dimanche 12 février 2017

Les relations économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique : Un Potentiel qui doit être optimisé

L’analyse des relations économiques internationales, en singulier entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne décèle un volume d’échanges graduels, réverbérerant une dynamique économique continuelle. Preuve en est, depuis 2009, les échanges commerciaux entre le Royaume et l’Afrique Subsaharienne connaissent un élan haussier enregistrant une croissance annuelle de 12,8% entre 2000 et 2015. Cependant, la teneur de l’Afrique subsaharienne dans le commerce extérieur du Maroc demeure molle comparativement avec notre partenaire classique l’Union Européenne (56,7%) ou la région MENA (15,3%) contre uniquement 3,4% avec l’Afrique subsaharienne. Un pourcentage infime qui montre paradoxalement le potentiel économique à exploiter avec l’Afrique. Cette impotence est imputable, entre autres, à la caducité des infrastructures des marchés financiers africains, du non application des protocoles commerciaux et de la quasi absence des lignes directes de transport terrestre ou maritime. 

En sus, le Maroc a conclu de nombreux accords avec les pays d’Afrique Subsaharienne, qui se concrétisent par des conventions tarifaires et commerciales, ou d’accords multilatéraux. Toutefois, la plupart de ces accords ne sont pas encore entrés en vigueur ou ratifiés. A titre illustratif, on peut énumérer les conventions multilatérales telles le projet d’accord de commerce et d’investissement avec l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) paraphé en 2008. D’autres conventions sont encore en cours de négociation telle la mise en place progressive de zones de libre-échange avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC). Derrière ces retards se dessine des gisements commerciaux importants qui devraient être débroussaillés avec l’Afrique subsaharienne et au commerce intra-africain à grande échelle. Le marché de la CEDEAO demeure un débouché méga-important qui compte plus de 300 millions de consommateurs, soit environ 9 fois la population marocaine, un marché composé pour la plupart d’une classe moyenne qui peut tirer la consommation intérieure de ces pays surtout que les dépenses de consommation sur le continent ont crû plus rapidement que le PIB africain selon les estimations du FMI. 

En outre, en vertu des rapports du commerce extérieur de l’Office des Changes, les relations commerciales entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne dénotent une asymétrie commerciale étant donné que les échanges commerciaux bénéficient davantage au Royaume qui peut être illustré par la balance commerciale, avec le continent noir, qui est devenue excédentaire depuis 2008. Le solde commercial a atteint 992,3 millions de dollars en 2015, soit 1% du PIB, après avoir enregistré des montants de 1 091,5 et 981,5 millions de dollars en 2014 et 2013 respectivement. Par ailleurs, alors que les exportations du Maroc vers l’Afrique subsaharienne connaissent une tendance haussière depuis 2009, les importations ont quant à elles suivi un trend baissier entre 2012 et 2014, pour rejaillir en 2015, enregistrant un taux de croissance de 70%. Une telle balance déficitaire ne peut que montrer les potentialités économiques et commerciales qui restent à optimiser encore une fois de plus avec les pays de l’Afrique notamment subsaharien. 

De surcroît, l’analyse des échanges internationaux entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne montre qu’elles demeurent polarisées sur un nombre restreint de pays à l’instar de la Côte d’Ivoire, le Sénégal et avec une tendance plus prononcée vers l’Ethiopie constitués essentiellement d’engrais minéraux ou chimiques. La concentration commerciale entre le Maroc avec ces seuls pays montre les minerais économiques et commerciaux qui restent encore en friche et doivent être explorés. A titre d’exemple, le Maroc et la Côte d’Ivoire, ainsi que le Sénégal et/ou avec d’autres partenaires subsahariens ne devraient-ils pas intensifier leurs échanges en établissant à titre indicatif des accords commerciaux préférentiels ? Aussi, l’offre exportable du Maroc envers l’Ethiopie peut être davantage consolidée via des mécanismes appropriés et un meilleur ciblage des branches et secteurs que recèle ce pays, tout en maximisant sa complémentarité commerciale afin de mieux subvenir à la demande d’importations issue d’autres débouchés subsahariens. 

Le Maroc Export pourra mettre ses moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion et d’encouragement de l’offre exportable, encourager la coopération entre opérateurs économiques marocains et leurs homologues Africains et améliorer la compétitivité marketing des sociétés exportatrices marocaines vers les marchés subsaharienne. Dans cette institution, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises africains. Aussi, sur ces marchés africains, le Maroc ne pourra-t-il pas répondre à la première angoissse du continent celle de la sécurité alimentaire ? Le Maroc ne pourra-t-il proposer une expertise mais aussi une place de leader sur le marché des fertilisants ? 

En somme, Il est indéniable qu’il existe d’énormes potentialités en termes de commerce extérieur qui méritent d’être explorées et développées entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne. A ce titre, il devient urgent d’adopter une approche plus offensive à l’égard de ces partenariats à travers le renforcement du cadre réglementaire et les accords régissant les relations commerciales entre les deux parties. Celles-ci devraient donc œuvrer conjointement pour l’accélération de la mise en pratique des accords de libre-échange avec l’UEMOA, la CEDEAO et la CEMAC d’une part, et l’instauration d’instances chargées de faire le suivi des protocoles et accords commerciaux d’autre part. Ces marchés de proximité constitue une opportunité énorme, d’autant plus que le Maroc souhaiterait se positionner en tant que plate-forme commerciale, de production et d’investissement au carrefour des espaces africain, atlantique, européen, méditerranéen et arabe. 

Reconnaissant le, le coût de transport vers l’Afrique subsaharienne constitue une pierre d’achoppement à la fluidification des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires Africains et ce dépit de la signature des accords de libre-échange. Dès lors, il devient urgent de renforcer le côté infrastructurel et de connexions économiques et commerciaux et ce dans l’ambition de libérer le potentiel commercial entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. De même, cet obstacle peut être atténuer par une diversification de l’offre exportable Marocaine vers d’autres débouchés de l’Afrique de l’est, une région dynamique, et vers les pays anglophones comme le Nigéria, le Ghana ou l’Afrique australe en Zambie où le Souverain Marocain reprend son périple Africain à partir de ce Lundi 13 Février 2017. 

Le terrain des relations, économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique reste en friche, le Roi Mohammed VI a balisé et défriché majestueusement et laborieusement le terrain à travers ses visites aux pays africains, 46 au total dans 25 pays et c’est aux entreprises privées de prendre le flambeau pour la course à la compétition africaine et ce, et sans prétendre à l’exhaustivité, à travers la diplomatie économique, la volonté des opérateurs économiques marocains, les caravanes de Maroc export, des missions B toB organisées par les banques ou des groupements professionnels pour donner une nouvelle impulsion aux relations économiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. 

Une telle compétition ne peut qu’impulser l’investissement intérieur, créer des emplois, nourrir les capacités productives et optimiser le potentiel africain dans le but de favoriser l’intégration régionale africaine avec le reste du monde. Cet ancrage du Maroc à l’économie africaine et l’arrimage de celle-ci à l’économie mondiale ne devrait-il pas servir en tant que voie d’émergence économique mutuelle, à même de garantir une synergie entre les partenaires et propulser l’économie marocaine et Africaine vers un nouveau sentier de croissance et de dynamique économique mondiale ? 

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