mercredi 9 novembre 2016

Le Tissu économique et social marocain entre phallocratie économique et machisme politique


L'analyse des inégalités au travail entre femmes et hommes, ou ce qu’on appelle communément "Genre», est devenue incontournable pour comprendre les évolutions du développement des pays émergents.

Au Maroc, depuis la fin des années 1990, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé moult chantiers de réformes visant l’ancrage des principes de l’égalité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l'égalité et de l'équité et à en faire une réalité pratique et efficace.

L’égalité et l’équité des sexes, ainsi que la représentation équitable des femmes au niveau des emplois supérieurs et des postes de responsabilités, revêt une dimension transversale et répond aux objectifs nobles en vue de réduire les disparités entre les hommes et les femmes. La constitution de 2011 est un tournant décisif pour le cloutage des droits des Femmes et l'égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d'institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale.

Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? 

Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2016 de son rapport sur la parité hommes-femmes. Faut-il rappeler que l’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. 

D’emblée, on peut alléguer que le Maroc accuse des résultats très médiocres en se situant dans les derniers rangs. En effet, à l’appui de notre assertion, sur un panel de 144 pays étudiés, le Royaume se situe à la 137éme place, soit 0,597 points. Il se loge entre la Côte d’Ivoire qui se positionne à la 136éme place et le Mali au 138éme rang.

A l’égard de l’indicateur " participation à la vie économique et opportunités", le Maroc accuse de timides résultats en se situant à la 139éme position ce qui nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.

Sur le volet " représentativité politique", le royaume lui échoit la note de 0,110 en se positionnant à la 98éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement désigné de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espère ainsi que le Gouvernement Benkirane III qui sera désigné dans les jours prochains de faire mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième.

Sur le plan international, l’Islande se démarque en se positionnant en tête du classement avec un score de 0,874, suivi de la Finlande (0,845), de la Norvège (0,842) et de la Suède (0,815), le Rwanda, pays du continent Africain se hisse à la 10éme place avec note de 0,800.

Sur le plan maghrébin, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie se trouvent respectivement dans les 120éme, 126éme, 129éme rang.

Sur le plan des pays arabes, la République islamique d’Iran demeure parmi les pays les plus phallocentriques en se situe dans les derniers rangs (139éme position), suivie en queue du classement par le Tchad (0,587), l’Arabie saoudite (0,583), la Syrie (0,567), le Pakistan (0,556) et le Yémen (0,516).

Par ailleurs, en empruntant le rapport publié par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), le Maroc semble avoir du mal à convaincre l’Organisation Onusienne en faveur de l’égalité des Genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique : Le rapport d’Antonio Guterres classe le Royaume à la 126ème place au niveau mondial, 11ème dans le continent noir et 4ème au Maghreb en succédant à l’Algérie, à la Libye et à la Tunisie Ce qui montre les efforts que doit fournir le Maroc pour le développement Genre, la promotion de la place de la femme, l’autonomisation des femmes au travail, en matière de participation politique et de leadership économique.

Epineux, dans une société machiste et macho de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive.

Toutefois, en dépit de ces obstacles, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?

L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, "Ce que femme veut DIEU le veut."

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