lundi 27 février 2017

Le Maroc est-il une économie concurrentielle et libérale en 2017 ?


Adam Smith est souvent considéré comme l'auteur allégorique et le pape du libéralisme qui incarnerait la foi dans les vertus du marché et s'ensuit tout une ruée de disciples et de courant libéral, néolibéral et ultralibéral, qui à l'en croire, le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d'optimum économique et que la liberté économique améliore aussi la situation des plus démunis, les libéraux considèrent que la métaphore d’Adam Smith la "main invisible" permet d'améliorer la situation de tous.

Cette liberté économique est définie comme l'absence de toute capacité de coercition ou de contrainte de la part du Gouvernement sur la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens. La liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en exhortant l'esprit d'entreprise et la création de valeur ajoutée. 

La fondation Américaine The Heritage Foundation publie chaque année son étude annuelle "Index of Economic Freedom". Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée du père fondateur du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations", à savoir que « l'existence d'institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble. Elle est mesurée à travers des indicateurs répartis en quatre catégories, qui sont elles-mêmes divisées en douze sous-catégories équi-pondérées qui sont : Autorité de la loi, taille du gouvernement, efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l'étude.

Qu’en est-il de la liberté et du libéralisme économique au Maroc en 2017 ?

Dans son 23ème édition, le classement de la fondation Américaine "The Heritage Foundation" dans son étude annuelle "Index of Economic Freedom" publié en début de ce Mois de Février 2017 sous le titre "Promotion des opportunités économiques et renforcement du pouvoir de l’individu et de la prospérité", fait apparaître que sur un panel de 186 pays, le Maroc, avec un score de 65,1, se positionne à la 86éme place dans l'indice de la liberté économique, soit +0,2 par rapport à l’édition précédente. 

Le Royaume se retrouve bien loin devant ses riverains d'Afrique du Nord. Le pays du Jasmin occupe le 123éme rang, tandis que l'Algérie se classe à 172éme place avec une note de 61,5 contre 61,3 l'année dernière. Le Maroc arrive à la 9éme place au niveau de la région MENA juste avant la Tunisie, le Liban, l'Égypte, l'Iran et l'Algérie.

L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap-Vert sont les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice qui mesure des critères tels que la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption.

Sur les aspects positifs, l’investigation de The Heritage Foundation salue le Maroc sur son engagement en faveur des réformes économiques galvanisant un secteur privé qui évolue de façon dynamique". Le point fort, selon la fondation Américaine, réside dans un marché ouvert où le niveau des libertés commerciales, financière, et d'investissement est élevé. 

Aussi, le commerce est important dans l'économie marocaine. En effet, la valeur des imports-exports pris ensemble correspond à plus de 81% du PIB, constate l’enquête qui est un outil heuristique pour les chercheurs, les enseignants et aux étudiants, mais surtout qui donne une visibilité pour les décideurs politiques, le milieu des affaires, du business et la finance. 

En sus, les investisseurs domestiques et étrangers sont souvent traités de façon égale par la loi, en l’occurrence la charte de l’investissement promulguée en 1995 et qui est, faut-il le rappeler, sujet à un recalibrage , à la redéfinition de son contenu et l’adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement

Toutefois chaque médaille a son revers, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande inexorabilité et considère qu’un large tronçon de la force de travail est marginalisé à cause d'une régulation inflexible du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. 

Par ailleurs, avec une note de 71,7, la charge fiscale globale est égale à 22,0% du produit intérieur brut. Au cours des trois dernières années, les dépenses publiques, les déficits budgétaires et la dette publique se sont élevés à, respectivement, 31,9%, 4,8% et 63,7% du PIB.

De surcroît, "Les procédures de création et d'enregistrement d'une entreprise privée ont été simplifiées ces dernières années grâce à la fluidité des Centres Régionaux d’Investissement CRI. Cependant, en dépit de certaines améliorations, la rigidité du marché du travail continue de détourner la croissance dynamique de l'emploi", détaille le Think tank Américain.

De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché inhibitoires aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se noyer dans l’océan de l’informel.

Certes, il y a eu des gains modestes en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce), néanmoins ils ont été annihilés par le recul de l’État de droit et la recrudescence de la corruption. En effet, l'organisme américain pointe du doigt le problème du respect de la règle de droit : Le think tank de l’Uncle Sam considère "que le pouvoir judiciaire n'est pas indépendant, que les fonctionnaires commettent des pratiques de corruption en toute impunité" et que "la corruption est un problème grave dans l'ensemble du gouvernement et de l'application de la loi". De ce fait, même si le Maroc a adopté une politique de réforme du secteur privé, le progrès reste tributaire de la volonté du Gouvernement d’affronter plusieurs défis urgents, en particulier la primauté du droit.

Outre plus, les critères sur les droits de propriété, l'intégrité du gouvernement et l'efficacité judiciaire ne sont donc pas bien notés puisque "Le système judiciaire est inefficace et sujet à des retards", note le rapport. Autant dire une contreperformance très inquiétante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère.

Cet excès d’iniquité et d’arbitraire ne fait que consolider l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption.

Friedrich Hayek, grand sectaire du libéralisme et un invétéré de l’économie du marché, dans "La Route de la servitude", n’a-t-il pas dit que « La justice n'a pas à considérer les conséquences des diverses transactions, mais à vérifier que les transactions elles-mêmes ont été loyales. ». Loyal envers lui-même et envers son peuple, le Souverain Marocain Mohammed VI, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 
Il est temps que l’exécutif prochain culbute avec ces constantes et infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, ce qui passe inéluctablement par la redéfinition de ses missions dans le cadre d’un nouveau concept de développement stimulant aussi bien l’offre que la demande, par le cloutage de l’état de droit non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant l’orthogonalité entre le business et le politique et en remettant à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité. In fine, Feu Driss Benali n’a-t-il pas dit que le marché n’est pas un état de nature, mais un état de culture ? Défrichons-nous cette culture !











dimanche 19 février 2017

Le Maroc à l’entrecroisement des chemins économiques : Du Mare Nostrum à l’abysse Africain

Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé la célèbre allégorie, la fameuse métaphore pour définir le Maroc comme " Un arbre dont les racines nourricières plongent profondément dans la terre d’Afrique, et qui respire grâce à son feuillage bruissant au vent de l’Europe".

Le Maroc n’est-il pas en passe de retrouver son destin de grande capacité entre le Mare Nostrum et l’Afrique ? Sans commotions intempestifs, l'économie Marocaine et les mentalités se métamorphosent en profondeur et se dessine une vision historique ambitieuse pour les Marocains, mais aussi une vision éloquente qui doit parler aux Méditerranéens, aux Européens et aux Africains.
Le Maroc puise deux itinéraires qui transpercent son territoire. La première voie Sud-Sud est celle de l'industrialisation du Nord de l'Afrique, de l'Egypte à l'Algérie, avec le Maroc au centre. La seconde voie, selon un axe Nord-Sud, est celui du gazoduc Ouest-africain, le West African Gas Pipeline (WAGP), futur tronçon sur 5 000 km qui longera la côte Ouest-africaine, de Tanger à Lagos, contribuant au développement du Sahel, tout en reliant l'Afrique du Nord à l'Afrique subsaharienne. Faut-il rappeler que le 3 décembre 2016, le Madiba Marocain, le Roi Mohammed VI en l'occurrence, et le Président Nigérian, ont donné le coup d’envoi de ce projet de gazoduc offshore qui devrait relier le Nigeria, troisième producteur de gaz naturel en Afrique, au Maroc, puis à l’Europe. 

Le premier chemin est horizontal, c'est celui de l'industrialisation du Nord de l'Afrique, de l'Égypte au Maroc. En effet, depuis 1980, presque tous les pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée s'industrialisent. Ils usèrent de la politique d’industrialisation par substitution aux importations ; ils substituèrent la production intérieure (voiture, mécanique, biens d'équipements...) aux importations. Sans rupture, le Maroc, la Tunisie, le Liban, la Turquie, et la Jordanie sont devenus exportateurs de produits manufacturés, de machines et d'équipement de transport etc...

Avec le pacte national pour l'émergence industrielle, désormais considérés comme prioritaires les métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, textile et cuir, agroalimentaire) et à les doter de nouveaux espaces de 3éme génération : les Plateformes industrielles intégrées (P2I). Celles-ci offrent à tout industriel, du foncier à prix compétitif et des services mutualisés (guichet administratif unique, maintenance, restauration, formation, etc.). 

Faut-il rappeler que le pacte national pour l'émergence industrielle est un contrat programme visant à développer l'industrie au Maroc à travers le développement des métiers mondiaux du Maroc, à mettre à niveau le tissu de PME marocain, à améliorer la formation professionnelle et le climat des affaires. C’est un pacte signé le 13 février 2009 à Fès sous la présidence du Souverain Marocain et vise à faire du Maroc une plateforme d'investissements industriels. 

Ce mouvement d'industrialisation est conforté par les nouveaux comportements des entrepreneurs européens qui commencent à comprendre les bienfaits du codéveloppement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied au Sud de leur chaîne de valeur industrielle. Cette stratégie leur permet d'une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle, et d'autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents au Sud. Enfin ce mouvement est fortement accéléré par les Chinois qui vont délocaliser 85 millions d'emplois manufacturés en Afrique, et se positionner sur la rive sud de la Méditerranée pour approvisionner l'Europe. Ce mouvement est irréversible - le capital est à l'œuvre. Voilà pourquoi le Maroc entend profiter de ce mouvement, tant ses richesses humaines et son abysse africain lui attribuent un rôle stratégique. Ce premier chemin d'industrialisation est d'autant plus pertinent pour engager le pays qu'il se croise avec un deuxième chemin Nord/Sud que les Marocains veulent et vont construire avec l’Europe.

Le second chemin, en chantier, est vertical Nord/Sud. C'est celui du transport, de la logistique et du développement des provinces du Sud du Maroc qui doivent être enrichie de zones industrielles, de zones franches, de technopoles et de clusters industriels. Une Jonction qui reliera l'Afrique du Nord à l'Afrique subsaharienne en pleine effervescence économique. Le terrain entre l’Europe à l’Afrique via le Maroc est toujours en friche. Défrichons-le ! 

Le dicton ancestral Africain à travers la prose de Manu Dibango ne dit-il pas "On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler" ? C’est idem pour l’Europe, Maroc, Afrique. André Frossard n’a-t-il pas dit que "L’Europe cherche avec raison à se donner une politique et une monnaie commune, mais elle a surtout besoin d’une âme" ? Cette âme et sœur ne peut être que l’Afrique à travers le viaduc qui est le Royaume Chérifien du Maroc 



dimanche 12 février 2017

Les relations économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique : Un Potentiel qui doit être optimisé

L’analyse des relations économiques internationales, en singulier entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne décèle un volume d’échanges graduels, réverbérerant une dynamique économique continuelle. Preuve en est, depuis 2009, les échanges commerciaux entre le Royaume et l’Afrique Subsaharienne connaissent un élan haussier enregistrant une croissance annuelle de 12,8% entre 2000 et 2015. Cependant, la teneur de l’Afrique subsaharienne dans le commerce extérieur du Maroc demeure molle comparativement avec notre partenaire classique l’Union Européenne (56,7%) ou la région MENA (15,3%) contre uniquement 3,4% avec l’Afrique subsaharienne. Un pourcentage infime qui montre paradoxalement le potentiel économique à exploiter avec l’Afrique. Cette impotence est imputable, entre autres, à la caducité des infrastructures des marchés financiers africains, du non application des protocoles commerciaux et de la quasi absence des lignes directes de transport terrestre ou maritime. 

En sus, le Maroc a conclu de nombreux accords avec les pays d’Afrique Subsaharienne, qui se concrétisent par des conventions tarifaires et commerciales, ou d’accords multilatéraux. Toutefois, la plupart de ces accords ne sont pas encore entrés en vigueur ou ratifiés. A titre illustratif, on peut énumérer les conventions multilatérales telles le projet d’accord de commerce et d’investissement avec l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) paraphé en 2008. D’autres conventions sont encore en cours de négociation telle la mise en place progressive de zones de libre-échange avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC). Derrière ces retards se dessine des gisements commerciaux importants qui devraient être débroussaillés avec l’Afrique subsaharienne et au commerce intra-africain à grande échelle. Le marché de la CEDEAO demeure un débouché méga-important qui compte plus de 300 millions de consommateurs, soit environ 9 fois la population marocaine, un marché composé pour la plupart d’une classe moyenne qui peut tirer la consommation intérieure de ces pays surtout que les dépenses de consommation sur le continent ont crû plus rapidement que le PIB africain selon les estimations du FMI. 

En outre, en vertu des rapports du commerce extérieur de l’Office des Changes, les relations commerciales entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne dénotent une asymétrie commerciale étant donné que les échanges commerciaux bénéficient davantage au Royaume qui peut être illustré par la balance commerciale, avec le continent noir, qui est devenue excédentaire depuis 2008. Le solde commercial a atteint 992,3 millions de dollars en 2015, soit 1% du PIB, après avoir enregistré des montants de 1 091,5 et 981,5 millions de dollars en 2014 et 2013 respectivement. Par ailleurs, alors que les exportations du Maroc vers l’Afrique subsaharienne connaissent une tendance haussière depuis 2009, les importations ont quant à elles suivi un trend baissier entre 2012 et 2014, pour rejaillir en 2015, enregistrant un taux de croissance de 70%. Une telle balance déficitaire ne peut que montrer les potentialités économiques et commerciales qui restent à optimiser encore une fois de plus avec les pays de l’Afrique notamment subsaharien. 

De surcroît, l’analyse des échanges internationaux entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne montre qu’elles demeurent polarisées sur un nombre restreint de pays à l’instar de la Côte d’Ivoire, le Sénégal et avec une tendance plus prononcée vers l’Ethiopie constitués essentiellement d’engrais minéraux ou chimiques. La concentration commerciale entre le Maroc avec ces seuls pays montre les minerais économiques et commerciaux qui restent encore en friche et doivent être explorés. A titre d’exemple, le Maroc et la Côte d’Ivoire, ainsi que le Sénégal et/ou avec d’autres partenaires subsahariens ne devraient-ils pas intensifier leurs échanges en établissant à titre indicatif des accords commerciaux préférentiels ? Aussi, l’offre exportable du Maroc envers l’Ethiopie peut être davantage consolidée via des mécanismes appropriés et un meilleur ciblage des branches et secteurs que recèle ce pays, tout en maximisant sa complémentarité commerciale afin de mieux subvenir à la demande d’importations issue d’autres débouchés subsahariens. 

Le Maroc Export pourra mettre ses moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion et d’encouragement de l’offre exportable, encourager la coopération entre opérateurs économiques marocains et leurs homologues Africains et améliorer la compétitivité marketing des sociétés exportatrices marocaines vers les marchés subsaharienne. Dans cette institution, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises africains. Aussi, sur ces marchés africains, le Maroc ne pourra-t-il pas répondre à la première angoissse du continent celle de la sécurité alimentaire ? Le Maroc ne pourra-t-il proposer une expertise mais aussi une place de leader sur le marché des fertilisants ? 

En somme, Il est indéniable qu’il existe d’énormes potentialités en termes de commerce extérieur qui méritent d’être explorées et développées entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne. A ce titre, il devient urgent d’adopter une approche plus offensive à l’égard de ces partenariats à travers le renforcement du cadre réglementaire et les accords régissant les relations commerciales entre les deux parties. Celles-ci devraient donc œuvrer conjointement pour l’accélération de la mise en pratique des accords de libre-échange avec l’UEMOA, la CEDEAO et la CEMAC d’une part, et l’instauration d’instances chargées de faire le suivi des protocoles et accords commerciaux d’autre part. Ces marchés de proximité constitue une opportunité énorme, d’autant plus que le Maroc souhaiterait se positionner en tant que plate-forme commerciale, de production et d’investissement au carrefour des espaces africain, atlantique, européen, méditerranéen et arabe. 

Reconnaissant le, le coût de transport vers l’Afrique subsaharienne constitue une pierre d’achoppement à la fluidification des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires Africains et ce dépit de la signature des accords de libre-échange. Dès lors, il devient urgent de renforcer le côté infrastructurel et de connexions économiques et commerciaux et ce dans l’ambition de libérer le potentiel commercial entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. De même, cet obstacle peut être atténuer par une diversification de l’offre exportable Marocaine vers d’autres débouchés de l’Afrique de l’est, une région dynamique, et vers les pays anglophones comme le Nigéria, le Ghana ou l’Afrique australe en Zambie où le Souverain Marocain reprend son périple Africain à partir de ce Lundi 13 Février 2017. 

Le terrain des relations, économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique reste en friche, le Roi Mohammed VI a balisé et défriché majestueusement et laborieusement le terrain à travers ses visites aux pays africains, 46 au total dans 25 pays et c’est aux entreprises privées de prendre le flambeau pour la course à la compétition africaine et ce, et sans prétendre à l’exhaustivité, à travers la diplomatie économique, la volonté des opérateurs économiques marocains, les caravanes de Maroc export, des missions B toB organisées par les banques ou des groupements professionnels pour donner une nouvelle impulsion aux relations économiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. 

Une telle compétition ne peut qu’impulser l’investissement intérieur, créer des emplois, nourrir les capacités productives et optimiser le potentiel africain dans le but de favoriser l’intégration régionale africaine avec le reste du monde. Cet ancrage du Maroc à l’économie africaine et l’arrimage de celle-ci à l’économie mondiale ne devrait-il pas servir en tant que voie d’émergence économique mutuelle, à même de garantir une synergie entre les partenaires et propulser l’économie marocaine et Africaine vers un nouveau sentier de croissance et de dynamique économique mondiale ? 

dimanche 5 février 2017

L’argent ne dort jamais ou l’économie internationale entre dynamique des Fusions & Acquisitions et statique de la croissance

L’argent ne dort jamais, le titre semble riper l'imaginaire des passionnés du cinéma vers le film culte "Wall Street: Money Never Sleeps" d’Oliver Stone incarné magistralement par le trio Michael Douglas, Shia LaBeouf et Josh Brolin. Il n’en est rien, il s’agit de la grande opération jamais réalisée en bourse aux USA par les gourous de la finance. En effet, au moment où le monde disserte de l’anémie de la croissance économique et de l’entretoise de la globalisation économique, les dynamiques de fusions acquisitions Internationales ne cessent de foisonner et les concentrations économiques n’ont jamais été aussi importantes. Pièce à conviction en est, le 22 octobre 2016, les deux grands géants AT&T et le groupe de médias Time Warner annoncèrent leur fusion cyclopéenne, soit la plus grosse alliance que le monde des affaires économiques internationales ait connu cette année écoulée, tous secteurs confondus avec la somme de 85,4 milliards de dollars

Au niveau mondial et en vertu du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement CNUCED, les fusions-acquisitions internationales ont connu une hausse importante et se sont chiffrées à 721 milliards de dollars, contre 432 milliards de dollars en 2014. Ce montant record est derrière les flux mondiaux d’investissement étranger direct (IED) qui ont bondi de 38 % pour atteindre 1 760 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis la crise économique et financière mondiale de 2008-2009. 

A titre illustratif, le grand opérateur des télécoms a pris le contrôle, entre autres, des chaînes de télé HBO, CNN et des studios de cinéma Warner Bros à qui on doit un grand nombre de célébrité planétaires dont Harry Potter, Spotlight ou les Affranchis. 

Cette fusion trouve sa justification dans la volonté stratégique des grands opérateurs télécoms de s’allier avec des créateurs de contenu pour alimenter leurs réseaux.

Faut-il signaler que cette tendance ne se cantonne pas au seul créneau de de la communication et des médias: On la retrouve dans d’autres niches économiques dont l’industrie automobile, l’industrie pharmaceutique, ou l’industrie agroalimentaire. Cette dynamique nourrit une course au gigantisme et à l’acromégalie en dépit d’un climat tumultueux de la croissance économique.

Plusieurs mobiles expliquent ce mouvement de fusion & acquisition au sein de l’économie globale : 

-Le premier est d’ordre économique et constitue une rétorsion rationnelle des grands groupes économiques et financiers à la faible croissance via un accroissement de leurs parts de m
arché, 

-Le second est d’ordre technologique et explique également ces rapprochements avec de grands groupes traditionnels qui prennent le contrôle des start-up dans les nouvelles technologies, 

-Le troisième est d’ordre politique derrière cette course aux fusions de la part des géants mondiaux qui s’inquiètent de l’insatiabilité des mastodontes financiers chinois qui arrivent sur les grands marchés avec une force de frappe financière sans égal et parviennent à prendre le contrôle de quelques fleurons de l’industrie européenne ou américaine,

-Le quatrième est d’ordre fiscal : Les fusions-acquisitions internationales enregistrées, en 2015 sont imputables à des reconfigurations d’entreprises, notamment à des transferts de domiciliation fiscale. Ce phénomène a été singulièrement manifeste aux États-Unis et en Europe, où plusieurs entreprises multinationales ont conclu des mégatransactions pour transférer leur domicile fiscal dans des pays où l’impôt sur les sociétés est plus faible et où les bénéfices mondiaux ne sont pas imposés.

Cette omnium au gigantisme distille et secrète une véritable rivalité sur un marché relativement limité provoquant une surenchère sans précédent sur les débouchés économiques et financiers. Ainsi, les sommes déboursées par les grands groupes sont estimées entre 20 et 40% supérieures à la valorisation des entreprises achetées. 

En sus, dans moult cas, les fondamentaux ne sont guère respectés et les retours sur investissements restent visiblement en deça des moyennes exigées pour ce type d’investissement.
il s’agit tout compte fait d’une concentration économique de nature particulière qui s’inscrit dans une stratégie défensive dont le dessein est de faire face à une croissance des débouchés et ce à travers une augmentation des parts des marchés.

Faut-il souligner que le souci financier est loin d’être la première préoccupation dans cette course au gigantisme mais il s’agit plutôt de cimenter et resserrer les positions et les parts de marché des grands groupes traditionnels, particulièrement dans un contexte jalonné par l’appétit des groupes asiatiques et surtout chinois.

Cette stratégie de fusions & acquisition est d’autant plus fluidifiée et lubrifiée par des mécanismes et des des conditions de financement laxistes. En effet, le rush d’acquisition des années 2000 a été financée par les fonds de private equipty et les LBO qui répondent bien à un modèle de financement très particulier où l’exigence d’un très bon retour sur investissement est essentielle. Or, cette nouvelle vague bénéficie des politiques monétaires expansionnistes et des taux d’intérêt bas qui prévalaient dans la plupart des pays développés permettant par là aux grands groupes de franchir le rubicon et d’opérer leurs investissements en escomptant que l’effet taille contribue à l’amélioration de la rentabilité de ces investissements.

Tout compte fait, en dépit d’un contexte économique fébrile et d’une croissance atone, les grands groupes continuent à foisonner et font de la course au gigantisme le moyen de renflouer leur rentabilité et de préserver leurs parts de marché. Toutefois, cette effervescence et cette forte concentration du pouvoir économique motionne au plus haut point les responsables politiques. Les dirigeants Américains n’ont-ils pas appelé les régulateurs à observer attentivement ces évolutions et à mettre les réglementations nécessaires à même d’éviter la formation de monopoles qui seront à l’origine de dysfonctionnements de marché qui peuvent avoir des effets pervers sur les consommateurs ?

Ainsi, au moment où la croissance est morose, les inégalités à leur apogée suscitant lassitude et désespoir, les malabars économiques et financiers continuent leur quête d’expansion. De telles attitudes n’appellent-ils pas les pouvoirs démocratiques à une plus grande vigilance afin que la liberté économique ne détruise pas les deux autres piliers des sociétés démocratiques : la justice et l’équité ?

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