jeudi 31 mars 2016

PIB potentiel : Un outil heuristique aux décideurs publics pour un vrai potentiel de l’économie Marocaine


Comment supputer le sentier d'une économie? Comment estimer s’il croît trop vite ou trop lentement, s’il dispose de marges de croissance inutilisées ou si au contraire il est sur le point de rassasier ses capacités de production? S'il y a lieu de soutenir l'activité ou au contraire de la freiner? 
A priori, ces apostrophes peuvent surprendre. Ne dispose-t-on pas de mesures de la croissance économique, du chômage et de l'inflation? Ne peut-on considérer simplement qu'un niveau élevé de chômage dénote d'une sous-exploitation des ressources de l'économie, qui appelle une politique de relance? Et qu'à l'inverse, une inflation qui s'accélère est l'énonciation d'une surchauffe de l'économie, qui justifie une politique de stabilisation? 

La réponse réside dans le PIB potentiel : Au moment où le PIB réel mesure la croissance telle qu’elle est à travers la sommation des valeurs ajoutées, le PIB potentiel enseigne sur le niveau de croissance qu’une économie pourrait atteindre si toutes ses ressources productives étaient exploitées. 

Il résulte d'une modélisation de l'économie, étayée sur une estimation de l'évolution de la quantité de travail disponible, de l'évolution du capital disponible et des gains de productivité réalisés par les entreprises ("productivité globale des facteurs"), souvent assimilés au progrès technique. Si la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle, l'économie bénéficie d'une série de facteurs favorables au budget de l'Etat : création d'emplois, baisse du chômage, diminution des aides sociales et des indemnités chômage, augmentation des rentrées fiscales.

Quel est l’intérêt du PIB potentiel pour l’économie marocaine?

D’abord, la mesure du PIB potentiel est essentielle au pilotage des politiques économiques et plus singulièrement la politique budgétaire, puisque les programmes de consolidation budgétaire s’accoudent sur son estimation afin de prédéfinir une cible de déficit conjoncturel puis structurel. A titre illustratif, une baisse du PIB potentiel diminue le déficit conjoncturel (PIB potentiel – PIB observé ; ou « output gap ») et lamine ainsi le déficit structurel (déficit observé – déficit conjoncturel) rendant nécessaire une consolidation des finances publiques. De ce fait, le PIB potentiel détermine quand et à quel seuil le déficit public doit être corrigé.

En sus, c’est un indicateur qui permet aux pouvoirs public de mesurer le seuil maximum que la production Marocaine pourrait atteindre avec un meilleur suivi des fluctuations conjoncturelles et partant de conduire plus efficacement la politique économique à moyen et long terme. L'écart entre PIB réel et potentiel est donc un indicateur de la capacité inutilisée d'une économie. La distinction entre les deux aide aussi les décideurs politiques à choisir la politique à adopter : si le potentiel de croissance est faible il faut agir sur l'offre et non sur la demande. 

Il est inutile de comparer le taux de croissance d’un pays à fort potentiel, comme le Maroc, compte tenu, précisément- ce peut paraître paradoxal- de son gap économique, à des taux de croissance des pays développés dont les économies ont atteint leurs summums, en termes de facteurs de production et de technologies et leurs productions réelles ayant dépassé le niveau de leurs productions potentielles. A titre illustratif et pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les taux de croissance économique enregistrés dans les pays émergents qui sont de l’ordre de 5 à 7%, au moment où dans les pays de l’UE, les taux avoisinent zéro et la croissance se recroqueville. 

Notre pays pâtit d’une sous-exploitation de ses ressources, qui représentent autant de marges de croissance pour relancer son économie. A l’appui de notre assertion, imaginez si notre pays parvenait à normaliser le secteur de l’informel qui génère un PIB de 70% du PIB réel ; imaginez si les entreprises du secteur formel s’en tenaient à la transparence financière pour cesser de ne déclarer que 75% de leurs chiffres d’affaires effectifs ; imaginez si l’on mettait un terme à l’évasion fiscale ; imaginez si notre pays arrivait à mettre en valeur ses terres arables, qui ne sont exploitées qu’à concurrence de 20% ; imaginez …….et imaginez. Notre taux de croissance ne sera pas moins de 7 à 9% et c’est notre taux de PIB potentiel. Or, jusqu’ici le Maroc peine à faire des taux de 1,5 à 2% très loin de son potentiel, ce qui converge avec l’étude "Diagnostic de croissance du Maroc – Analyse des contraintes à une croissance large et inclusive" réalisée conjointement entre le Royaume du Maroc, la Banque Africaine de Développement (BAD) avec le Millenium Challenge Corporation (MCC) américain qui souligne que l’économie Marocaine affiche un taux de croissance qui demeure en deçà de son potentiel, nourrie surtout par la consommation (publique et privée), alors même que le Maroc peut se targuer d’afficher un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde.

Il sied donc mieux à nos décideurs publics Marocains de raisonner en termes de taux de croissance potentiel avec des points d’étapes annuels pour apprécier le comportement de notre économie pour, in fine, mieux régenter les politiques économiques.



mercredi 16 mars 2016

Quand les oignons deviennent nos oignons




L'oignon fait actuellement le buzz sur les réseaux sociaux en raison d'une augmentation spectaculaire de son prix. En effet, alors que le prix du kg se situait généralement entre 2,5 et 3 DH, il culmine actuellement aux alentours de 15 DH sur de nombreux marchés notamment dans les grandes villes. Il s’agit là d’une hausse de prix record que les consommateurs trouvent énigmatiques. Les intermédiaires sont montrés du doigt par certains, les considérant comme bouc émissaire de ce décuplement des prix. D’autres expliquent cette hausse du prix par l’inadéquation entre l’offre et la demande, due au retard des pluies. 

Selon les responsables du Ministère de l’Agriculture, la flambée du prix de l’oignon n’est pas due à la spéculation. A l’en croire, même quand il y en a, il est impossible que les prix connaissent une telle envolée, sachant que son prix ne dépasse pas les 3 DH. S’agit-il d’une rareté causée par l’exportation de l’oignon vers les marchés extérieurs, notamment Africains ? L’augmentation des prix n’est pas non plus due aux exportations : Leur poids dans la production globale n’excède pas 20% selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture. 

Ainsi les responsables du département d’Akhouch, il n’y a qu’une seule explication à la flambée du prix de l’oignon : les pluies tardives : Le retard des pluies entre le Mois de Novembre et de Janvier ont entraîné un retardement de la production. Et cela a eu de facto un impact négatif sur l’offre. En gros, la demande est restée stable, et en parallèle, l’offre a beaucoup baissé ce qui a engendré une augmentation des prix de l’oignon. 

En cette période de l’année, le marché est alimenté par les cultures sous pluie. Cependant, les récoltes ont été maigres cette année en raison du manque des précipitations enregistré en cette année agricole, et donc la demande a rapidement dépassé l’offre. 

En substance, la hausse des prix des oignons sur le marché est le résultat de la pluviométrie déficitaire qui a sapé les régions productrices de l’oignon en cette saison agricole 2015-2016. 

Cette hausse des prix devrait se poursuivre encore un moment. Les prochaines cultures d’arrosage, notamment celles de Béni Mellal, ne seront sur le marché qu’à partir de ce mois de mars. Il va donc falloir attendre pour voir les prix des oignons revenir à des niveaux normaux. Avec une telle hausse des prix, le dicton Marocain "ça ne vaut même un oignon " n’a plus aucun sens et l'oignon fait pleurer les ménages non par son allinase lacrymogènes mais par son prix. 

jeudi 10 mars 2016

Quand le Roi Mohamed VI met Bruxelles dans un grand moment de vérité et de clarification

L’histoire économique regorge de jeudis noirs tel le fameux Jeudi noir du 24 octobre 1929 qui marqua la grande crise en ébranlant le système capitaliste mondial. Aussi et à très moindre degré, le Jeudi 25 Février 2016 marqua un  tumulte entre le Maroc et l'Union Européenne où Rabat a suspendu tout contact avec les institutions européennes et en premier lieu avec la Commission et le Parlement européens. 

Avec cette décision, le Maroc condamne l'arrêt de la Cour de justice européenne annulant l'accord de l'agriculture et de la pêche qui liait l'UE au Maroc et fustige l'absence de transparence et de clarté de certains membres de l'UE dénonce encore aujourd’hui le caractère hautement politique et contraire au droit international.

De ma part, je repêche totalement la décision chevaleresque et intrépide du Roi Mohammed VI de suspendre tous les contacts avec les institutions européennes (Commission et Conseil). Le Royaume, comme rappelé par le Souverain Marocain, le 6 novembre dernier à Laayoune, ne saurait être capitulée sur son intégrité territoriale et sur la crédibilité de sa démarche au Sahara. En effet, le Maroc est légitime lorsqu'il récuse d'être un simple objet d'une procédure judiciaire. Il l'est d'autant plus lorsqu'il refuse d'être tangué et cahoté entre les différents services de la bureaucratie européenne. En 2016, plusieurs facteurs comme les crises économiques, financières et migratoires ajoutées à la coopération en matière de lutte anti-terroriste font que le rapport de force entre l'UE et le Maroc, s'est largement équilibré, voire même de plus en plus en faveur du Royaume. Par ailleurs, depuis quelques années, le Maroc a proliféré et a largement diversifié ses relations économiques et politiques de la sphère mondiale (Golfe, Afrique et BRIC notamment). Nous sommes aujourd'hui de moins en moins connexes de l'UE et de ses institutions, qui ont pourtant de plus en plus besoin du Maroc. Le Royaume fait donc preuve aujourd'hui de fermeté justifiée en appelant l'UE à prendre ses responsabilités.

L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique, c’est notre réplique à cette attitude européenne. A notre sens, la coopération avec le reste de l’Afrique est un levier efficient pour desserrer la contrainte de la dépendance du Maroc envers l’UE en matière de diversification des marchés. Le Forum international Afrique développement organisé par Attijariwafa Bank et Maroc Export les 25 et 26 février à Casablanca est une pièce à conviction qui montre les différentes facettes de coopération du Maroc avec l’Afrique. En effet, l’expérience réussie du Plan Maroc vert (PMV) peut être partagé avec les États africains. Sur ce registre, la coopération du Maroc avec le Mali pour développer sa filière bovine (don de semences, assistance technique, formation de cadres…) en est une.
En matière de politique industrielle et surtout avec les prouesses marocaines dans les secteurs automobile et aéronautique, le Maroc peut accompagner les pays Africains sur la chaine de valeur économique de l’assemblage de pièces détachées, construction de voitures et de moteurs, 

Je gage que l’attitude de Bruxelles n’est qu’un feu de paille : la décision tombe à un moment critique où le vieux continent, aux prises avec le démon du terrorisme international, veut pouvoir compter sur l’allié chérifien pour contrer la montée en puissance du mal.

Le moment de vérité a fini par donner raison au Maroc, car le Royaume Chérifienne est un pilier extrêmement crucial pour stabiliser la ceinture méditerranéenne, il est un axe économique important entre l’Afrique et l’Europe. D’ailleurs, la diplomatie européenne a reconnu certaines erreurs commises côté européen et rappelé que le Conseil de l’Europe s’opposait à la décision de la Cour de Justice Européenne d’annuler l’accord qui lie Bruxelles et rabat sur le plan agricole. Un désaveu qui a valeur de « mea culpa » qui souligne le manque de cohésion dans les décisions de l’Europe et la multiplicité des centres de décision







mardi 8 mars 2016

Le 8 Mars : Quelles Contraintes au business féminin au Maroc ?


Le 8 Mars, officialisée par les Nations Unies en 1977, Journée Internationale des Femmes. Il trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. 

La Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité pour une quête d’une parité Homme/Femme. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion pour nous d’écrire une missive qui met en exergue les obstacles qui piétinent la réussite de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. 

Placé en 13ème position au niveau du développement de l’entrepreneuriat féminin, le Maroc devance plusieurs pays émergents et s’impose comme pays dominant sur le plan du continent Africain. Or, malgré ce classement, l’entreprise féminine demeure chétive en témoigne la faiblesse du pourcentage d’entrepreneurs féminins au Maroc 5000 femmes entrepreneurs, soit 0,5% de l’emploi des femmes dans le secteur formel et environ 10% du nombre total des entreprises. Ces pourcentages occultent une dynamique entrepreneuriale féminine qui malheureusement reste cantonnée au secteur non structuré. Ces entreprises sont essentiellement des PME/PMI couvrant le secteur des services (37%), le commerce (31%) et l’industrie (21%) essentiellement le textile.

En filigrane de ce pourcentage infime se dessine plusieurs embûches freinant le développement et la promotion de la femme entrepreneure marocaine. Il s’agit :

- Primo, la carence du réseautage de soutien : Malgré l’existence au Maroc de plusieurs organismes de soutien et de promotion de l’entreprise féminine, on décèle que peu ou prou de femmes Marocaines adhèrent à ces groupements. Et pourtant, ces associations peuvent encourager et appuyer la création d’entreprises pour les femmes, les informer, les encadrer et les assister dans la gestion et la pérennisation de leurs entreprises, ainsi que de développer les compétences managerielles des femmes entrepreneurs en leur assurant des formations de Know-how et constituer, in fine, un réseau pesant à même de jouer un rôle de lobbying auprès des pouvoirs public et des instituions internationales à l’instar de la fameuse Association des Femmes Entrepreneures du Maroc (AFEM). Aussi, ces institutions s’avèrent un espace de rencontre, d’échange d’information, de formation et de solidarité visant l’amélioration du climat des affaires aux entreprises féminines Marocaines.

Cependant, la modique implication des femmes entrepreneures marocaines dans ce type de réseaux est due à leur méconnaissance de ces organismes et à leur manque de temps et d’intérêt.

Sur un autre registre, l’administration publique ainsi que les formalités nécessaires pour la création d’une nouvelle entreprise, constituent un autre écueil pour les femmes marocaines : La corruption, la lenteur des formalités administratives ainsi que les attitudes bureaucratiques sont toutes des pierres d'achoppement lourdes à supporter pour une jeune entrepreneure.

- Secundo, les pratiques socioculturelles s’avèrent, semble-t-il, des récifs ressentis par les femmes entrepreneures marocaines avec plus d’acuité à l’illustration de la discrimination sexiste ou l’harcèlement.

En sus, le manque de crédibilité et la réticence des différents partenaires (client, fournisseurs, etc.) sont aussi des barrières dont pâtissent les femmes marocaines au démarrage de leur projet. 

L’entourage familial semble également être un impédimenta culturel malgré que, légalement, la femme marocaine n’est plus astreinte à demander l’aval de son père ou/et à son mari, comme dans les cas de déplacements répétitifs à l’étranger ou en cas de rencontres avec des clients à des heures tardives. Ces pratiques sociales sont justifiées par les us et coutumes caractérisant la société Marocaine, qui imposent à la femme de s’incliner devant certaines règles de conduite au regard de sa famille et de la société Marocaine. Ardu et difficile dans une société macho et machiste tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc.

Si quelques dirigeantes de grandes entreprises apparaissent régulièrement dans la presse, où le caractère exceptionnel de leur présence est systématiquement souligné, si quelques actrices du milieu de la production culturelle ou artistique parviennent à se faire un nom, les milliers de femmes travaillant à leur compte, commerçantes, chefs de petites entreprises, associées de coopératives, vendeuses à la sauvette demeurent la variable inconnue du monde entrepreneurial marocain. Les contours de la figure féminine de l’entrepreneur au Maroc restent flous

- Tertio, le duel vie privée/vie professionnelle pose, à certains égards, des problèmes aux entrepreneures féminines : Les femmes issues d’un milieu pauvre ou très modeste déclarent qu’elles disposent de peu de moyens financiers pour engager une aide-ménagère qui s’occuperait à la fois des tâches ménagères ainsi que de leurs enfants. Toutefois, dans certains cas, ces femmes comptent sur leur entourage familial (parents et beaux parents) pour garder leurs enfants pendant qu’elles travaillent.

- Quarto, l’accès au Financement se révèle une cloison importante pour la femme entrepreneure marocaine pour obtenir des crédits bancaires. Ces contraintes peuvent se résumer en deux points : le coût exorbitant du crédit (taux de base, durée, etc.) imposé aux femmes entrepreneurs, ainsi que les garanties exigées. Elles fustigent que ces cautions exigées par les banques marocaines sont trop élevées et vitupérèrent que les banques ne prennent pas en considération d’autres critériums tels que l’expérience professionnelle, les diplômes et les compétences. Ainsi, dans la culture de la PME marocaine, l’essentiel du financement de l’entreprise féminine est constitué par l’autofinancement, l’épargne personnelle et l’aide familiale et que le recours au crédit bancaire reste très minuscule.

- Ultimo, le manque d’information sur les institutions publiques de soutien à la création d’entreprise demeure encore peu connu pour la femme entrepreneur marocaine à l’instar de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI ou les Centres Régionaux de l’Investissement CRI. Malheureusement, plusieurs femmes qui souhaitent entreprendre ignorent l’existence de ces structures. A cet égard, des campagnes d’information s’avèrent inéluctables pour faire rapprocher ces d’organismes des aux femmes entrepreneures marocaines. 

En dépit de ces obstacles, nous sommes optimiste quand au développement de l’entrepreneuriat féminin au Maroc, preuve en est des Success stories au féminin existe, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Nourries de leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines, de l’industrie aux services. Elles ont osé franchir le pas, créer leurs entreprises et les diriger avec succès. Les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?

La volonté des femmes et leur acharnement à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise d’épilogue, "Ce que femme veut DIEU le veut."







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