lundi 9 décembre 2019

Fuite de capitaux et Confiance: Quelle symbiose ? Quel impact ?


Le Team Saâdeddine_El_Othmani n’a-t-il pas, in fine, reconnu le rush de l’échappée des capitaux vers d’autres Eldorados ? Pour preuve, l’opération d’amnistie, alias contribution libératoire ne fait-elle pas le comeback à l’occasion du projet de loi de finances 2020 ?

Faut-il rappeler, en guise de prologue, que la fuite des capitaux désigne la partie du revenu échappant au circuit économique en raison de l'épargne, de prélèvements obligatoires ou d'importations. On discerne deux types de fuite des capitaux :

· La fuite brutale de capitaux à la suite d'une crise financière dans un pays ou une zone économique : les investisseurs craignent de perdre une partie du capital investi et retirent leurs investissements,

· La fuite de capitaux liée à l'expatriation volontaire des contribuables jugeant qu'ils n'ont pas à s'acquitter du paiement de leurs impôts dans le pays quitté.

A cela s'ajoutent les flux financiers illicites, par le biais par exemple du transfert de liquidités ou la contrebande.

Au Maroc, rétrospectivement, en 2014, le Gouvernement Benkirane Saison I avait relevé ce phénomène de fuite de capitaux suite à une armada d’articles de presse sur les différents médias Marocains faisant état d’une évasion financière de plus de 43 Milliards de Dollars placés par des Marocains dans des banques étrangères. Il s’ensuivait une clémence annoncée par le Team Benkirane à travers la publication de la circulaire de l’Office de Changes, le lundi 4 Février 2014, concernant les conditions d’application de la disposition de la Loi de Finances 2014 instaurant une amnistie sur les biens et avoirs détenus illégalement à l’étranger, une amnistie qui a renfloué le budget de l’Etat d’une manne financière de plus de 28 MMDH en contribution libératoire. 

Dans la vie, comme en économie, les jours se suivent et se ressemblent, rien n’a changé depuis l’amnistie de changes de 2014, puisque les nantis Marocains continuent à recourir à la volte-face des capitaux nonobstant un arsenal dissuasif en passant pas des sanctions pécuniaires, jusqu’aux voies privatives de liberté. 
L’apostrophe qui nous interpelle, quelle est la raison de cette désertion de capitaux ? 

La réponse réside dans un facteur purement psychologique, indépendant du seul calcul raisonnable qui est la confiance, un facteur dont John Maynard Keynes a consacré un large chapitre sur les déterminants de l'incitation à investir et des anticipations à long terme des entrepreneurs dans son fameux ouvrage "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt de la monnaie", ouvrage qui marqua un tournant majeur dans la pensée économique et participa à l'essor de la macroéconomie dans l'après-guerre. Un facteur Confiance qui s’est fortement avarié au fil de plusieurs décennies : Historiquement, la fuite des capitaux a été remarquée avec l’arrivé du Gouvernement Socialiste au pouvoir connu sous le nom du Gouvernement d’alternance ELYoussoufi qui a tenu le gouvernail de l’exécutif Marocain en 1998. Ce même mouvement de fuites de capitaux vers des paradis fiscaux a été décelé en France avec l’arrivée du Gouvernement socialiste François Mitterrand en 1981. 

Dernièrement, depuis plus deux années, le blocage politique du Gouvernement Benkirane dans sa saison II percuté en 2017 a laissé des stigmates sociaux et économiques : Les citoyens Marocains ne se sentaient pas prémunis et immunisés par un Gouvernement vigoureux à même à assumer ses responsabilités dans les grands dossiers politiques, économiques et sociaux. Les prises de bec partisanes, la déportation et la relégation des priorités des Marocains au second plan par les partis politiques avide de pouvoir, a attisé des émotions et des pressentiments d’incertitude et d’insécurité.

D’ailleurs, c’est à cette période de statuquo, que non seulement, le facteur capital qui commença à s’enfuir, mais aussi le facteur travail où beaucoup de citoyens Marocains, essentiellement issue de la classe moyenne, commencèrent à s’envoler vers d’autres ciels, mômes et avoirs financiers avec. Une telle crise de confiance conjuguée à une absence de visibilité ont poussé une autre couche sociale, celle des plus fortunés, à chercher d’autres coffre-fort plus alcyoniens et plus sûrs pour leur trésor et leur opulence. D’ailleurs, sur le sol Marocain, plus de 17 MMDH qui se sont gazéifiés des banques ne sont pas que le fruit du recours à la thésaurisation, qui, elle aussi, est un corollaire de ce manqué de confiance. 

En général, en Afrique, la fuite des capitaux vers d’autres cieux est alimentée par le foisonnement des juridictions pratiquant la discrétion bancaire à travers des paradis fiscaux qui permettent de transplanter et de camoufler les capitaux illicites. Il peut s’agir de revenus issus du détournement des exportations de ressources naturelles, de l’évasion fiscale, de la corruption, des prix de transfert et de la contrebande pure et simple du capital en dehors des pays africains.

Un document d’une Organisation Non Gouvernementale ONG qui milite pour la transparence des économies mondiales révèle que le Maroc a perdu plus de 37 Milliards de Dirhams durant la période allant de 2006 à 2015, soit 3,9 Milliards de Dollars alors qu’entre 2004 et 2013, ce montant déserté était de 41 Milliards de Dollars.

Selon ce rapport, sur un panel de 149 pays, le Maroc a été classé 34éme dans la nomenclature des pays par fuites des capitaux. Les surfacturations restent la principale technique utilisée par les évadés fiscaux où le but est de payer moins de frais de douanes afin de pouvoir blanchir l’argent gagné lors des transactions dans des investissements ou dans le lancement des commerces.

La Suisse reste la destination de prédilection des évadés fiscaux Marocains où chaque année, 1 à 2 Milliards de Dollars en moyenne quittent incognito le Maroc pour aller se dérober en Suisse ou d’autres paradis fiscaux, selon le Boston Consulting Group. 

En outre, une autre étude du Global Financial Integrity (GFI) qui porte sur la période 1970-2008 classe le Maroc en quatrième position avec 25 Milliards de Dollars en termes de volumes, après le géant pétrolier Nigérian en tête du classement avec 89,5 Milliards de dollars, suivi de l’Egypte (70,7 Milliards), de l’Algérie (25,7 Milliards), et de l’Afrique du Sud (24,9 Milliards). 

Avec 854 milliards de dollars qui ont échappé le continent Noir, l’Afrique aurait pu, non seulement, rembourser sa dette extérieure (qui était de 250 Milliards à fin 2008), mais aussi injecter 600 Milliards de Dollars dans des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement économique et social. L’Afrique subsaharienne demeure créditrice nette vis-à-vis du reste du monde, dans la mesure où le stock des capitaux ayant évadé le sous-continent demeure excédentaire dépassant de loin le stock de sa dette extérieure. 

Faut-il rappeler, que c’est un secret de polichinelle que la fuite des capitaux constitue une entrave rédhibitoire à la fluidité de l’épargne et à la mobilisation des ressources financières destinées à l’investissement. Des simulations de la Banque mondiale estiment que chaque réduction de 40.000 dollars en fuite de capitaux se traduit par un décès infantile supplémentaire en Afrique. Ainsi, cette évasion de "quibus" déchaînerait plus de 77.000 décès de nourrissons supplémentaires par an. De ce fait, la fuite des capitaux n’est donc pas seulement de la truanderie financière, mais elle occasionne, en sus, des pertes de vies humaines. 

Cette bataille contre la fuite des capitaux devient de plus en plus épineuse par la vulnérabilité des capacités de supervision technique et administrative des autorités étatiques, la limite des contrôles bancaires qui ne s’effectue souvent que sur documents, la carence des capacités de contrôles des services douaniers et fiscaux et la corruption qui nécrose encore certaines administrations malgré la compagne de lutte contre la corruption à travers l’Activation depuis novembre 2017 de la Commission nationale de lutte anticorruption (CNAC) .

Cependant, cette fuite continuelle de capitaux ne serait pas une létalité si l’on ne fait pas preuve de réactivité et de pro-activité, en revivifiant la confiance, la sécurité et la sûreté par des faits probants et non par des souhaits qui restent de simples intentions. 
Comme dit le dicton ancestral Marocain, une seule main ne suffit pas à applaudir : A l’évidence, les services douaniers et fiscaux ne peuvent à eux seuls réduire ce fléau quelle que soit leur volonté. Pour tenter d’enrayer le phénomène, il faut s’attaquer à ses origines et nos aux symptômes. Comme dit la maxime économique anglaise "Capital is a coward" qui veut dire que le capital est un lâche; il va là où il est le bienvenu, il reste là où il est bien traité. Comme j’ai appris dans notre cours d’économie monétaire de notre professeur Monsieur TAZI LABZOUR, Mohammed Kamal à la FSJES Rabat-Agdal que la monnaie fiduciaire circule sur la base du fiducia en latin qui veut dire confiance. De ce fait, la monnaie, l’argent ou le capital cherche les zones économique de confiance, elle fuit l’insécurité, la mauvaise gouvernance, la taxation excessive, la corruption, la partialité de la justice et l’instabilité en général. Autant de chantiers qui nécessitent bien plus de simples enquêtes des inspecteurs de l’Office des Changes.

La confiance et la crédibilité ne sont-elles pas des mobiles, en filigrane et en catimini, de la tergiversation, et la pusillanimité des hommes d’affaires Marocains ? Ce qui met d’actualité économique la célèbre citation de William Shakespeare "À qui peut-on faire confiance dès qu’il s’agit de l’Argent ?"

C’est dans ce sillage et eu égard aux distorsions évoquées ci-haut qu’il faut inscrire l’action d’urgence qui doit être portée sur la confiance pour redorer son blason en rupture avec les accumulations négatives issues des approches unilatérales, partielles, ainsi que partiales et redonner crédit à la crédibilité auprès du milieu des affaires et des promoteurs économiques, car dans une économie de marché jalonné par la crise économique qui sape et mine actuellement toutes les économies, les facteurs les plus importants et le sésame à l’investissement sont : L’optimisme, la transparence et la Confiance. 
Si Charles de Gaule disait "Rétablissons la confiance et l’intendance suivra", j’en mettrai la main au feu en disant : "Rétablissons la justice et l’investissement suivra". L'actuel Gouvernement réussira-t-il à rétablir et la confiance tout en lui insufflant âme pour qu’elle soit âme sœur de l’Investissement ?


dimanche 1 décembre 2019

Quand le Trésor Marocain profite du black friday sur les marchés de capitaux internationaux


Fin Novembre, c’est le black Friday connu par tout dans le monde par une Frénésie d'achat liée à des soldes et des rabais commerciaux ; il marque comme à l'accoutumé le coup d’envoi de la période des achats de fin d’année. Idem ce sont les soldes sur les marchés financiers internationaux matérialisés par des taux obligataires très bas, certains sont même négatifs, le Maroc, à travers le Trésor relevant du portefeuille de l’argentier du Royaume, très intelligent et très opportuniste a attendu pratiquement la fin de l’année pour boucler la première des deux emprunts sur le marché financier international par l’émission obligataire d’un Milliard d’Euros sur le marché des capitaux internationaux, sur 12 ans à 1,6%.

Le moment choisi de cet emprunt n’est pas tout fortuit, ce crédit à l’international se parant depuis plusieurs mois: Le Trésor a commencé par dépêcher des banques étrangères pour l’accompagner, notamment, l’anglaise Barclays, et les deux françaises Natixis et BNP Paribas.

Comme on sait, la tâche de ces banques conseil a été de servir de mandataires et d’intermédiaires de l’État marocain, auprès des investisseurs, de régenter l’émetteur sur la maturité, le taux de l’émission et la fenêtre de sortie sur le marché des capitaux tout en tenant compte de l’attitude des devises sur le marché international.

Puis il s’est ensuit le Road Show piloté et chapeauté par le Ministre de l’Économie et des Finances, et son team relevant de la Directrion du Trésor et des Finances Extérieures DTFE.
Ce périple européen a été effectuée à Paris, Zurich, Londres, Francfort, et Amsterdam-La Haye où les missionnaires ont rencontré une soixantaine de gestionnaires de fonds, d’investisseurs, d’assureurs et de représentants de fonds de pension.

Faut-il souligner que cette sortie du Trésor à l’international résulte d’une politique de gestion active de la dette publique puisqu’elle intervient après 5 ans de refinancement sur le marché domestique des capitaux. Et pour cause, le marché Marocain ayant été très liquide et les taux d’intérêt ayant beaucoup diminué, ce qui a permis de restructurer la dette domestique tout en abaissant sa charge.


Le moment choisi pour son comeback à l’international est imputable à l’intérêt de continuer à être côté sur les marchés de capitaux occidentaux. Ceci est d’autant plus opportun que le Maroc bénéficie du FMI une ligne de précaution et de liquidité, LPL, de 2,97 Milliards de Dollars sur deux ans, ce qui représente une assurance contre les risques extrinsèques et pour atténuer la fragilité budgétaire et extérieure, et lui faciliter ses sorties à l’international.

Cependant , la raison la plus judicieuse expliquant le choix du Trésor est l’attrait des niveaux de taux infiniment bas, voire négatifs, sur les marchés de capitaux internationaux. De ce fait, le Maroc a, pour sa part, profité de la conjoncture attractive des taux de la devise Euro et des taux d’intérêts relativement bas qui caractérisent actuellement le marché comparativement avec des pays comme la France et l’Allemagne s’endettant à des taux négatifs et que les investisseurs leur servent un intérêt pour placer leur argent dans leurs bons d’État garantis,

Et de fait, l’émission Marocaine a été très bien agrée et la bienvenue comme l’atteste le taux retenu, de 1,5% avec un spread ou prime de risque de 139,7, établi à partir d’un benchmark RIS qui cote 0,20%. Mais, l’obligation marocaine étant valorisée à 98,2 au lieu de 100, le taux de rémunération effectif de l’opération réhausse à 1,6%.

L’autre axe de cette intervention a été la prouesse commerciale qu’elle a obtenue puisque la demande pour l’émission marocaine a été de 5,3 milliards d’euros provennant de 285 investisseurs, affirmant  le crédit et la confiance dont jouit le Maroc auprès des grandes institutions financières internationales.

Et puisque l’appétit vient en mangeant, une apostrophe nous interpelle, pourquoi le Trésor n’a-t-il pas levé plus d’un Milliard d’Euros en réplique à cet engouement ?

Le principal mobile tire sa raison dans le plafond imposé par la Loi de finances 2019, soit 27 Milliards de Dirhams d’endettement extérieur, soit l’équivalent de 2,5 Milliards d’Euros. Et une partie est absorbée avec la BAD, l’AFD et la Banque Mondiale, et l’emprunt arrivant à la fin de l’année 2019, le Trésor devait se cantonner et se contenter au Milliard d’euros offert.

Cet emprunt international d’un Milliard d’Euros qui gravite autour de 11 MMDhs au Trésor va être d’un apport important à financer une loi de finances 2020 jalonnée par une politique budgétaire plus exubérante, avec des des demandes sociales colossales.

Aussi, ce Milliard d’euros consolidera-il le niveau de la réserve en devises qui est de 230 Milliards de dirhams et même de la consolider de 5%, confortant les 5 Mois de couverture assurés par cette dernière. Le Trésor interviendra une nouvelle fois sur le marché international en 2020. Cette opération sera neutre puisqu’il doit rembourser 1 Milliard d’euros emprunté en 2010 puisqu’a-t-on appris en économie, il n’ y a jamais de cadeaux !!!!

jeudi 21 novembre 2019

L’avocat du diable



L’avocat du diable, le titre semble dévier l'imaginaire des cinéphiles vers le film "L’avocat du diable" de Sidney Lumet Juin 1993, incarné par Rebecca De Mornay, Don Johnson, Stephen Lang ou celui de Taylor Hackford 1998 "L'Associé du diable" joué magistralement par Al Pacino, Keanu Reeves, Charlize Theron. Il n’en est rien, il s’agit d’une chronique que nous accordons au métier noble de l’Avocat, un métier dont l’entrée est loin de faire l’objet d’un fair-play pour tous les juristes du Maroc.

En effet, quand un lauréat Marocain des Facultés de Droit espère revêtir la toge d’avocat et intégrer le parquet, il doit, en amont de la chaine de valeur de cette filière juridique et judiciaire, dépocher le cachet de 100.000 DH pour y avoir accès, une somme qui n’est pas à la portée de tous les Marocains surtout au début des études juridiques afin de s’insérer dans la vie active et intégrer le métier du barreau.

A notre sens, c’est une procédure "darwinienne" qui implique, dans son essence, que le "Cric" social ne se manœuvre pas de façon équitable sur le marché de l’offre et la demande du travail, encore plus clair, cette somme de 10.000 dhs ne donne pas l’aubaine aux couches sociales les plus démunies de pénétrer la carrière du barreau.

Plusieurs interrogations nous interpellent :

Faut-il y voir une forme de discrimination ? Faut-il y voir une sorte de faveur et de favoritisme ? Nous ne pensons pas sûrement que c’est ainsi. Ou est-ce pour des mobiles purement pécuniaires de la part des entités compétentes? 

Certainement, l’Ordre des avocats du Maroc a ses raisons que la raison ignore. Quelles qu’elles soient les raisons, nous pensons que la dimension sociale, les valeurs de l’équité et de l’égalité des chances doivent l’emporter et triompher.
  
Rétrospectivement et dans l’histoire du parquet et du barreau, combien nous avons vu des magistrats, combien nous avons vu des procureurs, combien nous avons vu des hommes et femmes issus du parquet avalisant d’éminentes fonctions de l’État : Primature, ministrables, ambassadeurs, et autres postes de commis de l’État et j’en passe.......
La plupart de ces émérites et chevronnés ne sont-ils pas venus et originaires de couches sociales populaires qui, d’antan, n’auraient pu acquiescer à cette auguste responsabilité s’il y avait eu une telle barricade à l’entrée moyennant des enveloppes fiduciaires.

La majorité des commis de l’Etat ne se sont-ils pas apprentis dans les parquets, tribunaux et magistrature du Maroc ?

De ce fait, pourquoi, à notre ère, assujettir, astreindre et acculer ce cachet de 10.000 dhs qui ne fait qu’évaporer le rêve de moult Marocains de porter la toge noire ? Et combien de souhaits et d’ambitions se sont foudroyés et démolis de par ce portefeuille ?


En guise de conclusion, nous invoquons un réexamen à reconsidérer cette somme combien généreux s’il fera l’objet d’une rémission à même à ressusciter le rêve d’une grande majorité des plus pauvres qui aspirent porter la robe noire. La séance est levée !!!!

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