mardi 19 juin 2018

Quand les USA se démettent du nucléaire iranien : Leçons politiques et économique d’une démission unilatérale


C’est un secret de polichinelle que le Président du pays de l’oncle Sam Donald Trump annonça le reflux unilatéral des USA de l’accord sur le nucléaire iranien ayant pour épithète « Joint Comprehensive Plan of Action » ratifié à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les six gourous mondiaux, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume Uni et l’Allemagne, après de durs pourparlers qui, faut-il le rappeler, avaient duré près de deux ans. 

Avouons-le, cette démission unilatérale n’est pas insolite : Lors de l’apostolat électoral, Donald Trump n’avait-il pas annoncé sa ferme volonté d’inhumer à jamais la connivence américaine à cet accord qui avantage l’Iran sur la ceinture proche-orientale ?
En filigrane, Donald Trump a avancé plusieurs arguties pour démystifier sa décision de retrait. 

- Le premier est la récidive de grandiloquences israéliennes sur le pseudo-fait que l’Iran ne révère pas les termes de l’accord nucléaire et "tenaille" son programme nucléaire au nez et à la barbe de la planète. Pour alléguer notre propos, dans une conférence de presse le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne s’est-il pas efforcé, de développer cet thèse ? un argument, il faut l’avouer, ne persuade pas les autres parapheurs du dit accord et qui reconnaissent que le pays de la révolution islamique de 1979 se plie aux engagements pris au sein de cet accord. 

A notre sens, deux autres argumentations sont à l’origine de cette cépée : Il est question du délai d’application de cet accord ou « sunset clause »pour les initiés ; les signataires avaient prophétisé que les engagements iraniens périclitent en 2025 ? Or, pour le Président américain, toute la communauté internationale "se trump" : ce délai est minuscule et les Iraniens pourraient moelleusement raccommodent leur artillerie nucléaire militaire. 

La seconde critique adressée par le Président américain est imputable à la portée limitée de l’accord, dans la mesure où ce dernier est polarisé sur l’arsenal nucléaire et laisse libre cours à l’Iran pour étoffer ses missiles balistiques à longue portée et pour intervenir sur l’arène régionale, comme il le fait en Syrie, ou en accoudant les Houthis au Yémen.
A notre sens, les arguments les plus irréfutables concernent le repositionnement géostratégique des Etats-Unis au Moyen-Orient : Avec la prise des commandes de l’administration Washington par D. Trump, la politique étrangère américaine est en train de faire un volte-face racinaire qui se concrétise par une normalisation avec les positions Israéliennes et Saoudiennes et se différencie des doctrines "soft" de l’ancienne administration démocrate et des choix stratégiques du Président Barack Obama. 

Les partenaires européens ont essayé de dissuader le Président américain de se retirer de cet accord à l’instar du président français Emmanuel Macron qui a fait de ce dossier un point important dans ses entrevues avec son homologue américain. D’autres dirigeants républicains et démocrates américains ont fait flèche de tout bois pour convaincre D.Trump de ne pas démettre les USA de l’accord nucléaire américain .Autant en emporte le vent, tous ces efforts précités se sont soldés par un coup d’épée dans l’eau : Le président quitta unilatéralement l’accord en ordonnant de ressusciter le blocus sur l’Iran. Une décision arbitraire lourde de corollaires, non seulement pour les entreprises américaines mais aussi pour moult entreprises européennes qui ont été acculées de renvoyer aux calendes grecques leurs contrats avec l’Iran.
D’autres conséquences majeures pèseront d’un poids lourd sur la scène politique et économique internationale et dans la région. 

Sur le volet régional, l’exaspération des séditions politiques n’ont-elles pas donné lieu à toute une série de manifestation de force entre Israël et les forces iraniennes basées en Syrie? 

Ces tumultes hérités de la démission de l’accord nucléaire iranien ne se sont-ils pas ajoutés à celles liées à l’autre décision discrétionnaire et non loin de transférer le siège de l’ambassade américaine à Jérusalem mettant la région au paroxysme de la commotion et l’explosion ? 

D’autres conséquences sont de portée économique : Les turbulences politiques et l’inquiétude qui sévit au Moyen-Orient ont eu des retombés économiques immédiats, dont la plus importante concerne le surenchérissement rapide des cours du pétrole sur les marchés internationaux gravitant autour des 80 $ le baril.
Cette envolée du cours de l’or noir n’est pas sans conséquence sur l’économie Marocaine. Il faut rappeler que la loi de Finances 2018 a été construite sur la base d’une hypothèse de 60 dollars. 

Nous avons beau insister pour réfuter le caractère platonique et idyllique de cette hypothèse, comme celle d’ailleurs du taux de change du dollar par rapport aux devises étrangères. De facto, la loi de Finances 2018 a été adoptée avec des postulats qui appesantissent les difficultés à venir à travers le renforcement les difficultés des classes moyennes, la hausse de la facture pétrolière augmentant de facto la dérive de nos finances publiques.

Devant l’inaction du conseil de la concurrence et au lieu de l’imbroglio sur le plafonnement des prix du carburant pour endiguer les marges des pétroliers sur la vente de l’essence  , nous alléguons que le Gouvernement devrait ajuster ses choix à travers une véritable application du mécanisme de l’ajustement des prix avec un plafonnement en cas d’une flambée importante du prix du baril sur les marchés mondiaux 
Somme toute, la démission unilatérale des USA ne fera qu’aviver les remous des relations économiques et politiques internationales, de telles craintes mondiales accableront les difficultés économiques et exigeront de l’exécutif Marocain des répliques appropriées pour aider notre économie à colmater les effets pervers d’une telle démission. 

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