dimanche 19 novembre 2017

La Société Marocaine demeure phallocentrique en 2017

L'analyse Genre est devenue inéluctable pour appréhender le trend du développement des pays émergents.
Faut-il souligner, en guise de prologue, que le concept "Genre" utilisé pour nommer la différence des sexes nous émane de l’anglais : Les auteurs anglophones utilisent « Gender » parce que « sex » en anglais renvoie beaucoup plus strictement qu’en Français à une définition biologique du masculin et du féminin. Gender renvoie à la dimension culturelle de la sexuation du monde à laquelle correspondent les termes français de masculin et féminin 
Le terme « genre » renverrait donc plus directement à l’ensemble de règles implicites et explicites régissant les relations femmes/hommes et leur attribuant des travaux, des valeurs, des responsabilités et des obligations distinctes. Ces règles s’appliquent à trois niveaux : le substrat culturel (normes et valeurs de la société), les institutions (famille, système éducatif et de l’emploi... etc) et les processus de socialisation, notamment au sein de la famille.
Au Maroc, depuis le nouveau règne du Souverain Marocain, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé plusieurs chantiers de réformes à même d’ancrer des principes de la parité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l'égalité et de l'équité et à en faire une réalité pratique et efficace.
La constitution de 2011 n’a-t-elle pas jalonnée un tournant décisif pour le clavetage des droits des Femmes et l'égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d'institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale ?

Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? 
Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2017 de son rapport sur la parité hommes-femmes. 
L’édition 2017 du rapport mondial sur la parité hommes-femmes, «Global Gender Gap Report», publié pour la première fois en 2006 par le Forum économique mondial, a été publiée ce 2 novembre 2017. Sur le panel de 144 pays étudiés, le Maroc occupe le 136éme rang, enregistrant une note de 0,598 sur une échelle allant de 0 à 1.
A l’échelle mondiale, l’Islande occupe la première place du classement, suivie de la Norvège, la Finlande, le Rwanda et la Suède. En bas de la liste, le Yémen, derrière le Pakistan (143 éme), la Syrie (142éme), le Tchad (141éme), l’Iran (140éme) et le Mali (139éme).
L’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. 
Le Maroc est 133éme en termes de participation économique et d’opportunités, avec une note de 0,391, de tel timide score nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.
Sur le volet " représentativité politique", le royaume lui échoit la note de 0,117 en se positionnant à la 100éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espéra ainsi que l’actuel Gouvernement fasse mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième. Autant en emporte le vent, les auteurs du rapport constatent un écart grandissant entre les sexes concernant l’autonomisation politique : Le Maroc enregistre une très légère progression par rapport à l’édition précédente, qui le classait au 137éme rang mondial avec une note de 0,597.

Sur le plan de l’éducation, le Maroc se situe à 122éme position avec une note de 0,92 et pour l’indicateur de la santé et la survie, le Royaume arrive dans la 128éme place avec un score de 0,965

Au vu du rapport, le royaume reste l’un des Etats les moins performants de la région MENA. Il arrive à la 12éme place, suivi par le Liban, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Syrie et le Yémen. Il est précédé par la Tunisie, qui se hisse en tête de liste dans la région 117éme à l’échelle mondiale, les Emirats Arabes Unis (120éme), Bahreïn (126éme) et l’Algérie (127éme). En Afrique du Nord, le Royaume se situe à la 4éme place, tandis que la Tunisie caracole à la première position, suivie par l’Algérie et la Mauritanie. 
Difficile, dans une société machiste de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive. Toutefois, en dépit de ces entraves, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?
L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, "Ce que femme veut DIEU le veut."



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