lundi 26 décembre 2016

L’éradication de l’idéologie de la haine : Un prélude incontournable contre le terrorisme


Lundi 19 Décembre 2016, après l’assassinat ignoble de l’ambassadeur Russe en Turquie, je suis entré sur mon compte facebook pour consulter l’actualité et subitement j’ai été sidéré par le comportement fanatique et téméraire de moult internautes originaires de plusieurs pays arabes, y compris le Maroc, saluant l’assassinat de l’ambassadeur Russe. N’est-ce pas l’apogée de la haine et du terrorisme ? 
Aussi, le problème du terrorisme revient sur le devant de la scène après l’immonde scène de Berlin avec le camion qui a percuté atrocement une innocente foule rassemblée près d'un marché de Noël. N’est-ce pas le pinacle de la subversion et du terrorisme?

D’emblée, nous pensons que la guerre contre le terrorisme est must, mais qu’elle reste miteuse. En sus, nous pensons qu’il existe une autre guerre, toute aussi violente qui est celle de l’éradication des idéologies de la haine. C’est un travail de bénédictin qui concerne toutes les sociétés de la planète. Inopportunément et malencontreusement, dans les pays occidentaux, ce sont les projets d’écluse et d’introversion, qui l’emportent. L’islam est peu ou prou anathématisé en tant que religion.

La laïcité est étalée comme une arme de guerre contre cette foi, alors qu’elle est censée la mithridatiser au même titre que les autres dogmes et credo. 

Ces impénitences musèlent les débats salvateurs qui sont relatifs à l’insertion des populations issues de l’immigration. Avouons-le, La ghettoïsation a distillé des effets pervers dont le plus préjudiciable est la radicalisation religieuse. Celle-ci n’est pas une quête spirituelle, mais une grotte identitaire contre le pays hôte, incriminé de tous les dommages collatéraux. Ce sont des jeunes qui sont nés, élevés en Europe qui commettent ces misanthropies. N’est-ce pas l’apothéose des échecs des politiques d’intégration ? 

L’aberration serait de mettre ces déconvenues sur le passif d’une religion ou d’une culture, ce que, malheureusement, plusieurs discours laissent entendre.

La mappemonde arabo-musulmane a un mandat pesant à jouer. Avant les armes et les fusils, il y a des idéologies à neutraliser, avant les fusils, il y a des cultes à désamorcer.

Nous devons reconnaître que l’éducation religieuse dans tous les pays musulmans n’est pas indemne de toute réprobation. Chez certains, elle saupoudre maladroitement ce qui relève de la foi, du divin et de l’humain. Ce nœud gordien doit être tranché si on veut ostraciser la Salafiya Jihadia et son obsession criminelle. 

Le combat contre le cataclysme du terrorisme doit être absolument global et international. La coopération existe mais elle n’est pas aussi optimisée que l’on voudrait ; la riposte sécuritaire ne suffit pas. Force est de constater que les guerres de la Syrie, d’Afghanistan, d’Irak et la création d’autres foyers de tension, ont plutôt exacerbé le phénomène jihadiste.

La Communauté internationale doit s’agglutiner à remettre la paix dans tous ces pays, les grandes puissances ont cette responsabilité à restaurer les Etats nationaux et d’exempter que d’autres Etats ne se contorsionnèrent. Mais, il appartient tout un chacun de nous d’apporter son écot par la lutte contre la haine, le racisme et l’incitation à la violence au quotidien.

Saluer l’assassinat de l’ambassadeur Russe est un indicateur qui montre incontestablement l’ocean qu’il nous reste à traverser en longueur et en largeur pour exorciser une pensée funéraire.

L’altruisme, la clémence, la magnanimité, la tolérance, le consentement sont les alexipharmaques dont dispose l’humanité. Manions-les. N’est-il pas le moment, en guise de conclusion, de décider d'opter pour l'amour, car la haine est un fardeau trop lourd à porter pour paraphraser Martin Luther King 





samedi 17 décembre 2016

Lutte contre la corruption pour un climat d’investissement juste et juteux


C’était le Vendredi écoulée du 9 Décembre 2016, la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption. Faut-il rappeler, en guise de prologue, que la corruption est un phénomène social, politique et économique très complexe, qui atterre toutes les Nations. Elle macère les institutions démocratiques, atrophie le développement économique et contribue à l'instabilité gouvernementale. La corruption s'attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l'État de droit et en distillant des appareils bureaucratiques dont l'unique fonction réside dans la sollicitation des dessous-de-table. 
Elle obstrue considérablement le développement économique en dissuadant les investissements directs à l'étranger et en plaçant les PME/PMI dans l'impossibilité de surmonter les "coûts initiaux" liés à la corruption. Quelle est la position du Maroc sur l’échiquier mondial en matière de lutte contre la corruption ? Et quelle trame se tisse entre les fibres d'investissement au Maroc et le phénomène de la corruption ? Quelle osmose y a-t-il entre le climat de l'investissement sur le territoire économique Marocain et sa rectitude juridique ? Duo idyllique et intime assurément. Tel est le dessein de cette chronique. 

D'emblée, la corruption demeure une grande flétrissure pour l’entourage des affaires au Maroc, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption (IPC) 2016- de Transparency International. En effet, dans le rapport de Peter Eigen, notre pays a, une fois de plus, obtenu une place timide, qui le méduse dans la 88éme sur un panel de 168 pays. Dans ce dernier palmarès de l’indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde, le Maroc, évalué sur les données de 11 institutions internationales comme la Banque mondiale, le Forum économique mondiale mais aussi sur l'avis d'experts, se trouve dans une position des plus déplaisantes, puisqu’elle obtient un score de 36/100. Par rapport à l’IPC 2014 et avec le même nombre de pays évalués, il a perdu 8 places au classement et 3 points au score. 

Incertain dans une telle atmosphère d’iniquité, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement plantureux et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers.

Au vu du classement timide du Maroc, la corruption demeure la grande gangrène de l’environnement des affaires au Maroc : Avec une telle souillure, la justice demeure lymphatique en matière de report d’audiences et de délais de procédures, incertaine sur le plan des conflits de juridiction, coriace pour obtenir l’exécution des décisions de justice, opaque par le manque de diffusion de la jurisprudence.

La corruption fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable entrave à l’ovation à l’investissement et autant la justice d’un pays est abrasée par la corruption, autant l’investissement est étiolé et autant le climat des affaires est rebutant. 

De ce fait, la corruption demeure un frein structurel majeur à la croissance en nuisant au fair-play, à la concurrence et à la méritocratie économique en faisant fondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté, car elle accouche les mêmes effets qu’une taxe cachée ou des frais généraux illégaux

Aussi, la corruption dissuade les investisseurs en ébranlant leur confiance ce qui procrée des pertes d’emplois et finit par verrouiller le pays dans la pauvreté et fait également écluse à la création de PME capables de "manufacturer" la richesse pour les pays.

Ce qui explique l’intérêt urgent que porte le Souverain Marocain à ce brûlant dossier et accule, à chaque fois, l'exécutif à entreprendre une profonde refonte de l’acte judiciaire à même de redonner crédit et assurance à la mécanique judicaire auprès du milieu du Business international au Maroc.

La fertilisation du domaine des affaires réside dans l’impartialité du système judicaire. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines lumières sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

La bataille contre la corruption est un travail de bénédictin, le combat contre la corruption est un travail de longue haleine et doit demeurer une riflette inéluctable que le Maroc doit triompher et targuer avec toute la véhémence et contre toutes les réluctances. La lutte contre la corruption doit être une véritable corrida pour donner le plein essor de l’économie marocaine et le plein sens aux règles de la diaphanéité, de la bonne gouvernance, et ce, en termes de meilleurs services, d’écoute et de proximité telle que préconisée par le Souverain Marocain, et qui constitue la matrice du projet sociétal, modèle bâti sur les principes de démocratie politique, d’efficacité économique, de meilleurs services au citoyen et d’un sens élevé de responsabilité à l’égard de la gestion de la chose publique.

La prévention de la corruption et la lutte contre ce phénomène exigent une approche globale qui n’est possible que dans un climat de transparence, de responsabilité et de participation de tous les acteurs de la Société : Le Gouvernement, le secteur privé, les médias, les organisations de la société civile et la population . 

L’historien français Jules Michelet n’a-t-il pas dit que "La justice doit être impartiale et bienveillante pour être tout à fait juste". Il nous semble que la mécanique judiciaire constitue le lubrifiant qui assure le bon fonctionnement de l’appareil productif et constitue un facteur déterminant pour la confiance des entrepreneurs, et de facto influence leur décision d’investissement. À défaut, si l’écrivain et politicien français, Marie-Joseph Chénier disait : "quand vous avez oublié la justice, ne vous étonne pas que le ciel vous punisse". J’irai plus loin, sur le plan économique, pour avancer "Quand vous avez oublié la justice, ne vous étonnez pas que le désinvestissement vous punisse".
C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, cursive, courte, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 



jeudi 8 décembre 2016

Compétitivité et le pari aléatoire sur la baisse des Coûts salariaux au Maroc


Je me rappelle lors d’un colloque international, à l'occasion des 56 ans de l’Association des membres de l’Inspection Générale des Finances IGF, sous le thème " Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents? ", la patronne de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines CGEM a déclaré par sa propre lexie « qu’aucun pays à travers l’histoire de l’industrie n’a bâti une économie pérenne sur des bas salaires ». Je réplique : Que diriez-vous des zones d'obédience confucianiste à savoir la Chine, la Corée du Sud et de toutes les tarasques asiatiques, qui ont profité de leur main d’œuvre qualifiée et bon marché pour en faire un avantage compétitif et concurrentiel dans la riflette à la compétitivité industrielle et commerciale ? Celle-ci ne porte-elle pas sur le prix de vente (compétitivité-prix) ? 

Certes, les pays du Sud-est asiatique se sont appuyés, sur la baisse des coûts salariaux dans leur stratégie d’exportation et d’attractivité des investisseurs étrangers. Néanmoins, une telle stratégie n’est ni viable ni soutenable sur le long terme, en l’occurrence pour le Maroc et ce pour les raisons suivantes : 

D’abord, parce que la compétitivité ne peut se calfeutrer au coût du travail. Celle basée sur le prix est aussi tributaire du coût du capital et des coûts de transactions liés aux intrications des cadres juridique et réglementaire. En sus, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effruiter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.

Aussi, même en l’absence de salaire minimum et en vertu de la loi de l’offre et la demande, le salaire horaire a tendance à augmenter. En effet, plus une économie se base sur la baisse du coût salarial, plus elle attire des investisseurs étrangers. Dans le même temps, la demande sur le marché du travail augmente et les salariés revendiquent une revalorisation du salaire. L’exemple de la Chine est éloquent à cet égard, puisqu’en moins de 10 ans (entre 2000 et 2009), le salaire horaire dans l’industrie chinoise a triplé ce qui explique pourquoi la Chine commença à délocaliser ses unités productives vers des pays où la main d’œuvre est moins chère, notamment au Vietnam, au Bangladesh, en Éthiopie ou encore en Égypte et actuellement vers le Maroc et l’Algérie pour en faire une porte d’entrée vers les marchés Africains.

De surcroît, compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers dans le dessein de relancer la croissance économique, revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux et attirent plus d’IDE que les pays moins développés à l’instar de l’économie Allemande, Irlandaise ou Suisse? Si cette course existe revient à nous interpeller qu’elle est viable uniquement pour des biens bas de gamme et confiner sa compétitivité à celle des bas salaires revient à se scléroser et se cantonner dans des activités à faible valeur ajoutée et à faible contenu technologique. 

En d’autres termes, avec l’ère de la globalisation marquée par l’économie du savoir, le bas salaire n’est plus un déterminant dans l’offensive de la compétitivité industrielle, étant donné que le coût du travail n’intervient pas dans des activités intensives en savoir et connaissances qui sont aujourd’hui déterminantes ; les firmes qui poursuivent des stratégies verticales de minimisation et pour lesquelles l’aplatissage des coûts est prioritaire sont de plus en plus rares et sont essentiellement dans les secteurs textile-confection, de la chaussure et des jouets. 

Par ailleurs, avec le progrès scientifique et technologique, les bas salaires ne peuvent plus s’imposer comme des déterminants pour la bataille de la conquête des marchés extérieurs : La fin des années quatre vingt a été caractérisée par une large diffusion des technologies et par une versatilité de la demande, les pays les plus avancés technologiquement sont tentés de relocaliser certaines activités, sinon d’arrêter les opérations de délocalisation vers les pays à faibles coûts salariaux. Le but est de faire revenir l’avantage comparatif dans les pays développés même dans les industries utilisant beaucoup de main d’œuvre. 

Faire valoir uniquement le bas salaire, ne peut que condamner l’économie Marocaine à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que sa croissance à long terme. À cet égard, la Chine, citée en modèle, et au regard à l’anhélation de sa croissance, tente de changer de modèle pour se diriger d’une économie bas de gamme étayée sur le bas salaire vers une économie de gamme moyenne tirée non seulement par les exportations ( Export Led Growth) mais aussi tirée par la demande intérieure et le jaillissement d’une classe moyenne. Dès lors, quand on s’inscrit dans une perspective de long terme, et quand on tient compte des différents aspects de la compétitivité (prix et qualité), les propos de la patronne des patrons de la CGEM sonnent fort juste. 

En plus, s’il est vrai que l’on peut obtenir des produits compétitifs grâce à des salaires bas, il est tout à fait possible de réduire le coût total sur un critérium essentiel qui est souvent passé sous silence, alors qu’il est déterminant, à savoir la productivité du travail , avec des travailleurs plus productifs, qui permettront non seulement d’avoir une production plus élevée, mais aussi de faire des économies dans l’utilisation des autres facteurs de production, grâce à leur efficacité et leur efficience économique. Ainsi, à terme, dans l’hypothèse d’une convergence économique (rapprochement des salaires dans tous les pays), ce qui fera le distinguo n’est plus le coût de travail mais bel et bien la productivité de travail. 

Or, si l’on observe la productivité du travail au Maroc, elle traîne loin derrière celle de ses principaux concurrents sur les marchés européens, tels que la Roumanie, la Turquie ou la Pologne, mais aussi très loin derrière les grands pays émergents Asiatiques, à savoir l’Inde et l’Indonésie. A l’appui de notre assertion, les estimations de la Banque Mondiale montrent que le rythme de progression de la productivité du travail dans les économies émergentes dépasse 4% alors qu’il ne se situe, dans le cas de l’économie Marocaine, qu’autour de 2,5% par an.

Somme toute, la productivité du travail ne dépend-telle pas de la qualité du capital humain et de la technologie et du management utilisé ? L’amélioration de la qualité du capital humain ne passe-t-elle pas par la refonte du système d’éducation et de la formation professionnelle. Sans une main d’œuvre qualifiée et efficace, le Maroc ne peut converger vers une économie productive à haute valeur ajoutée à l’instar de la Corée du sud ou le Taiwan.

Sans affermissement des procédés technologiques et de management utilisés, il est invraisemblable d’espérer un perfectionnement de la productivité au sein du tissu industriel Marocain. Celle-ci passe, par-dessus le marché, par la consolidation de l’ouverture de notre économie pour profiter des vertus de la concurrence et de transfert technologique. Faut-il rappeler, en guise de conclusion, que si les gains de productivité ont principalement bénéficié à un nombre de secteurs au Maroc tels que les télécommunications, les transports, les services financiers, c’est parce que des réformes considérables ont été introduites dans ces secteurs en les ouvrant à la privatisation et à la concurrence ce qui n’est pas le cas des secteurs comme l’agriculture, les BTP et l’industrie où les gains de productivité sont restés plus timides.

Somme toute, la compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance pérenne et inclusive. L’affûtage de la productivité du travail, permettra non seulement de raffermir notre compétitivité-prix, mais aussi et surtout de converger vers une compétitivité basée sur la qualité et l’innovation. Pour y arriver, la qualité du capital humain est incontournable. Il n’y a de richesses que d’hommes disait Jean Bodin in fine !





dimanche 4 décembre 2016

Apostrophes sur le triptyque " Entrepreneuriat, Innovation, Territoire" au Maroc


La dynamique régionale et territoriale que connait le Maroc actuellement s’inscrit dans une mouvance restructurante à plusieurs niveaux. En effet, d’une simple circonscription administrative d’espaces géographiques, la tendance se fait progressivement vers des entités économiques plus animées et vigoureuses. Le processus d’opérationnalisation de la régionalisation avancée actuellement en gestation apostrophe tous les acteurs économiques et politiques intéressés par la nouvelle donne territoriale du Royaume . Le pari est donc de niveler et aplanir les disparités socio-spatiales, mais aussi de préserver les singularités faisant l’empreinte, l’authenticité, ainsi que la véridicité de chaque territoire Marocain. 

Dans ce contexte, les territoires qui gagnent sont ceux qui exhortent, stimulent, soutiennent et fédèrent l’innovation, une gouvernance de qualité et des structures territoriales où l’entrepreneuriat apparaît alors comme un adjuvant permettant de riposter à la double contrainte du développement et de la durabilité. 

Le triptyque "Innovation, Entrepreneuriat, Territoire" se situe ainsi au cœur d’une multiplicité de logiques et à la croisée de plusieurs dynamiques industrielles reconnectant le local au régional et raccordant le national à l’ international.

L’apostrophe qui nous interpelle : Quel sens donner à chacun des concepts de ce triptyque ? Et quelle logique d’ensemble sous-tend ce dernier dans le contexte précis des politiques industrielles au Maroc ?

Au regard de la nouvelle dynamique d'investissement où l’essor économique n'est plus "l’ectoplasme" de l'efficacité statique ni de la rente, les prouesses économiques ne se bâtissent-t-elles pas sur l'innovation dans les processus industriels ? la prospérité ne se greffe-t-elle pas sur les procédés cognitifs et la matière grise ? N’est ce pas dans un environnement national particulièrement concurrentiel, dynamique et efficient que l'on rencontre des entreprises innovantes ? 

Cependant, ce ne sont pas les segments économiques esseulés qui connaissent le succès, mais des grappes industrielles au sein desquelles circulent les informations, les savoir- faire et les technologies pour paraphraser Michael Porter. Or, isolées ou en grappes, les entreprises qui gagnent ne sont pas toutes détenues et/ou gérées exclusivement par des hommes. Un grand nombre de "firmes - bijoux ou intelligentes" sont assises sur les capacités de femmes compétentes, formées, informées et mues par la réussite de leurs projets et de leurs carrières.

L’intérêt assigné de plus en plus à l’entrepreneuriat féminin ne traduit-il pas la reconnaissance des femmes à innover ? D'ailleurs l'entrepreneur "Schumpetérien "capable de muer une idée ou une invention en une innovation" n’est-il pas sous-tendu sur un même pied d’égalité entre femme et homme ?

L'essentiel n’est-il pas la maestria d'attaquer, d'innover et d’épandre la perturbation pour geler l'action des concurrents pour reprendre Jean Claude Tarondeau ?

Dans ce contexte, l’innovation qui est souvent considérée comme la mise en œuvre d'un produit ou d'un procédé (nouveau ou sensiblement amélioré) ou d'une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l'entreprise, celle du lieu du travail ou les relations extérieures ont besoin d’écosystèmes propices aux regards innovants des acteurs et permettant une maîtrise des métiers, une bonne connaissance des marchés avec extraversion économique sur le social et le sociétal. 

Alliée et reliée alors au territoire , l’innovation ne désigne-t-elle pas l’intégration de nouveaux usages dans un modèle territorialisé de développement d’un groupe, d’une communauté ou d’une société ? Cette intégration ne nourrit-elle pas les mécanismes de régulation et de vivre ensemble pour paraphraser Sylvain FONTAN.

Mais, pour qu’elle soit atteinte et, surtout féconde et pérenne, une telle innovation n’exige-t-elle pas une bonne gouvernance ? Inscrite dans le sillage du nécessaire droit de regard sur les organismes par ceux qui les ont missionnés, la gouvernance territoriale n’est-elle pas un processus dynamique de synergie entre des acteurs publics et privés aux identités multiples et aux ressources asymétriques autour d’enjeux territorialisés visant le building collectif d’objectifs et d’actions en mettant en œuvre des dispositifs multiples qui sommeillent sur des apprentissages collectifs et des innovations institutionnelles et organisationnelles au sein des territoires pour commenter Champrigaud ?

En effet, un territoire innovant , bien gouverné, compétitif et attractif doit être en mesure d’intégrer, de manière fluide et synchrone, trois dimensions : une dimension identitaire, caractérisée par la sémiotique de sa désignation, ses limites, son histoire et son patrimoine, et par la manière dont les groupes sociaux qui l’habitent, se le représentent, se l’approprient et le font exister au regard des autres avec deux grandes dimensions incontournables :

-Primo, une dimension matérielle faisant dudit territoire un espace doté de propriétés naturelles ou matérielles qui sont caractérisées par leurs structures et leurs dynamiques temporelles et spatiales ;

- Secundo, une dimension organisationnelle comme entité dotée d’une organisation d’acteurs sociaux et institutionnels aux identités différentes mais à mission transversale ; dont l’objectif est la quête d’une homogénéité d’ensemble pour un développement réfléchi et mature du territoire en question. 

Sous cet angle, la compétitivité n’est plus le seul apanage des entreprises et des nations, mais interpelle de plus en plus toutes les entités territoriales infra-étatiques dont surtout les régions et les grandes métropoles. On n’aborde plus un marché de façon globale et indifférenciée mais grâce à des implantations région par région et localité par localité et territoire par territoire où L’Etat devrait se charger essentiellement des projets structurants comme ceux qui ont préludé sous le règne du Souverain Marocain Mohammed VI alors que les régions devraient s’attaquer aux projets régionaux en s’appuyant sur les différentes orientations de la politique industrielle de l'exécutif du Royaume.

In fine, l’entrepreneuriat intervient comme support, source et cible de l’innovation distillant à son tour la manumission des territoires. Chaque territoire est actuellement contraint de mettre en place une stratégie d’innovation lui permettant de mettre en valeur ses potentiels matériel, humain et patrimonial. 

À l’image des entreprises abstraction faite de leurs spécificités, les territoires peuvent concevoir et développer des systèmes d’innovation à leur échelle en s’appuyant sur les dynamiques endogènes mais aussi en connexité avec les réseaux similaires dans une logique partenariale tout en valorisant le capital immatériel.

Sous cette optique, l’innovation n’est-elle pas donc l’apanage des seules zones d’effervescence telles que «Casa Technoparc» ou « Rabat technopolis » espérant s’inscrire dans l’ambiance de Bangalore en Inde ou de la fameuse Silicone valley en France ? 

« Innover en entreprenant » et « Entreprendre en innovant » ne sont-elles pas deux dynamiques dialectiquement interconnectées et porteuses de développement territorial durable avec la condition sine qua non que l’institutionnel cadre toute la Chaîne de valeur industrielle dans sa globalité ? 

Tous les territoires peuvent être innovants mais une apostrophe de taille se pose surtout dans le contexte de l’économie Marocaine : Comment orchestrer et instrumenter innovation, entrepreneuriat et territoire pour que ce dernier cesse d’être un simple espace et support d’affectation et/ou de localisation des ressources et devenir un milieu émettant lui -même des ressources génériques et non transférables ? 

Manu Dibango n’a-t-il pas chanté “On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler.”, c’est idem pour Entreprenuariat, Innovation, Territoire.

dimanche 27 novembre 2016

Francophonie entre partage du gâteau de la Croissance et changement climatique


Après Dakar en Novembre 2014, c’est la capitale Antananarivo à Madagascar, qui a hébergé le fameux sommet de la francophonie dans sa 16ème édition sous le signe de "La croissance partagée et développement responsable : Les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone". Le choix d’Antananarivo pour l’organisation de ce sommet n’est pas fortuit, cette cooptation est une consécration pour l’île qui compte 24 millions d’habitants, soit le quatrième pays au monde le plus peuplé ayant le français comme langue officielle après la République démocratique du Congo, la France et le Canada. 

Cette kermesse économique était un grand moment de vérité pour hisser le message de la Francophonie au monde et pour apporter des solutions aux principaux défis du 21ème siècle qui sont la lutte contre les inégalités et la défense de l’environnement. En effet, Le thème du XVIème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie renvoie à deux problèmes que connaît l’espace francophone : 

- Des disharmonies dans le partage des fruits de la croissance au niveau national et international. 

- Une nécessité impérieuse de revoir notre modèle de développement au regard de l’enjeu climatique. 

Ces deux paris, s’ils sont différents, sont néanmoins intimement liés et doivent donc se voir apporter une réponse commune, afin que croissance et développement deviennent à la fois plus égalitaires et plus responsables vis-à-vis de la planète.

Aussi, Antananarivo a été un grand moment de débats sur les conditions et les moyens d’éradiquer la pauvreté et la faim dans la ceinture Francophone tout en maîtrisant le changement climatique. D’ailleurs, Madagascar qui pâtit de sécheresse, illustre ce besoin. A ce titre, les projets peuvent concerner l’énergie renouvelable, la gestion de l’eau, l’irrigation. Dans ces domaines, la démarche est de faire participer une grande partie de la population : Il s’agit d’améliorer l’accès des femmes à la formation et le marché du travail et d’inclure également les jeunes à même de promouvoir une économie solidaire et responsable.

Le sommet d’Antananarivo a porté un warning à la communauté francophone et le monde sur les impératifs économiques et politiques qui doivent concilier équité sociale et rentabilité économique, préservation de l’environnement et création de richesses. Une croissance économique inclusive, partagée et responsable est la seule qui permettra de distiller un monde plus juste, de secréter suffisamment d’emplois pour la jeunesse et de promouvoir un développement soutenable sous toutes les latitudes. Faut-il souligner qu’une croissance mondiale forte ne signifie pas nécessairement une diminution des inégalités entre pays du Sud et pays du Nord ; si la croissance apparaît comme une condition nécessaire à la rétrogression des inégalités, elle reste néanmoins insuffisante pour y parvenir. La redistribution des fruits de la croissance n’est jamais, ipso facto, égalitaire : le reflux des inégalités ne se produit réellement que s’il constitue un objectif social et politique durable. 

Selon une étude récente publiée par l’OCDE, l’accroissement des inégalités peut avoir un impact négatif sur la croissance. L’excavation généralisée des inégalités de revenu depuis plusieurs décennies a conduit des chercheurs à s’inquiéter de leurs ricochets potentiels sur nos économies. Ces récentes recherches de l’OCDE révèlent que toute amplification de ces inégalités fait chuter la croissance économique. L’une des raisons en est que les plus déshérités se trouvent moins à même d’investir pour s’instruire. Il apparaît donc que la réduction des inégalités, en plus de rendre nos sociétés plus justes, permet de rendre nos économies plus stables et plus fortes.

En sus, le 16ème Sommet de la Francophonie a porté une attention particulière sur le défi énergétique, notamment en Afrique où 621 millions d’habitants n’ont pas accès à l’eau et l’électricité. 

Nous pensons que les problèmes migratoires demeurent des sujets qui hantent les pays francophones, c’est pour cela que la déclaration d’Antananarivo a assigné un rôle important au ce sujet brûlant : L’enracinement démocratique, l’éducation pour tous et le dialogue entre les cultures doivent partie des répliques les plus efficaces pour instaurer un monde plus apaisé et moins dangereux pour l’agenda 2030 de l’Organisation Internationale de la Francophonie et faire face à l’épée de Damoclès de la crise migratoire dans l’espace francophone.

Le 16ème sommet d’Antananarivo, en guise d’épilogue, sera-t-il le point de départ d’un espace francophone économique exempt de droit de taxes dans les relations économiques internationales à l’instar du Marché commun de l`Afrique orientale et australe (COMESA)? Les résolutions ne devraient plus se limiter à la politique mais franchir courageusement l’aspect économique. Une résolution dans ce sens ne constituerait-il pas un grand pas en avant dans la modernisation des relations et le partage de croissance entre les pays membres de la Francophonie ?

mercredi 23 novembre 2016

Commerce International : Le grand crépuscule

L’aura économique mondiale est à la taciturnité pour les responsables politiques, institutions internationales, dirigeants économiques, qui s’intéressent à l’évolution de Relations Commerciales Internationales. Il faut dire que les impulsions de la mélancolie économique internationale ne manquent pas. Il y a d’abord la croissance mondiale qui a du mal à retrouver sa véhémence et son ardeur économique d’avant la grande déconfiture économique, financière et sociale de 2008-2009. 

Les fiscal stimulus lancés par de nombreux pays, ainsi que les politiques monétaires latitudinaires, n’ont pas réussi à redonner à l’économie mondiale une dynamisation de croissance plus marquée. Du coup, et en dépit des appels à une plus grande synergie des efforts entre les pays de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique OCDE, la dynamique économique globale est restée désespérément "médiocre" pour paraphraser Christine Lagarde, Directrice générale de l’instance de Washington, le FMI en l’occurrence.

La vulnérabilité de la croissance économique globale n’est pas le seul mobile des inquiétudes pour l’économie mondiale ; le commerce international est une des préoccupations actuelles. En effet, moult rapports ont décelé que le tempo de la croissance du commerce international a connu une sénescence depuis la seconde moitié de la décennie passée. 

Un Commerce mondial en crépuscule, puisque, selon l’OMC, la croissance du commerce mondial stagne à 2,8% et l’OCDE revoit depuis 6 ans ses prévisions à la baisse. Pour certains économistes, inutile de s’attendre à une véritable reprise du commerce mondial : la stagnation serait un fait durable auquel il faut adapter notre modèle économique. Une perte de vitesse qui bat en brèche les théories néoclassiques et leurs littératures à assurer une plus grande convergence économique entre les pays pauvres et les pays développés.
Plusieurs pièces à conviction sont avancées sous forme d’indicateurs pour mettre l’accent sur cet emportement. Parmi eux, il y a la comparaison entre les taux de croissance du PIB global et celui du Commerce International qui, jusqu’à récemment, était jalonnée par une forte progression des échanges internationaux comparativement à la production. Cette disproportion est considérée pour beaucoup comme un important baromètre de la mondialisation et de la forte division internationale de la production de la chaîne des valeurs au niveau international qui sont au cœur de certaines spécialisations internationales entre différents pays selon leurs avantages comparatifs. Les dernières années n’ont pas échappé à ce penchant avec, selon les estimations du FMI, des prévisions de la croissance mondiale de 3,1% alors que celles du commerce mondial ne seront que de 2,7% pour l’année 2016.

Cette inflexion du commerce international n’est pas récente et remonte au début du siècle. Elle a été, par ailleurs, avivée par la grande crise des années 2008-09. 

Ainsi, l’examen de l’histoire récente du commerce international nous permet de déceler clairement deux grandes phases : La première qui s’étend du début des années 1980 jusqu’au début du siècle, a connu une importante euphorie des échanges internationaux représentant en quelque sorte l’âge d'airain du Commerce International. La croissance du commerce est alors plus intéressante que celle de la production et a fait des échanges commerciaux un important paramètre de globalisation de l’économie et de convergence globale.
Plusieurs facteurs ont joué un rôle prééminent dans cette commotion du Commerce International : 

- Primo, la brise de réformes et d’ouvertures des économies nationales entamé au début des années quatre-vingts avec l’ouragan de la libéralisation et le triomphe des courants d'obédience libérale après la crise des courants keynésiens où coexistait le chômage et l’inflation ce qu’on appelle communément la stagflation, 

- Secundo, le grand rush de la division international du travail et la parcellisation des tâches des différents secteurs et des chaînes de valeurs au niveau international qui ont horripilé les flux du commerce international et les échanges entre les différents centres de production, 

- Tertio, la détente du prix du transport, de la logistique international et sa modernisation ont contribué à la forte croissance des échanges mondiaux, 
Cependant, cette phase sera suivie d’une nouvelle ère, au début du siècle, ponctuée par une convexité de cet infléchissement. En sus des facteurs structurels, des facteurs conjoncturels sont au cœur de cette vicissitude. Parmi ces facteurs, on peut souligner :

- L’impact de la grande dépression économique et financière des années 2008-09 qui a été à l’origine d’une grande récession assortie d’une forte incertitude rendant les promoteurs économiques plus réticents à investir et défavorisant le commerce international, 

- la fragilisation, la déstabilisation et la banqueroute des banques au moment de la crise qui a suffoqué le financement du Commerce International, 

- L’émergence de mesures de rétorsion et de certains comportements protectionnistes au moment de la crise ont contribué à laminer les échanges commerciaux. 

D’autres facteurs structurels sont aussi associés aux facteurs conjoncturels évoqués ci-haut comme le repli et le reflux des secteurs industriels et la montée des activités servicielles.
En sus, la grisaille du commerce mondial est exacerbée par la crise des négociations multilatérales avec le Doha Round qui est devenu un mort-né et qui ne fait qu’électriser et aiguillonner les négociations bilatérales et la loi du plus fort.
L’entretoise du commerce international est notoire et manifeste d’une crise plus molaire et qui concerne la capacité de la communauté internationale à étamper un nouveau contrat global de relations économiques internationales. 

En dépit des engagements des uns et des promesses autres, force est de constater que notre monde peine à fonder un nouveau modèle de développement soutenable et un contrat social inclusif. Des déboires qui débroussaillent et fertilisent le désespoir, la violence et peuvent acheminer le monde à la putride. 

Le commerce international soutient que la prospérité a rarement, voire jamais, été atteinte ou maintenue sans le concours des Etats et les institutions internationales. Néanmoins, à lui seul, il ne constitue pas une condition suffisante à l’obtention de cette prospérité. Des politiques orientées vers l’emploi, l’éducation, la santé et d’autres domaines encore sont nécessaires pour favoriser le bien-être et s’attaquer aux défis d’une économie mondialisée.





lundi 14 novembre 2016

Le Silence des Agneaux et les raisons d’un voyeurisme électoral au Maroc


Le Silence des Agneaux, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte du fameux psychiatre Hannibal lecter ; le titre semble riper la fantaisie des passionnés du cinéma vers la trilogie légende (The Silence of the Lambs) de Jonathan Demme incarné magistralement par le trio Anthony Hopkins, célèbre psychopathe cannibale emprisonné à vie dans un hôpital psychiatrique, Clarice Starling, la jeune stagiaire du FBI Jodie Foster et Jack Crawford : Haut placé au FBI Scott Glenn. Il n’en est rien : Il s’agit du grand silence radio d’un Maroc taiseux, silencieux, indifférent, qui ne vote pas, qui déserte la politique. Ce Maroc est incarné par l’écrasant taux d’abstention, officiellement de 57% compte tenu des 6.75 millions de votants pour 15.7 millions d’inscrits sur les listes électorales. Ce sont les deuxièmes élections législatives depuis le Printemps Arabe et l’adoption de la nouvelle constitution du 1er Juillet 2011 qui ont été piquetées par une grande reconfiguration du champ politique marocain à cause du mouvement de protestation du 20 février, du Printemps Arabe et de la situation actuelle socio-économique du Maroc.

En réalité, ce taux frôle les 70% si on prend compte les 24 millions de Marocains en âge de voter selon le recensement 2014 du HCP ; un taux éloquent qui montre de façon saisissante le divorce des Marocains envers les urnes. Ce recul de la participation électorale est amplement commenté, mais rarement discuter quant à ses causes structurelles.

A note sens, les racines de ce reflux et repli réside et se résume dans les mobiles suivants :

♦ Primo, le désenchantement vis-à-vis de la politique, lié à l'alternance de la gauche à partir de la fin des années 90, en fait partie. En effet, avant le Premier Gouvernement de l'alternance du 16 mars 1998, les électeurs, ayant voté en faveur des candidats de la gauche, entretenaient un grand espoir de changement de leurs conditions de vie. L'alternance politique n'ayant pas engendré de véritables améliorations, la méfiance et le scepticisme à l’égard de la politique, déjà caractéristique des catégories populaires, s’est largement accrue occasionnant une grande suspicion à l’égard des urnes au Maroc,

♦ Secundo, la défiance des Marocains envers les hommes politiques n’a pas cessé de proliférer : Le foisonnement des scandales politiques et des cohabitations ont renforcé le sentiment de l’agnosticisme au regard de la politique ; "Que gauche ou droite, ça ne changera rien et que si ça change, ce sera encore pire" martèle le votant Marocain. Ainsi, la réduction des espérances dans le changement a eu raison du sens civique d’une grande partie des Marocains,

♦ Tertio, le désinvestissement militant ou le déclin du militantisme explique également le reflux et la rétrogression à la complicité politique : Les jeunes deviennent moins participationnistes à l’urne électorale ; ils se désinvestissement de la politique et se consacrent à leurs études, à leur installation professionnelle ou à la construction d’une vie conjugale décente. D’antan, ce moindre intérêt pour la politique a été contrebalancé par un véritable encadrement militant : Au sein de l’administration, à l’usine mais aussi dans les quartiers, des collègues et voisins politiquement engagés étaient des figures appréciées du quotidien et jouaient un rôle important dans l'animation des sphères publiques nationales, régionales et locales : Ils organisaient les fêtes de quartier, présidaient les clubs de foot, les associations de parents d'élèves, les amicales des locataires…. etc. Ils alimentaient un sentiment d’appartenance, contribuaient à politiser à minima les populations. Les jours de scrutins, leur seule présence représentait une exhortation à voter pour les moins prédisposés à le faire.

♦ Quarto, les désillusions conjoncturelles où certaines désabusements ponctuels ont aussi contribué à alimenter l'abstention ; ils sont relatifs à la déception liée au précédent scrutin de 2012 : Avec la nouvelle mouture de la constitution de 2011, les Marocains, ayant massivement voté en faveur du Parti de la Justice et le Développement PJD, cultivaient un grand optimisme de changement de leur niveau de vie. Autant en emporte le vent, après 5 ans dans l’exécutif, le changement promis n'ayant pas été au rendez-vous, la sinistrose et le pessimisme par rapport à la politique, s’est profusément enflammé causant un grand ombrage au regard de la politique,

♦ Quinto, les difficultés économiques et sociales ont joué dans le reflux à l’alliance électorale. En effet, ces dernières décades sont marquées par de profondes crises économiques qui ont impacté la dynamique sociale de tissu économique et qui s’est matérialisée par de fortes amplitudes de chômage qui se stabilisent depuis à un niveau très élevé atteignant en juin 2016 plus de 38,8 % chez les jeunes en milieu urbain selon les dernières statistiques livrées par la banque mondiale dans son rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord MENA (octobre 2016) sous le titre "Prévenir l’extrémisme violent par l’inclusion économique et sociale". De ce fait, une partie de la population, souvent la plus diplômée, a le sentiment que son vote n’est qu’un coup d'épée dans l'eau ; qu’il n’aura pas d’effet sur sa situation sociale et que l'offre politique ne répond pas à ses besoins,

♦Sexto, les médias qu’elle soit presse écrite ou audiovisuelle, et en particulier leurs informations politiques ont aussi leur part de responsabilité dans la répudiation de la politique : La diffusion à outrance d'une forme tronquée et estropiée du discours politique joue ; la mise en avant des petites phrases et des querelles de personnes vérifie un poncif à la politique. Aussi, la mise en scène des affaires, l'accent porté sur les sondages, l'obsession de la course pour tenir le gouvernail de l'exécutif contribue, somme toute, à dégrader la politique et à une prise de distance vis-à-vis des urnes.

♦Septimo, le flegme et l’indifférence croissante pour le vote peut s'interpréter par d'autres facteurs : Depuis les années 1980, les programmes des principaux partis se sont rapprochés ce qu’on nomme la "Convergence du discours politique". Quelque soit la couleur politique, le taux de croissance économique, le taux de chômage, la qualité des services sociaux, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, ainsi que d’autres donnes économiques comme le taux d’investissement, le domaine rural à travers les promesses de son désenclavement, la lutte contre la précarité et le rétablissement de la justice sociale sont les mêmes principaux slogans des partis politiques lors de leur compagne électorale : A titre illustratif, lors de la compagne électorale du dernier scrutin du 7 Octobre 2016, le Parti authenticité et modernité PAM s'est notamment fixé comme cible économique de ramener le taux de la dette publique de 81% du PIB à moins de 60%, ou encore de doubler le budget de la culture qui représente actuellement 3% du budget de l'Etat. 

Le Rassemblement National des Indépendants RNI, qui comptait dans ses rangs le ministère de l'Economie et des finances, ainsi que celui de l'Industrie, du commerce et de l'économie numérique, a misé gros sur l'emploi ; le parti voulait mettre en place un nouveau modèle pour l’intégration et la création d’emploi, et propose l'élaboration d'une charte sociale dans les domaines de l'emploi, ainsi que de réduire le taux de chômage à 8%. 

Le même taux a d'ailleurs été avancé par l'Union socialiste des forces populaires USFP. Ce dernier va encore plus loin et promettait de créer 150.000 emplois chaque année, soit 750.000 emplois sur 5 ans, en plus d'augmenter la valeur des exportations agricoles de 11 milliards de dirhams à 50 milliards de dirhams. Ambitieux. Plus à droite de la scène politique, l'Istiqlal (PI) a assuré, lors de la présentation de son programme, pouvoir faire passer l’investissement public de 29.6 % du PIB actuellement à 36%. Quel que soit le jugement de valeur qu’on y porte (réalisme pour les uns, renoncement pour les autres), l’importance de la "convergence du discours politique" est très évidente, ce qui a réduit l’enjeu du vote. 

En somme, quels que soient les facteurs de l’abstention évoqués ci-haut, les citoyens utilisent de plus en plus d’autres formes de mobilisation : Pétitions, manifestations. “Le silence n’est-il pas le dernier refuge de la liberté” selon les dires de Michel Campiche ?

Face à ce voyeurisme politique, vu que plus de la moitié des électeurs disent ne pas s’intéresser à la politique, le grand mystère n’est pas de savoir pourquoi les gens s’abstiennent, mais pourquoi ils vont voter! Philippe Bouvard disait que " La panacée civique contre l'abstention ne consiste sans doute pas à rendre le vote obligatoire puisque la mesure aboutirait à demander leur avis aux gens qui n'en ont pas"

mercredi 9 novembre 2016

Le Tissu économique et social marocain entre phallocratie économique et machisme politique


L'analyse des inégalités au travail entre femmes et hommes, ou ce qu’on appelle communément "Genre», est devenue incontournable pour comprendre les évolutions du développement des pays émergents.

Au Maroc, depuis la fin des années 1990, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé moult chantiers de réformes visant l’ancrage des principes de l’égalité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l'égalité et de l'équité et à en faire une réalité pratique et efficace.

L’égalité et l’équité des sexes, ainsi que la représentation équitable des femmes au niveau des emplois supérieurs et des postes de responsabilités, revêt une dimension transversale et répond aux objectifs nobles en vue de réduire les disparités entre les hommes et les femmes. La constitution de 2011 est un tournant décisif pour le cloutage des droits des Femmes et l'égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d'institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale.

Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? 

Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2016 de son rapport sur la parité hommes-femmes. Faut-il rappeler que l’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. 

D’emblée, on peut alléguer que le Maroc accuse des résultats très médiocres en se situant dans les derniers rangs. En effet, à l’appui de notre assertion, sur un panel de 144 pays étudiés, le Royaume se situe à la 137éme place, soit 0,597 points. Il se loge entre la Côte d’Ivoire qui se positionne à la 136éme place et le Mali au 138éme rang.

A l’égard de l’indicateur " participation à la vie économique et opportunités", le Maroc accuse de timides résultats en se situant à la 139éme position ce qui nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.

Sur le volet " représentativité politique", le royaume lui échoit la note de 0,110 en se positionnant à la 98éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement désigné de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espère ainsi que le Gouvernement Benkirane III qui sera désigné dans les jours prochains de faire mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième.

Sur le plan international, l’Islande se démarque en se positionnant en tête du classement avec un score de 0,874, suivi de la Finlande (0,845), de la Norvège (0,842) et de la Suède (0,815), le Rwanda, pays du continent Africain se hisse à la 10éme place avec note de 0,800.

Sur le plan maghrébin, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie se trouvent respectivement dans les 120éme, 126éme, 129éme rang.

Sur le plan des pays arabes, la République islamique d’Iran demeure parmi les pays les plus phallocentriques en se situe dans les derniers rangs (139éme position), suivie en queue du classement par le Tchad (0,587), l’Arabie saoudite (0,583), la Syrie (0,567), le Pakistan (0,556) et le Yémen (0,516).

Par ailleurs, en empruntant le rapport publié par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), le Maroc semble avoir du mal à convaincre l’Organisation Onusienne en faveur de l’égalité des Genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique : Le rapport d’Antonio Guterres classe le Royaume à la 126ème place au niveau mondial, 11ème dans le continent noir et 4ème au Maghreb en succédant à l’Algérie, à la Libye et à la Tunisie Ce qui montre les efforts que doit fournir le Maroc pour le développement Genre, la promotion de la place de la femme, l’autonomisation des femmes au travail, en matière de participation politique et de leadership économique.

Epineux, dans une société machiste et macho de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive.

Toutefois, en dépit de ces obstacles, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?

L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, "Ce que femme veut DIEU le veut."

mardi 1 novembre 2016

Business international au Maroc 2016 : amélioration, mais l’essentiel reste à faire


C’était la semaine dernière, plus exactement Mardi 25 Octobre 2016, la publication officielle du fameux hit-parade du Benchmarking du Business international de la Banque Mondiale Doing Business 2017 sous le titre "Egalité des Chances pour Tous". Faut-il signaler, en préambule, que le rapport “Doing Business” est un document consulté par la communauté du Business international et des affaires où son décodage permet, aux promoteurs économiques, au Maroc, de gagner en visibilité au niveau international et par ricochet en attractivité. 

Sur un échantillon de 190 économies, le Maroc enregistre, cette année, une légère amélioration grimpant à la 68éme position, soit 7 places par rapport à la précédente édition et de 8 places de mieux qu’en 2012. 

L’étalonnage porte sur 11 étapes du cycle de vie d’une entreprise : La création d’entreprise, l’obtention de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité et enfin l’embauche de travailleurs. 

A la lecture du rapport de la Banque mondiale et la Société Financière Internationale (SFI) en matière de business, l’amélioration de l’environnement des affaires économiques au Maroc est imputable au domaine des impôts. En effet, le Maroc est passé de la 41éme position à la 38éme, enregistrant un rebond de 3 places. Une bravoure qui s’explique par la réduction du nombre d’impôts à payer par les entrepreneurs, passant à 6, soit 211 heures par année. 

En simplifiant les paperasseries administratives, ainsi que le délai d’attente pour les promoteurs économiques, le Maroc s’est vu attribué la 40éme place ; une amélioration substantielle par rapport à l’année 2012 où il se plaçait à la 93éme position. 

Dans son investigation, l’instance de Washington note aussi que le Maroc a facilité le transfert de propriété des entreprises et des sociétés en amenuisant le temps d'enregistrement de l'acte de transfert de propriété passant , de facto, de la 82éme place à la 87éme rang. 

La protection des investisseurs s’est nettement améliorée se hissant de la 118éme rang en 2013 à la 87éme rang en 2016, soit 31 points. Il faut souligner que cet indicateur demeure un déterminant crucial aux yeux des acteurs économiques du milieu des affaires en raison de son caractère sécurisant lié à la protection du capital de l’investisseur national et étranger. 

Il semble que ces améliorations sont attribuables à la mise en place en 2010 du comité national de l’environnement des affaires (CNEA), comité placé sous les auspices du Ministère des Affaires Générales et de la Gouvernance du Maroc et la commission régionale Doing business de Casablanca qui triment de concert dans le dessein d’améliorer en perpétuel l’attractivité du Maroc. 

Ce " box-office" du Business international 2017 a permis au Maroc de s'adjuger le haut du podium en Afrique du Nord, la 3éme place à l'échelle du continent et la 4éme dans la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) 

Cependant, toute médaille à son revers: Nonobstant les côtés positifs dont témoigne le climat de l’investissement en 2016, il demeure des failles à combler en matière d’attraction de l’investissement et des affaires internationales. En effet, l’épluchement du document de la SFI dénote que certains critères d’évaluation ont même régressé depuis le rapport précédent : le Maroc s’en sort, moins bien dans des domaines, tels l’octroi des prêts où le Royaume accuse un recul de trois places et se verrouille à la 101éme position, ainsi que 
le règlement de l’insolvabilité où il a chuté de la 67éme place en 2012 à la 131éme.
D’autres références sont aussi cruciales pour les décisions des acteurs économiques, mais hélas ne sont pas pris en compte dans toutes les éditions de "Doing Business" de la première institution de Brettons Woods. 

Il s’agit de la justice qui demeure la grande gangrène de l’environnement des affaires au Maroc : Celle-ci demeure lymphatique et apathique en matière de report d’audiences et de délais de procédures, incertaine sur le plan des conflits de juridiction, coriace pour obtenir l’exécution des décisions de justice, opaque par le manque de diffusion de la jurisprudence. 

Le discrédit de l’appareil judiciaire, nous semble- Il, fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable digue à l’encouragement à l’investissement et autant la justice d’un pays est abrasée par la corruption, autant l’investissement est rachitique et autant le climat des affaires est rebutant et rébarbatif. Ce qui explique l’intérêt urgent que porte le Souverain Marocain Mohammed VI à ce brûlant dossier et accule, à chaque fois, l'exécutif à entreprendre une profonde refonte de l’acte juridique et judiciaire à même de redonner confiance à la mécanique judiciaire auprès du milieu du Business international au Maroc. 

"L’insémination" du domaine des affaires réside dans l’impartialité du système judiciaire. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2014, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

L’historien français du Siècle des Lumières Jules Michelet n’a-t-il pas dit que "La justice doit être impartiale et bienveillante pour être tout à fait juste". Il nous semble que la mécanique judiciaire constitue le lubrifiant qui assure le bon fonctionnement de l’appareil productif et constitue un facteur déterminant pour la confiance des entrepreneurs, et de facto influence leur décision d’investissement. À défaut, si l’écrivain et politicien français, Marie-Joseph Chénier disait : "quand vous avez oublié la justice, ne vous étonne pas que le ciel vous punisse". J’irai plus loin, sur le plan économique, pour avancer "Quand vous avez oublié la justice, ne vous étonnez pas que le désinvestissement vous punisse".
C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, cursive, courte, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 

De surcroît, la corruption demeure une grande flétrissure pour l’entourage des affaires, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption (IPC) 2016- de Transparency International qui méduse le Maroc dans la 88éme place sur échantillon de 168 pays. Incertain et ardu, dans une telle atmosphère d’iniquité et de corruption, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement fécond et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers. 

En outre, le joug de "l’économie occulte" exerce un impact méphitique sur le climat du Business au Maroc et sur la compétitivité des entreprises nationales et étrangères. La surcharge du secteur informel se situe, en moyenne, entre 20 et 30 % du Revenu National Brut, quoiqu'il est difficile et indéchiffrable d’établir des estimations fiables à un fléau économique et social qui se dérobe au Haut Commissariat au Plan (HCP) et sa comptabilité nationale, ainsi qu’au fisc. 

Aussi, la faible qualité du capital humain écluse le macrocosme de l’investissement du Royaume et dissuade les investisseurs à diriger les obélisques de leurs capitaux vers le système productif Marocain et ce en raison des transfigurations des relations économiques internationales qui ont impacté les déterminants du milieu du Business international : D’ores et déjà, les business-managers ne souhaitent pas s’implanter partout dans le monde ; ils ciblent des territoires où la main d’œuvre est "méga-qualifiée". Des investigations économétriques ont corroboré le métissage que noue et renoue la qualification de la main d’œuvre avec la fertilisation du climat de l’investissement. 

Par-dessus le marché, l’aura du business international reste tributaire d’une bonne jonction entre les politiques publiques et le milieu des affaires. En d’autres termes, rien n’est acquis, en matière d’attractivité et climat des affaires internationales, tant que la collaboration entre le Gouvernement et le Patronat n’est pas optimale et cohérente. De son côté, la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM) plaide pour des réformes approuvées, mais toujours renvoyées aux Calendes Grecques. 

Le véritable calibrage du climat des affaires ne se confine pas au seul palmarès de Doing Business, la vraie évaluation de l’environnement de l’investissement ne se borne pas au hit-parade concocté par la Banque Mondiale et la SFI, la réelle supputation du milieu des affaires ne réside pas uniquement dans les sphères jusqu’à présent défrichées par les auteurs de Doing Business. Nous avons besoin de nous acculer au miroir, de nous déclarer nos quatre réalités en face et de proférer que la fécondité du climat des affaires est en nous : Elle se loge dans l’enterrement de la rente et l’érection des lois marché, dans les funérailles de l’ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l’investissement, dans l’élimination du favoritisme et l’inhumation de la corruption pour laisser voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence. 

Par ailleurs, la "pollinisation" du climat de l’investissement réside dans l’édification d’une administration Marocaine efficace, transparente et non corrompue. Toujours dans son discours du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain a énuméré les diverses entraves auxquelles butent l’investisseur où la lourdeur des procédures et la longueur des délais de délivrance de certains documents administratifs sont parmi les griefs fréquents à l’égard des divers services que rend l’Administration aux acteurs économiques nonobstant la création des Centres régionaux CRI et l’utilisation du guichet unique pour simplifier les procédures et accélérer le processus décisionnel. 

A ce sujet, le Souverain a appelé à en finir avec les restrictions et les contraintes qui se dressent devant les investisseurs et de s’en tenir à l’esprit des réformes au service de l’investissement générateur d’emplois et de richesses et de combattre les réflexes et comportements contre-productifs. Car, dans la conception royale, l’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s’il remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 

En outre, la séduction et l’attractivité du tissu industriel Marocain réside dans , la formation du capital humain, les politiques de soutien à la demande locale, le développement du savoir-faire et dans l’échafaudage d’un tissu industriel dense et robuste, et in fine, c’est autour de la dynamique économique et sociale intérieure du Maroc que se forge et s’érige l’attractivité de l’investissement et, de facto, hypnotise le capital étranger, fait appel au Business international et au milieu des affaires. Telles sont les affaires qui restent à faire en matière d’affaires.

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