samedi 18 août 2018

La disparition d’une des figures de proue de l’analyse des rapports asymétriques Nord/Sud ou le décès de l'économiste Samir Amin


À la fin des années 1980, à la Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Rabat-Agdal, quand j’assistai aux passionnants cours des Problèmes Structurels de Développement PSD animés par notre imminent professeur Feu Driss Benali, même si la théorie de la dépendance perdait de son influence, il restait pour beaucoup le plus grand intellectuel du Sud. Et nous avions tous lu sa thèse sur l’accumulation à l’échelle mondiale. C’est bien Samir Amin qui nous a quitté ce 12 août 2018 qui marqua l’éteinte d’une des figures emblématiques de l’analyse des rapports asymétriques Nord/Sud : Samir Amin est décédé à Paris, à l'âge de 86 ans. Ce théoricien du " développement inégal" est né au Caire en 1931, Samir Amin appartient à la génération des économistes tiers-mondistes qui ont tenu le haut du pavé durant toute la décolonisation. Après avoir obtenu son doctorat en économie, il a travaillé entre 1957 à 1960 pour l’administration de Nasser, avant de conseiller entre 1960 et 1963 le gouvernement du Mali. Il est ensuite devenu professeur aux universités de Poitiers, Dakar et Vincennes. 

Il a dirigé à partir de 1970 l’Institut africain de développement économique et de planification de Dakar IDEP, rattaché à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique CEA. Il a quitté cette organisation en 1980, pour cofonder le Forum du Tiers-monde, une association regroupant plus d’un millier d’intellectuels d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, dont le bureau africain est à Dakar. 

En 1973, il a notamment publié Le Développement inégal : Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. 

Alors que la faillite du développement paraît consommée en Afrique, Samir Amin multiplia les analyses et les discussions sur le projet d’un " autre développement" dans un monde polycentrique où les quatre ou cinq « grands » qui ont remplacé les deux superpuissances militaires américaine et soviétique n’ont pas cessé pour autant de marginaliser les victimes des stratégies du capital mondial ou « mondialisé » », expliquait Jeune Afrique en 2005. 

À l’ajustement aux tendances dominantes, S. Amin oppose la " déconnexion" qui consiste, pour une nation défavorisée, à soumettre ses rapports avec l’extérieur aux exigences prioritaires de son propre développement. Ce « nationalisme progressiste », qui n’exclut pas la coopération régionale comme instrument de lutte contre les monopoles mondiaux, constitue, selon lui, une étape de la longue transition du capitalisme mondial au socialisme mondial ». En février 1977, il signa dans Jeune Afrique une tribune consacrée aux chemins de l’unité du monde arabe. 

« Il faut amorcer des formes d’organisation qui permettent aux travailleurs et aux peuples de toute la Planète de coordonner leurs stratégies de lutte, de passer de stratégies défensives, laissant l’initiative au pouvoir capitaliste impérialiste dominant, à une stratégie offensive contraignant l’adversaire à, lui, se retrouver sur la défensive et à répondre à nos initiatives, celles des travailleurs et des peuples », écrivait-il sur son blog en décembre 2017. 

Au début des années 2000, Samir Amin est revenu en force, à l’aune du mouvement altermondialiste : Sa pensée a continué à influencer une nouvelle génération d’intellectuels ; l’historien sénégalais Mamadou Diouf et le philosophe camerounais Achille Mbembe en sont des illustrations qui ont été inspirés par Samir Amin. Il était favorable à l’unité arabe, certains de ses travaux en témoignent. Mais il était aussi un Égyptien qui a passé une grande partie de sa vie à Dakar, a été conseiller du gouvernement malien… Et au Caire, il a participé à l’ouverture d’un Institut d’études africaines. Si son influence dépasse l’économie, c’est qu’il était très savant, il ne se passait pas un jour sans qu’il aille au cinéma ou ne lise un roman. Et si son influence dépassait l’Afrique, c’est qu’il était un créateur de réseaux d’où observer le monde depuis le Sud. De manière plus récente, il a participa à la création d’Enda Tiers-monde, bien implanté en Asie du Sud ou au Brésil. 

Il a influencé de grands économistes comme le Brésilien Celso Furtado ou l’Américain Immanuel Wallerestein… Quand il a pris la tête de l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), une institution panafricaine créée en 1962 par les Nations unies, il a accueilli tout ce que le continent comptait de jeunes intellectuels. 



dimanche 1 juillet 2018

Plan d’Investissement Extérieur de l’Union Européenne : Les conditions de réussite de la promotion de l’investissement dans la "destination Maroc"


Dans le dessein d’aider des partenaires à atteindre leurs objectifs de développement économique et social et la promotion de l’investissement privé et public, l’Union Européenne s'est dotée d'un Plan d'Investissement Extérieur (PIE) pour financer et accompagner les secteurs prioritaires des pays en développement. Présenté le Mardi dernier 19 juin 2018 à Rabat par les représentants de l'UE, en présence de l’argentier du Royaume Mohammed Boussaid, Othman El Firdaous, Secrétaire d’Etat chargé de l’investissement, de Michael Köhler, Directeur des politiques et de la coopération avec le Voisinage Sud de l’Europe, qui a fait le déplacement pour l’occasion, ainsi qu’un nombre important de directeurs au sein de la Commission européenne ainsi que de différentes banques et agences européennes. Sans oublier une pléiade de patrons du secteur privé marocain, le PIE offre un cadre cohérent et intégré pour promouvoir le niveau des investissements en Afrique et dans les pays voisins de l'UE à l’instar du Maroc, 

Faut-il souligner que par cette initiative, l'UE ambitionne d’aller au-delà de l'aide au développement à travers une assistance technique au développement de projets pour viser l'amélioration du climat des affaires. Aussi de par le PIE, l’UE escompte transcender le modèle d'appui orthodoxe et générique au pays en développement étayé sur le modèle classique des subventions via le renforcement du dialogue avec le secteur privé et le secteur public pour cibler l’attractivité de l'environnement des affaires.

De ce qui précède, nous remarquons clairement que le Plan d’Investissement Extérieur de l’UE gravite explicitement dans l’orbite de l’amélioration du climat de l’investissement et de l'environnement des affaires.

Cependant, nous alléguons que des conditions et des préludes sont incontournables pour réussir le PIE afin de promouvoir l’investissement Européen, national ou étranger sur la destination Maroc :

Il s’agit, en premier abord, de la mécanique judiciaire et juridique qui demeure la grande tare du climat des affaires au Maroc. En effet, notre engrenage judiciaire demeure apathique en matière de moratoires de procédures et de report d’audiences aux calendes grecques. De ce fait, la partialité de l’appareil judiciaire fait boule de neige sur toute la chaîne de valeur de l’acte judiciaire et constitue une entrave rédhibitoire à l’attractivité du climat de l’investissement au Maroc, plus singulièrement les investissements Européens.

Aussi, l’environnement des affaires demeure plombé par la corruption et autant le système judiciaire du Maroc est moisi par la corruption, autant le climat des affaires est rébarbatif. Ce qui explique tout l’intérêt royal qu’assigne le Souverain Marocain Mohammed VI à l’éradication de l’économie de rente ; n’a-t-il pas proféré dans sa plaidoirie royale de la marche verte du 6 novembre 2014 "Assez de la politique de rente et de privilèges ! Assez de la mercantilisation de la patrie ! Assez aux privilèges indus".

Cependant, il faut avouer que l’impact réel d’une telle réforme prendra au mieux plusieurs années dans la mesure où des résistances et des conservatismes culturels s'éternisent et seront difficiles à faire évoluer dans le temps. La corruption, endémique au Maroc, est une illustration de ces conservatismes : le système judiciaire est d'ailleurs l’institution la plus corrompue du pays, selon Transparency International. Faut-il rappeler que’en dépit d’une légère amélioration du score et du classement l’Indice de perception de la Corruption 2017 de Transparency, notre pays est verrouillé à la 81ème position avec 40 points sur un panel de 180 pays. La moyenne depuis 2012, reste à 37,6 sur 100 et le Maroc fait beaucoup moins bien que des pays arabes au même niveau de développement à l’instar de la Jordanie et la Tunisie. 

Ardu dans un tel aura d’adultération économique, être postulant au capital étranger, épineux dans un tel avilissement économique, rendre le climat de l’investissement fertile pour les investisseurs Européens ou de d’autres cieux.

En sus, le secteur informel exerce un impact pernicieux sur l’atmosphère des affaires au Maroc et sur la compétitivité des entreprises Européennes et nationales. La pesanteur de l’économie informelle se situe, en moyenne, entre 20 et 30 % du Produit national brut (PNB), quoi qu'il est épineux d’établir des estimations exactes à un cataclysme économique et social qui échappe encore au Haut Commissariat au Plan (HCP) et sa comptabilité nationale, ainsi qu’au fisc.

Par ailleurs, la promotion de l’investissement au Maroc pâtit du coût exorbitant des facteurs de production. En effet, l’accès au foncier constitue un obstacle touchant plus singulièrement les entreprises exportatrices Européennes et Marocaines : La cause principale de cette situation est l’insuffisance de l’offre qui est inadaptée et en proie à la problématique de la spéculation.

De surcroît, quoique le Maroc a gagné 16 places par rapport au classement 2017, la pression fiscale demeure l’une des contraintes au climat de l’investissement au Maroc et reste plus forte chez nous que dans la plupart des autres pays émergents en vertu de la 12éme édition du rapport “Paying Taxes 2018” réalisé conjointement par le cabinet international de conseil et d'audit PwC et la Banque Mondiale. Aussi, le niveau des charges fiscales et sociales renchérissent de manière tangible le coût du travail et dissuade le recrutement de la main-d’œuvre qualifiée.

En outre, la contrainte de la multiplicité des entités de promotion de l’investissement placées chacune sous une hiérarchie particulière (Maroc Export placé sous la subordination du ministère du Commerce extérieur, Office national du Tourisme sous la tutelle du ministère du Tourisme, L’Agence marocaine de développement des investissements AMDI sous les auspices du ministère du Commerce et de l’Industrie, la maison de l’artisan du ministère chargé de l’Artisanat, les centres régionaux d’investissements (CRI) sont eux placés sous la houlette du ministère de l’Intérieur, etc.) portent un grand préjudice à la séduction de la destination Maroc.

En effet, les différents organes de promotion sont disséminés entre moult intervenants, sans réelle synergie et sans vision stratégique. Cette dislocation ne favorise guère l’optimisation de la promotion des investissements extérieurs. C’est dans ce sillage que l’actuel Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Investissement Moulay Hafid Elalamy a instauré une entité suprême de promotion baptisée Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations AMDIE ; un organe qui devrait assurer aussi bien la mission de développement des investissements directs étrangers, du rayonnement de l’image du Maroc à l’étranger que la promotion des exportations du Maroc.

Aussi, la timide qualification du capital humain hypothèque l’attractivité de l’investissement du Royaume, atrophie sa productivité et dissuade les investisseurs européens et étrangers à diriger leurs capitaux vers le tissu économique du Maroc en raison des métamorphoses qui ont impacté les déterminants du milieu du business et des affaires.

D’ores et déjà, les hommes d’affaires Européens ne cherchent pas à s’implanter partout dans le monde, mais ils dénichent des territoires où la main-d’œuvre est hautement méga-qualifiée afin de répondre aux débouchés Européens intransigeants en termes de coûts, de délais de livraison et de qualité de produits : Des enquêtes, ainsi que des investigations économétriques ont corroboré le métissage que trame la dextérité de la main d’œuvre avec l’attraction du climat de l’investissement à l’instar des travaux empiriques de l’économiste américain et fondateur de la nouvelle économie classique (anticipations rationnelles) Robert Lucas (prix Nobel d’économie 1995).

Pour bénéficier de cette aubaine financière du PIE destinée au Maroc, partenaire stratégique de l’UE, Le business international dépendra d’une bonne coordination et d’un couplage entre les politiques publiques et le milieu des affaires. En d’autres termes, rien ne sera acquis, en matière du climat des affaires et de promotion de l’investissement, tant que la synergie entre le patronat et le gouvernement n’est pas optimale. De sa part, la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM) intente pour des réformes approuvées, mais toujours renvoyées à la semaine des 4 jeudis. Salaheddine Mezouar nouveau patron des patrons dès son élection à la tête de la CGEM n’a-t-il pas promis de maximaliser cette jonction entre le secteur privé et public dès la loi de Finances 2019 ?

À notre sens, la fertilité du climat des affaires réside dans l’hypogée des privilèges indus, la fécondation des projets porteurs d’investissement, de croissance et d’emploi, dans les obsèques pures et dures de la rente et le "wake up" des lois marché, dans la sépulture de l’ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l’investissement, dans le cénotaphe du favoritisme et la nécropole de la corruption, dans l’inhumation de ceux qui ont érigé la rente et les privilèges en droits imprescriptibles pour qu’ils laissent voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence.

L'objectif du PIE qui, constitue un nouveau jalon du partenariat Maroc-UE, de décupler l'impact des investissements qui seront concentrés dans les énergies renouvelables, la connectivité, le financement de la petite et moyenne entreprise, dans les secteurs de l'agriculture, de l'agro-industrie, de l'entrepreneuriat rural, de la construction des villes durables, et de la numérisation, doit reposer essentiellement sur le brassage authentique composé d’un système judiciaire impartial et neutre, d’une administration marocaine transparente et non corrompue, d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, d’un capital immatériel valorisé, d’une demande locale marocaine et d’un pouvoir d’achat soutenu, d’un savoir-faire arrimé aux bouleversements technologiques et cognitifs et soudés à un tissu industriel dense.
En guise de conclusion, l’écrivain et aphoriste français Vauvenargues disait que "Le génie, c’est de savoir ce qu’il faut faire. Le talent, c’est de savoir comment le faire.
La vertu, c’est de le faire.", c’est qu’il faut faire, somme toute, à travers ces conditions que le plan européen d’investissement extérieur contribuera à mobiliser des fonds privés importants dans des secteurs clés de l’économie marocaine et permettra aux entrepreneurs locaux d’accoucher des projets porteurs d’investissement, d’emploi et de croissance et d’attractivité de l’environnement des affaires dans la destination Maroc.


mardi 19 juin 2018

Quand les USA se démettent du nucléaire iranien : Leçons politiques et économique d’une démission unilatérale


C’est un secret de polichinelle que le Président du pays de l’oncle Sam Donald Trump annonça le reflux unilatéral des USA de l’accord sur le nucléaire iranien ayant pour épithète « Joint Comprehensive Plan of Action » ratifié à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les six gourous mondiaux, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume Uni et l’Allemagne, après de durs pourparlers qui, faut-il le rappeler, avaient duré près de deux ans. 

Avouons-le, cette démission unilatérale n’est pas insolite : Lors de l’apostolat électoral, Donald Trump n’avait-il pas annoncé sa ferme volonté d’inhumer à jamais la connivence américaine à cet accord qui avantage l’Iran sur la ceinture proche-orientale ?
En filigrane, Donald Trump a avancé plusieurs arguties pour démystifier sa décision de retrait. 

- Le premier est la récidive de grandiloquences israéliennes sur le pseudo-fait que l’Iran ne révère pas les termes de l’accord nucléaire et "tenaille" son programme nucléaire au nez et à la barbe de la planète. Pour alléguer notre propos, dans une conférence de presse le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne s’est-il pas efforcé, de développer cet thèse ? un argument, il faut l’avouer, ne persuade pas les autres parapheurs du dit accord et qui reconnaissent que le pays de la révolution islamique de 1979 se plie aux engagements pris au sein de cet accord. 

A notre sens, deux autres argumentations sont à l’origine de cette cépée : Il est question du délai d’application de cet accord ou « sunset clause »pour les initiés ; les signataires avaient prophétisé que les engagements iraniens périclitent en 2025 ? Or, pour le Président américain, toute la communauté internationale "se trump" : ce délai est minuscule et les Iraniens pourraient moelleusement raccommodent leur artillerie nucléaire militaire. 

La seconde critique adressée par le Président américain est imputable à la portée limitée de l’accord, dans la mesure où ce dernier est polarisé sur l’arsenal nucléaire et laisse libre cours à l’Iran pour étoffer ses missiles balistiques à longue portée et pour intervenir sur l’arène régionale, comme il le fait en Syrie, ou en accoudant les Houthis au Yémen.
A notre sens, les arguments les plus irréfutables concernent le repositionnement géostratégique des Etats-Unis au Moyen-Orient : Avec la prise des commandes de l’administration Washington par D. Trump, la politique étrangère américaine est en train de faire un volte-face racinaire qui se concrétise par une normalisation avec les positions Israéliennes et Saoudiennes et se différencie des doctrines "soft" de l’ancienne administration démocrate et des choix stratégiques du Président Barack Obama. 

Les partenaires européens ont essayé de dissuader le Président américain de se retirer de cet accord à l’instar du président français Emmanuel Macron qui a fait de ce dossier un point important dans ses entrevues avec son homologue américain. D’autres dirigeants républicains et démocrates américains ont fait flèche de tout bois pour convaincre D.Trump de ne pas démettre les USA de l’accord nucléaire américain .Autant en emporte le vent, tous ces efforts précités se sont soldés par un coup d’épée dans l’eau : Le président quitta unilatéralement l’accord en ordonnant de ressusciter le blocus sur l’Iran. Une décision arbitraire lourde de corollaires, non seulement pour les entreprises américaines mais aussi pour moult entreprises européennes qui ont été acculées de renvoyer aux calendes grecques leurs contrats avec l’Iran.
D’autres conséquences majeures pèseront d’un poids lourd sur la scène politique et économique internationale et dans la région. 

Sur le volet régional, l’exaspération des séditions politiques n’ont-elles pas donné lieu à toute une série de manifestation de force entre Israël et les forces iraniennes basées en Syrie? 

Ces tumultes hérités de la démission de l’accord nucléaire iranien ne se sont-ils pas ajoutés à celles liées à l’autre décision discrétionnaire et non loin de transférer le siège de l’ambassade américaine à Jérusalem mettant la région au paroxysme de la commotion et l’explosion ? 

D’autres conséquences sont de portée économique : Les turbulences politiques et l’inquiétude qui sévit au Moyen-Orient ont eu des retombés économiques immédiats, dont la plus importante concerne le surenchérissement rapide des cours du pétrole sur les marchés internationaux gravitant autour des 80 $ le baril.
Cette envolée du cours de l’or noir n’est pas sans conséquence sur l’économie Marocaine. Il faut rappeler que la loi de Finances 2018 a été construite sur la base d’une hypothèse de 60 dollars. 

Nous avons beau insister pour réfuter le caractère platonique et idyllique de cette hypothèse, comme celle d’ailleurs du taux de change du dollar par rapport aux devises étrangères. De facto, la loi de Finances 2018 a été adoptée avec des postulats qui appesantissent les difficultés à venir à travers le renforcement les difficultés des classes moyennes, la hausse de la facture pétrolière augmentant de facto la dérive de nos finances publiques.

Devant l’inaction du conseil de la concurrence et au lieu de l’imbroglio sur le plafonnement des prix du carburant pour endiguer les marges des pétroliers sur la vente de l’essence  , nous alléguons que le Gouvernement devrait ajuster ses choix à travers une véritable application du mécanisme de l’ajustement des prix avec un plafonnement en cas d’une flambée importante du prix du baril sur les marchés mondiaux 
Somme toute, la démission unilatérale des USA ne fera qu’aviver les remous des relations économiques et politiques internationales, de telles craintes mondiales accableront les difficultés économiques et exigeront de l’exécutif Marocain des répliques appropriées pour aider notre économie à colmater les effets pervers d’une telle démission. 

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