondiale de la Santé le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l'état de santé. 
La thématique est indémodable et le desiderata du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l'ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La célébrité ou l’argent ? Une étude exceptionnelle menée depuis 75 ans auprès de 724 Américains en apporte une preuve édifiante et passionnante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps. 

Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est catégorique, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande apostrophe nous interpellé : Pourquoi ? 

Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la claustration subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes. 

Secundo, les bonnes relations protègent et entretiennent le cerveau : Les relations dignes et satisfaisantes préservent le cerveau. Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve difficile voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure. Robert Waldinger affirme que ces relations énergiques et conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement. Certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces querelles n’avaient pas d’implication sur leur mémoire. C’est la qualité qui compte et non pas la quantité. En effet, peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe. Vivre dans les conflits ne vaut pas mieux que se sentir seul. Ainsi, une relation maritale tumultueuse désargentée et dénuée d’affection peut être méphitique pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas "Il vaut mieux être seul que mal accompagné". A l’inverse, des relations chaleureuses et affectueuses sont nourrissantes et protectrices. 

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une sagesse vieille comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples. La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en singulier sur le plan de la communication). Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles: 

– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de pénibilité et avons tendance à anathématiser les autres
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’avons rien à nous reprocher
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des preuves de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière.
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations 

Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection. 

Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent. En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit! 

Les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

mercredi 28 août 2019

Le Cri d’Orfraie de la Famine dans le monde


Qui de nous, n’a pas pensé que la famine a été inhumée dans le cercueil de l’histoire économique ? On était tous convaincu que la dénutrition et la sous-alimentation étaient amollies de notre planète et que l’humanité pouvait manger à sa faim et subvenir à ses besoins fondamentaux.
Inopportunément, le dernier document des Nations Unies de Juillet 2019 baptisé "l'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019"nous interpelle sur la triste réalité que la famine nous guette et que la sous-alimentation est en train de dévaster les personnes les plus vulnérables et les plus fragiles dans le monde. 

Ce rapport sur la malnutrition dans le monde constitue un cri d’alarme sur l’évolution de la famine dans le monde et ce nonobstant les engagements pris par les pays à travers les politiques publiques mises en place pour atteindre les objectifs du développement durable ODD à l’orée 2030. 

Faut-il rappeler que la lutte contre la malnutrition et la famine faisaient partie intégrante de ce nouveau consensus quant aux objectifs du développement adopté par la communauté internationale.
Le récent rapport publié par l’ONU exhibe de façon saisissable que la faim et la malnutrition dans le monde ont accusé une envolée comminatoire au cours de l’année 2018. Ce trend haussier apparaît après plusieurs années de rétrogression, à partir de 2015 où la famine et la malnutrition étaient d’actualité.

Selon ce rapport, le nombre de personnes pâtissant de la faim dans le monde est évalué à 821,6 millions en 2018, soit une augmentation de plus de 10 millions de personnes par rapport à 2017. Ce chiffre s’envole pour frôler les deux Milliards de personnes si on inclut les personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Au niveau de la ventilation géographique de la famine dans le monde et sans aucune surprise, c’est notre continent noir qui vient en tête de peloton de ce classage avec plus de 20% du total de la population qui sont des "souffre-douleurs" de ce stigmate. Les autres continents ont, à leur part, ont été affectés par un recrudescence de la famine, notamment en Asie avec 12%, l’Amérique latine et les Caraïbes avec 8%.
Les pays qui endurent le plus de la malnutrition sont le Yémen, le Congo démocratique, l’Afghanistan, l’Ethiopie, le Sud Soudan et le Nord du Nigéria.
Cependant, ce phénomène ne se cantonne pas aux pays pauvres et des pays en développement : Les pays développés ont également connu le regain de la famine au cours des dernières années avec notamment les crises économiques et sociales qui corrodent l’économie mondiale, notamment auprès des couches pauvres et marginalisées.
Mais, le côté le plus dantesque est que la famine ronge de plus en en plus les mômes. En effet, le rapport des Nations-Unies atteste que le nombre d’enfants qui sont ravagés par la faim et la malnutrition dans le monde est de 149 millions d’enfants ; un chiffre qui nous apostrophe sur le grand chaos du bilan de l’alimentation dans le monde. 

Un tableau très sombre et ébène de l’évolution de la famine qui montre incontestablement que les objectifs fixés dans le consensus sur le développement et les objectifs l'Objectif de la faim zéro et du développement durable ODD en 2030 d’enrayer la famine sont reportés aux calendes grecs.
Parmi les raisons de la détérioration des conditions de l’alimentation dans le monde, on énumère le rôle des guerres, des conflits et de l’instabilité politique en général et les catastrophes naturelles qui ont joué un rôle important dans le retour des crises alimentaires.
Mais, en dépit de son importance, ce rapport ne s’est intéressé que de manière subsidiaire à la question des politiques agricoles et des choix de développement mis en place dans ce domaine qui expliquent, à notre sens, largement cette dégénérescence des conditions de l’alimentation.
Malheureusement, depuis la seconde guerre mondiale, les politiques agricoles et les choix de développement agricoles ont été jalonnés par l’omnipotence des politiques industrielles et les intérêts urbains par rapport à ceux du milieu rural et de l’agriculture. 

Plusieurs mobiles sont derrière la marginalisation de l’agriculture : 

- La première raison est d’ordre idéologique qui considère que le monde rural est le lieu de survivance des idées conservatrices et qu’il se rattache aux valeurs antiques et rejette , en corollaire, le progrès de par une volonté timorée de se lancer dans l’ère de la modernité.
- Le second argument est d’ordre économique et s’explique par la vieille conception que l’itinéraire du développement est à l’origine du retrait du secteur primaire en faveur du secteur industrielle. Ce dogme a longtemps influencé les choix de développement économique dans les pays développés et dans les pays en développement et explique pour une large part la relégation du secteur primaire et du monde rural depuis plusieurs décades. Ce retrait est à l’origine de ce retour en force des famines et de la malnutrition. 

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’une cassure avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme. 

Ces stratégies passent par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l'accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l'économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu'un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d'un programme de lutte contre la faim.

Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n'est pas une fatalité,
les thèses malthusiennes et néomalthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit "Renierez-vous [l'existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l'univers, c'est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d'elle, l'a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d'égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t'interrogent." 

Le droit à l'alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d'entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l'alimentation est un droit de naissance pour tout être humain. 

Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que "La pauvreté n'est pas un accident comme l'esclavage et l'Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité" ?? 



mardi 6 août 2019

Le Roi Mohammed VI et la Majesté d’un Modèle de développement Majestueux


A l’occasion du 20 éme anniversaire du règne, le Roi Mohammed VI, dans le Discours du Trône du 30 Juillet 2019, vient instiller une nouvelle âme visant à la refondation d’un Modèle de développement plus inclusif et plus innovant. 

Cette commémorative est une occasion pour mettre des points d’orgue en faisant la déchronologie d’un Maroc moderne, souvent cité comme illustration en Afrique en termes d’attraction et d’émergence économique. Ces 20 chandelles de Majesté permettent, en sus, d’entreprendre une introspection constructive et d’inciser un interrogatoire éclairé, réaliste et judicieux, ceci est d’autant plus opportun que les incommodités sont décelées et les tares sont devenues un secret de polichinelle. 

A cet égard, le Souverain Marocain appelle dans son panégyrique à une commutation substantiel, étayé sur les multiples acquis du Royaume en s'inscrivant dans la pérennité. 

Nous devons souligner que cet évolutionnisme de notre Modèle de développement doit impérativement être polyvalent et multidimensionnel : Figer le modèle de développement sur le seul volet économique, comme le suggèrent certains économistes, serait une saugrenuité et une réplique plus que tronquée à la nécessité de reconstituer la foi et le crédit en l’avenir, mais surtout d’échafauder un Maroc plus équitable, plus incluant et inclusif, pour passer à une nouveau palier dont les paradigmes seront, selon le Souverain "Responsabilité" et "Essor ". 

En outre, le Modèle de développement doit être architecturé sur le pilier de quatre challenges : 

1- Le défi de la consolidation de la confiance, 

2- Le défi de l’ouverture et le refus du repli sur soi, 

3- Le défi de l’accélération économique et de l’efficacité institutionnelle et 

4- Le défi de la justice sociale et spatiale. 

Ce nouveau modèle de confiance, qui emprunte le crédo Keynésien porteur d’espoir, permettra au tissu social Marocain d’avoir les moyens de concourir et de participer au développement d’un Maroc nouveau reposant sur la redistribution, l’inclusivité, la solidarité et l’égalité des chances. De ce fait, la mise en œuvre de l’édifice de ce modèle de développement est " OPEN" à toutes les qualifications et toutes les compétences. 

Sous cet angle, le Souverain Marocain a ordonné le Chef de l’exécutif à formuler des suggestions à même à émailler les postes de responsabilité en les pourvoyant de profils de haute habileté et de professionnalisme choisie selon les critériums de compétence et de mérite. 

L’apostrophe et l’alarme du Souverain vise à couper court avec la médiocratie qui plombe la compétitivité de l’économie marocaine pour la substituer à la " méritocratie" greffée sur le professionnalisme, l’efficacité, le sérieux et le punch. 

Et dans le dessein de donner au modèle de développement sa dimension mondiale, régionale et maghrébine et pour répondre aux contraintes des blocs commerciaux régionaux, le Souverain Marocain encore une fois réaffirme son engagement sincère à garder la main tendue en direction de nos frères en Algérie, fidèles en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères. 

La Commission en charge du Modèle de développement, qui sera désignée ultérieurement, aura du pain sur la planche pour éplucher et épucer l’appareil productif et administratif Marocain en faisant preuve de bravoure, de front et d’effronterie afin de soumettre des aboutissements arrimés à l’économie cognitive du 21éme siècle . 

vendredi 2 août 2019

Victoire de l’Algérie au CAN 2019 : Gage et preuve que l’Union Maghrébine est toujours possible


Qui de nous Musulman, Arabe et surtout Maghrébin n’a pas suivi avec euphorie la bataille de l’Algérie en plein tumulte politique arrachant de façon chevaleresque le trophée de l’Afrique des Nations CAN 2019, dans une finale alliciante Algérie-Sénégal ? Transcendons la dimension sportive et intéressons nous à la dimension politique pour alléguer une évidence et un secret de polichinelle que le football est devenu un vecteur emblématique ayant une portée politique éloquente. 

Marocains, Tunisiens, Mauritaniens et Libyens en pleine guerre civile ne se sont-ils pas associés au peuple Algérien pour solenniser cette prouesse sportive ? Cette union autour de la victoire Algérienne n’est-elle pas révélatrice combien existe l’amour et la passion de l’Unicité Maghrébine ? Ne faut-il pas joindre l’utilité à l’agréable pour que cette hilarité sportive commune devienne une réalité politique ? 

Partout dans le monde, le football est un rétroviseur et réflecteur de ce que nous sommes et de ce que nous pourrions devenir. Il est tout aussi un jeu comme la politique d’ailleurs. 

Parlons, à cet égard, de jeu et surtout d’enjeu politique, le peuple Algérien qui, depuis le fameux Vendredi 22 Février 2019, soit 6 Mois, n’a pas cessé d’exhiber au village planète terre son opiniâtreté de prémunir l’Algérie, qui a "objectivé" et protesté dans la sérénité, la dignité et la responsabilité. Une Algérie qui a su exprimer sur les " apophtegmes", les slogans irréprochable, ainsi que les positions les plus légitimes pour dire à une camarilla de généraux militaires affairistes qu’il était temps d’étancher la corruption et la rente et d’écouter la fulmination et le cœur battant de la république populaire. 

Après cette victoire au Coupe d’Afrique des Nations CAN 2019, le peuple Algérien est majestueux de son équipe. Il est tout aussi content de montrer au monde que l’Algérie est capable de se ressaisir et de recourir aux urnes transparentes en empruntant l’itinéraire de la démocratie. 

Certes, les richesses naturelles peuvent être un écueil puisque l’économie Algérienne est basée pour l’essentiel sur les revenus du pétrole et du gaz. Cependant quand on écoute le boulevard des protestataires sages d’Alger, quand on appréhende comment le cercle vicieux navigue vers un cercle vertueux de la démocratie, l’Algérie a tout l’espoir de voir que ces opulences naturelles serviront un peuple disposant d’une jeunesse sage et responsable ayant une prédisposition à la modernité, à la dignité, à une quête d’Union avec les autres pays du grand Maghreb. 

Après cette bravoure sportive, les responsables politiques des cinq pays ne devront-ils pas remettre sur le marbre de l’actualité le dossier de l’édification d’une union cimentée, et pérenne répondant aux aspirations des 5 peuples ? Une union viable, avec des ambitions pragmatiques qui ne doit rien à voir avec l’UMA, créée le 17 février 1989, élaborée à la hâte sans réelle préparation, ni prise en considération des facteurs intrinsèques et endogènes de chaque peuple. 

Au regard des blocs commerciaux régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE..) qui se sont construits pour répliquer à la mondialisation, le Maghreb a besoin de cette Union. Il a besoin de se constituer en entité solide face à l’Europe, aux différents challenges de la globalisation et aux menaces climatiques. Toutes les raisons (économiques, politiques, sociales, géostratégiques……etc.) implorent cette Union. Nos différences et nos différents sont anodins et peuvent être agonisés dans une Union souveraine et raisonnée. 

Durant ces vingt années de règne, le Souverain Marocain a développé à l’égard des Algériens la politique de la main tendue et de la réconciliation. Le Roi Mohamed VI, dans son dernier discours du Trône du 30 Juillet 2019, n’a-t-il pas réaffirmé son engagement sincère à garder la main tendue en direction de nos frères en Algérie, fidèles en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères ? 

S’il lui arrivait de fustiger ouvertement l’obsessionnelle politique d’agressivité menée par leur régime à l’encontre du Maroc et de son unité territoriale, il parle régulièrement du manque à gagner pour les populations du Maghreb de cette discorde Marocco-Algérienne sur le Sahara marocain. 

Dans l’évocation régulière de l’énorme coût du Non-Maghreb, il y a une invitation aux Algériens à réfléchir sur les choix stratégiques de leur institution militaire qui paralyse et épaissit l’impasse. Le Sultan Mohammed VI sait que la question du Polisario ne bénéficie d’aucune popularité au sein du peuple Algérien. Elle est juste une affaire des services de sécurité qui l’instrumentalisent dans leur éternelle compétition avec le leadership Marocain. 

La position du Souverain Marocain à l’égard de l’Algérie a été résumée dans un discours prononcé à l’occasion du soixantième anniversaire de la conférence de Tanger et du quarante troisième anniversaire de la marche verte : « Mus par l’affection et l’estime que nous portons à l’Algérie, à sa direction et à son peuple, nous ne ménagerons aucun effort, au Maroc, pour asseoir nos relations bilatérales sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage, inspirés en cela par la parole de Notre Aïeul, paix et salut sur lui : ‘’Jibril m’a tellement recommandé d’être bienveillant envers mes voisins que j’ai failli croire qu’il allait en faire mes propres héritiers’’ ». 

Mais quel qu’en soit l’issue, les Marocains formulent l’espoir que cela puisse ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux peuples, Algériens et Marocains : La dernière illustration en date de cette proximité remonte à la Coupe d’Afrique des Nations 2019, organisée récemment dans le pays des Pharaons, au cours de laquelle le Souverain et le peuple du Maroc, dans un élan spontané et sincère, ont témoigné leur sympathie et leur soutien enthousiastes à la sélection Algérienne. Ils se sont joints au peuple Algérien pour partager sa fierté, à la suite du sacre mérité lors de cette compétition, car, cette victoire, ils l’ont ressentie comme étant aussi la leur. 

Cette foi profonde dans la communauté de destin, sous-tendue par une histoire et une civilisation communes, nous incite à œuvrer, avec espoir et optimisme, à la réalisation des aspirations à l’unité, à la complémentarité et à l’intégration, portée par nos peuples Maghrébins frères. 

Somme toute, la joyeuseté et la festivité exprimée avec effusion et flamme par des milliers de Maghrébins après l’apothéose de l’équipe Algérienne est une gage et pièce à conviction que cette Union Maghrébine est toujours possible. 







jeudi 25 juillet 2019

Ouff !! Enfin, le Nœud Gordien de la langue d’éducation et d’enseignement au Maroc est tranché


Après une longue inertie, enfin, le projet de loi-cadre N° 51.17 relatif au système de l'éducation, de l'enseignement, de la formation et de la recherche scientifique vient d’accomplir un pas charnière sur l’itinéraire législatif après son adoption ce mardi dernier 23 Juillet, par la Commission de l'Enseignement, de la Culture et de la Communication à la chambre des représentants. 

Pour une fois, au sein de la première chambre, les partis politiques ont évité le dérapage malheureux d’autrefois dans des polémiques arides (qui ont effondré notre système éducatif) en aboutissant, il faut le dire, à des résultats probants en adoptant à la majorité, par la Chambre des représentants avec l’aval de 241 parlementaires, un rejet de 4 députés et 21 abstenus. 

De ce fait, le débat autour de la langue d’enseignement avec des arrières pensées sournoises et passéistes autour de l’école a franchi le Rubicon sur l’arabisation de l’enseignement qui a reproduit un système éducatif actuel dont tout le monde récrimine le caractère clairsemé et sciène. 

Nous pensons, d’emblée, que cette décision est sage et raisonnée, car à l’heure de la globalisation et du développement sans précédent de l’économie cognitive, l’ouverture sur les langues étrangères est plus que jamais une condition sine qua non pour tirer profit des acquis de l’essor économique et technologique, car Il ne faut pas voir dans la langue un simple outil de lexique, mais surtout une fort levier de transmissibilité de connaissances, de science et de culture. 

Et le fait d’enseigner les matières scientifiques en langues étrangères n’affecte en aucune manière notre identité Marocaine, arabe et musulmane comme le prétendent certains gourous des partis politiques dans des considérations populistes. 

Apprendre et enseigner en langue étrangère est un moyen de préparer l’élève Marocain à poursuivre ses études supérieures, que ce soit au Maroc ou à l’étranger, avec succès et l’arrimer au rythme de la mondialisation. 

Disons nos quartes vérités en face et avouons-le : Ça fait plus de 40 chandelles que le Maroc a adopté la langue Arabe dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire jusqu’au baccalauréat. Un état de fait qui a sécrété une dualité linguistique entre l’enseignement secondaire et supérieur où ces matières sont dispensées en français. Le résultat était plus que lamentable : En vertu des enquêtes du Ministère de l’éducation nationale, seulement 1 étudiant sur dix parvient à décrocher la licence en 3 ans et plus que 30% des bacheliers scientifiques préfèrent s’inscrire dans des filières de sciences humaines et sociales en arabe pour éluder la question des langues. 

Un bachelier arabisé vit une véritable affliction : S’il choisit une filière scientifique, il devra faire face à un changement de langue et se trouve rencogné entre des prérequis arabisés et un nouveau savoir dispensé en français ; une situation qui impactera son insertion, son rendement et ses chances de réussite ce qui explique le taux atterrant de déperdition où 25% des étudiants quitte l’université sans avoir passé l’examen du 1er semestre selon les chiffres officielles du Ministère de l’Education Nationale. 

Rétrospectivement pendant des décennies, avant l’arabisation de l’enseignement il y a plus de 40 ans, notre système éducatif a bien fonctionné selon une séquence vertueuse et ce en privilégiant la langue française avec des résultats concluants. 

Faisant une lecture de l’histoire mondiale, tous les pays qui se sont développés procédèrent à une dose plus ou moins d’injection et d’ouverture sur les langues étrangères. Tel est l’enjeu de l’utilisation des langues étrangères. Saluons cette décision qui vient d’être franchie ce Mardi dernier à la chambre des représentants qui n’aura que bonnes retombées sur l’avenir de notre école et sa place dans le projet sociétal qui convient à notre pays à l’heure actuelle et future. 

L’ambition aurait due être poussée plus loin en adoptant la langue anglaise comme langue de recherche et d’apprentissages, car je pense qu’à l’heure actuelle, la langue anglaise est devenue la langue de sciences par excellence et assimiler cette langue par les élèves Marocains leur permettra d’exceller grâce à des rapports, des thèses, des ouvrages, des sites qui sont dans la plupart rédigés en anglais. 

La langue anglaise est largement pratiquée dans les sphères scientifique, technologique et économique, c’est la langue de la finance internationale, du commerce international et du tourisme. 

Dans le monde de la digitalisation économique et de l’intelligence artificielle, 80 % des données existantes sont en langue anglaise, ainsi que le sont une grande majorité des publications scientifiques (95 %). De ce fait, en assimilant l’anglais, l’élève et l’étudiant Marocain peuvent avoir accès à un nombre illimité de ressources économiques, techniques et scientifiques. 

Aussi, la langue de Shakespeare est l’une des compétences les plus demandées sur le marché du travail ; elle est la plus sollicitée par les employeurs, les promoteurs et les investisseurs. A ce titre, elle permet d’accéder à des postes à plus haute responsabilité, de développer sa carrière et son entreprise. C’est la langue des affaires internationales comme ca a été le cas pour la langue Arabe lors 

De l’ère du rayonnement de l’empire arabo-musulman au 7éme et 8éme siècle. La langue du Saint CORAN et du paradis était la langue des sciences par excellence et de ce fait les occidentaux savaient pertinemment l’enjeu de l’apprentissage de la langue arabe pour accéder aux travaux scientifiques de Jabir ibn Hayyan, Al-Khwârizmî, Avicenne, Rhazès, Al-Battani, Ibn al-Haytham, Al-Fârâbî….etc. N’est-il pas le cas pour la langue anglais aujourd’hui. 

Même les Français intègrent de plus en plus la langue anglaise comme langue d’apprentissage pour ne pas rater le bateau de l’économie mondialisée pour reprendre Robert Reich. Même la Chine, qui est entrain devenir la première puissance économique mondiale intégra la langue anglaise dans toutes ses universités et dans les manuels d’étude. Nous réitérons notre révérence à cette décision intentionnelle et réfléchie qui anticipe les contraintes économiques et technologiques du futur pour préparer les élèves Marocains à la donne économique internationale en leur imprégnant les méthodologies didactiques, pédagogiques et scientifiques pour exceller sur notre patrie et sur d’autres cieux ; cette mesure d’enseigner les matières scientifiques en langue de Molière n’affecte en rien notre identité Marocaine, arabe et musulmane. Attention aux gourous des partis politiques de replonger dans considérations populistes !!! 



lundi 22 juillet 2019

Immigration et la politique de l’autruche de l'Union Européenne envers l'Afrique


Et voilà encore l’anathème du siècle, le terrorisme international en l’occurrence s’abreuve de plus en plus en Afrique, Pour pièce à conviction, dernièrement, le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria ont été le point de mire d’offensives criminelles et misanthropes. 

Le terrain demeure miné et fertile au terrorisme puisque les Etats Africains sont ébranlables et vulnérables, car nécrosés par le chômage, l’économie rentière, la mauvaise gouvernance, la corruption, le "remue-ménage" des systèmes économiques où les matières premières sont extorquées et confisquées par un petit cercle proche du sérail et du pouvoir politique et économique qui ont ratiboisé les institutions Africaines. 

Selon plusieurs études économiques de la Banque mondiale, du FMI et d’autres organisations internationales, l’Afrique c’est le plus grand gisement de la croissance économique, l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable. Des pays à l’instar du Rwanda, de l’Ethiopie ou du Ghana ont réalisé des prouesses économiques qui se confirment de plus en plus dans le temps en augurant une véritable émergence économique sur l’échiquier mondial.

Nous pensons que l’Europe et l’Afrique sont "boulonnées" par un destin commun et de facto, l’Europe ne peut pas rester indifférente en démissionnant de la destinée de l’Afrique et ce en se cantonnant aux orientations mercantiles et paternalistes tout en poursuivant son soutien à des régimes vermoulus au nom de la "Real politik". 

C’est un secret de polichinelle que les deux épées de Damoclès les plus effarantes qui pèsent sur l’Europe sont l’immigration et le terrorisme : 

- D’une part, l’immigration, sous toute ses formes, galvanise des rébellions importantes et à la poussée fulgurante des mouvements politiques et sociaux d’extrême droite qui terrifient et terrorisent la cohésion nationale des pays européens, 

- D’autre part, le danger terroriste qui se propulse et se translate, l’Afrique en devient un métacentre tangible. De ce fait, l’Europe ne doit pas prendre plaisir d’un voyeurisme aveugle en "déposant son bilan" de ses responsabilités tout en invoquant les pays riverains de la Méditerranée à l’exemple du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie à jouer le rôle de suzerain de l’Europe.
Nous arguons, d’emblée, que cette politique est un fiasco patent et l’histoire politique et économique toute récente le corrobore. Néanmoins, un palliatif existe ; il s’agit de la coproduction, du Co-développement étayés sur l’investissement moteur de la croissance, de la production, de l’emploi et en aucun cas sur des rapports post-colonialistes et post-impérialistes paternalistes, privilégiant des aides qui reviennent sous forme de minuscule charité émanant de l’Europe, 

A ce titre, les nouveaux comportements des entrepreneurs européens commencent à appréhender les bienfaits du Co-développement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied en Afrique de leur chaîne de valeur industrielle internationale. Cette stratégie leur permet, d'une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle de l’Afrique, et d'autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents en Afrique. 

Pour la réussir, l’Europe doit promouvoir les transitions démocratiques en encouragent la bonne gouvernance, la transparence, le fair-play et en faire de véritables critériums pour le soutien d’un régime politique issu de la légitimité des urnes, de la démocratie et de la transparence en réprimant l’utilisation des circuits de la corruption et ce en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays de l’Afrique. 

Avouons le : la jeunesse africaine n’est pas une souche particulière, la jeunesse africaine n’est pas délétère par nature, elle ne s’expatrie pas par amour d’émigration à la quête de l’eldorado, elle ne succombe pas au terrorisme parce qu’elle y est une fatalité.

Nous croyons fermement que la jeunesse africaine a juste besoin d’emploi, d’opportunités économiques, de stabilité, d’investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes . A défaut, elle hallucine que le pays de cocagne est en Europe. 

A cet égard, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes Africains de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Européen envers l’Afrique? 

La région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le Co développement s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. 

Reconnaissant-le, en guise de conclusion, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Afrique. 

C’est tout le sens que doit donner l’Europe à la vision Africaine, basée sur l’osmose d'une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social. L’Europe doit cesser de continuer à faire la politique de l’autruche !! 

A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l'extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu'alimente le sentiment d'injustice et d'exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper". Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que "L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique". 



vendredi 19 juillet 2019

La revanche des politiques industrielles dans le monde : Les raisons d’une anaphore économique


Le débat relatif aux politiques industrielles a connu ces derniers années des rebondissements majeurs tant au niveau national qu’au niveau international, tant dans le débat économique que dans les politiques économiques publiques. 

Ce débat économique a connu une césure profonde dans les philosophies défendues par les économistes depuis le début des années 80 faisant des politiques industrielles l’anathème d’une branche économique en quête de recognition et de scientificité à la Karl Popper. Ces politiques économiques qui étaient le point de mire des efforts déployés de reconstruction d’après-guerre et postcoloniale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont été réfutées par la contre-révolution d’obédience néolibérale du début des années 80 qui a ratiboisé avec elle toute forme d’interventionnisme étatique. 

Dorénavant, c’est à la libre concurrence et au marché de prendre en charge la réallocation des ressources rares, l’Etat devant se limiter à son rôle régalien et de régulateur de l’activité économique.

La contre-révolution néolibérale a fait tâche d’huile et s’est également attaquée aux politiques commerciales protectionnistes qui se sont développées dans le sillage des politiques industrielles qui seraient, selon les nouveaux prophètes de l’économie libérale, à l’origine du développement de comportements rentiers et d’une grande inefficience dans la redistribution des ressources et des fruits de la croissance. Cette contre-offensive a ouvert la grande porte à la concurrence à l’échelle internationale et à la globalisation "malheureuse" ou "heureuse" qui fera de l’arène économique mondiale un grand marché au profit des grandes Firmes Multinationales FMN. 

Or autant en emporte le vent, ce consensus des économistes périclita rapidement avec les crises en cascade du capitalisme et le reculement du crédit des agents économiques dans la capacité du marché à contrôler l'ordre spontané du marché pour reprendre F.Hayek. 

De ce fait, les débats économiques se sont alors redirigés vers la problématique de la concurrence imparfaite et de l’information opaque qui ont ouvert, à son tour, la voie à une anaphore de l’Etat afin de "contrepeser" les différentes imperfections du marché.

En sus de cet hiatus du consensus chez les économistes, ce débat a été jalonné par une seconde rupture dans les politiques économiques publiques avec la décision des grands pouvoirs économiques à redéfinir le volet industriel et de s’y engager de manière proactive et ce dans le dessein de défendre leurs intérêts dans la quatrième révolution industrielle, ce qui a ouvert la voie à une concurrence effrénée sur les marchés internationaux. 

Pour illustrer notre propos, le 5 février 2019, le Gouvernement Allemand a annoncé le lancement d’une nouvelle politique économique industrielle baptisée "stratégie industrielle nationale 2030". Cette annonce constitue une dissonance charnière dans la conduite des politiques économiques, car, faut-il le rappeler, dans L’héritage politique et économique Allemand, l’Etat a toujours gardé son impartialité et sa neutralité au regard de l’économie germanique et plus singulièrement dans son comportement par rapport aux grands groupes industriels. 

Or, cette politique industrielle a montré ses limites aux yeux de l’exécutif Allemand puisque les entreprises Allemandes piétinent sur les marchés internationaux face à la concurrence féroce des entreprises multinationales, en particulier, chinoises. 

A titre illustratif, l’acquisition en décembre 2016 de la totalité du capital de l’entreprise Kuka, réputée dans la fabrication des bras articulés intelligents et considérée comme l’une des championnes de l’industrie 4.0, par le Groupe Chinois Midea, a eu un effet de choc aussi bien auprès du Gouvernement Allemand comme auprès de l’opinion publique pour préparer les esprits à même à reformater la conduite de la politique industrielle ayant pour objectif la défense des entreprises Allemandes face à la rivalité internationale.

Idem, la Chine a fait le même choix quelques années plus tôt, en mettant en place une politique industrielle ambitieuse afin d’assurer la nouvelle prépotence chinoise sur l’industrie mondiale. Cette stratégie a été appelée MIC25 ou "Made in China 2025" et les travaux préparatoires ont germiné déjà en 2013, avant qu’elle ne soit adoptée en 2015 avec pour dessein un retour aux fameuses vieilles stratégies d’import-substitution faisant du remplacement des importations par la production nationale le cœur de l’industrie chinoise 4.0. Cette politique industrielle s’est fixée des objectifs quantitatifs ciblés dans les différentes niches que les entreprises industrielles chinoises doivent atteindre. 

En sus, pour parvenir à ses objectifs, le Gouvernement Chinois a déployé tout un éventail sans précédent de moyens financiers qui sont estimés à plus de 2000 Milliards d’euros.
Ainsi, comme d’autres exécutifs dans le monde, les Gouvernements Chinois et Allemand, ont lâché pied avec la neutralité et la stratégie industrielle du "benign neglect" pour s’engager dans des stratégies agressives à même de rebâtir leur compétitivité industrielle et commerciale sur l’échiquier mondial. 

Il faut mettre en lumière que malgré la pléthore de ces stratégies industrielles, il est possible de discerner trois grandes caractéristiques communes : 

- La première concerne les nouveaux secteurs industriels ou ce qui est communément appelé « l’industrie 4.0 » pour étançonner les capacités industrielles des Etats, les renforcer et maîtriser les transformations technologiques profondes que connaissent les différents secteurs, 

- La seconde caractéristique concerne l’intervention de l’Etat dans ces nouvelles stratégies industrielles et le rôle de plus en plus omniprésent qu’il prend dans différents chaines industrielles, de l’amont jusqu’à l’aval, notamment le financement, l’appui à la recherche scientifique et le soutien aux exportations, 

- La troisième caractéristique concerne l’appui aux entreprises nationales, particulièrement au regard de la concurrence internationale acharnée, et la mise en place de stratégies de constitution et de soutien aux "champions nationaux".

Il importe de mettre en lumière, que nous traversons aujourd’hui d’importantes métamorphoses et transformations économiques qui ont amené les grands pays à sortir des politiques néolibérales ayant marqué les politiques publiques du début des années 80, et à mettre en place, des stratégies étatiques actives visant à soutenir leur compétitivité dans les nouveaux secteurs industriels. 

Ces commutations ne doivent-ils pas, en guise de conclusion, nous amener à repenser nos choix de politique économique, sortir de la vision étroite qui prédomine et qui cantonne leur rôle dans la gestion des grands équilibres macroéconomiques, et donner aux politiques industrielles, toute leur revanche et leur piédestal pour assurer un développement inclusif et une séquence vertueuse porteuse de croissance, d’investissement et d’emploi ? 

mardi 16 juillet 2019

Quand l’Inde " flingue" la pauvreté au jour le jour

Depuis la nuit du temps, le commun des mortels mena un combat contre un des anathèmes de la terre, la pauvreté en l’occurrence. Une pauvreté qui fait priver l’être humain de la nourriture, l’eau potable, les vêtements, le logement et le chauffage, autrement dit le manque d'accès aux services sociaux de base, l'accès à des soins de santé et l'éducation. 

Partout dans le monde, pays développés ou en développement, les gouvernements ont une obsession universelle de la lutte contre la pauvreté, et s’efforcent tout au moins de la contrôler. 

Cette bataille contre un ennemi redoutable qui est la pauvreté n’est pas une entreprise facile et ne date pas d’aujourd’hui, le deuxième Khalife de l’Islam OMAR IBN ALKHATTAB qu’ALLAH l’agrée, a dit un jour « Si la pauvreté était un homme, je l’aurai tué ». Tuer la pauvre demande un arsenal des plus grands et des plus efficaces et à sa tête, la croissance et la solidarité 

En vertu de l’indice mondial Multidimensional Poverty Index 2019 MPI de l’ONU et de l’Oxford Poverty and Humam Development Initiative OPHI, (qui compte des revenus mais aussi d’indicateurs tels que la nutrition, l’assainissement, la mortalité infantile, l’accès à l’eau potable, l’électricité), la Terre compte 1,3 Milliard de pauvres multidimensionnels 

Sur ces 1,3 Milliard de pauvres multidimensionnels, 886 millions vivent dans des pays à revenu intermédiaire, 440 millions d’autres personnes vivent dans des pays à faible revenu. Il est également frappant de constater que, dans ces pays, 1 enfant sur 3 est multidimensionnellement pauvre, contre 1 adulte sur 6. 85 % des enfants les plus pauvres vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. 

Les Nations Unies ont étudié un panel de 101 pays dont 10 pays comptant une population totale de 2 Milliards d’habitants afin de mieux suivre les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté. Il s’agit du Bangladesh, du Cambodge, de la République démocratique du Congo, de l’Ethiopie, d’Haïti, de l’Inde, du Nigeria, du Pakistan, du Pérou et du Vietnam. 

C’est en Asie du Sud que les progrès sont les plus importants, l’Inde (-271 millions de pauvres) et le Bangladesh (-19 millions) étant en tête de liste. 

Ce sont l’Éthiopie, le Pérou et l’Inde qui réalisent les progrès les plus importants pour tous les indicateurs. Mais les progrès les plus rapides sont enregistrés, au Cambodge et au Bangladesh et surtout surtout en Inde. 

Si, naguère, la Chine a été championne du monde de la lutte contre la pauvreté où elle fait sortir 35 000 personnes de la pauvreté chaque jour, ces nouveaux chiffres des Nations Unies montrent ces dernières années que l’Inde fait encore mieux et réalise également les progrès les plus rapides : En 2005-2006, 55,1 % de a population indienne (soit 640 millions de personnes) étaient des " pauvres multidimensionnels". 

Entre 2015 – 2016, ce chiffre est tombé à 27,9% (soit 369 millions) et en moyenne, entre 2006 et 2016, plus de 271 millions de personnes y ont été sorties de la pauvreté, soit un score éloquent de 74 250 par jour. 

Une Inde très vaste qui a emprunté une autre voie que celui dont se targue l’occident. Y a-t-il un secret dans cette décrue de la pauvreté? Rien de bien mystérieux. Y a-t-il un abracadabra ? Rien de sorcier : délaisser les modèles économiques qui brodent les portefeuilles des experts et organismes internationaux et retenez un sésame : un État patriote et protagoniste, une élite économique au service de l’investissement privé, un fort dynamisme entrepreneurial en Inde grâce notamment aux réformes de l'État menées dans les années 1980, une main-d’œuvre méga formée au rythme des chamboulements cognitifs et technologiques que connait l’économie mondiale, un projet ambitieux, une volonté de béton, une ténacité à toute épreuve et le tour est joué. 

Grâce à ces ingrédients, l’Inde carbure sur le toit de l’économie mondiale puisqu’elle occupe depuis 2018 le cinquième empire économique mondiale en tant que puissance sur l’échiquier mondial en dépassant le Royaume-Uni et la France et de facto trois des cinq plus grandes économies de la planète seront asiatiques : la Chine, l'Inde et le Japon. 

Depuis 2015, l’Inde est le pays du G20 qui connaît le taux de croissance économique le plus élevé. Il caracole au-dessus de 7 % et fait mieux que la Chine voisine.   Cette situation n’est pas prête à s’arrêter et devrait se pérenniser, et l’économie d'un pays de 1,324 Milliards d'habitants prendra de plus en plus le large. La boule de cristal du Centre for Economics and Business Research ne prophétise-t-elle pas qu'en 2032, l’Inde deviendra la 3éme puissance mondiale ?

vendredi 12 juillet 2019

Violence contre les femmes au Maroc : Le silence des agneaux face à une société misogyne et phallocrate


Ce Mardi dernier 9 Juillet 2019 s’est tenu à Rabat au siège de l’Agence Maghreb Arabe Presse le Forum de la MAP, qui est un espace de débat sur les questions d’actualité aux plans politique, économique, culturel et qui avait pour thématique " lutte contre la violence à l’égard des femmes : Quelle approche?". 

C’était une opportunité pour mettre l’accent sur les efforts déployés au Maroc pour faire face au phénomène de la violence à l’égard des femmes, ainsi que les avancées réalisées dans ce domaine. 

Bien que la violence envers les femmes et aux filles ne connaissent pas de frontières géographiques ni culturelles (toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France), Il faut avouer que les chiffres qui ont été avancés lors de cette rencontre font froid dans le dos. En effet, la prévalence de la violence à l’égard les femmes demeure très élevée ; elle a atteint un taux insoutenable qui était de l’ordre de 54,4%. 

Sur le plan de la répartition spatiale, le taux de prévalence des violences est plus élevé dans les zones urbaines, soit 55,8%, alors qu’il s’élève à 51,6% dans les zones rurales en vertu des résultats de la deuxième enquête nationale de Mars 2019 relative à la prévalence de la violence à l’égard des femmes. 

Par groupes d’âge, les plus ébranlables sont les femmes âgées de 25 à 29 ans avec un score inquiétant qui frôle les 60%. 

Par formes de violence, le taux de prévalence de la violence psychologique a atteint le pourcentage de 49,1%, alors que la violence économique est de 16,7 %, la violence physique 15,9% et la violence sexuelle 14,3%. 

En outre, plus 349.688 femmes, soit 3,2% âgées entre 18 et 64 ans, ont subi toutes les formes de violence, tandis que 12,4% de femmes marocaines ont subi des actes de violence dans l’espace public avec un taux de 66,5% pour la violence sexuelle, 49,1% pour la violence psychique et 33,2% pour la violence physique. 

Il faut souligner que le harcèlement se développe de plus en plus en milieu professionnel dans la mesure où 24,3% des femmes employées ont été violentées en milieu du travail. 

Pour ce qui est de la violence électronique, force est de constater que 13,4% des femmes ont déclaré avoir été victimes de la cyber-violence. Ce sont les jeunes filles qui ont un niveau élevé d’enseignement qui sont plus vulnérables à ce type de violence dans un environnement de foisonnement des différents moyens de réseaux sociaux qui favorisant l’usage d’Internet à des fins volontairement offensantes et de harcèlement. 

Ce qui encore plus frappant et plus cruel est le mutisme des femmes Marocaines qui subissent toutes les formes de violence : Un total de 93,4% des femmes violentées ne portent pas plainte contre leur agresseur en souffrant en silence. 

Nous pensons que les solutions à ces formes de violence doivent transcender la vision du département de Bassima Hakkaoui (approche des droits de l’Homme, cohésion sociale et familiale, la répression). Le silence, la frayeur et la crainte demeurent prépondérant dans une société phallocrate et machiste: Le pourcentage des femmes violentées qui portent plainte à leur agresseur est très infirme qui est de l’ordre de 6,6% seulement (7,7% pour les femmes urbaines et de 4,2% pour les femmes rurales). Nous pensons aussi que ce n’est pas la fameuse Loi 103-13 relative à la lutte contre la violence envers les femmes qui va mettre un terme à la violence contre les femmes. 

Ces différents types de solutions de lutte contre l’agression et de violence à l’encontre des femmes se situent beaucoup plus en aval pour qu’ils puissent aboutir à des résultats probants. A ce titre, ne devra-t-on pas revenir vers l’amont à nos sources de l’éthique et des valeurs dictées par l’Islam il y a plus de 14 siècle. 

Ne devra-t-on pas revenir aux sources authentiques de notre culte qui rejettent toutes les formes de tutelle et de soumission imposées à la femme les conduisant à une stéréotypisation des rôles sociétaux qui lui sont attribués ? Ce sont ces valeurs authentiques qui apportent réponse aux extrémistes qui se sont basés sur certaines lectures coraniques et interprétations biaisées à leurs caprices, en glissant vers des conclusions vicieux, sadiques et infondées, selon lesquelles l’Islam inciterait à la violence contre les femmes. 

Très loin de tout extrémisme de tout bord barbu, de gauche ou de droite, il est un Must de rapprocher les préceptes de l’Islam, les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater une conscience humaine autour des valeurs de la promiscuité, et de la cohabitation. 

Le Prophète que la prière d'ALLAH et Son salut soient sur lui a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim "Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes." 

Aussi, d'après Abou Houreira qu’ALLAH l'agrée, le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur lui a dit: "Les croyants ayant la foi la plus parfaite sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes". 

Face à cette agressivité envers les femmes, le Prophète, paix et bénédiction sur lui, nous recommande dans ce récit, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer doux avec elles, pour preuve, il les fait ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant son décès : " Je vous conseil la bonté envers les femmes".

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