lundi 6 mars 2017

Le projet Méditerranéen : Un Must, une nécessité impérieuse dans les Relations Europe- Maroc-Afrique

C’est un secret de polichinelle que la région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le projet Méditerranéen s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. 
Reconnaissant-le, en prélude, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne de Voisinage, le building et l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Méditerranée. 
Rétrospectivement et historiquement depuis la chute du mur de Berlin et de l’ancien bloc soviétique, les Européens se sont tournés vers l’Europe centrale et orientale en oubliant leur sud, il revient le mérite au ex-président de la République française d’avoir replacé la Méditerranée au centre des géométries politiques en lançant le projet d’une union pour la Méditerranée destinée à remplacer un Processus de Barcelone poussif et peu satisfaisant. 
L’Europe, en complémentarité avec ses partenaires de la rive Sud, est plus que jamais interpellée à peser dans la région méditerranéenne, notamment à travers l'Union pour la Méditerranée
Faut-il rappeler que l'Union pour la Méditerranée est une organisation intergouvernementale qui regroupe 43 pays sur la base d'une co-présidence paritaire entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée. Il a été fondée le 13 juillet 2008, lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée qui est destinée à renforcer les acquis du Partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone.

Nous pensons qu’il est un Must de jeter l'ancre sur le Sud Méditerranéen, car le Mare Nostrum recèle d’énormes potentialités économiques, humaines et naturelles, pouvant être une véritable courroie de transmission de croissance et la dynamique économique pour l’Europe. Une tel vertu géostratégique impliquerait, de la part de cette dernière, une coopération plus engagée et plus cimentée, en synergie avec les prévalences de l’agenda des pays du Sud et le durcissement de ses capacités d’action dans cet espace régional, tout en fédérant le rôle de l'Union pour la Méditerranée UPM en tant qu’instrument vital et inéluctable dans la future configuration de la Politique européenne de voisinage. 
Cela nous semble nécessaire pour aplanir les inégalités économiques et sociales, mutiler les tétanies identitaires qui germent et fécondent au Nord comme au Sud, car nous pensons, en terme dialectique, que la stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que son redressement économique et productif, passent indubitablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. 
A cet égard, il est impérieux et péremptoire d’élucubrer les conditions économiques et sociales à même d’accoucher de nouveaux modèles de dynamique économique, plus endogènes et durables qui seront altruistes et plus fructueux à toute la région. Ceux-ci passent irréversiblement par la valorisation des potentialités de la rive du Sud, et ce en intronisant des investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes de la ceinture Sud-Méditerranéenne. 
Aussi, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Méditerranéen ? 
Avouons-le, l'Union pour la Méditerranée l’a bien arquepincée, en se dotant d’une vision agencée sur des orientations visant le raffermissement de la coopération régionale en Méditerranée, étayée sur la création d’opportunités économiques en faveur des jeunes. 

Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays du Sud; ils doivent réaliser intrinsèquement leur propre "sueur" économique, sociale et politique en termes de réformes économiques, de gouvernance, de démocratie et d’État de droit en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. 
La promotion d’une approche régionale pour l’immuabilité de la paix et de la dynamique du développement n’appelle-elle pas à la prise en compte de toutes les dimensions stratégiques, notamment africaine ? 
Penser la Méditerranée n’exige-t-il pas de concevoir cet espace non pas comme une région terne et effacée mais comme une interface dynamique et tangible, capable d’assurer la connexion et la mise en étroite relation des territoires qui l’entourent ?
Reconnaissant le, le Maroc l’a bien appréhendé en faisant le pari de l’ouverture sur son continent et ce en optimisant sa position géostratégique entre l’Afrique et l’Europe. En effet, le Madiba Marocain, le Souverain Marocain en l’occurrence, a eu toujours le souci d’ancrer l’Afrique dans une séquence vertueuse porteuse d’espoir, car l'Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable.
C’est tout le sens qui a été donné à la vision Africaine du Royaume voulue par le Souverain Marocain, basée sur l’osmose d'une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour le continent car , il ne peut y avoir de développement sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement. C’est dans ce sens que le Maroc a toujours accompagné les pays d’Afrique dans la consolidation de la paix et de la sécurité régionales : Même en dehors de plus de 32 ans des institutions de l’Union Africaine, le Maroc n’a-t-il pas œuvré pour la paix en participant aux missions Onusiennes en initiant des processus en Lybie et au Mali ? Lorsqu’il était membre non permanent du conseil de sécurité, le Maroc n’a-t-il pas défendu l’approche Africaine pour la résolution des conflits ?
Somme toute, la pérennité, la sérénité et la placidité de l’Europe, ainsi que sa consolidation économique passe notoirement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. 
L’Afrique du Nord a autant besoin des solidarités de la rive septentrionale que l’Europe intérêt à ne pas s’isoler de son environnement méridionale.
Dans une telle dialectique, le projet Méditerranéen s’impose de facto pour les deux rives de la Méditerranée et ce en cristallisant la mission de l'Union pour la Méditerranée UPM en tant que maillon décisif dans l’expectative physionomie de la Politique européenne de voisinage. Gageons et augurons-nous, en guise de conclusion d’une constellation d’une rive, d’un rêve celui d’une Méditerranée plurielle, généreuse qui ne cessera pas de se raconter d’elle-même pour paraphraser l’éminent historien de la Méditerranée Fernand Braudel.

Bataillons-nous pour la pérennité de l’esprit méditerranéen et faire en sorte que la Méditerranée s’assemble plus qu’elle ne dissemble.



Newer Posts Older Posts