lundi 26 décembre 2016

L’éradication de l’idéologie de la haine : Un prélude incontournable contre le terrorisme


Lundi 19 Décembre 2016, après l’assassinat ignoble de l’ambassadeur Russe en Turquie, je suis entré sur mon compte facebook pour consulter l’actualité et subitement j’ai été sidéré par le comportement fanatique et téméraire de moult internautes originaires de plusieurs pays arabes, y compris le Maroc, saluant l’assassinat de l’ambassadeur Russe. N’est-ce pas l’apogée de la haine et du terrorisme ? 
Aussi, le problème du terrorisme revient sur le devant de la scène après l’immonde scène de Berlin avec le camion qui a percuté atrocement une innocente foule rassemblée près d'un marché de Noël. N’est-ce pas le pinacle de la subversion et du terrorisme?

D’emblée, nous pensons que la guerre contre le terrorisme est must, mais qu’elle reste miteuse. En sus, nous pensons qu’il existe une autre guerre, toute aussi violente qui est celle de l’éradication des idéologies de la haine. C’est un travail de bénédictin qui concerne toutes les sociétés de la planète. Inopportunément et malencontreusement, dans les pays occidentaux, ce sont les projets d’écluse et d’introversion, qui l’emportent. L’islam est peu ou prou anathématisé en tant que religion.

La laïcité est étalée comme une arme de guerre contre cette foi, alors qu’elle est censée la mithridatiser au même titre que les autres dogmes et credo. 

Ces impénitences musèlent les débats salvateurs qui sont relatifs à l’insertion des populations issues de l’immigration. Avouons-le, La ghettoïsation a distillé des effets pervers dont le plus préjudiciable est la radicalisation religieuse. Celle-ci n’est pas une quête spirituelle, mais une grotte identitaire contre le pays hôte, incriminé de tous les dommages collatéraux. Ce sont des jeunes qui sont nés, élevés en Europe qui commettent ces misanthropies. N’est-ce pas l’apothéose des échecs des politiques d’intégration ? 

L’aberration serait de mettre ces déconvenues sur le passif d’une religion ou d’une culture, ce que, malheureusement, plusieurs discours laissent entendre.

La mappemonde arabo-musulmane a un mandat pesant à jouer. Avant les armes et les fusils, il y a des idéologies à neutraliser, avant les fusils, il y a des cultes à désamorcer.

Nous devons reconnaître que l’éducation religieuse dans tous les pays musulmans n’est pas indemne de toute réprobation. Chez certains, elle saupoudre maladroitement ce qui relève de la foi, du divin et de l’humain. Ce nœud gordien doit être tranché si on veut ostraciser la Salafiya Jihadia et son obsession criminelle. 

Le combat contre le cataclysme du terrorisme doit être absolument global et international. La coopération existe mais elle n’est pas aussi optimisée que l’on voudrait ; la riposte sécuritaire ne suffit pas. Force est de constater que les guerres de la Syrie, d’Afghanistan, d’Irak et la création d’autres foyers de tension, ont plutôt exacerbé le phénomène jihadiste.

La Communauté internationale doit s’agglutiner à remettre la paix dans tous ces pays, les grandes puissances ont cette responsabilité à restaurer les Etats nationaux et d’exempter que d’autres Etats ne se contorsionnèrent. Mais, il appartient tout un chacun de nous d’apporter son écot par la lutte contre la haine, le racisme et l’incitation à la violence au quotidien.

Saluer l’assassinat de l’ambassadeur Russe est un indicateur qui montre incontestablement l’ocean qu’il nous reste à traverser en longueur et en largeur pour exorciser une pensée funéraire.

L’altruisme, la clémence, la magnanimité, la tolérance, le consentement sont les alexipharmaques dont dispose l’humanité. Manions-les. N’est-il pas le moment, en guise de conclusion, de décider d'opter pour l'amour, car la haine est un fardeau trop lourd à porter pour paraphraser Martin Luther King 





samedi 17 décembre 2016

Lutte contre la corruption pour un climat d’investissement juste et juteux


C’était le Vendredi écoulée du 9 Décembre 2016, la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption. Faut-il rappeler, en guise de prologue, que la corruption est un phénomène social, politique et économique très complexe, qui atterre toutes les Nations. Elle macère les institutions démocratiques, atrophie le développement économique et contribue à l'instabilité gouvernementale. La corruption s'attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l'État de droit et en distillant des appareils bureaucratiques dont l'unique fonction réside dans la sollicitation des dessous-de-table. 
Elle obstrue considérablement le développement économique en dissuadant les investissements directs à l'étranger et en plaçant les PME/PMI dans l'impossibilité de surmonter les "coûts initiaux" liés à la corruption. Quelle est la position du Maroc sur l’échiquier mondial en matière de lutte contre la corruption ? Et quelle trame se tisse entre les fibres d'investissement au Maroc et le phénomène de la corruption ? Quelle osmose y a-t-il entre le climat de l'investissement sur le territoire économique Marocain et sa rectitude juridique ? Duo idyllique et intime assurément. Tel est le dessein de cette chronique. 

D'emblée, la corruption demeure une grande flétrissure pour l’entourage des affaires au Maroc, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption (IPC) 2016- de Transparency International. En effet, dans le rapport de Peter Eigen, notre pays a, une fois de plus, obtenu une place timide, qui le méduse dans la 88éme sur un panel de 168 pays. Dans ce dernier palmarès de l’indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde, le Maroc, évalué sur les données de 11 institutions internationales comme la Banque mondiale, le Forum économique mondiale mais aussi sur l'avis d'experts, se trouve dans une position des plus déplaisantes, puisqu’elle obtient un score de 36/100. Par rapport à l’IPC 2014 et avec le même nombre de pays évalués, il a perdu 8 places au classement et 3 points au score. 

Incertain dans une telle atmosphère d’iniquité, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement plantureux et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers.

Au vu du classement timide du Maroc, la corruption demeure la grande gangrène de l’environnement des affaires au Maroc : Avec une telle souillure, la justice demeure lymphatique en matière de report d’audiences et de délais de procédures, incertaine sur le plan des conflits de juridiction, coriace pour obtenir l’exécution des décisions de justice, opaque par le manque de diffusion de la jurisprudence.

La corruption fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable entrave à l’ovation à l’investissement et autant la justice d’un pays est abrasée par la corruption, autant l’investissement est étiolé et autant le climat des affaires est rebutant. 

De ce fait, la corruption demeure un frein structurel majeur à la croissance en nuisant au fair-play, à la concurrence et à la méritocratie économique en faisant fondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté, car elle accouche les mêmes effets qu’une taxe cachée ou des frais généraux illégaux

Aussi, la corruption dissuade les investisseurs en ébranlant leur confiance ce qui procrée des pertes d’emplois et finit par verrouiller le pays dans la pauvreté et fait également écluse à la création de PME capables de "manufacturer" la richesse pour les pays.

Ce qui explique l’intérêt urgent que porte le Souverain Marocain à ce brûlant dossier et accule, à chaque fois, l'exécutif à entreprendre une profonde refonte de l’acte judiciaire à même de redonner crédit et assurance à la mécanique judicaire auprès du milieu du Business international au Maroc.

La fertilisation du domaine des affaires réside dans l’impartialité du système judicaire. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines lumières sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

La bataille contre la corruption est un travail de bénédictin, le combat contre la corruption est un travail de longue haleine et doit demeurer une riflette inéluctable que le Maroc doit triompher et targuer avec toute la véhémence et contre toutes les réluctances. La lutte contre la corruption doit être une véritable corrida pour donner le plein essor de l’économie marocaine et le plein sens aux règles de la diaphanéité, de la bonne gouvernance, et ce, en termes de meilleurs services, d’écoute et de proximité telle que préconisée par le Souverain Marocain, et qui constitue la matrice du projet sociétal, modèle bâti sur les principes de démocratie politique, d’efficacité économique, de meilleurs services au citoyen et d’un sens élevé de responsabilité à l’égard de la gestion de la chose publique.

La prévention de la corruption et la lutte contre ce phénomène exigent une approche globale qui n’est possible que dans un climat de transparence, de responsabilité et de participation de tous les acteurs de la Société : Le Gouvernement, le secteur privé, les médias, les organisations de la société civile et la population . 

L’historien français Jules Michelet n’a-t-il pas dit que "La justice doit être impartiale et bienveillante pour être tout à fait juste". Il nous semble que la mécanique judiciaire constitue le lubrifiant qui assure le bon fonctionnement de l’appareil productif et constitue un facteur déterminant pour la confiance des entrepreneurs, et de facto influence leur décision d’investissement. À défaut, si l’écrivain et politicien français, Marie-Joseph Chénier disait : "quand vous avez oublié la justice, ne vous étonne pas que le ciel vous punisse". J’irai plus loin, sur le plan économique, pour avancer "Quand vous avez oublié la justice, ne vous étonnez pas que le désinvestissement vous punisse".
C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, cursive, courte, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 



jeudi 8 décembre 2016

Compétitivité et le pari aléatoire sur la baisse des Coûts salariaux au Maroc


Je me rappelle lors d’un colloque international, à l'occasion des 56 ans de l’Association des membres de l’Inspection Générale des Finances IGF, sous le thème " Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents? ", la patronne de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines CGEM a déclaré par sa propre lexie « qu’aucun pays à travers l’histoire de l’industrie n’a bâti une économie pérenne sur des bas salaires ». Je réplique : Que diriez-vous des zones d'obédience confucianiste à savoir la Chine, la Corée du Sud et de toutes les tarasques asiatiques, qui ont profité de leur main d’œuvre qualifiée et bon marché pour en faire un avantage compétitif et concurrentiel dans la riflette à la compétitivité industrielle et commerciale ? Celle-ci ne porte-elle pas sur le prix de vente (compétitivité-prix) ? 

Certes, les pays du Sud-est asiatique se sont appuyés, sur la baisse des coûts salariaux dans leur stratégie d’exportation et d’attractivité des investisseurs étrangers. Néanmoins, une telle stratégie n’est ni viable ni soutenable sur le long terme, en l’occurrence pour le Maroc et ce pour les raisons suivantes : 

D’abord, parce que la compétitivité ne peut se calfeutrer au coût du travail. Celle basée sur le prix est aussi tributaire du coût du capital et des coûts de transactions liés aux intrications des cadres juridique et réglementaire. En sus, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effruiter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.

Aussi, même en l’absence de salaire minimum et en vertu de la loi de l’offre et la demande, le salaire horaire a tendance à augmenter. En effet, plus une économie se base sur la baisse du coût salarial, plus elle attire des investisseurs étrangers. Dans le même temps, la demande sur le marché du travail augmente et les salariés revendiquent une revalorisation du salaire. L’exemple de la Chine est éloquent à cet égard, puisqu’en moins de 10 ans (entre 2000 et 2009), le salaire horaire dans l’industrie chinoise a triplé ce qui explique pourquoi la Chine commença à délocaliser ses unités productives vers des pays où la main d’œuvre est moins chère, notamment au Vietnam, au Bangladesh, en Éthiopie ou encore en Égypte et actuellement vers le Maroc et l’Algérie pour en faire une porte d’entrée vers les marchés Africains.

De surcroît, compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers dans le dessein de relancer la croissance économique, revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux et attirent plus d’IDE que les pays moins développés à l’instar de l’économie Allemande, Irlandaise ou Suisse? Si cette course existe revient à nous interpeller qu’elle est viable uniquement pour des biens bas de gamme et confiner sa compétitivité à celle des bas salaires revient à se scléroser et se cantonner dans des activités à faible valeur ajoutée et à faible contenu technologique. 

En d’autres termes, avec l’ère de la globalisation marquée par l’économie du savoir, le bas salaire n’est plus un déterminant dans l’offensive de la compétitivité industrielle, étant donné que le coût du travail n’intervient pas dans des activités intensives en savoir et connaissances qui sont aujourd’hui déterminantes ; les firmes qui poursuivent des stratégies verticales de minimisation et pour lesquelles l’aplatissage des coûts est prioritaire sont de plus en plus rares et sont essentiellement dans les secteurs textile-confection, de la chaussure et des jouets. 

Par ailleurs, avec le progrès scientifique et technologique, les bas salaires ne peuvent plus s’imposer comme des déterminants pour la bataille de la conquête des marchés extérieurs : La fin des années quatre vingt a été caractérisée par une large diffusion des technologies et par une versatilité de la demande, les pays les plus avancés technologiquement sont tentés de relocaliser certaines activités, sinon d’arrêter les opérations de délocalisation vers les pays à faibles coûts salariaux. Le but est de faire revenir l’avantage comparatif dans les pays développés même dans les industries utilisant beaucoup de main d’œuvre. 

Faire valoir uniquement le bas salaire, ne peut que condamner l’économie Marocaine à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que sa croissance à long terme. À cet égard, la Chine, citée en modèle, et au regard à l’anhélation de sa croissance, tente de changer de modèle pour se diriger d’une économie bas de gamme étayée sur le bas salaire vers une économie de gamme moyenne tirée non seulement par les exportations ( Export Led Growth) mais aussi tirée par la demande intérieure et le jaillissement d’une classe moyenne. Dès lors, quand on s’inscrit dans une perspective de long terme, et quand on tient compte des différents aspects de la compétitivité (prix et qualité), les propos de la patronne des patrons de la CGEM sonnent fort juste. 

En plus, s’il est vrai que l’on peut obtenir des produits compétitifs grâce à des salaires bas, il est tout à fait possible de réduire le coût total sur un critérium essentiel qui est souvent passé sous silence, alors qu’il est déterminant, à savoir la productivité du travail , avec des travailleurs plus productifs, qui permettront non seulement d’avoir une production plus élevée, mais aussi de faire des économies dans l’utilisation des autres facteurs de production, grâce à leur efficacité et leur efficience économique. Ainsi, à terme, dans l’hypothèse d’une convergence économique (rapprochement des salaires dans tous les pays), ce qui fera le distinguo n’est plus le coût de travail mais bel et bien la productivité de travail. 

Or, si l’on observe la productivité du travail au Maroc, elle traîne loin derrière celle de ses principaux concurrents sur les marchés européens, tels que la Roumanie, la Turquie ou la Pologne, mais aussi très loin derrière les grands pays émergents Asiatiques, à savoir l’Inde et l’Indonésie. A l’appui de notre assertion, les estimations de la Banque Mondiale montrent que le rythme de progression de la productivité du travail dans les économies émergentes dépasse 4% alors qu’il ne se situe, dans le cas de l’économie Marocaine, qu’autour de 2,5% par an.

Somme toute, la productivité du travail ne dépend-telle pas de la qualité du capital humain et de la technologie et du management utilisé ? L’amélioration de la qualité du capital humain ne passe-t-elle pas par la refonte du système d’éducation et de la formation professionnelle. Sans une main d’œuvre qualifiée et efficace, le Maroc ne peut converger vers une économie productive à haute valeur ajoutée à l’instar de la Corée du sud ou le Taiwan.

Sans affermissement des procédés technologiques et de management utilisés, il est invraisemblable d’espérer un perfectionnement de la productivité au sein du tissu industriel Marocain. Celle-ci passe, par-dessus le marché, par la consolidation de l’ouverture de notre économie pour profiter des vertus de la concurrence et de transfert technologique. Faut-il rappeler, en guise de conclusion, que si les gains de productivité ont principalement bénéficié à un nombre de secteurs au Maroc tels que les télécommunications, les transports, les services financiers, c’est parce que des réformes considérables ont été introduites dans ces secteurs en les ouvrant à la privatisation et à la concurrence ce qui n’est pas le cas des secteurs comme l’agriculture, les BTP et l’industrie où les gains de productivité sont restés plus timides.

Somme toute, la compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance pérenne et inclusive. L’affûtage de la productivité du travail, permettra non seulement de raffermir notre compétitivité-prix, mais aussi et surtout de converger vers une compétitivité basée sur la qualité et l’innovation. Pour y arriver, la qualité du capital humain est incontournable. Il n’y a de richesses que d’hommes disait Jean Bodin in fine !





dimanche 4 décembre 2016

Apostrophes sur le triptyque " Entrepreneuriat, Innovation, Territoire" au Maroc


La dynamique régionale et territoriale que connait le Maroc actuellement s’inscrit dans une mouvance restructurante à plusieurs niveaux. En effet, d’une simple circonscription administrative d’espaces géographiques, la tendance se fait progressivement vers des entités économiques plus animées et vigoureuses. Le processus d’opérationnalisation de la régionalisation avancée actuellement en gestation apostrophe tous les acteurs économiques et politiques intéressés par la nouvelle donne territoriale du Royaume . Le pari est donc de niveler et aplanir les disparités socio-spatiales, mais aussi de préserver les singularités faisant l’empreinte, l’authenticité, ainsi que la véridicité de chaque territoire Marocain. 

Dans ce contexte, les territoires qui gagnent sont ceux qui exhortent, stimulent, soutiennent et fédèrent l’innovation, une gouvernance de qualité et des structures territoriales où l’entrepreneuriat apparaît alors comme un adjuvant permettant de riposter à la double contrainte du développement et de la durabilité. 

Le triptyque "Innovation, Entrepreneuriat, Territoire" se situe ainsi au cœur d’une multiplicité de logiques et à la croisée de plusieurs dynamiques industrielles reconnectant le local au régional et raccordant le national à l’ international.

L’apostrophe qui nous interpelle : Quel sens donner à chacun des concepts de ce triptyque ? Et quelle logique d’ensemble sous-tend ce dernier dans le contexte précis des politiques industrielles au Maroc ?

Au regard de la nouvelle dynamique d'investissement où l’essor économique n'est plus "l’ectoplasme" de l'efficacité statique ni de la rente, les prouesses économiques ne se bâtissent-t-elles pas sur l'innovation dans les processus industriels ? la prospérité ne se greffe-t-elle pas sur les procédés cognitifs et la matière grise ? N’est ce pas dans un environnement national particulièrement concurrentiel, dynamique et efficient que l'on rencontre des entreprises innovantes ? 

Cependant, ce ne sont pas les segments économiques esseulés qui connaissent le succès, mais des grappes industrielles au sein desquelles circulent les informations, les savoir- faire et les technologies pour paraphraser Michael Porter. Or, isolées ou en grappes, les entreprises qui gagnent ne sont pas toutes détenues et/ou gérées exclusivement par des hommes. Un grand nombre de "firmes - bijoux ou intelligentes" sont assises sur les capacités de femmes compétentes, formées, informées et mues par la réussite de leurs projets et de leurs carrières.

L’intérêt assigné de plus en plus à l’entrepreneuriat féminin ne traduit-il pas la reconnaissance des femmes à innover ? D'ailleurs l'entrepreneur "Schumpetérien "capable de muer une idée ou une invention en une innovation" n’est-il pas sous-tendu sur un même pied d’égalité entre femme et homme ?

L'essentiel n’est-il pas la maestria d'attaquer, d'innover et d’épandre la perturbation pour geler l'action des concurrents pour reprendre Jean Claude Tarondeau ?

Dans ce contexte, l’innovation qui est souvent considérée comme la mise en œuvre d'un produit ou d'un procédé (nouveau ou sensiblement amélioré) ou d'une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l'entreprise, celle du lieu du travail ou les relations extérieures ont besoin d’écosystèmes propices aux regards innovants des acteurs et permettant une maîtrise des métiers, une bonne connaissance des marchés avec extraversion économique sur le social et le sociétal. 

Alliée et reliée alors au territoire , l’innovation ne désigne-t-elle pas l’intégration de nouveaux usages dans un modèle territorialisé de développement d’un groupe, d’une communauté ou d’une société ? Cette intégration ne nourrit-elle pas les mécanismes de régulation et de vivre ensemble pour paraphraser Sylvain FONTAN.

Mais, pour qu’elle soit atteinte et, surtout féconde et pérenne, une telle innovation n’exige-t-elle pas une bonne gouvernance ? Inscrite dans le sillage du nécessaire droit de regard sur les organismes par ceux qui les ont missionnés, la gouvernance territoriale n’est-elle pas un processus dynamique de synergie entre des acteurs publics et privés aux identités multiples et aux ressources asymétriques autour d’enjeux territorialisés visant le building collectif d’objectifs et d’actions en mettant en œuvre des dispositifs multiples qui sommeillent sur des apprentissages collectifs et des innovations institutionnelles et organisationnelles au sein des territoires pour commenter Champrigaud ?

En effet, un territoire innovant , bien gouverné, compétitif et attractif doit être en mesure d’intégrer, de manière fluide et synchrone, trois dimensions : une dimension identitaire, caractérisée par la sémiotique de sa désignation, ses limites, son histoire et son patrimoine, et par la manière dont les groupes sociaux qui l’habitent, se le représentent, se l’approprient et le font exister au regard des autres avec deux grandes dimensions incontournables :

-Primo, une dimension matérielle faisant dudit territoire un espace doté de propriétés naturelles ou matérielles qui sont caractérisées par leurs structures et leurs dynamiques temporelles et spatiales ;

- Secundo, une dimension organisationnelle comme entité dotée d’une organisation d’acteurs sociaux et institutionnels aux identités différentes mais à mission transversale ; dont l’objectif est la quête d’une homogénéité d’ensemble pour un développement réfléchi et mature du territoire en question. 

Sous cet angle, la compétitivité n’est plus le seul apanage des entreprises et des nations, mais interpelle de plus en plus toutes les entités territoriales infra-étatiques dont surtout les régions et les grandes métropoles. On n’aborde plus un marché de façon globale et indifférenciée mais grâce à des implantations région par région et localité par localité et territoire par territoire où L’Etat devrait se charger essentiellement des projets structurants comme ceux qui ont préludé sous le règne du Souverain Marocain Mohammed VI alors que les régions devraient s’attaquer aux projets régionaux en s’appuyant sur les différentes orientations de la politique industrielle de l'exécutif du Royaume.

In fine, l’entrepreneuriat intervient comme support, source et cible de l’innovation distillant à son tour la manumission des territoires. Chaque territoire est actuellement contraint de mettre en place une stratégie d’innovation lui permettant de mettre en valeur ses potentiels matériel, humain et patrimonial. 

À l’image des entreprises abstraction faite de leurs spécificités, les territoires peuvent concevoir et développer des systèmes d’innovation à leur échelle en s’appuyant sur les dynamiques endogènes mais aussi en connexité avec les réseaux similaires dans une logique partenariale tout en valorisant le capital immatériel.

Sous cette optique, l’innovation n’est-elle pas donc l’apanage des seules zones d’effervescence telles que «Casa Technoparc» ou « Rabat technopolis » espérant s’inscrire dans l’ambiance de Bangalore en Inde ou de la fameuse Silicone valley en France ? 

« Innover en entreprenant » et « Entreprendre en innovant » ne sont-elles pas deux dynamiques dialectiquement interconnectées et porteuses de développement territorial durable avec la condition sine qua non que l’institutionnel cadre toute la Chaîne de valeur industrielle dans sa globalité ? 

Tous les territoires peuvent être innovants mais une apostrophe de taille se pose surtout dans le contexte de l’économie Marocaine : Comment orchestrer et instrumenter innovation, entrepreneuriat et territoire pour que ce dernier cesse d’être un simple espace et support d’affectation et/ou de localisation des ressources et devenir un milieu émettant lui -même des ressources génériques et non transférables ? 

Manu Dibango n’a-t-il pas chanté “On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler.”, c’est idem pour Entreprenuariat, Innovation, Territoire.

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