mardi 25 octobre 2016

Le Secteur Informel au Maroc entre nécrose économique et exutoire social


Le département de Lahlimi, en l’occurrence, le Haut Commissariat au plan HCP vient de livrer sa dernière investigation sur le secteur informel. Faut-il, en épilogue, souligner que ce secteur regroupe toutes les unités de production non agricoles qui exercent des activités de production de biens et services sans se conformer aux dispositions statutaires et comptables auxquelles sont soumises les entreprises opérant dans l’économie nationale. 

En s’appyant sur les résulats de cette enquête, on peut, d’emblée, affirmer que ce " secteur occulte" continue à dépraver le tissu économique national, à gangrener le climat des affaires économiques et à déposséder l’Etat des plus values économiques estimées à à 410 Milliards de dirhams, en hausse de 6,5% par rapport à l’enquête de 2007. 

En effet, l’économie souterraine persiste à plomber le système productif marocain dans la mesure où le nombre des centres de production informels s’élève à 1,68 million, en progression moyenne de 19.000 nouvelles unités par an contre 40.000 en 2007. Des chiffres qui montrent que le secteur informel, qui se situe entre une fourchette de 20 % à 30 % du Revenu National Brut RNB, porte préjudice à la compétitivité des entreprises nationales et internationales. 

Une grande partie du secteur formel reste obstruée par le secteur non structuré tel qu'entendu par le Bureau international du travail BIT, plus singulièrement dans le secteur du commerce étant donné que plus de la moitié de production du secteur informel est enregistrée dans le commerce en accaparant près de 70% du chiffre d’affaires total, suivies des activités de l’industrie (13,1%), des services (9%) et du BTP (8,1%). 

Par ailleurs, l’économie parallèle s’obstine à plomber le climat de l’investissement au Maroc. En effet, à l’appui de notre allégation, les unités de production informelles (UPI) ont investi 3,366 milliards de DH, en accroissement annuel de 3,2% depuis 2007. Le secteur des services en a réalisé 50%, le commerce plus du tiers, l’industrie 12,2% et les BTP 5,3%. De ce fait, le secteur informel constitue une parasite à l’environnement des affaires économiques et exerce une concurrence déloyale envers les entreprises structurées, ainsi qu’un obstacle rédhibitoire à l’implantation des entreprises étrangères. 

Toutefois, au Maroc, l’économie clandestine demeure un filet de sécurité économique, sert d’exutoire social et constitue un facteur d'intégration et de solidarité en lien avec sa logique productive de survie. Pour preuve, le secteur informel continue à être une fertile soure d’emplois et de revenus ; la sphère informelle absorbe une main-d’œuvre de 2,4 Millions de personnes représentant 36,3% de l'emploi non-agricole à l’échelle nationale. Dans ce cadre, 233 000 indépendants employeurs ont recruté 420 000 salariés et distribué 11,4 milliards de DH de salaires correspondant à près de 4% de la rémunération salariale à l’échelle nationale et représentant 11% de la valeur ajoutée globale du secteur informel. 

L’éloquence des statistiques évoquées ci-haut nous incite à avancer les conclusions suivantes : 

- le secteur informel emploie, produit et distribue des revenus au tissu social Marocain, 

- Ce mode d’accumulation informel joue un rôle dans les mécanismes de reproduction et de cohésion des unités domestiques, 

- Avec une telle participation au PIB national, l’économie Marocaine fonctionne en deça de ses potentialités économiques, ce qui ne cesse d’impacter négativement la dynamique économique et sociale et la recomposition de ces différentes dimensions liens formel/informel en un ensemble structuré nous conduit à une nouveau défrichage du secteur informel et sa capacité à participer au développement économique du Maroc.

vendredi 14 octobre 2016

Quand la théorie des contrats est primée par la Banque Centrale de Suède


C’est ce Lundi 10 Octobre 2016 que le réputé prix Nobel d’économie en sciences économiques, en mémoire d’Alfred Nobel, a été décerné lundi à l’Américano-Britannique Oliver Hart et au Finlandais Bengt Holmström pour leurs travaux sur la théorie du contrat. Ces chercheurs ont développé la théorie du contrat, un cadre exhaustif d'analyse des multiples aspects du contrat comme la rémunération des dirigeants basée sur leur performance, les franchises ou les copayeurs dans les assurances, ou encore la privatisation de secteurs publics. 

Oliver Hart est né en 1948 à Londres. Il a la double nationalité américano-britannique. Il a étudié les mathématiques au King's College (Cambridge) et les sciences économiques à l'Université de Warwick. Docteur de l'Université de Princeton, il occupe successivement des postes de chercheur au Churchill College (Cambridge), Professeur à la London School of Economics and Political Science, au Massachusetts Institute of Technology, et finalement depuis 1993 à l'Université de Harvard. Ses recherches portent sur la théorie de la firme, la théorie des contrats et la finance d'entreprise. 

Bengt Holmström est né en 1949, à Helsinki en Finlande. Il est professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) depuis 1994. Depuis 1997, il est titulaire de la chaire Paul Samuelson du MIT. Il est connu pour son travail sur la théorie des incitations et pour ses travaux sur la théorie de la firme. 

De la fin du XIXéme siècle aux années 1960, la théorie économique a principalement cherché à comprendre comment les prix se fixent sur les marchés. Le «modèle d'équilibre général» de Walras a montré ses limites, notamment parce qu'il ne prenait pas bien en compte les comportements des acheteurs et des vendeurs, ou bien des demandeurs et de offreurs d'emploi, dans un contexte où la concurrence n'est pas parfaite et les informations asymétriques. Les théories des contrats et des incitations tentent de combler ces failles. Hart et Holmström sont cités dans tous les livres dans le domaine. 

Les économies modernes sont interconnectées par d'innombrables contrats. Les nouveaux outils théoriques créés par Hart et Holmström permettent de mieux comprendre les contrats et les institutions de la vie réelle et les pièges potentiels dans la conception des contrats», a commenté l'Académie. «Les nombreuses relations contractuelles de la société incluent ceux passés entre actionnaires et cadres dirigeants d'une entreprise, entre une compagnie d'assurance et les propriétaires de voiture, entre une autorité publique et ses fournisseurs: ce type de relations impliquent des conflits d'intérêt, les contrats doivent être correctement conçus, de sorte qu'ils garantissent aux parties de prendre des décisions mutuellement bénéfiques». 

Le prix était allé l'an dernier à Angus Deaton, également Américano-Britannique, qui s'est notamment attaché à démontrer que la création et l'accumulation de richesses n'allaient pas nécessairement de pair avec l'amélioration du bien-être. Il avait succédé au Français Jean Tirole, primé en 2014 pour son analyse de la régulation des marchés 

jeudi 13 octobre 2016

Quand la rime culte knocking on heaven's door est primée par le Comité Nobel


Contrairement à toutes les prophéties où on attendait le poète syrien Adonis, condamné à mort par les terroristes de Daech, ou encore le Kényan Ngugi wa Thiong'o qui avait les faveurs des parieurs quelques heures avant la remise du prix, ou encore le Japonais Haruki Murakami, c’est l’auteur de la prose culte"knocking on heaven's door" qui a été déclaré lauréat de la prestigieuse récompense de stockholm, en l'occurrence le chanteur Américain légende Bob Dylan. 

Le Comité Nobel a justifié ce choix par la plaidoirie de la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius, qui a déclaré que l’auteur-compositeur-interprète Américian a été élu pour avoir créé, dans le cadre de la grande tradition de la musique de l’Uncle Sam, de nouveaux modes d’expression poétique. 

Il n’a jamais couru derrière les récompenses et les reconnaissances : En 2001, il avait reçu un oscar alors qu’il se trouvait en Afrique du Sud, et qu’on avait été le chercher au fond d’un bar pour lui annoncer la nouvelle, qui ne l’avait pas ému outre mesure. Depuis, il a également reçu le médaille présidentielle de la Liberté et aussi une mention spéciale du prestigieux prix Pulitzer, toujours dans sa plus grande indifférence. 

Bob Dylan est né le 24 mai 1941 à Duluth, dans le Minnesota, sous le nom de Robert Allen Zimmerman. Durant son enfance, qu’il passa à la frontière canadienne à Hibbing, il fait la connaissance du bluesman Big Joe Williams. Il se passionna dès lors pour le blues et commence à jouer de la guitare. A l’âge de vingt ans, il parcourt les Etats-Unis avant de commencer des études littéraires à l'université du Minnesota. Lors d’un passage à New-York, il rencontre son idole, Woody Guthrie, puis enregistre quelques titres avec la chanteuse Carolyn Hester. 

En 1962, il sort son premier album, intitulé Bob Dylan. C’est à ce moment-là que l’artiste prend ce nom de scène, en hommage au poète gallois Dylan Thomas. Cet album très marqué par le blues et le folk est suivi dès l’année suivante par "The Freewheelin' Bob Dylan" qui dévoile les talents de poète de Bob Dylan. C’est un véritable succès, et dès ses débuts, Bob Dylan fait l’unanimité grâce à sa voix aiguë qui sort de l’ordinaire. En reprenant le titre « Blowin' In The Wind » en 1963, le trio folk Peter, Paul & Mary élargissent encore son public. 

Blonde On Blonde, sorti en 1966, est le premier double album de l'histoire du rock. Bob Dylan tourne alors aux côtés de Joan Baez et joue dans les plus grands festivals, comme le Royal Festival Hall à Londres et le Festival de Newport. 

En 2008, Il a reçu le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, " pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ". 

Bien qu’il n’ait scellé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois copié, jamais égalé. 

C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993. 

mercredi 5 octobre 2016

Promesses électorales des législatifs 7 Octobre 2016 et Spéculations économiques au Maroc


A 48 heures près aux législatifs tant attendus du 7 Octobre 2016, les Marocains qui se rendront aux urnes sont confrontés à tout un armada de programmes électoraux émanant de chacun des partis politiques, des programmes qui se différencient certes, mais qui restent semblables et homologues au niveau de leur fond. Une grande contiguïté dans les promesses électorales qui se focalisent pour l’essentiel sur les secteurs sensitives et prioritaires pour la grande frange sociale des Marocaines à l’instar de l’emploi, la santé, la couverture sociale…etc. 

La grande apostrophe qui nous interpelle : Pourquoi les promesses électorales de chacun de ces partis ne se concrétisent pas sur le terrain ? 

D’abord, le montage du programme électoral s’étaie pour l’essentiel sur le volet économique à travers tout un éventail d’indicateurs macro-économiques à titre illustratif : Le taux de croissance économique, le taux de chômage ou la qualité des services sociaux, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, ainsi que d’autres donnes économiques comme l’investissement, le domaine rural à travers les promesses de son désenclavement, la lutte contre la précarité et le rétablissement de la justice sociale. 

Cependant autant en emporte le vent, au fil du mandat électoral, on note un hiatus abyssal entre ce qui a été promis et ce qui a été réalisé. Nous constatons aussi hélas, que les programmes socio-économiques demeurent loin de la réalité dans la mesure où ces programmes restent pas excellence des programmes électoraux ayant pour but primordial d’avoir assistance et appui politique auprès du citoyen Marocain et d’avoir légitimité à travers les urnes afin de gérer la chose publique. 

Aussi, la quête acharnée pour la légitimité politique auprès du citoyen Marocain conjuguée à la concurrence rude et féroce entre les partis politiques impulsent les futurs élus à concocter des programmes électoraux à chacune des franges sociales : Un programme pour assister et épauler les femmes veuves, un calendrier pour la couverture médicale pour les étudiants, un agenda pour la parité homme-femme ou un planning pour les handicapés. Tout ceci concourt à donner un caractère parcellisé à ces programmes électoraux et leur ôter leur cohérence et leur synergie. 

Nous augurons, par ailleurs, que les partis politiques accorderont pour les législatives du 7 Octobre une attention singulière à la classe moyenne du fait : 

-Qu’elle est un précieux facteur de relance économique ;

- Qu’elle occupe une place et une assise au sein de l’architecture sociale marocaine et se situe au centre des préoccupations des hommes politiques Marocains

Aussi, la question du rôle de l’Etat à l’ombre de la polémique entre le PJD et le PAM qui ont des idéologies différentes où le parti PAM promet dans son programme électoral de revoir le statut de la famille. 

Au total, même si les partis politiques demeurent mécènes dans leur programme électoral, ce dernier dépend foncièrement des indicateurs macro-économiques où interfère l’international, le régional, le national et le local. 

Aussi, les programmes électoraux restent tributaire des prix des matières premières, des fluctuations du prix du pétrole dans les marchés mondiaux, des échanges commerciaux ou de la pluviométrie, ou des recettes touristiques ou des mouvements des RME. In fine, les promesses électorales des partis politiques demeurent justement de simples promesses et liés à la période de la compagne électorale dans la mesure où la nature du suffrage au Maroc ne permet pas d’avoir une majorité absolue : Le parti ayant eu la majorité relative se trouve obligée de composer avec les autres partis alliés et de concéder avec eux une grande partie de leur programme.

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