lundi 25 avril 2016

Quand le Maroc gagne 7 crans dans la pénombre gouvernementale


La 3ème édition du Baromètre sur la transparence des données vient d’être publiée par la World Web Foundation. Le rapport donne un panorama d’ensemble de l’état d’ouverture des données gouvernementales dans 92 pays à travers le monde.

Pour établir ce classement, World Web Foundation (WWF) établit le classement des pays en se basant sur 3 critères: la bonne volonté du gouvernement, sa capacité de mise en œuvre et les impacts de la politique de la transparence et de l'accessibilité des données. La bonne volonté du gouvernement se mesure à sa volonté d'œuvrer à des politiques, des actions, de rendre l'information disponible pour les entrepreneurs et les businessmen, pour les citoyens et la société civile. Le critère de mise en œuvre comprend la responsabilité, l'innovation et la politique sociale. Il s'ajoute à cela les impacts politiques, économiques et sociaux de la transparence des données gouvernementales. 

Le Maroc se retrouve cette année à la 62ème place en ex-æquo avec l’Ukraine, le Paraguay et la Thaïlande alors notre Royaume occupait la 55ème place l’année dernière, soit un affalement de 7 points. Une glissade qui est imputable aux mauvais scores obtenus par le Royaume dans les critères de classement. La bonne volonté du Maroc se chiffre à une moyenne de 36/100 avec 26/100 pour la politique gouvernementale en la matière, 45/100 pour son action, 44/100 pour l'accessibilité de l'info aux membres de la société civile et des citoyens et 38/100 pour son accès aux entrepreneurs et businessmen. 

Le score est faible au niveau de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale avec des chiffres de 13/100 pour l'innovation en matière d'accès aux données, 28/100 pour la politique sociale et 13/100 pour la responsabilité du gouvernement. Il semble que les très bas scores des indicateurs d’impacts qui ont acculé le Maroc, 7 places en arrière dans le palmarès mondial : L'impact politique est de 10/100 tandis que les impacts économiques et sociaux sont nuls (0/100 dans chacun des indicateurs).

Dans la région MENA, Israël domine le classement régional, suivi de la Tunisie, des Emirats-Arabes-Unis, du Bahreïn, de l’Arabie-Saoudite, du Qatar. Le royaume quant à lui se retrouve à la 7ème place devant la Jordanie, l’Egypte et le Yémen qui ferment le Top10.

Au niveau du classement continental, le Maroc finit au pied du Top 5 à la 6ème place. C’est la Tunisie qui prend la 1ère place en Afrique, suivi du Kenya, du Rwanda, de l’Afrique du Sud et de l’Ile-Maurice.

Au niveau mondial, les pays les plus opaques dans le partage des informations gouvernementales sont Haïti, Yémen, le Zimbabwe, Myanmar et le Mali. A l’inverse, les pays où les données gouvernementales sont le plus disponibles sont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Canada et le Danemark qui se hissent au Top 5 mondial.

Le score timide obtenu par le Maroc atteste d’un grand déficit de communication où les données en amont et en aval sont de plus en plus opaques.

Ce que le Gouvernement Benkirane ignore ce sont les retombées et les bénéfices attendus des données publiques ouvertes : les citoyens ont besoin de savoir ce que fait leur gouvernement. Ils doivent être en mesure d’accéder aux données et aux renseignements gouvernementaux et de partager cette information avec d’autres citoyens librement.

L’ouverture des données publiques peut aider à la création d’entreprises et de services innovants. Aussi, les données ouvertes permettent aux citoyens d’être beaucoup plus informés et impliqués dans la prise de décision ce qui facilite leur contribution au processus de gouvernance

La transparence était, entre autres, une promesse électorale du parti barbu light PJD. Ils ont tenu leur promesse, le Maroc gagne en effet 7 places dans l'opacité de gouvernance.

mercredi 20 avril 2016

Contrefaçon : une adultération et scélératesse à l’économie Marocaine


Ils sont partout les Tee-shorts aux marques internationales Boss, Dolce & Gabbana. Elle concerne de nombreux types de produits, des chaussures aux sacs à main, en passant par les parfums. Elle touche la quasi-totalité des domaines de la production industrielle : horlogerie (montres) made in Swiss Swatch, reproduction musicale sur les côtés du trottoir à la souiKa de Rabat et Derb Ghallaf avec des DVD des films du box office Américain, CD musical, production de vêtements pantalons, tricots, de marques réputées Diesel , Levis 501, Timberland, Lacoste, accessoires de luxe tel maroquinerie, médicaments (destinés à soigner le cancer, troubles de l'érection, infections), etc. Les œuvres d'art et les objets archéologiques ou historiques sont également concernés. Aussi, elle n’a pas épargné la production alimentaire. Vous l’avez deviné, il s’agit bel et bien de la contrefaçon. 

Faut-il en guise de prologue y donner une définition : La contrefaçon est la reproduction ou l'imitation d'une œuvre ou d'une marchandise, soit en indiquant ou en laissant présumer que la chose est authentique, soit en violation d'un droit de propriété intellectuelle ou du droit d'auteur .

A ce sujet, avant-hier le 18 Avril 2016, l’Organisation de Coopération et de Développement économiques OCDE et de l’Office de l’Union Européenne pour la Propriété Intellectuelle ont publié leur rapport sur la contrefaçon et le piratage industriel “Trade in Counterfeit and Pirated Goods: Mapping the Economic Impact”, qui établit un classement mondial des pays qui produisent et commercialisent, le plus, les produits contrefaits et piratés. 
Dans ce rapport qui utilise des données statistiques recueillies entre 2011 et 2013, le Maroc apparait en premiers rangs, du classement des pays où sévit ce fléau . 
Ainsi, le royaume est arrivé 6éme plus gros producteur et échangeur de produits de la contrefaçon qui violent les droits d’auteurs et les brevets industriels. 

Le Royaume arrive derrière, la Chine première avec 63.2% des produits contrefaits saisies dans le monde en 2013. La Turquie arrive 2éme mondiale avec 3.3%. Singapour 3éme avec 1.9%. Thaïlande 4éme avec 1.6%. Inde 5éme avec 1.2% et le Maroc 6éme avec 0.6% des marchandises contrefaites saisies dans le monde. Le rapport de l’OCDE chiffre la valeur mondiale des importations de biens contrefaits à 461 milliards dollars en 2013, soit l’équivalent du produit intérieur brut de l’Autriche.
Les importations totales au niveau mondial s’élevant, pour leur part, à 17 900 milliards de dollars. Leur poids est encore plus important dans les importations des pays développés ; il est ainsi estimé à 5 % du total des importations de l’Union européenne (UE), soit 116 milliards de dollars.

Le classement fait état qu’en 2013, 0,6% des saisies totales de produits contrefaits effectuées dans le monde sont d’origine marocaine. Elles sont d’une valeur de 2,7 milliards de dollars, soit 26 milliards de dirhams. Le Maroc est devancé par l’Inde (1,2%), la Thaïlande (1,6%) Singapour (1,9%), la Turquie (3,3%). Le champion dans la catégorie reste incontestablement la Chine avec 63,2% des saisies totales dans le monde. Les marques américaines, italiennes, françaises et suisses sont les plus touchées par les contrefaçons
C’est un secret de polichinelle que la contrefaçon a des effets pervers sur les économies, le phénomène de contrefaçon fait l’objet de nombreuses études qui s’accordent sur les effets néfastes qu’engendre une telle activité sur les différents acteurs économiques qu’on peut résumer ses corollaires sur le consommateur, l’entreprise et l'État.

-Pour le consommateur : Le risque d'utiliser un produit dangereux ou nocif, qui ne corresponde pas à ce qu'il devrait être.

-Pour l’entreprise : Pour une industrie : une diminution globale des ventes, une perte de valeur et prestige des produits légaux, l'infraction à leurs propriétés intellectuelle et une perte des avantages que donne la recherche.

-Pour l'État : une perte des revenus perçus par les taxes, une diminution de la protection de la propriété intellectuelle, un risque d'utilisation de produits contrefaits potentiellement moins fiables dans des secteurs critiques comme la défense et la santé.

Pour l'économie dans son ensemble : un ralentissement de la croissance dû à une perte des avantages apportés par l'innovation, une perte de revenu à cause des pays où la protection de la propriété intellectuelle n'est pas ou peu appliquée. 

C’est pour cela, en guise d’épilogue,l'avantage de la laideur morale, c'est qu'il n'en existe point de contrefaçon disait le moraliste Jean Rostand



mardi 12 avril 2016

La grande évasion ou la Panama papers: Leçons d'une Bourgeoisie clandestine


La Grande Évasion, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte (The Great Escape) de John Sturges incarné magistralement par le trio Steve McQueen , Charles Bronson et James Coburn. Il n’en est rien : Il s’agit de la grande évasion fiscale dénommée « Panama papers » qui exhibe la grande ignominie financière révélée par le journal le Monde en collaboration avec 108 médias internationaux partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation .

Le prestigieux journal le Monde et 108 autres rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation, ont eu accès à plus de 11 millions de documents provenant d’une firme panaméenne de domiciliation de sociétés offshore, Mossack Fonseca. Les 11,5 millions de fichiers émanent des archives du cabinet panaméen, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, entre 1977 et 2015. Il s’agit de la plus grosse échappée d’informations jamais exploitée par des médias.Quels leçons tirés de cette esclandre, quels enseignements tirés de ce scandale ?

-Primo, la masse d’informations inédites émanant de la firme panaméenne met les pleins phares sur le monde Taciturne de la finance offshore et des paradis fiscaux,

-Secundo, le document panaméen met en lumière le rôle trouble joué par les juridictions offshores comme le Panama ou les îles Vierges britanniques dans la nébulosité des circuits financiers mondiaux.

-Tertio, ces documents permettent de mettre en lumière les avoirs neurasthéniques de milliardaires, de chefs d’État, de sportifs, de réseaux criminels de plus de 200 pays,

-Quarto, les « Panama papers » révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshores pour travestir leurs actifs.

- Quinto, le scandale « Panama papers » prouve qu’une bonne partie des sociétés offshores enregistrées par Mossack Fonseca ont pour seule activité que plutôt ouvrir un compte directement à leur nom dans une banque suisse ou luxembourgeoise, les clients passent par l’intermédiaire d’une société-écran, à laquelle ils rattachent leur compte en tout anonymat. De la même façon, au lieu d’acheter directement une maison ou un yacht en leur nom, les clients peuvent le faire avec leur société offshore pour dissimuler leur identité du fait que l’un des principaux avantages des sociétés offshores est leur opacité, qui permet de camoufler l’identité réelle des ayants droit des sociétés. 

-Sexto, dans les pays politiquement ou économiquement instables, les élites recourent souvent à des sociétés offshores rattachées à des comptes pour protéger leur patrimoine des expropriations, de l’hyperinflation ou des règlements de comptes en cas d’alternance politique – sans forcément vouloir frauder le fisc. C’est pourquoi, dans les « Panama papers », les fichiers internes de la firme panaméenne Mossack Fonseca, on retrouve énormément d’oligarques russes, de membres de l’élite politique du Parti communiste chinois, ainsi que plusieurs hauts dirigeants des cinq continents. Avouons le l’offshore est également un moyen efficace d’esquiver des sanctions économiques internationales.

-Ultimo, Panama Papers : 2015 pays sont concernés. On y trouve des blancs, des blacks, des jaunes, des européens, des arabes, des asiatiques, des africains, en bref le reste du Monde, et curieusement pas de noms du pays d’Uncle Sam car les noms des américains sont protégées par un mot de passe , des chrétiens, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des athées. Voltaire n’a-t-il pas dit "Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » et effectivement tout ce beau monde arrive à s’unir autour d’une seule religion, la religion MONNAIEthéiste avec pour seul Dieu, Mammon le dieu ARGENT…Et ne peuvent s’entendre sur les questions primordiales que sont : La Paix dans le monde, la lute contre la famine, le racisme etc. 

In fine, entre Paradis et Enfer : Les pauvres ne sont pas emmerdés par les paradis fiscaux, ils se contentent de l'enfer de ses impôts.









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