vendredi 12 juillet 2019

Violence contre les femmes au Maroc : Le silence des agneaux face à une société misogyne et phallocrate


Ce Mardi dernier 9 Juillet 2019 s’est tenu à Rabat au siège de l’Agence Maghreb Arabe Presse le Forum de la MAP, qui est un espace de débat sur les questions d’actualité aux plans politique, économique, culturel et qui avait pour thématique " lutte contre la violence à l’égard des femmes : Quelle approche?". 

C’était une opportunité pour mettre l’accent sur les efforts déployés au Maroc pour faire face au phénomène de la violence à l’égard des femmes, ainsi que les avancées réalisées dans ce domaine. 

Bien que la violence envers les femmes et aux filles ne connaissent pas de frontières géographiques ni culturelles (toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France), Il faut avouer que les chiffres qui ont été avancés lors de cette rencontre font froid dans le dos. En effet, la prévalence de la violence à l’égard les femmes demeure très élevée ; elle a atteint un taux insoutenable qui était de l’ordre de 54,4%. 

Sur le plan de la répartition spatiale, le taux de prévalence des violences est plus élevé dans les zones urbaines, soit 55,8%, alors qu’il s’élève à 51,6% dans les zones rurales en vertu des résultats de la deuxième enquête nationale de Mars 2019 relative à la prévalence de la violence à l’égard des femmes. 

Par groupes d’âge, les plus ébranlables sont les femmes âgées de 25 à 29 ans avec un score inquiétant qui frôle les 60%. 

Par formes de violence, le taux de prévalence de la violence psychologique a atteint le pourcentage de 49,1%, alors que la violence économique est de 16,7 %, la violence physique 15,9% et la violence sexuelle 14,3%. 

En outre, plus 349.688 femmes, soit 3,2% âgées entre 18 et 64 ans, ont subi toutes les formes de violence, tandis que 12,4% de femmes marocaines ont subi des actes de violence dans l’espace public avec un taux de 66,5% pour la violence sexuelle, 49,1% pour la violence psychique et 33,2% pour la violence physique. 

Il faut souligner que le harcèlement se développe de plus en plus en milieu professionnel dans la mesure où 24,3% des femmes employées ont été violentées en milieu du travail. 

Pour ce qui est de la violence électronique, force est de constater que 13,4% des femmes ont déclaré avoir été victimes de la cyber-violence. Ce sont les jeunes filles qui ont un niveau élevé d’enseignement qui sont plus vulnérables à ce type de violence dans un environnement de foisonnement des différents moyens de réseaux sociaux qui favorisant l’usage d’Internet à des fins volontairement offensantes et de harcèlement. 

Ce qui encore plus frappant et plus cruel est le mutisme des femmes Marocaines qui subissent toutes les formes de violence : Un total de 93,4% des femmes violentées ne portent pas plainte contre leur agresseur en souffrant en silence. 

Nous pensons que les solutions à ces formes de violence doivent transcender la vision du département de Bassima Hakkaoui (approche des droits de l’Homme, cohésion sociale et familiale, la répression). Le silence, la frayeur et la crainte demeurent prépondérant dans une société phallocrate et machiste: Le pourcentage des femmes violentées qui portent plainte à leur agresseur est très infirme qui est de l’ordre de 6,6% seulement (7,7% pour les femmes urbaines et de 4,2% pour les femmes rurales). Nous pensons aussi que ce n’est pas la fameuse Loi 103-13 relative à la lutte contre la violence envers les femmes qui va mettre un terme à la violence contre les femmes. 

Ces différents types de solutions de lutte contre l’agression et de violence à l’encontre des femmes se situent beaucoup plus en aval pour qu’ils puissent aboutir à des résultats probants. A ce titre, ne devra-t-on pas revenir vers l’amont à nos sources de l’éthique et des valeurs dictées par l’Islam il y a plus de 14 siècle. 

Ne devra-t-on pas revenir aux sources authentiques de notre culte qui rejettent toutes les formes de tutelle et de soumission imposées à la femme les conduisant à une stéréotypisation des rôles sociétaux qui lui sont attribués ? Ce sont ces valeurs authentiques qui apportent réponse aux extrémistes qui se sont basés sur certaines lectures coraniques et interprétations biaisées à leurs caprices, en glissant vers des conclusions vicieux, sadiques et infondées, selon lesquelles l’Islam inciterait à la violence contre les femmes. 

Très loin de tout extrémisme de tout bord barbu, de gauche ou de droite, il est un Must de rapprocher les préceptes de l’Islam, les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater une conscience humaine autour des valeurs de la promiscuité, et de la cohabitation. 

Le Prophète que la prière d'ALLAH et Son salut soient sur lui a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim "Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes." 

Aussi, d'après Abou Houreira qu’ALLAH l'agrée, le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur lui a dit: "Les croyants ayant la foi la plus parfaite sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes". 

Face à cette agressivité envers les femmes, le Prophète, paix et bénédiction sur lui, nous recommande dans ce récit, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer doux avec elles, pour preuve, il les fait ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant son décès : " Je vous conseil la bonté envers les femmes".

lundi 8 juillet 2019

Baccalauréat au Maroc et la boite de pandore des mentions


Le Dimanche du 23 Juin 2019 était le jour qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat, Ils étaient 212.169 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du baccalauréat pour cette année 2019, soit 65,5%. IL y a dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 

En termes d’évolution, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a escaladé, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a grimpé de 28 points et de 17 points en deux ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

109.187 candidats ont obtenu leur BAC avec mention, soit 51,46% de l'ensemble des bacheliers, 57,3% sont des filles ont obtenu une mention. 

La meilleure moyenne a été obtenue au niveau de l'Académie régionale de Rabat-Salé-Kénitra dans la branche Sciences-Mathématiques B - section française (19,40) selon les chiffres officiels du ministère de l'Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique-département de l'Éducation nationale. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions bien et très bien soient distribuées à discrétion ? 

Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a préludés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisan ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser moult apostrophes. 

Le système éducatif marocain que tous les rapports mondiaux issus d’organisations internationales pointent du doigt en l'affublant de toutes les épithètes péjoratives ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cet "ouragan" des mentions dont s’adjugent 51,46% des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au bac sont servies à profusion et à volonté. 

Devant ce pullulement des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.


Si jadis, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 

Le Ministre de l’Education Nationale, avait promis, une refonte du système du baccalauréat à partir de cette rentrée scolaire 2018-2019. Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions. 

mercredi 3 juillet 2019

Le Co développement : Une réplique et solution à l’immigration des Africains vers l’Europe

Et voilà encore l’anathème du siècle, le terrorisme international en l’occurrence s’abreuve de plus en plus en Afrique, Pour pièce à conviction, dernièrement, le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria ont été le point de mire d’offensives criminelles et misanthropes. 

Le terrain demeure miné et fertile au terrorisme puisque les Etats Africains sont ébranlables et vulnérables, car nécrosés par le chômage, l’économie rentière, la mauvaise gouvernance, la corruption, le "remue-ménage" des systèmes économiques où les matières premières sont extorquées et confisquées par un petit cercle proche du sérail et du pouvoir politique et économique qui ont ratiboisé les institutions Africaines. 

Selon plusieurs études économiques de la Banque mondiale, du FMI et d’autres organisations internationales, l’Afrique c’est le plus grand gisement de la croissance économique, l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable. Des pays à l’instar du Rwanda, de l’Ethiopie ou du Ghana ont réalisé des prouesses économiques qui se confirment de plus en plus dans le temps en augurant une véritable émergence économique sur l’échiquier mondial.


Nous pensons que l’Europe et l’Afrique sont "boulonnées" par un destin commun et de facto, l’Europe ne peut pas rester indifférente en démissionnant de la destinée de l’Afrique et ce en se cantonnant aux orientations mercantiles et paternalistes tout en poursuivant son soutien à des régimes vermoulus au nom de la "Real politik". 

C’est un secret de polichinelle que les deux épées de Damoclès les plus effarantes qui pèsent sur l’Europe sont l’immigration et le terrorisme : 

- D’une part, l’immigration, sous toute ses formes, galvanise des rébellions importantes et à la poussée fulgurante des mouvements politiques et sociaux d’extrême droite qui terrifient et terrorisent la cohésion nationale des pays européens, 

- D’autre part, le danger terroriste qui se propulse et se translate, l’Afrique en devient un métacentre tangible. De ce fait, l’Europe ne doit pas prendre plaisir d’un voyeurisme aveugle en "déposant son bilan" de ses responsabilités tout en invoquant les pays riverains de la Méditerranée à l’exemple du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie à jouer le rôle de suzerain de l’Europe.
Nous arguons, d’emblée, que cette politique est un fiasco patent et l’histoire politique et économique toute récente le corrobore. Néanmoins, un palliatif existe ; il s’agit de la coproduction, du Co-développement étayés sur l’investissement moteur de la croissance, de la production, de l’emploi et en aucun cas sur des rapports post-colonialistes et post-impérialistes paternalistes, privilégiant des aides qui reviennent sous forme de minuscule charité émanant de l’Europe, 

A ce titre, les nouveaux comportements des entrepreneurs européens commencent à appréhender les bienfaits du Co-développement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied en Afrique de leur chaîne de valeur industrielle internationale. Cette stratégie leur permet, d'une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle de l’Afrique, et d'autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents en Afrique. 

Pour la réussir, l’Europe doit promouvoir les transitions démocratiques en encouragent la bonne gouvernance, la transparence, le fair-play et en faire de véritables critériums pour le soutien d’un régime politique issu de la légitimité des urnes, de la démocratie et de la transparence en réprimant l’utilisation des circuits de la corruption et ce en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays de l’Afrique. 

Avouons le : la jeunesse africaine n’est pas une souche particulière, la jeunesse africaine n’est pas délétère par nature, elle ne s’expatrie pas par amour d’émigration à la quête de l’eldorado, elle ne succombe pas au terrorisme parce qu’elle y est une fatalité.

Nous croyons fermement que la jeunesse africaine a juste besoin d’emploi, d’opportunités économiques, de stabilité, d’investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes . A défaut, elle hallucine que le pays de cocagne est en Europe. 

A cet égard, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes Africains de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Européen envers l’Afrique? 

La région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le Co développement s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. 

Reconnaissant-le, en guise de conclusion, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Afrique. 

C’est tout le sens que doit donner l’Europe à la vision Africaine, basée sur l’osmose d'une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social. L’Europe doit cesser de continuer à faire la politique de l’autruche !! 

A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l'extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu'alimente le sentiment d'injustice et d'exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper". Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que "L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique". 



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