mercredi 15 mai 2019

Printemps arabe, Saison II : Genèse, Causes, Caractéristiques communes et Enseignements


Nous n’avons pas tous cru que les révolutions du printemps arabe ne sont qu’un feu de paille de révoltes du 17 Décembre 2010 qui ont perdu leur enchantement ? Détrompez-vous, les remous politiques et les contestations sociales à Alger et à Khartoum nous font perdre nos illusions et attestent qu’il s’agit bel et bien d’un printemps Arabe dans sa saison II. 

Faut-il rappeler, en guise de prologue, que l'expression de "Printemps arabe" fait référence au "Printemps des peuples" de 1848 auquel il a été comparé, tout comme le Printemps de Prague, la chute du rideau de fer en 1989, ou encore le Risorgimento italien. 

Historiquement, ce Printemps Arabe a connu deux grandes phases : 

- La première "Wave" a émergé, avec les contestations dans différents pays Arabes, en 2011 et s’est poursuivie jusqu’à la fin de 2013. Il s’agit d’une phase d’espérance et de mobilisation sociale pour forger l’édifice du projet démocratique Arabe qui est été à l’origine de la déchéance de certains régimes totalitaires, à l’instar de la Tunisie, de la Libye, de l’Egypte et le Yémen qui, en faisant boule de neige, à chavirer d’autres systèmes politiques comme la Syrie et le Bahreïn.

Cette phase de l’histoire politique du monde arabe a été jalonnée par l’effloraison de plusieurs thèses universelles des droits de l’homme aspirant à la démocratie, à la dignité et à une vie décente. 

Aussi, cette phase a favorisé l’émersion d’une nouvelle dynamique politique qui s’est matérialisée par la manumission des citoyens Arabes de l’ère de l’effroi, de la peur et de la réclusion dans l’espace privé pour riposter au despotisme et à la dictature. De ce fait, les organisations et les rassemblements de la société civile se sont proliférées et ont secrété une nouvelle mobilité sociale sur les places publiques arabes en la consolidant après des décennies de refoulement et d’exclusion.

Cependant, autant en emporte le vent, cette ère qui a été porteuse d’optimisme et d’espérance céda la place en donnant libre cours à une nouvelle période d’instabilité politique, d’agitation, de guerres civiles et de terrorisme. 

Ainsi, après l’intervention des armées du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe CCG au Bahreïn et la destitution du Président Mahmoud Morsi en Egypte, la Syrie, la Libye et le Yémen vont succomber dans des guerres civiles d’une grande brutalité en ébranlant les soubassements du crédo démocratique. Seule, le pays de Jasmin a été épargné de ces guerres civiles, mais tout de même avec des attentats terroristes et des crises économiques et sociales profondes dont les séquelles perpétuent jusqu’ à ce jour.

Toutefois, la montée de la révolte et les guerres civiles, d’une part et les difficultés économiques et les remous sociaux, d’autre part ont eu des effets négatifs sur les révolutions démocratiques issues du printemps arabe. Le crédit des citoyens, dans le projet démocratique, a régressé et céda la place à une nostalgie des citoyens Arabes aux anciens régimes qui sont en mesure d’assurer la paix et la sécurité, nonobstant leur caractère despotique. 

L’échec, semble-t-il, du printemps arabe et sa dérivation oppressive a engendré une dissension et après l’espoir d’une véritable fissure avec l’absolutisme arabe, c’est désormais le pessimisme et le "Tædium-Vitae" qui l’emportent : Ce sont ces rétrogressions, voire même ces insuccès qui ont été à l’origine de la désocialisation des idées révolutionnaires du printemps arabe qui sont progressivement entrées dans l’effacement et l’oubli.

Or, de nouveau, les révolutions démocratiques ne vont-elles pas se ressusciter en frappant le Soudan depuis la fin de l’année 2018 et en Algérie avec les marches du Vendredi qui ont commencé le 22 février dernier contre un cinquième mandat du Président Bouteflika pour faire entrer le Printemps Arabe dans sa saison II? 

Les rassemblements de masse à Khartoum et à Alger ne nous ont-ils pas entré dans une nostalgie en nous rappelant ceux de la première vague des ébullitions arabes avec une requête de dignité, de démocratie contre un ordre politique anachronique ? 

Même si ces deux cataclysmes politiques au Soudan et en Algérie sont dans leurs premières germinations et que leur horizon est encore équivoque, il est possible de brosser les présomptions d’une nouvelle onde de révolutions démocratiques et d’un regain de l’orbe révolutionnaire de la première vague du Printemps Arabe.

Nous notons, qu’en dépit, des caractéristiques de ces pays et de leurs cheminements historiques différents, il est possible de souligner des similitudes entre la première et la seconde vague des révolutions arabes que nous sommes en train de vivre tant dans leurs origines que dans leurs dynamiques de développement.

Au niveau des origines des révolutions des printemps arabes, il est possible de mettre l’accent sur quatre mobiles principaux que l’on peut retrouver dans les différents pays du printemps Arabe en dépit de la multiplicité de leurs trajectoires politiques et historiques : 

- Le premier motif est d’ordre politique : Il réside dans la claustration des régimes politiques arabes dans une logique totalitaire qui était à l’origine d’une césure sans précédent contre les régimes de Ben Ali, de Moubarak et de Kadafi et leurs citoyens, qui sont devenus caduques par rapport à la dynamique économique, politique et sociale du monde et aux réquisitoires des classes moyennes. On retrouve, aujourd’hui, ce cloître en Algérie avec un président Bouteflika qui a atteint un stade de lassitude physique ne lui permettant plus de gouverner. Dans une telle situation, le pouvoir est confisqué par un petit cercle de proches et des membres de sa famille qui ont "blackboulé" toutes les institutions Algériennes. 

Idem, on retrouve le même schéma au Soudan où le président Omar el-Béchir avec un clan de proches et sa famille qui se sont appropriés le pouvoir politique et économique depuis le fiasco dans la gestion de la crise du Sud et son divorce avec le Nord.

Ces dérélictions ont été à l’origine d’importantes évolutions politiques poussant les populations à se mobiliser contre ces régimes arbitraires pour revendiquer une plus grande ouverture des systèmes politiques. 

- Le second mobile à l’origine du printemps arabe dans sa saison II est d’ordre économique : Elle concerne l’essoufflement des modèles de développement économique dans la plupart des pays arabes. 

A titre illustratif, en Algérie, si la dimension économique a concouru à lui épargner la première vague de la révolution du printemps arabe avec la hausse importante des salaires et des dépenses sociales, elle a joué un rôle majeur dans la seconde vague de révolutions et la chute du régime Bouteflika : En dépit des essais de diversification, le modèle économique reste rentier et son évolution est fortement tributaire de la dynamique erratique des cours internationaux de pétrole et de gaz. 

La flambée de ces cours mondiaux de l’or noir qui ont dépassé la barre de 120 $ au cours des années 2012-2014 a permis au pouvoir maitriser et contenir les mouvements sociaux à travers la hausse des dépenses sociales. Or, la volte-face de la conjoncture économique et la chute des cours internationaux, à partir de 2015, ont eu des impacts pervers sur l’économie algérienne dont le déficit des finances publiques a escaladé de 1,4% en 2013 à 15,7% en 2016. Les réserves de change ont connu une chute sans égale de 200 milliards de $ en 2013 à 60 milliards en 2018.

La dégradation de la situation économique et la succession des crises ont été à l’origine des politiques de rigueur financière qui ont été mises en place par les différents gouvernements à partir de 2014 et qui ont attisé les désaveux sociaux.

C’est le cas aussi du modèle Soudanais qui a commencé à connaître une crise économique profonde avec la sécession du Sud et la décrue des revenus de l’Etat du pétrole, ainsi que le blocus appliqué par les pays développés. Ceci a amené le Gouvernement Soudanais a appliqué des politiques d’austérité avec comme conséquence la réduction des dépenses de l’Etat, notamment en matière de subvention des produits de base. Ces politiques ont été à l’origine d’un embrasement des prix et d’une inflation estimée par les instances économiques Soudanaises à 70%. Cette spirale inflationniste a été à l’origine de la détonation des contestations avant la fin de l’année 2018.

- La troisième raison de cette seconde vague de révolution démocratique est la forte montée du chômage et l’accroissement des inégalités sociales. Ces évolutions ont contribué à la remise en cause de la légitimation de l’Etat moderne et au renforcement de la contestation sociale.

- La quatrième raison qui est commune aux deux vagues de révolutions démocratiques dans le monde arabe concerne la montée de la corruption, du népotisme et de la kleptocratie. Dans ces pays, ce sont les familles et le cercle proche du sérail qui sont au cœur de la corruption. Cette corruption galopante a eu des effets pervers, non seulement sur l’efficience et le rendement de l’investissement, mais aussi sur les valeurs et l’éthique avec comme corollaire la déconsidération du travail au profit des lobbys et des hommes d’influence. 

Au niveau des points de convergence des révolutions du printemps arabe, il est possible de mettre l’accent sur quatre caractéristiques communes : 

- La première spécificité concerne la grande mobilisation populaire. En effet, ces contestations ont réussi à regrouper de larges franges issues de différentes couches sociales dans une collusion historique réussissant à dépasser la peur des appareils de répression. Aussi, ces mouvements sociaux ont été marqués par un grand spontanéisme et l’absence totale des orientations des partis politiques et de la représentation des mouvements syndicaux, 

- La seconde spécificité concerne les côtés pacifiques et civils de ces mouvements résistant à toutes les tentatives des appareils répresseurs qui ont essayé de les acculer vers la violence. Cet engagement de maintenir le caractère pacifique du Printemps Arabe dans sa saison II s’est inspiré de l’expérience tragique de la première vague des révolutions où les apparitions de la violence ont été à l’origine de leurs dérivations et de leurs échecs. En Algérie, les émeutes et l’éclatement de la guerre civile du printemps de 1988 avec plus de 200 000 victimes n’ont-ils pas joué le rôle de repoussoir devant le recours à la violence ?

- La troisième spécificité concerne la grande participation des femmes en Algérie comme au Soudan où l’étudiante Ala Saleh est devenue l’une des icônes de la rébellion. Cette présence féminine nous rappelle que le rejet des régimes postcoloniaux ne se confine pas aux questions politiques et économiques, mais aussi aux questions du genre. Cette participation massive des femmes atteste de leur détermination à faire de ce mouvement, non seulement un affranchissement de la dictature, mais touche également la culture phallocentrique et macho dans notre société Arabe et qui est à l’origine de la marginalisation de la femme de l’espace public, 

- La quatrième spécificité concerne le côté récréatif et divertissant de ces mouvements sociaux marqué par une forte participation des artistes et des intellectuels. Ces mouvements ont connu également un développement de la satire, de l’ironie et de l’humour qui a touché tous les représentants du pouvoir, plus singulièrement les corrompus et le cercle du pouvoir. Ces dynamiques sociales sont devenues de grands "happenings" permettant aux citoyens de reconquérir l’espace public et de rebâtir la contestation sociale dans un cadre festif, caricatural et joyeux.

Quoiqu’il est difficile d’anticiper les évolutions futures des revendications en Algérie et au Soudan, le degré de mobilisation, d’engagement, ainsi que le caractère civique et pacifique de ces mouvements nous laisse-t-ils pas augurer que ces pays sont entrain d’entamer une véritable transition démocratique ? 

Quatre enseignements essentiels peuvent être tirés des révolutions démocratiques du Printemps Arabe dans sa saison II : 

- Le premier enseignement est lié à la « justice de transition » ou « justice en transition et la nécessité d’en faire un véritable processus de reconnaissance, de réconciliation, de crédit et de consolidation de l'état de droit en remédiant au lourd héritage des abus des droits humains, 

- Le second enseignement est relatif à la nécessité de redéfinir les programmes économiques et sociaux et l’invention d’un nouveau modèle économique inclusif équitable qui mise sur la croissance économique, le développement, l’atténuation des inégalités sociales et la pauvreté une politique de revenus et de partage des richesse afin de répondre aux attentes des citoyens
en leur assurant de meilleures conditions de vie, des emplois, de dignité, 

- Le troisième enseignement concerne la nécessité de pérenniser le caractère civil et pacifique de ces mouvements, et ce en retenant les leçons de la première vague et ses dérives afin que l’espoir du changement démocratique reste inaltérable et indestructible. 

Nous pensons, en guise d’épilogue, qu’en dépit de la dérivation des révolutions du printemps arabe dans son premier épisode, les mobilisations sociales dans un cadre pacifique et civil à Alger et au Khartoum ouvrent une nouvelle ère et redonnent un espoir au changement dans le monde Arabe aspirant à la démocratie et à l’honorabilité.

dimanche 5 mai 2019

Une Algérie fiévreuse : Quelles leçons du tumulte politique ?

Ne dit-on pas que les apparences sont trompeuses ? C’est le cas pour l’Algérie en plein tumulte politique, économique et social : Moult médias et observateurs internationaux se sont dupés sur notre limitrophe algérien puisque, depuis le 22 février, les manifestations, dans leur pluralité culturelle, nous ont donné l’image d’un peuple sage, mûr et surtout coalescent et soudé autour du drapeau algérien. 

Ceux qui imaginaient, que la consubstantialité algérien était dépravée par les 130 chandelles de l’impérialisme et l’expansionnisme français, que l’élite algérienne avait refui le pays, après tant de désenchantements depuis l’indépendance, que la dissidence kabyle était réfractaire, ont perdu leur illusion et sont obligés de revoir leur "sentence"; idem pour ceux qui prêchaient que l’itinéraire islamiste était le seul palliatif aux généraux, sont désavoués par la réalité des rues d’Alger. 

En dépit de la multiplicité culturelle de l’Algérie, la souveraineté plurielle s’extériorise par la solidarité et la confraternité perceptible dans les rues : Moult Kabyles n’ont-ils pas le drapeau Amazigh à la main, mais combien recouverts dans le drapeau algérien ? Ce qui corrobore que la sollicitation d’un singularisme culturel n’est pas antithétique avec le patriotisme. Au contraire, la diversité culturelle étoffe les nations et les fraternise quand elle est reconnue et fait parti du vécu du commun des Algériens. 

Elle se repère foncièrement dans un projet national aussi évasé que le "desideratum" algérien à la démocratie, portée par tout une Algérie qui a vu sa révolution dépossédée en 1962 par l’armée des frontières de Houari Boumediene. 

Certainement, il y a tant d’enseignements à tirer pour notre drapeau Marocain. Dans notre chère patrie, nous avons cru que l’affirmative de la diversité culturelle, dans la constitution de 2011, allait trancher le nœud gordien. Détrompez-vous, ce n’était pas le cas avec certaines Rifains au Maroc, mais surtout à l’étranger. Les images du drapeau de notre cher Maroc mâchuré par des Marocains ne sont-elles pas accablantes et incommodes ? 

Historiquement, nous savons pertinemment qu’une partie des subversifs gauchistes des années 70, après le fiasco politique du projet Marxiste-léniniste, s’est rétractée sur l’apostrophe identitaire rifaine. Ils s’imaginent comme les héritiers du héros de la bataille d’Anoual, qui, lui, faut-il le souligner, n’a jamais été dissident et séparatiste. 

Pour boiser leurs thèses, ils ont instrumentalisé les émeutes de la guerre du Rif de 1958 et, l’enclavement du Rif par l’omission explicite de tout projet de développement économique et social de cette région qu’ils surnommaient sarcastiquement le Maroc inutile. 

Au début, le Hirak d’Al Hoceima, porteur de pétitions et doléances légitimes, a été manipulé par des camarillas ? Ce qui frappe le plus, somme toute c’est la répulsion véhiculée, non pas contre le pouvoir politique, mais contre le Maroc et de facto le peuple Marocain dans son ensemble ? 

Nous avons besoin de nous regarder au miroir, de nous dire nos 4 vérités en face et de créer fort que la pluralité culturelle ne se décrète pas, elle surgit en s’exprimant au jour le jour par le vécu et le quotidien de tout un chacun et ce dans la trame d’un projet national aspirant au développement, à la démocratie et à la modernité. Tout différend s’inscrivant dans cette optique est démocratiquement acceptable. Toutefois et c’est le cas, dès qu’elle suscite le fanatisme et l’animadversion, elle ne peut qu’être impétueusement chassée, à l’instar de certains subversifs, qui ont poussé la protestation du retrait des forces de l’ordre d’Al Hoceima dans le seul dessein est de ressaisir les différents trafics. 

Le tumulte politique Algérien est riche de leçons et d’enseignements : Quelque soit le particularisme rifain ou autre, il ne peut accomplir et concrétiser ses ambitions à l’ex-voto et à la quittance que dans le cadre d’un projet économique, politique et social Marocain. 

En guise de conclusion, nous pensons que la diversité culturelle n’est pas un jeu à somme nul ; bien au contraire c’est un jeu à somme positive, ce n’est pas une sommation d’affluents introvertis, sclérosés et renfermés sur eux-mêmes, mais une dialectique et une interférence qui interagit entre eux, pour accoucher une identité nationale Marocaine. Toute autre spéculation est une épée de Damoclès sur la cohésion nationale de notre patrie. 

Plus de douze ans après sa suppression, le service militaire, qui s’inscrit ainsi dans la ligne des directives royales, n’est-il pas venu à point nommé pour consolider la promotion du patriotisme, le sens du civisme et de la solidarité au Maroc ? 

lundi 29 avril 2019

Le grand oral du mi-mandat du Gouvernement El Othmani : Un oral aux pieds d’argile

Nous savons pertinemment tous que le bilan du Gouvernement quelque soit sa nation, sa couleur et son sigle politique est toujours un bon exercice de réflexion, de constats, de diagnostics et même de proposition de pistes et des pistes d’amélioration. Qu’en est-il du bilan du mi-mandat du Gouvernement El Othmani, et quelles sont les horizons de la seconde moitié dudit mandat? 

De prime abord, qu’en est-il du diagnostic ? D’emblée, nous pensons que la complaisance et l’autosatisfaction du chef de l’exécutif Saâdeddine El Othmani, quant à son mi-mandat, d’outrancière au vu de la timidité des réalisations. Dans son oral, le chef de Gouvernement dénombra les prouesses des réalisations de sa bande en si peu de temps à l’instar de la charte de déconcentration qui aurait mis vingt chandelles pour voir le jour sous l’ère politique d’El Othmani. 

Nous alléguons qu’à ce jour, il n’y a que des "pronunciamientos" d’intentions paraphées par certains ministrables ; témoignages et déclarations ne signifient guère réalisations dont se vante Saâdeddine El Othmani. De ce fait, le chef du Gouvernement aurait dû présenter un rétro-planning de mise en œuvre, les moyens d’action et les instruments pour y déboucher. C’est le "Smig" et le minimum vital pour assurer le suivi de la mise en place de ladite déconcentration, et ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on sera suffisamment outillé pour supputer et calibrer la fiabilité dudit projet. 

Ensuite le chef du PJD a complimenté l’augmentation des budgets sociaux de l’enseignement à 25% et de la santé à 16%. Sur ces deux dossiers aussi budgétivores, nous arguons que l’ascension de ces deux rubriques budgétaires n’est pas en soi une bravoure; bien au contraire: vu les moyens très limités de l’argentier du Royaume, le Maroc a besoin plus de rationalisation que d’augmentation des budgets, en s’endettant ou en affligeant davantage les Marocains d’impôts. Aussi, si ces budgets ont été effectivement augmentés, quels sont les corollaires économiques et sociaux sur le quotidien du Marocain ? Avouons-le : Pas besoin de consulting et de bureaux d’études évalués à des Millions de dirhams: Les Marocains ont bel et bien fait le choix du secteur privé étant donné que le service public est en quasi-fiasco avec comme conséquence une fonction publique en porte à faux. Des hôpitaux publics qui poussent des cris d'orfraie invitant les patients marocains à reposer en paix avec des rendez-vous renvoyés aux calendes grecs, dont la gestion est des plus opaques et corrompues et une école publique parmi les plus anémiques sur le globe. 

En sus, le chef de l’exécutif a fait moult éloges du climat de l’investissement et des affaires internationales où le Maroc s’est classé à la 60ème dans la 16ème édition du classement Doing Business de la Banque Mondiale

Sur ce registre de Doing Business 2019 dont le chef du Gouvernement s’illusionne : Le cabinet Saadine Elothmani s’est-il donné le temps de sonder, sur le terrain, l’opinion du milieu des affaires national et international ? S’est-il donné le recul d’aller faire un tour dans les tribunaux de commerce pour évaluer les tares qui obturent le climat de l’investissement et des affaires internationales: Les délais trop longs, la partialité ressentie et les difficultés d’obtenir gain de cause qui plombent tout crédit en la justice marocaine. Le cabinet de Saadine Elothmani a-t-il demandé aux promoteurs économiques ce qu’ils redoutent le plus dans l’acte d’investir ? 

Nous pensons que le chef du Gouvernement a occulté que le Maroc est mal classé à maints égards : 123éme dans l’Indice de développement humain du PNUD, 98éme dans le nouvel Indice du capital humain de la Banque mondiale et 75éme de l’indice de compétitivité avec à peine un score de 58 sur 100, en dessous de la moyenne mondiale qui est de 61 en vertu du World Economic Forum.
Par ailleurs, ce mi-mandat du Gouvernement barbu est caractérisé par l’aggravation de l’endettement de notre patrie en signant chaque année des lignes de précaution avec le FMI imputable à la mauvaise gestion des finances publiques. Ainsi, au regard de ces résultats faiblards et au vu deux années qui restent, Saadine Elothmani a-t-il le potentiel de redresser la barre vers une économie inclusive et durable?

Le chef du Gouvernement va-t-il transcender les querelles intestines et intra-majorité pour apporter des réponses et des solutions tangibles au renforcement du taux de croissance, l’amélioration du climat des affaires, le renforcement de la protection sociale, la promotion de l’emploi et l’élaboration d’un nouveau modèle de développement ? Le temps est révélateur disait Charly Teddy

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