vendredi 13 septembre 2019

Une économie Marocaine en biais de Statu Quo: Une approche par les Politiques économiques


Nul ne doute que le tissu économique et social Marocain vit une crise profonde. Pour preuve, les discours du Souverain Marocain, ces dernières années, coulent tous dans le même moule sur la lassitude du modèle de développement Marocain. 

Ces discours sont significatifs de l’aggravation de la crise que nous traversons depuis quelques années et de l’échec manifeste de nos politiques économiques pour y faire face, qu’il s’agisse du niveau de la dynamique économique à travers la croissance globale, de celle des finances publiques, de l’activité économique ou des performances de notre commerce extérieur. 

Mis à part des plaidoiries du sérail, le discours officiel de l’exécutif ELOTHMANI continue à privilégier la fuite en avant et la scotomisation de cette crise, en mettant l’accent sur quelques indicateurs économiques rabiotés ici et là tout en indiquant que ces difficultés sont indépendantes de sa volonté et qu’elle a pour cause les achoppements de l’économie mondiale. 

Si nous insistons sur les facteurs intrinsèques, c’est pour mettre l’accent sur l’absence d’une vision du Gouvernement et l’échec des politiques économiques mises en place afin d’améliorer la situation économique et pour mettre en place les réformes nécessaires à même à relancer la croissance économique. 

Très loin de l’idée de minorer les facteurs exogènes, qui se matérialisent à travers la décélération de la croissance chez nos partenaires économiques, particulièrement les pays de l’Union Européenne, ainsi que la grande incertitude et instabilité qui caractérisent l’économie internationale, il est important de mettre l’accent sur la responsabilité de nos choix de nos politiques économiques et leur "agénésie" à sortir notre pays de cette léthargie.

Mais, revenons d’abord sur les faiblesses de notre économie à travers toute une série de statistiques publiées par plusieurs organismes nationaux et internationaux (Office de changes, HCP, Bank AlMaghrib, FMI, banque mondiale……) qui montrent que les réalisations économiques et sociales s’écartent amplement des objectifs déclarés par le Gouvernement lors de son investiture. 

En effet, la croissance économique n’a été que de 4,1% en 2017, 3% en 2018, 2,7% estimé pour 2019 et 3,4% selon le Haut Commissariat au Plan HCP. Cette chute de la croissance économique est imputable à la baisse de la croissance du secteur agricole de l’économie en ces deux dernières années, en dehors de celui des services. 

Il s’agit des performances économiques les plus fragiles des deux dernières années qui font de l’objectif de croissance de 5,5% fixé à l’orée 2021 par le gouvernement dans la loi de Finances 2011 un lointain souvenir.

Parallèlement et en dépit d’un taux d’investissement des plus généreux au monde, 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000, les corollaires en termes de croissance économique, création d’emplois et productivité, ont été décevants. Pour preuve, la croissance non agricole stagne autour de 3% et le taux de croissance annuel moyen des 4 années ne serait que de 3,3%. 

En termes de benchmarking, certains pays tels que la Turquie, les Philippines et la Colombie ont atteint des taux de croissance économique analogues ou supérieurs, avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs. Les pays qui ont réussi leur Take-off économique sont parvenus à maintenir des taux annuels de croissance du PIB par habitant bien au-delà de 4 % pendant des décennies (contre des taux annuels moyens au Maroc de 2,9 % entre 2000 et 2017 et de seulement 1,6 % entre 1990 et 2000). 

Cette tendance saturnienne n’a pas suscité l’intérêt de la part des pouvoirs publics et des experts en dépit de son ampleur stratégique. Cette rétrogression est l’alerte du crépuscule d’un modèle et du projet économique de l’Etat postcolonial qui a échafaudé sa philosophie sur la nécessité de diversifier notre économie et de sortir de l’insertion rentière héritée de la période coloniale. Le nouveau projet économique de l’Etat indépendant avait alors donné un rôle stratégique à l’industrie qui devait porter ce programme d’autonomie économique, dans lequel les entreprises publiques et le secteur privé ont joué un rôle vital. La précellence du développement industriel a été donnée dans les premières années de l’indépendance aux activités d’import-substitution pour substituer les biens de consommation finale, importés de la métropole coloniale dans les années 1960 et les activités de promotion des exportations à partir du début des années 1970 à la forte intensité en main-d’œuvre non qualifiée.
Mais, ce modèle de développement industriel a atteint ses limites dès la fin du siècle dernier et nous n’avons pas été en mesure de le renouveler malgré les alertes de la banque mondiale et du FMI. 

Une autre série de résultats est moins négative et concerne le faible recul du chômage dont le taux a dépassé les 14% en milieu urbain et près de 15% chez les jeunes de 25 à 34 ans. 

Du côté des finances publiques, le déficit budgétaire dépasse le taux annoncé de 3% pour atteindre les 3,7% en 2018. Après privatisation, il est estimé à 3,6% du PIB en 2019 et prévu à 3,5% en 2020. Le taux d’endettement global culmine pour atteindre la barre de 81% du PIB et celui du trésor à 66%. 

La quatrième série de résultats concerne le commerce extérieur et la dérive de nos échanges commerciaux : le déficit commercial a atteint à la fin de Juillet 2019 la valeur de 122,8 milliards de dirhams (MMDH) en vertu des statistiques de l'Office des changes. Les importations ont augmenté de 10,4 milliards de DH par rapport à juillet 2018, pour atteindre 291,1 milliards. En face, les exportations n’ont évolué que de 5,3 milliards de DH, à 168,3 milliards. Par conséquent, le taux de couverture des importations par les exportations s’est donc dégradé de 58,1% à 57,8%. Ce déficit n’a pas cessé de se dégringoler aussi bien dans la phase I que la phase II du mandat de l’Exécutif PJD. 

Ceci nous interpelle sur les possibilités de financement de ce déficit : Notre pays a réussi par le passé à financer notre déficit commercial par l’excédent de la balance des services et le transfert de nos Marocains du Monde MDM. Or, l’ampleur de ce déficit rend ce scénario difficile à atteindre et se traduira par un recours plus important à l’endettement externe qui pourrait à terme peser lourdement sur notre capacité à respecter nos engagements externes.
Les discours du Palais n’ont pas cessé de mettre l’accent sur l’essoufflement du modèle de notre économie ;
Les facteurs évoqués par le Souverain Marocain dans ses derniers discours sont importants et il faut impérativement les prendre en considération dans une lecture objective de la situation économique de notre chère patrie. 

Cependant, le cabinet ElOthamni prend la tangente pour limiter les facteurs de crise aux causes externes. Nous pensons qu’il est important de prendre en compte les facteurs internes, ou ce que les économistes appellent les facteurs endogènes, particulièrement les politiques économiques poursuivies au cours des dernières années.

Nous pouvons souligner quatre éléments essentiels qui ont pesé sur les politiques économiques et expliquent leur limites pour construire de nouvelles dynamiques de croissance et sortir de la crise actuelle. 

- Le premier élément important concerne l’absence de vision globale en matière économique et la prédominance de la vision immédiate de court terme. Les choix de politiques économiques aujourd’hui obéissent à la volonté de gérer les chocs économiques, en particulier ceux liés aux grands équilibres macroéconomiques comme les déficits jumeaux des finances publiques et du commerce extérieur. Les résultats que nous connaissons aujourd’hui sont la preuve de la faillite de cette conception de la politique économique, car la réponse aux chocs économiques, aussi importants soient-ils, ne peut pas se limiter aux réponses conjoncturelles et exigent des réponses structurelles. Ainsi, par exemple, aujourd’hui, la riposte au déficit externe ne peut pas se figer à la contraction des importations, mais exige une relance des politiques industrielles afin de développer les exportations pour percer les marchés extérieurs.

- La seconde explication des difficultés des politiques économiques concerne les conséquences sur le secteur réel et le rôle majeur de la politique monétaire au cours des dernières années. De par le passé, notre pays a suivi une politique monétaire expansionniste pour sortir de la crise économique et nous épargner une forte dépression économique. Mais, la Banque centrale revernît sur ces choix en opérant un changement majeur dans nos politiques monétaires, en favorisant un tournant beaucoup plus restrictif en coordination avec le FMI dont l’objectif était de faire face aux pressions inflationnistes. Cette politique a été à l’origine d’une augmentation rapide des taux directeurs et une réduction des possibilités de financement de la Banque centrale pour les banques. Il semble aujourd’hui que ce tournant restrictif de la politique monétaire commence à avoir des effets sur la sphère réelle et à peser de tout son fardeau sur les investissements privés.

- Le troisième élément qui explique les limites de nos politiques économiques concerne la réduction des effets de la politique budgétaire expansionniste. Les différents gouvernements ont poursuivi une politique budgétaire expansionniste dont l’objectif était de relancer la croissance économique et de sortir le secteur privé de son attentisme. Cet expansionnisme budgétaire a été à l’origine d’un renforcement du budget d’investissement. Or, cette politique budgétaire semble atteindre ses limites. 

De surcroît, ses effets sont de plus en plus remis en cause par le tournant restrictif de la politique monétaire. Ceci pose la question de la cohérence des différentes composantes des politiques économiques et plus particulièrement la coordination des politiques monétaires et budgétaires.

- Le quatrième élément essentiel dans les échecs des politiques économiques concerne le recul du rôle de l’Etat et de sa capacité à exécuter ses décisions économiques et à les mettre en place. Impuissants, les pouvoirs publics se cantonnent à légiférer sans être en mesure de mettre en pratique leurs décisions. A titre illustratif, la charte de l’investissement tant attendu par le milieu des affaires est toujours en mode stand by. 

Cette situation exige des pouvoirs publics de sortir des calculs politiciens et de faire du respect de la loi et de l’application des décisions et particulièrement des réformes économiques, sa principale priorité en dépit de leurs conséquences politiques pour anticiper les élections prochaines

Nous connaissons aujourd’hui une crise économique de notre modèle de développement qui ne cesse de s’aggraver et une forte détérioration de la situation économique. 

Toutefois avec un vent d’optimisme et comme disait Winston, " là où se trouve une volonté, il existe un chemin", nous continuons à croire que nous avons des chemins pour définir les politiques publiques nécessaires à une sortie de crise. D’ailleurs, le Souverain, dans son dernier discours du 20 Août 2019 a bien précisé que « nous ne devons pas avoir honte ni de reconnaître nos faiblesses, ni d’avouer nos erreurs. » Le Souverain a même exhorté le Gouvernement à corriger les dysfonctionnements et à relever les défis de la nouvelle étape. 

Pour cela, nous devons réunir au moins trois conditions nécessaires : 

- La première condition est la nécessité de sortir de la scotomisation et de l’abjuration qui régente dans les milieux officiels, 

- La seconde condition concerne l’importance de mettre l’économie au centre de nos priorités et nos objectifs économiques. 

- La troisième condition a trait à la nécessité de sortir des visions " Keynésiennes" de court terme. Les échecs actuels montrent incontestablement que la politique de la quête de la liquidité a "immolé" la politique économique. La conjugaison de ces trois conditions constituera le point de départ pour la définition d’un programme de sauvetage de notre économie Marocaine. 

Il est temps et d’urgence d’inscrire la Loi de Finances 2020 dans l’esprit des ruptures permettant d’impulser une relance économique perceptible par le milieu des affaires. C’est ainsi que le Team ELOthamani pourrait regagner la confiance des investisseurs et redonner plus d’espoir aux citoyen Marocain et à l’entreprise pour stimuler la création et le développement d’un tissu économique productif porteur d’investissement, de croissance te d’emploi.

lundi 2 septembre 2019

Le bonheur c’est les autres : le rôle des l’amitié et des relations sociales


Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres incantatoires s’éclipsent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre. Il est le Graal irrévocable et définitif de l'humanité depuis deux mille ans: diversiforme, hétéromorphe, c'est le bonheur qu'Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence. 

Les chercheurs rappellent que le bonheur est si essentiel à l'existence humaine que l'Organisation Mondiale de la Santé le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l'état de santé. 
La thématique est indémodable et le desiderata du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l'ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La célébrité ou l’argent ? Une étude exceptionnelle menée depuis 75 ans auprès de 724 Américains en apporte une preuve édifiante et passionnante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps. 

Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est catégorique, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande apostrophe nous interpellé : Pourquoi ? 

Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la claustration subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes. 

Secundo, les bonnes relations protègent et entretiennent le cerveau : Les relations dignes et satisfaisantes préservent le cerveau. Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve difficile voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure. Robert Waldinger affirme que ces relations énergiques et conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement. Certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces querelles n’avaient pas d’implication sur leur mémoire. C’est la qualité qui compte et non pas la quantité. En effet, peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe. Vivre dans les conflits ne vaut pas mieux que se sentir seul. Ainsi, une relation maritale tumultueuse désargentée et dénuée d’affection peut être méphitique pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas "Il vaut mieux être seul que mal accompagné". A l’inverse, des relations chaleureuses et affectueuses sont nourrissantes et protectrices. 

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une sagesse vieille comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples. La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en singulier sur le plan de la communication). Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles: 

– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de pénibilité et avons tendance à anathématiser les autres
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’avons rien à nous reprocher
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des preuves de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière.
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations 

Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection. 

Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent. En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit! 

Les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

mercredi 28 août 2019

Le Cri d’Orfraie de la Famine dans le monde


Qui de nous, n’a pas pensé que la famine a été inhumée dans le cercueil de l’histoire économique ? On était tous convaincu que la dénutrition et la sous-alimentation étaient amollies de notre planète et que l’humanité pouvait manger à sa faim et subvenir à ses besoins fondamentaux.
Inopportunément, le dernier document des Nations Unies de Juillet 2019 baptisé "l'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019"nous interpelle sur la triste réalité que la famine nous guette et que la sous-alimentation est en train de dévaster les personnes les plus vulnérables et les plus fragiles dans le monde. 

Ce rapport sur la malnutrition dans le monde constitue un cri d’alarme sur l’évolution de la famine dans le monde et ce nonobstant les engagements pris par les pays à travers les politiques publiques mises en place pour atteindre les objectifs du développement durable ODD à l’orée 2030. 

Faut-il rappeler que la lutte contre la malnutrition et la famine faisaient partie intégrante de ce nouveau consensus quant aux objectifs du développement adopté par la communauté internationale.
Le récent rapport publié par l’ONU exhibe de façon saisissable que la faim et la malnutrition dans le monde ont accusé une envolée comminatoire au cours de l’année 2018. Ce trend haussier apparaît après plusieurs années de rétrogression, à partir de 2015 où la famine et la malnutrition étaient d’actualité.

Selon ce rapport, le nombre de personnes pâtissant de la faim dans le monde est évalué à 821,6 millions en 2018, soit une augmentation de plus de 10 millions de personnes par rapport à 2017. Ce chiffre s’envole pour frôler les deux Milliards de personnes si on inclut les personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Au niveau de la ventilation géographique de la famine dans le monde et sans aucune surprise, c’est notre continent noir qui vient en tête de peloton de ce classage avec plus de 20% du total de la population qui sont des "souffre-douleurs" de ce stigmate. Les autres continents ont, à leur part, ont été affectés par un recrudescence de la famine, notamment en Asie avec 12%, l’Amérique latine et les Caraïbes avec 8%.
Les pays qui endurent le plus de la malnutrition sont le Yémen, le Congo démocratique, l’Afghanistan, l’Ethiopie, le Sud Soudan et le Nord du Nigéria.
Cependant, ce phénomène ne se cantonne pas aux pays pauvres et des pays en développement : Les pays développés ont également connu le regain de la famine au cours des dernières années avec notamment les crises économiques et sociales qui corrodent l’économie mondiale, notamment auprès des couches pauvres et marginalisées.
Mais, le côté le plus dantesque est que la famine ronge de plus en en plus les mômes. En effet, le rapport des Nations-Unies atteste que le nombre d’enfants qui sont ravagés par la faim et la malnutrition dans le monde est de 149 millions d’enfants ; un chiffre qui nous apostrophe sur le grand chaos du bilan de l’alimentation dans le monde. 

Un tableau très sombre et ébène de l’évolution de la famine qui montre incontestablement que les objectifs fixés dans le consensus sur le développement et les objectifs l'Objectif de la faim zéro et du développement durable ODD en 2030 d’enrayer la famine sont reportés aux calendes grecs.
Parmi les raisons de la détérioration des conditions de l’alimentation dans le monde, on énumère le rôle des guerres, des conflits et de l’instabilité politique en général et les catastrophes naturelles qui ont joué un rôle important dans le retour des crises alimentaires.
Mais, en dépit de son importance, ce rapport ne s’est intéressé que de manière subsidiaire à la question des politiques agricoles et des choix de développement mis en place dans ce domaine qui expliquent, à notre sens, largement cette dégénérescence des conditions de l’alimentation.
Malheureusement, depuis la seconde guerre mondiale, les politiques agricoles et les choix de développement agricoles ont été jalonnés par l’omnipotence des politiques industrielles et les intérêts urbains par rapport à ceux du milieu rural et de l’agriculture. 

Plusieurs mobiles sont derrière la marginalisation de l’agriculture : 

- La première raison est d’ordre idéologique qui considère que le monde rural est le lieu de survivance des idées conservatrices et qu’il se rattache aux valeurs antiques et rejette , en corollaire, le progrès de par une volonté timorée de se lancer dans l’ère de la modernité.
- Le second argument est d’ordre économique et s’explique par la vieille conception que l’itinéraire du développement est à l’origine du retrait du secteur primaire en faveur du secteur industrielle. Ce dogme a longtemps influencé les choix de développement économique dans les pays développés et dans les pays en développement et explique pour une large part la relégation du secteur primaire et du monde rural depuis plusieurs décades. Ce retrait est à l’origine de ce retour en force des famines et de la malnutrition. 

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’une cassure avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme. 

Ces stratégies passent par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l'accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l'économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu'un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d'un programme de lutte contre la faim.

Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n'est pas une fatalité,
les thèses malthusiennes et néomalthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit "Renierez-vous [l'existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l'univers, c'est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d'elle, l'a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d'égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t'interrogent." 

Le droit à l'alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d'entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l'alimentation est un droit de naissance pour tout être humain. 

Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que "La pauvreté n'est pas un accident comme l'esclavage et l'Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité" ?? 



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